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Chroniques du Nouvel-Ontario, tome 3 – Les routes incertaines

« Au restaurant, il commanda du champagne et s’occupa de tenir le verre de sa sœur bien rempli. Légèrement grisée, Rose-Delima riait […]. Germain se réjouissait de la voir si heureuse, mais il songeait avec crainte que, lorsqu’ils retourneraient chez elle, il lui faudrait bien sortir la page du journal qu’il tenait pliée dans sa poche depuis ce matin. De toute évidence, elle ne savait rien. »

Happée par la période turbulente, mouvementée de la Seconde Guerre mondiale, la première génération née dans le Nord de l’Ontario entame sa vie adulte sur des routes incertaines. Rose-Delima reverra-t-elle Donald, celui qu’elle aime mais que la culture, et maintenant la guerre, séparent? Jean-Pierre deviendra-t-il médecin, comme il le souhaite? L’entreprise commerciale des Marchessault réussira-t-elle?

Du Nord ontarien à l’Afrique, en passant par Montréal, Ottawa et l’Europe, les chemins tantôt se croisent tantôt s’éloignent sans qu’un retour aux sources soit pour autant assuré.

(Tiré de la quatrième de couverture du livre.)

À propos du livre

Contenu

  • Quatre personnages principaux, dont Rose-Delima, amie d’enfance de Donald et de Jean-Pierre, éprise de Donald, Donald, jeune homme ambitieux, qui devient ministre des Relations internationales, Jean-Pierre, ami et chef de cabinet de Donald, qui tente de conquérir le cœur de Rose-Delima, et Germain, frère aîné de Rose-Delima, brillant homme d’affaires qui trompe son épouse en renouant avec un amour d’antan.

« À Noël […], une carte de Noël des Stewart apprit à Rose-Delima qu’un autre être qui lui était particulièrement cher était également dans l’armée : Donald, l’ami d’enfance qu’elle n’avait jamais cessé d’aimer. » (p. 43)

« – Mais non, tu dis des bêtises. Donald est né prince, tu le sais bien. Il règne de droit divin, prend tout ce qui fait son affaire, mais laisse rarement échapper ses sujets. » (p. 107)

« – Oublier, non. Aimer à nouveau, j’en ai la preuve. Quand je t’ai vue et que je me suis rendu compte que j’étais prêt à aimer à nouveau, qu’en fait je t’aimais, j’ai été heureux […]
Jean-Pierre se leva et, s’agenouillant devant Rose-Delima, il lui prit les deux mains.
– Je t’aime, Lima, assez pour nous deux, je crois.
Il l’attira vers lui. D’abord, elle s’abandonna à la chaleur de ces bras qui l’entouraient comme un refuge. Mais, lorsqu’elle sentit les lèvres qui cherchaient les siennes, elle le repoussa.
– Pardonne-moi, je ne peux pas.
Il la relâcha aussitôt.
– J’attendrai, Lima. Je t’aime assez pour attendre. » (p. 173-174)

« Germain devait se l’avouer à lui-même : il était tombé amoureux, bêtement, comme à dix-huit ans, et cela dérangeait ses plans.
Lorsqu’il avait aperçu Élise au rayon des parfums, il avait eu l’impression de recommencer un épisode de sa jeunesse demeuré sans conclusion.
[…]
Depuis six mois qu’ils étaient amants, jamais il n’avait été aussi heureux. Il devait même se morigéner pour ne pas céder à la tentation de passer trop de temps à Ottawa, négligeant son bureau et ses autres établissements. » (p. 195)

  • Très nombreux personnages secondaires, parmi lesquels Nadim et René, connaissances universitaires de Jean-Pierre, qui l’accueillent dans leur famille, Leila, la belle-sœur de Nadim et premier amour de Jean-Pierre, Élise, une jeune Amérindienne, amante de Germain, ainsi que le père Alexandre Sellier, autrefois amoureux de Rose Stewart, la mère de Donald.

