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Olga

Récit de David Baudemont, en collaboration avec les élèves de l’école Providence de Vonda, en Saskatchewan.

Olga Silberschmitt a 15 ans lorsqu’elle tombe amoureuse de Kristian, un jeune Allemand, fils d’un membre du parti nazi. Elle ne se doute pas que cette amourette va la pousser à fuir sur les routes de France et de Belgique.

Que va devenir Olga?

(Tiré de la quatrième de couverture du livre.)

 

À propos du livre

Contenu

  • Un jeune personnage féminin principal d’origine juive, Olga Silberschmitt, tenant à son identité et à sa survie dans son périple de l’Allemagne jusqu’au Canada entre 1937 et 1944; un personnage secondaire allemand, Kristian van Bohlen, dont le père est nazi et avec qui Olga correspond pendant ses années de fuite.

    « Kristian commençait à me surprendre : il semblait si différent de tous les garçons que je connaissais. Et pourtant, au collège, il avait l'air si sage, avec ses cheveux blonds coupés court, ses culottes repassées et ses vestes chics. » (p. 13)

    « À ce moment, j'ai compris qu'en perdant mon nom, je gagnais peut-être la liberté, mais je perdais tout ce que j'aimais : ma langue, ma communauté, les couronnes de fleurs que maman me faisait en été; bref, tout ce qui avait fait mon bonheur quand j'étais enfant. » (p. 30)

    « En mettant le pied dans ce pays libre, qui a la chance de ne pas avoir connu le nazisme, j'ai juré que plus jamais je ne changerai de nom. Je suis et resterai Olga Silberschmitt, et plus personne, ni le maire, ni le rabbin, ni le curé, ne m'obligera à prononcer un autre nom. » (p. 56)
     

  • Narratrice participante, Olga, présentant l'ensemble de ses pensées, de ses doutes, de ses peurs et de ses espoirs dans sa fuite des nazis.

    « J'appris que le commerce de papa était menacé, que plus personne n'osait acheter ses costumes parce que nous étions juifs. » (p. 6)

    « J'avançai vers les guichets avec la terreur au ventre. Derrière la petite fenêtre, la caissière semblait lire dans mes pensées. J'avais peur qu'elle se mette à crier : "Jude? Sind Sie Jude? Ich glaube Sie sind eine Jude!"2 Je déposai mes sous sur le comptoir. Ma main tremblait et je la retirai pour qu'elle ne le remarque pas.
    2 Êtes-vous juive? Je pense que vous êtes une Juive. » (p. 27)

    « Je perçus alors un changement en moi. Un mélange de colère, de révolte, et surtout une énorme envie de vivre. Non, les nazis ne m'anéantiraient pas! Oui, un jour je pourrai regarder en paix un champ comme celui-ci, entourée des gens que j'aime! Je me jurai de tout faire pour atteindre l'Angleterre ou un autre pays libre. » (p. 42)
     

  • Thèmes parfois délicats de la guerre, de l’antisémitisme, de la fuite, de l’identité et de l'amitié s'inscrivant dans des contextes sociohistorique et socioculturel réels (p. ex., Deuxième Guerre mondiale, pouvoir de Hitler, arrestation des Juifs).

    « – Tu n'as rien à faire ici, sale Juif! criaient-ils, retourne dans ton quartier et n'en sors plus! Compris? » (p. 8)

    « J'arrivai devant les douaniers sans vraiment avoir réfléchi à ce que j'allais dire. L'officier jeta un regard distrait sur mes papiers et me fit signe de passer. Je fis mes premiers pas en France avec l'impression de voler… » (p. 31)

    « De temps en temps, j'allais rendre visite à ma tante Sarah qui habitait à deux heures de Paris. Elle me confirmait que la situation en Allemagne était de plus en plus alarmante. Hitler avait fait expulser tous les enfants juifs des écoles allemandes. Les impôts, les menaces et les violences physiques envers notre peuple se multipliaient. » (p. 34)

    « Quand je repense à ce qui a suivi, ma mémoire se perd. Je mélange les jours. Ma fuite est un fragment de souvenirs confus. » (p. 40)

    « Encore changer de nom? Pourquoi pas? Je n’en étais plus à un près. Cette fois, un élan m’entraînait à jouer le tout pour le tout. Tout en marchant, j’apprenais son nom, sa date de naissance : Annette Sibbler, née à Francfort. J’étais épuisée, à bout, je riais nerveusement : j’avais l’impression de me perdre à travers ces différentes personnalités, Olga, Éva, Annette… » (p. 42)
     

  • Récit dont la forme rejoint celle du journal intime et qui constitue les souvenirs d’Olga dans un long retour en arrière des six dernières années de sa vie (1937-1944).

    « Marienburg, octobre 1937
    Cela faisait un mois que je fréquentais cette nouvelle école et je ne m’y sentais pas vraiment à l’aise. Comme les autres jeunes Juifs, je devais porter une blouse grise marquée d’un gros "J". » (p. 10)

    « Paris, mai 1939
    Cela faisait six mois que j’étais à Paris. Les amis de mes parents m’avaient trouvé une petite chambre à louer. » (p. 32)

    « Hier, j’ai fini le récit que j’avais commencé il y a deux ans, pour essayer de mettre de l’ordre dans ma mémoire. Je ne vais pas te [Kristian] raconter tout ce qui s’est passé depuis que nous nous sommes vus pour la dernière fois sur ce quai de gare, il y a presque six ans maintenant. » (p. 55)

Langue

  • Registre courant employé dans la narration et dans les dialogues, reflétant l’âge du personnage principal et la réalité de la situation.

