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Vengeances

Après plusieurs années d’absence, Louis Ferdine, l’auteur de romans policiers, retourne en France, dans son village natal. Le moment ne pouvait pas être plus mal choisi : c’est la guerre entre les Ferdine et les Brivault! Chiens égorgés et pendus, poursuites armées et mystérieuses disparitions, les deux clans carburent à la haine et à la vengeance. De quoi troubler les vacances de Ferdine, plongé malgré lui au cœur du drame…

(Tiré de la quatrième de couverture du livre.)

À propos du livre

Contenu

  • Narrateur participant, lui-même écrivain et personnage principal, racontant son aventure et étalant ses sentiments et commentaires; un personnage secondaire, le chef de police, plus important en raison de son rôle dans cette histoire de triple meurtre; plusieurs figurants (membres de la famille et gens du village) mêlés de près ou de loin à l’enquête policière.

    « Je suis écrivain, non? […] Alors, admettons : j’exagère. C’est mon métier. Louis Ferdine, exagérateur professionnel. Et ce n’est pas tout. Je râle, aussi. J’ai ça dans le sang, je suis un râleur-né. » (p. 5)

    « Mais j’avoue avoir été déconcerté par l’attitude et la violence de Julien Brivault. Déstabilisé, même. Il m’a traité d’assassin, ni plus ni moins! Ça ne fait pas plaisir! Je ne vais toutefois pas courir après lui. À quoi bon? J’en ai assez, de toute cette histoire. Ce n’est pas la mienne. Je ne suis plus d’ici! Dois-je le répéter? » (p. 35)

    « Jean-Philippe! Jean-Philippe Comeau! Mon meilleur ami d’autrefois. Nous avons été dans la même classe – avec Julien Brivault – pendant toute notre jeunesse. Toujours amateur de romans policiers? Eh bien, il allait être servi! » (p. 85)

    « Marie, elle aussi, venait d’arriver. On s’écartait devant elle en murmurant et en détournant les yeux. Elle s’est jetée sur le corps de sa fille, en larmes, et Bernard, à genoux à côté d’elle, tentait sans conviction de la relever.
    Massés tout autour, dans l’herbe humide, les curieux observaient la scène d’un air sombre. Certains – se mêlant de quoi? – avaient déjà commencé à fouiller les environs. » (p. 88)
     

  • Intrigue nouée autour du climat irrespirable de représailles entre deux familles, de menaces de mort, de violence, de meurtres et de fausses pistes.

    « De nouveau dans la rue, je m’éloigne rapidement. Pourtant, je n’ai pas envie de revenir à la maison tout de suite, de retomber dans cette ambiance à couper au couteau. Pas davantage de me retrouver face à face avec Julien, ou avec un membre de sa famille […] J’ai besoin de me calmer, de penser à autre chose. » (p. 37)

    « Et puis, au vu de quelles preuves les deux familles se lancent-elles de pareilles accusations à la figure? Qui sont les témoins? J’en viens à soupçonner que cette crise n’est que la partie visible d’un drame autrement plus grave, plus profond. » (p. 47)

    « Il n’en faut pas plus pour que mon frère, devinant le pire, se précipite comme un fou. Je suis sur ses talons.
    Ce que nous découvrons alors, presque en même temps, nous glace d’horreur : Michèle est là, allongée dans l’herbe, sur le dos, immobile. Sa poitrine est en sang. » (p. 79)
     

  • Thèmes d’intérêt différent, mais étroitement tissés : innocence du fou du village, amitié détruite par la jalousie et meurtres commis par une jeune fille dite timide. 

    « L’enfant est né avec quelques cases en moins dans le cerveau, et il a hérité de sa mère la fonction d’idiot de village. Éternel souffre-douleur des garnements, bouc émissaire… Le malheureux incurable dont la seule existence aide les autres à mieux supporter leur propre misère… Les joies de la campagne… » (p. 43)

    « Le plus brillant, dans cet abominable complot, aura été de convaincre chacune des victimes que son amie était la véritable instigatrice. La manipulation était remarquablement montée!
    Une chose est certaine : la thèse de la jalousie n’a plus sa raison d’être. » (p. 122-123)

    « Michèle s’était jetée sur elle et, dans le corps à corps, le coup était parti, lui faisant éclater la poitrine. […]
    Faisant un moulinet avec le fusil déchargé, Pascale avait atteint son adversaire en plein front. Françoise s’était effondrée, sans vie. […]
    Dès le lendemain matin, pourvue d’une bonne ration de mort-aux-rats qu’elle avait introduite dans des friandises, elle avait retrouvé le pauvre garçon et lui avait fait ingurgiter le poison mortel. » (p. 151-152)

Langue

  • Registre de langue courant dans l’ensemble de l’œuvre; quelques passages de registre familier dans les séquences tant narrées que dialoguées.