« Il fut convenu que l’on se rencontrerait de nouveau le jeudi suivant. Nadim adorait jouer au billard même s’il était un joueur plutôt maladroit. Jean-Pierre offrit à René de le ramener chez lui […] Jean-Pierre devint un habitué des parties de billard du jeudi chez les Karam. Émilia, qui le voyait pour la première fois se lier avec des amis, voulut tout connaître de cette famille. » (p. 25)

« Cette invitation laissa Jean-Pierre bouche bée. Qu’ils soient seuls, tous les deux, dans un chalet désert… […] La jeune fille le regardait gravement. Il continua :
– Je crois bien que je suis amoureux de vous, Leila. […]
Leila lui décocha un sourire énigmatique et le quitta rapidement. Jean-Pierre retourna chez lui déchiré entre l’espérance la plus folle et une inquiétude envahissante. » (p. 32-33)

« Pendant qu’ils soupaient, Germain regardait le visage d’Élise, les pommettes hautes, le front ivoire, maintenant partiellement caché par le bandeau soyeux de ses cheveux sombres, et les sourcils délicats comme des ailes de papillon noir. La communication entre eux était facile, la conversation avait repris comme autrefois. » (p. 185-186)

« – Père Sellier, je suis le fils de Rose et de Douglas Stewart. C’est vous qui leur avez sauvé la vie lors de l’incendie de Matheson en 1916.
Le cœur du missionnaire fit un bond dans sa poitrine. Mon Dieu, Rose avait un fils et il était là, devant lui… » (p. 258)

  • Roman à saveur historique où les personnages, tous issus de la première génération à grandir dans le petit village de Val-d’Argent, dans le nord de l’Ontario, affrontent à la fois les bouleversements de la Seconde Guerre mondiale et les défis liés à la vie en milieu urbain; plusieurs intrigues s’entrelacent sur fond de guerre et de transformations sociales; nombreux retours en arrière rappelant les difficultés encourues par les ancêtres des personnages; thèmes (p. ex., guerre, influence de l’Église, amour, histoire franco-ontarienne) aptes à susciter l’intérêt du lectorat visé.
  • Mise en page simple; texte réparti en 26 chapitres numérotés; éléments graphiques (p. ex., lettrines marquant le début des chapitres, guillemets, italiques, points de suspension, parenthèses, symboles indiquant un changement de scène ou un laps de temps) facilitant l’interprétation de l’œuvre; liste des œuvres de la même autrice, dédicace et citation au début du livre; remerciements, choix de jugements, biographie, bibliographie et table des matières à la fin; critique de Doric Germain et renseignements sur l’autrice en quatrième de couverture.

Langue

  • Registre de langue courant dans l’ensemble de l’œuvre; mots moins connus (p. ex., cosaque, thomiste, duègne, atavisme) et expressions particulières (p. ex., le vague à l’âme, de pied en cap) compréhensibles grâce au contexte; mots du registre familier (p. ex., J’m’en vas, à la sauvette, garce, morveux) et mots anglais (p. ex., draft, big bands, forehand) dans certaines séquences dialoguées, contribuant à la vraisemblance des personnages.
  • Phrases de base, phrases transformées et phrases à construction particulière; nombreuses phrases interrogatives et exclamatives dans les séquences dialoguées, traduisant les émotions des personnages; phrases parfois longues et complexes, surtout dans les extraits descriptifs; emploi du présent, du passé composé et de l’imparfait de l’indicatif, du passé simple et du conditionnel dans l’ensemble de l’œuvre.

« Il allongea le bras pour décrocher le récepteur. Toute sa vie, il se souviendrait de ce geste avec une clarté hallucinante, pareil à ces tableaux que présente un film qui s’arrête soudain et fige sur l’écran un moment dans la vie des personnages. Plus tard, il se souviendrait que, quelques moments auparavant, il s’était félicité de l’augmentation du chiffre d’affaires de son établissement et s’était dit que, lorsque Paul reviendrait, ils auraient du capital pour amorcer l’expansion. Puis, la sonnerie du téléphone s’était fait entendre et désormais rien ne serait jamais pareil.
– Germain! cria sa sœur Bernadette, viens, maman se trouve mal!
– Quoi? Qu’est-ce qu’il y a?
Il y eut un silence, puis un bruit de sanglots.
[…]
– C’est une syncope? Tu as appelé le médecin? » (p. 88)

  • Nombreux procédés stylistiques (p. ex., périphrase, comparaison, métaphore, répétition, métonymie, énumération, expression imagée) qui enrichissent le texte.