    « Je me taisais et souriais en l’entendant s’énerver un peu plus. Sa voix, qui venait de la cuisine toute proche, devenait de plus en plus aiguë à mesure que l’heure du départ pour l’école approchait. Dans le petit appartement que nous occupions alors, on entendait le moindre bruit de voix ou de pas. » (p. 5)

    « – Prépare tes affaires, vite, je ne sais pas combien de temps tu as devant toi, dit-elle [mère d'Olga], les larmes inondant ses joues. » (p. 15)

    « Je l’ai tellement surpris qu’il n’a pas eu le courage d’insister. Après tout, si une infirmière était pressée, c’est qu’il y avait une urgence, qu’un soldat était en danger. Devant mon irritation, il n’a pas insisté. J’ai pédalé de plus belle. Enfin, j’avais pu faire face à ma panique. J’avais gagné! » (p. 43)
     

  • Langage marqué par plusieurs extraits en allemand écrits en italique et traduits en notes de bas de page, contribuant à la vraisemblance des personnages et de l'ensemble du récit.

    « – Hilfe! Kommen Sie! Schnell! Ein Jude hat meine Waffe gestohlen!3 »<;
    3 À l’aide! Venez vite! Un Juif m’a volé mon arme! » (p. 29)

    « He! Du! Wohin gehst du? Das ist doch nicht dein Richtung!4
    Le coeur à cent à l'heure, je me suis entendue dire, sans réfléchir :
    Lass mich doch in Ruhe! Ich muss schnell machen!5
    4 Eh! Où vas-tu? Ce n’est pas ta direction!
    5 Laisse-moi tranquille! Je suis pressée! » (p. 43)
     

  • Emploi de l’italique également dans les lettres échangées entre Olga et Kristian.

    « Ma chère Olga,
    Excuse-moi pour ce silence. Je ne peux plus t’écrire sans prendre de gros risques. Tu comprendras en lisant cette lettre, si jamais elle te parvient. » (p. 19)
     

  • Figures de style (p. ex., comparaison, métaphore et répétition) amplifiant la peur d'Olga face à diverses situations dangereuses.

    « Cet après-midi-là, je commençai à avoir peur. Je m'en voulais. Où était ma colère? À quoi me servait-elle si je me mettais à trembler comme une feuille devant les nazis? » (p. 9)

    « Ma petite main bien serrée dans celle de maman, je regardais avec un mélange de frayeur et d’émerveillement les locomotives qui crachaient leurs jets de vapeur. Quel bonheur de passer à côté de ces monstres d’acier sous le regard bienveillant de mes parents! » (p. 26)

    « C'étaient les mêmes quais et les mêmes trains qui partaient au même endroit. C'était le même bâtiment massif, mais j'avais beau regarder ce grand hall d'entrée, je ne retrouvais plus la moindre trace de ma joie d'enfant. » (p. 27)

Référent(s) culturel(s)

  • Référence à la fierté du personnage principal en ce qui a trait à sa connaissance de la langue française et à l’utilité de cette dernière.

    « Grâce à François et à ma connaissance du français, j’ai pu obtenir ce poste d’aide-institutrice. Enfin, je commence à avoir un avenir! » (p. 3)

    « Je regrettais les cours d’art et encore plus ceux de français. J’avais toujours aimé cette langue. » (p. 8)

    « Grâce à ma connaissance du français, j’avais pu m’adapter assez rapidement. Bien sûr, il y avait l’accent : je ne pouvais pas passer pour une Parisienne. » (p. 32)

Pistes d'exploitation

  • Demander aux élèves de rédiger une réponse de Kristian à la dernière lettre d’Olga à la fin du récit.
  • Demander aux élèves de la 10e année de faire des liens entre l’œuvre et les apprentissages réalisés dans leur cours d’histoire.
  • Faire visionner aux élèves la vidéo de TFO sur Anne Frank pour leur montrer un exemple d’une Juive qui, au lieu de s’enfuir, s’est cachée à la même époque que le personnage du récit Olga; leur demander de tracer des liens historiques et culturels entre les deux histoires (une réelle, l’autre fictive).

Conseils d'utilisation

  • Comme l’œuvre est facile à lire pour les élèves de différents niveaux, privilégier son enseignement dans les cours appliqué et à échelon local de la 9e jusqu’à la 11e année.
  • Utiliser l’œuvre comme référence littéraire du contexte sociohistorique de la Deuxième Guerre mondiale dans le cadre d’un cours d’histoire.
  • Souligner le fait que l’œuvre a été rédigée dans le cadre d’une création littéraire avec des élèves francophones de Saskatchewan. S’en inspirer pour lancer un projet de création littéraire avec les élèves.
  • Avant la lecture, vérifier les connaissances des élèves par rapport au contexte du récit, notamment la question de l’antisémitisme. Au besoin, faire un survol de la Deuxième Guerre mondiale avant la lecture afin de faciliter la compréhension du récit.

Ressource(s) additionnelle(s)

  • IDÉLLO.org, ressources éducatives en ligne, 10e à 12e année, La brève vie d’Anne Frank.