    « Il n’y a pas beaucoup de clients. Normal pour un dimanche matin. Derrière le bar, une femme entre deux âges que je ne connais pas. Et, assis sur un tabouret, voûté, la tête enfouie dans les épaules, un type d’un certain âge contemple un verre de vin à moitié vide. » (p. 32)

    « Pas en état? Mouais, peut-être… Mais j’aimerais bien lui poser une ou deux questions, moi, à Michèle. Entre quat’z-yeux… » (p. 46)

    « – Rien n’est encore joué, cependant, a-t-il conclu après un long silence. Cette fille est redoutable. Quand je vois comment elle t’a entortillé! Tu étais prêt à lui donner le bon Dieu sans confession, hein? » (p. 142)
     

  • Style vif et concis dans la description des lieux et des personnages, quelques caractéristiques suffisant pour tracer un portrait, une image, susceptible de plaire particulièrement aux garçons.

    « Direction, le Berry. C’est dans cette région du centre de la France que je suis né. Le pays des sorciers, dit-on. En fait, une vieille province déplumée, perdue, si ancienne qu’on dirait que tout le monde l’a oubliée… » (p. 6)

    « Au fond du salon, assise droite comme un i sur le bord d’un sofa, une jeune femme maigre et blême, chaussée d’une énorme paire de lunettes aux verres épais, me dévisage avec des yeux ronds. Michèle? » (p. 16)

    « Je regarde Daniel, celui par qui tout a commencé, apparemment. Beau gars, en effet. Il ne doit pas laisser les filles indifférentes. Grand, brun, le type du jeune premier de cinéma. Sauf que là, il a un fusil à deux coups entre les mains… » (p. 62)
     

  • Figures de style, notamment la métaphore et la comparaison, reflétant l’état d’âme des personnages. 

    « Finalement, avec l’entrain d’un condamné à mort qui doit franchir le dernier couloir, je ramasse ma valise et pénètre dans la maison. » (p. 15)

    « Mon frère devient rouge. La colère l’étouffe. Marie a l’air d’être empalée sur sa chaise. » (p. 45)

    « De l’autre côté, sur la droite, je reconnais Pascale. […] Vêtue de noir, presque invisible dans la demi-obscurité, elle ressemble à une statue de pénitente qu’on aurait oubliée près du mur. » (p. 126)
     

  • Phrases très variées : complexes, courtes, elliptiques, exclamatives, interrogatives, inversées, inachevées, représentant la confusion dans la tête du personnage principal.

    « Mais cette année, je me suis rendu compte que je n’allais peut-être jamais remettre les pieds là où je suis né, que je finirais ma vie à Calgary comme un de ces fossiles qu’on déterre régulièrement dans les Badlands, simple trace entre deux strates de terre grisâtre. » (p. 8)

    « À mes pieds, ma valise gît sur le sol, baignant à demi dans cette flaque de sang d’où monte une odeur âcre qui me donne des haut-le-cœur. Bravo, le retour au pays natal! Que faire? Je ne peux pourtant pas repartir… » (p. 15)

    « Les yeux de l’homme sont étrangement fixés sur moi. Et s’il allait tenter de m’assommer, de m’étriper, de me jeter dans le canal?… » (p. 39)

Référent(s) culturel(s)

  • Quelques allusions à des régions de la France (Paris, Berry, Charost, Bourges et la rivière Arnon) ainsi qu’à des poètes français de renommée (p. ex., Musset, Baudelaire).

Pistes d'exploitation

  • Demander aux élèves d’imaginer un scénario final où il est question d’un meurtrier au lieu d’une meurtrière, déjouant ainsi le triangle ou plutôt le quadrilatère amoureux.
  • Suggérer aux élèves de lire d’autres œuvres du même auteur pour en faire une étude comparative : thèmes, genre de personnages, écriture.
  • Inviter les élèves à rédiger un chapitre où Louis Ferdine découvre la meurtrière à sa façon pour ensuite révéler ses découvertes à la police.

Conseils d'utilisation

  • Situer sur une carte géographique les lieux dont on parle dans le roman.
  • Lors de la lecture, porter une attention particulière aux sujets délicats, tels le meurtre et l’intimidation.
  • Consulter les fiches pédagogiques sur le site WEB de la maison d’édition Hurtubise.