« Désormais, la capitale anglaise et la Ville Lumière seraient plongées dans l’obscurité jusqu’à la fin de la guerre. » (p. 16)

« Les pensées qui l’avaient hantée lorsqu’elle avait appris que son frère Paul s’embarquerait bientôt pour l’Angleterre revinrent comme un vol de corbeaux. » (p. 44)

« – Voyons, tu ne crois tout de même pas que tu es le premier amant de Leila? Elle est très belle. D’autres papillons ont tourné autour de cette flamme et se sont brûlé les ailes. » (p. 80)

« – Nous étions une dizaine qui avancions par bonds, couchés, debout, un bond, couchés, debout. »
(p. 97)

« Par la porte ouverte, elle voyait la Thunderbird blanche de Jean-Pierre. » (p. 142)

« – Voici une salade italienne et de bons petits cannelloni de chez Imbros, un fromage fabriqué par les saints moines d’Oka, du pain français, des fruits et, pour arroser le tout, une bouteille de cet excellent élixir préparé par la veuve Clicquot, une grande bienfaitrice de l’humanité, celle-là. » (p. 146-147)

« Au contraire, c’était uniquement pour lui tirer les vers du nez au sujet de Donald. » (p. 166)

  • Séquences narratives et descriptives entrecoupées de séquences dialoguées, qui fournissent des renseignements sur une époque particulière, mettent en lumière l’influence de l’Église et la condition de la femme, et permettent de mieux saisir les états d’âme des différents personnages; ajout de procédés littéraires (p. ex., lettre, article de journal) renforçant l’ancrage historique du récit.

« Rose-Delima l’écoutait, se demandant ce que signifiait ce préambule.
– On m’a averti, et j’ai pu le constater tout à l’heure, que vous parlez français à la secrétaire de Monsieur Lophed.
Du coup, la moutarde monta au nez de Rose-Delima. […]
Rose-Delima se leva.
– Vous voulez m’obliger, moi, une Canadienne française, à parler anglais à une compatriote au cours d’une conversation privée?
– Ce n’est pas moi qui vous y oblige, ma chère enfant, ce sont les règlements. Vous voudrez bien vous y conformer. […]
Rose-Delima sortit de la pièce, furieuse. » (p. 54)

« L’établissement était dirigé par un Monsieur Larose tout frais arrivé d’Ottawa. Celui-ci interrogea longuement Germain sur son commerce, ses profits futurs, même sur ses opinions quant à l’avenir des Canadiens-français en Ontario-Nord.
– Je suis favorablement impressionné, monsieur Marchessault, dit-il enfin. Votre demande sera étudiée par le comité et nous vous rendrons réponse bientôt. Cependant, je vous demanderais de passer chez Monsieur le curé, ce soir si possible.
– Chez Monsieur le curé?
– Oui. La réponse que nous vous donnerons, favorable ou défavorable, dépendra du rapport de Monsieur le curé.
Germain sortit, un peu surpris de cette façon d’administrer une banque. Le soir même, il se rendit au presbytère. Le curé le reçut avec cordialité. » (p. 108)

« Le lendemain matin, alors qu’ils déjeunaient, Georgette lui demanda quand l’achat de l’hôtel de Kirkland Lake serait complété, quand se ferait le transfert d’administration. […]
– Mais non, je travaillerais avec toi. Tu te souviens, quand nous avons commencé à l’hôtel ici, quand nous faisions tout nous-mêmes. Je faisais la cuisine et tu faisais les lavages et nous avions tout repeint le hall d’entrée une fin de semaine.
– Ça, c’était parce que nous étions trop pauvres pour engager des gens pour le faire. Maintenant, c’est différent. Ma femme n’a plus besoin de travailler. » (p. 113-114)

« Cher Donald,
Je viens de recevoir une lettre de ta mère m’apprenant que tu es devenu soldat de Sa Majesté et que tu t’attends à changer d’endroit bientôt… » (p. 44-45)

« Inquiet, Germain se mit à lire l’article :

Un terrible raid par les troupes alliées a frappé les côtes de France, plus précisément Dieppe… » (p. 87)

Référent(s) culturel(s)

