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Des branches de jasmin : L’art d’être un grand-père délinquant

En 1985, Claude Jasmin, jeune grand-père partiellement à la retraite, propose ses services de « gardien » pour dépanner les parents de ses cinq petits-fils. Ce sera le début d’une décennie de joyeuse complicité entre le papi et sa bande des cinq. Mais Laurent, Simon, Gabriel, David et Thomas ont un papi hors du commun, un grand-père délinquant qui non seulement leur apprendra à construire des tunnels sous la neige ou leur fournira des accessoires de farces et attrapes, mais aussi les aidera à faire un grand feu de joie en ville – ce qui leur vaudra la visite des pompiers – ou encore à chercher de l’or sur le mont Royal à grands coups de pioche… jusqu’à l’arrivée de la police!

(Tiré de la quatrième de couverture du livre.)

À propos du livre

Contenu

  • Personnage principal et narrateur, l’auteur Claude Jasmin, imaginatif à souhait pour ses petits-fils au point d’ajouter un sous-titre à son roman : l’art d’être un grand-père délinquant; un « papi » qui mérite les éloges de ses petits-enfants.

« J’annonce : « Un feu, mes amis, allons quelque part allumer un feu! » […] Ce qu’on appelle un feu de camp. Ah! le feu! L’éternelle fascination des gamins. Mais… était-ce permis en ville? Bof! » (p. 61)

« Que font ces gamins et ce bonhomme à cheveux blancs, qui piochent? J’ai mon gros marteau dans une main et mon ciseau à bois dans l’autre. […]
Le policier se tourne vers moi : « C’est strictement interdit de stationner le long de cette voie. » […]
Merde, encore une fois, être vu en grand-père délinquant. » (p. 113)

« Notre grand-père, Claude Jasmin, porte le surnom de papi, un mot plein d’affection. Nous l’avons toujours appelé ainsi. Papi est un écrivain habité par l’imaginaire. Il aime la spontanéité, les arts, l’onirisme, les souvenirs, la vie de tous les jours, la naïveté, l’optimisme. En sa compagnie, nous avons formé un joyeux cortège, une équipe de jeunes aventuriers avides. » (p. 193)

  • Personnages secondaires bénéficiant, chacun à leur manière, de la bonté du personnage principal, notamment sa fille Éliane et son mari Marco, son fils Daniel et sa conjointe Lyne, ainsi que ses petits-enfants — Laurent, David, Gabriel, Simon et Thomas — tous choyés par l’imagination débordante d’un « papi » joueur et bienveillant.

« Mes deux enfants, les parents de mes petits-enfants, venaient souvent nous visiter au chalet du lac. Les cinq garçons en profitaient chaque fois pour accaparer le grand-père de tempérament disons… ludique. […] À Sainte-Adèle, plein d’espace en ces beautés naturelles pour tricoter des mondes imaginaires et inventer des légendes. » (p. 42)

« Vers 1987, notre dollar s’affaiblissant, ce sera la visite de nos provinces québécoises. Îles de la Madeleine comprises. La maison du lac se faisait alors envahir par mes petits galopins et leurs parents. Chaque fois, j’y laissais des messages. Et des occasions de jeux. Aussi, dans ma cave, des pinceaux, de la gouache, du papier. Et de l’argile à modeler. » (p. 85)

  • Récit autobiographique relatant une période de la vie de Claude Jasmin, celle où il fut grand-père et gardien délibéré de ses petits-fils; retours en arrière sous forme de souvenirs; thèmes (p. ex., enfance enjouée, passage du temps, espièglerie) laissant exhaler la nostalgie du narrateur, aptes à susciter l’intérêt du lectorat visé.
  • Mise en page simple; œuvre répartie en 25 courts chapitres titrés et numérotés; éléments graphiques (p. ex., guillemets, italiques, points de suspension, acronymes, majuscules) facilitant l’interprétation de l’œuvre; liste des œuvres de l’auteur, dédicaces et préface au début; épilogue, postface, table des matières, suite de la liste des œuvres de l’auteur et titres d’œuvres de la même collection à la fin; courtes notes biographiques sur l’auteur à la quatrième de couverture du livre.

Langue

  • Registre de langue soutenu dans l’ensemble de l’œuvre, révélateur du métier d’écrivain du narrateur; registre de langue populaire (p. ex., la schnotte, tu t’es fait esploiter, combien t’a payé, pisseux) et familier empreint de multiples régionalismes (p. ex., bébelles, picouille, vite en titi), représentatif du langage souvent déformé des enfants.
  • Phrases de base, phrases transformées et phrases à construction particulière; emploi d’une variété de types et de formes de phrases (p. ex., déclarative, interrogative, impérative, négative); phrases courtes, souvent elliptiques, qui reflètent la spontanéité de la pensée, l’oralité du récit et les sentiments du narrateur.

