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S’agripper aux fleurs

Trois femmes innues, natives de la Côte-Nord, signent ce recueil empreint d'une saveur typiquement autochtone. Des mots tendres témoignent de l'admiration vouée aux ancêtres; des mots drus disent les frustrations, les abus, les blessures à l'âme, le désarroi.

Leurs haïkus révèlent la vérité nue d'un peuple des grands espaces confiné à la « réserve », une réserve qui a peut-être le mérite de protéger l'identité, mais qui coupe néanmoins des ailes.

Voilà que des êtres de silence libèrent la parole, voilà que des femmes de tradition orale passent à l'écrit. Leurs mots sont autant de « bâtons à messages » (tshissinuashitakana) qui parlent d'une identité à assumer, d'une fierté à retrouver. De toute urgence.

(Tiré de la quatrième de couverture du livre.)

À propos du livre

Contenu

  • Haïkus contenant plusieurs indices du contexte socioculturel des Innus (p. ex., vie dans une réserve, traditions, enjeux sociaux), accordant une vraisemblance au vécu présenté; quelques allusions à la culture populaire qui les entoure (p. ex., iPod, Walmart, Star Académie) rendant les situations actuelles.

    « réserve autochtone
    pouvoir entrer n'importe où
    sans frapper » (p. 29)

    « le tambour sacré
    du guérisseur innu
    je l'entends encore » (p. 58)

    « soir d'été indien
    durant Star Académie
    personne dans les rues » (p. 85)
     

  • Narratrices participantes dans les séquences descriptives, permettant aux trois auteures innues de présenter certaines de leurs sources d'inspiration et de situer leur poésie relativement aux enjeux actuels de cette communauté; narratrices témoins dans la plupart des haïkus.

    « Ce projet se révélait à la fois un tremplin pour réaliser mon rêve d'écrire et une façon de livrer brièvement les observations personnelles que je faisais au sujet du vécu des miens. » (p. 20-21)

    « Ma vie s'est déroulée au travers des préjugés et des non-dits, où les injustices sont courantes parce que nous ne sommes pas grand-chose aux yeux de la société. Voilà mes silences, voilà ma poésie. » (p. 79)

    « mine à ciel ouvert
    de jeunes Innus se chamaillent
    pour un pneu rouge » (p. 87)
     

  • Thèmes de la tradition et du quotidien chez les Innus, dont émanent parfois fierté, parfois tristesse; sujets délicats de l'alcoolisme, de l'abus et des préjugés abordés en surface.

    « un défilé d'aînées
    en jupes à carreaux
    fête du 15 août » (p. 34)

    « zone de forage
    sur la route ancestrale
    avoir les larmes aux yeux » (p. 61)

    « heure de fermeture
    un Innu somnole au bar
    de la brasserie » (p. 69)

    « spectacle d'humour
    rire avec tout le monde
    des maudits Indiens » (p. 97)
     

  • Préface de plusieurs pages expliquant clairement le contexte du projet d’écriture proposé par Francine Chicoine.

    « En juillet 2009, ces trois femmes participaient au Camp Haïku de Baie-Comeau. C’est en les observant que me vint l’idée de ce recueil. Nous en étions à la dernière journée du Camp lorsque je demandai à les rencontrer afin de leur en faire part. Peu ou pas de réactions au premier abord. Étaient-elles vraiment intéressées? » (p. 8)
     

  • Photos révélant des éléments de la nature et la silhouette de deux des auteures, ainsi que quelques symboles et objets innus importants (p. ex., le teueikan ou le capteur de rêves).

Langue

  • Registre courant traduisant la simplicité des situations et des lieux dépeints.

    « les objets sacrés
    étalés sur un tapis
    attente du rituel » (p. 27)

    « réserve autochtone –
    sur le terrain vague :
    No Trespassing » (p. 83)
     

  • Poèmes dépourvus de rimes et de ponctuation, aux vers courts et elliptiques, et dont le système métrique (5-7-5 syllabes) est fidèle à ce genre littéraire à quelques exceptions près.

    « départ pour la chasse
    ballots, fusils et bidons
    sur les galeries » (p. 46)

    « épicerie du mois
    faire semblant d'être blanche
    à la caisse de Walmart » (p. 89)

    « récréation
    seule au fond de la cour
    la fillette innue » (p. 91)
     

  • Traduction innue de chaque poème, placée dans la moitié inférieure des pages et dans une police différente; dualité linguistique du recueil lui conférant une portée culturelle et un certain objectif de préservation.

    « mitishikatakanu
    Canadiens utshissinuatshitakanuau
    anite pishakanessinit » (p. 45)

    « mamu e pamishkanut
    mishta-kataku e ishpatanut
    Walmart ut » (p. 92)

Pistes d'exploitation

  • Inviter les élèves à rédiger quelques haïkus présentant leur propre réalité culturelle (p. ex., pays ou milieu d'origine); leur demander si possible de traduire leurs haïkus dans leur langue maternelle et de prendre quelques photographies pour les accompagner.
  • Proposer aux élèves de participer à une discussion sur les défis impliquant les communautés autochtones au Canada et les initiatives pour les surmonter tel le mouvement « Jamais plus d’inaction » (Idle No More); les faire réagir à ce même thème dans un texte d'opinion.
  • Demander aux élèves d'effectuer une recherche sur les Inuits aujourd'hui (p. ex., les communautés et leur mode de vie actuels, leur système gouvernemental, les programmes d'appui pour les Autochtones); les inviter à créer une présentation Power Point pour partager leurs trouvailles avec leurs camarades de classe.

Conseils d'utilisation

  • Accorder une attention particulière aux réalités autochtones troublantes qui sont mentionnées dans l’œuvre (p. ex., préjugés, abus, alcoolisme).

Ressource(s) additionnelle(s)

  • IDÉLLO.org, ressources éducatives en ligne, 10e à 12e année, Série : Tshinanu, Tshinanu – nous ensemble.