  • Référence aux Premières Nations et à leurs institutions, notamment le Centre communautaire des Amérindiens (aujourd’hui nommé le Centre communautaire autochtone) et l’Association des Indiens du Canada (maintenant connue sous le nom d’Assemblée des Premières Nations), ainsi qu’à plusieurs autres associations autochtones.
  • Mention de nombreux lieux de l’Ontario français (p. ex., Ottawa, Kirkland Lake, Haileybury, Hearst), de la région de Montréal et d’Ottawa (p. ex., les Laurentides, Sainte-Agathe, l’hôtel Reine Elizabeth, le Château Laurier, le Parlement), de la francophonie internationale (p. ex., Paris, Lyon, Chamonix, le Sénégal, le Mali, la Côte d’Ivoire) et d’institutions importantes (p. ex., l’Université d’Ottawa, l’Ordre de Jacques-Cartier).
  • Référence à des auteurs et artistes célèbres (p. ex., Tino Rossi, Lamartine) et au film Autant en emporte le vent.
  • Mention de personnages historiques marquants (p. ex., Étienne Brûlé, le premier ministre Mackenzie King) et d’événements majeurs (p. ex., le Règlement 17, la Dépression, le débarquement de Dieppe, l’invasion de la Normandie).
  • Référence à la religion catholique et à ses traditions (p. ex., la Sainte-Vierge, le Seigneur-Jésus, allumer un lampion, faire ses pâques).
  • Mention d’organismes et d’événements internationaux (p. ex., les Nations Unies, la Conférence internationale de Lagos).

Pistes d'exploitation

  • Revoir avec les élèves les caractéristiques du roman historique (p. ex., récit situé dans le passé et fondé sur des faits réels; mélange de personnages historiques et fictifs; intégration d’éléments inventés dans un contexte réaliste; éclairage sur la société et les enjeux d’une époque donnée). Pendant la lecture, leur demander de relever les événements historiques mentionnés dans le roman, puis de les classer sur une frise chronologique collective affichée en classe, à laquelle ils pourront se référer tout au long de l’étude de l’œuvre.
  • Suggérer aux élèves, réunis en dyades, de mener une recherche sur l’apport des Canadiens français pendant la Seconde Guerre mondiale (p. ex., lors des débarquements de Dieppe et du jour J en Normandie, dans le Royal 22e Régiment). Les inviter à partager leurs trouvailles, puis à monter un diaporama collectif à partir des données recueillies dans le but de le présenter lors de la célébration du jour du Souvenir.
  • Suggérer aux élèves, regroupés en équipes, d’effectuer une étude comparative de la condition de la femme au Canada et dans d’autres pays, puis de présenter leurs découvertes sous la forme de leur choix (diaporama, affiche, infographie). Les inviter à prendre part à une table ronde pour exposer leurs découvertes et partager leur opinion sur le sujet.

Conseils d'utilisation

  • Avant la lecture, revenir sur les grandes lignes et les personnages-clés des deux premiers tomes de la série, Chroniques du Nouvel-Ontario, soit La quête d’Alexandre et Entre l’aube et le jour, dont les fiches pédagogiques se trouvent dans
  • Discuter de l’origine et des principaux événements entourant la Seconde Guerre mondiale, qui servent de toile de fond au roman.
  • Accorder une attention particulière aux sujets délicats dont on traite dans le roman (p. ex., adultère, viol, guerre, abus des femmes).
  • Avant la lecture, signaler les termes inappropriés « Indiens » et « sauvagesse » et les contextualiser sur le plan historique.
  • Encourager les élèves à lire d’autres romans de la même autrice tels que Marie-Julie et L’Ermitage, dont les fiches pédagogiques se trouvent dans FousDeLire.

Ressource(s) additionnelle(s)

  • IDÉLLO, ressources éducatives en ligne, 10e à 12e année, Série : La grande explication, divers épisodes.
  • IDÉLLO, ressources éducatives en ligne, 10e à 12e année, Série : Les Canadiens face aux Guerres mondiales, divers épisodes.
  • IDÉLLO, ressources éducatives en ligne, 9e à 12e année, Série : Le dessous des cartes, Un monde de femmes.
  • IDÉLLO, ressources éducatives en ligne, 3e à 12e année, Série : Villages et visages, divers épisodes.