« D’abord, on s’enferme dans le placard tous les deux, portes bien refermées, la noirceur l’excite. À voix basse : « C’est la nuit, hein papi? » Nous mimons le sommeil, étendus côte à côte. Fermons les yeux. Sonores ronflements fictifs. Puis, imitations du chant de coq. En riant, l’enfant se redresse aussitôt. Sonores bâillements, étirage des bras, une journée va commencer. » (p. 16)

« J’ai jeté mon vieux filet de badminton et les raquettes. J’ai caché les fers à cheval rouillés. Nous n’irons plus vendre de la limonade sur un trottoir, rue Fleury, juste en face d’un Jean Coutu.
Viens-t’en donc, 2008! Va-t’en, chère aimable nostalgie! Le temps qui file sans cesse. » (p. 184)

  • Figures de style variées (p. ex., métaphore, inversion, onomatopée, énumération); exclamation et interjection (notamment l’« ô ») couramment utilisées, traduisant les sentiments d’un grand-père narrateur.

« …le benjamin […] qui trépigne d’impatience en marmottant des menaces confuses, de vagues imprécations : Arghhh… hugggh…ourghhh! » (p. 36)

« …Simon et son fidèle Noiraud s’activent aussi, tiennent des conciliabules, forgent des tactiques, imaginent une stratégie infaillible. » (p. 36)

« Bon sang! Gyrophare qui tournoie dans la nuit noire. Les pompiers qui débarquent, merde! » (p. 64)

« Ô les rires des enfants! » (p. 173)

  • Séquences narratives et descriptives qui révèlent les réflexions de l’auteur sur l’univers de l’enfance, illustrent les activités partagées entre lui et ses petits-enfants, et dévoilent la profonde complicité qui se tisse entre eux; discours rapporté par le grand-père, qui transmet les paroles de ses petits-enfants, recréant leur langage avec réalisme.

« « Ah! comme la neige a neigé » en ce jour de l’hiver 1996! Je suis allé chercher mes deux galopins à leur école Lanaudière, dans la rue éponyme, juste à l’ouest de la rue Garnier. La veille, nous avions travaillé ferme à la construction de deux forts de neige dans l’étroite et longue cour arrière.
Deux forteresses, bien sûr imprenables, nous attendent! On y fonce prestement et les yeux de mes petits guerriers brillent. En cette fin d’après-midi, il va s’y dérouler une bataille, historique bien entendu. […]
[…] Trois enfants vaillants sont donc en route pour un implacable combat, une bataille épique! Il y aura deux groupes de combattants : Simon et Noiraud, Thomas et le grand-père. L’excitation est à son comble. Le benjamin m’interroge : « À part la prise du drapeau ennemi, les gagnants obtiendront quoi, papi? » Je cherche… « Ben… on verra ça. » » (p. 35-36)

« « C’est lui, je vous le dis, il nage maintenant sous notre chaloupe, il n’ose pas se montrer, le sale monstre! » Je raconte un vieux pêcheur du village qui disait l’avoir aperçu deux ou trois fois, toujours par temps brumeux.
[…]
La célèbre légende du Loch Ness, transposée à Sainte-Adèle. La frousse du plus jeune maintenant : Mais, papi, si le monstre renverse notre barque, qu’est-ce qu’on fait?² Sa mine de légère angoisse. Je dois le rassurer : « Ne craignez rien, on m’a dit que la bête fuyait les hommes, qu’elle était extrêmement peureuse. Qu’elle est tout simplement désorientée. » » (p. 44)

Référent(s) culturel(s)

  • Nombreux référents culturels de la francophonie québécoise et internationale, personnalités du monde des médias ou du spectacle (p. ex., Pierre Perrault, Roch Demers, Paul Buissonneau, Paul Arcand, Paul Houde, Marc Favreau, Jacques Brel, Édith Piaf).
  • Allusions à plusieurs auteurs de la francophonie internationale ou à leurs paroles (p. ex., Georges Dor, Jean Cocteau, Paul Verlaine, Émile Nelligan, Charles Perrault, Jean de La Fontaine).
  • Référence à quelques lieux typiquement canadiens-français (p. ex., Sainte-Adèle, Saint-Eustache, îles de la Madeleine, la cabane à sucre Constantin).

Pistes d'exploitation

  • Proposer aux élèves, regroupés en équipes, de réfléchir aux différentes interprétations possibles du titre Des branches de jasmin en explorant autant le sens littéral (le jasmin comme plante ou symbole) que le sens figuré (jeu de mots sur le nom de l’auteur, image de la transmission familiale, des liens intergénérationnels, de la douceur). Leur suggérer de justifier chacune de leurs interprétations à l’aide d’indices tirés de l’œuvre. Animer une mise en commun afin de leur permettre de discuter de la richesse symbolique du titre.
  • Inviter les élèves à mener une enquête intergénérationnelle auprès d’un ou d’une aîné(e) de leur entourage (grand-parent, voisin, membre de la communauté) afin de découvrir les événements marquants de l’actualité des vingt dernières années selon leur point de vue. Leur proposer de préparer une courte entrevue avec des questions ciblées (p. ex., Quel événement vous a le plus touché ou surpris? Pourquoi? Quel impact cela a-t-il eu sur votre vie ou votre vision du monde?), puis de recueillir leur témoignage par écrit ou sous forme audio ou vidéo, et Inviter les élèves à créer un collage numérique accompagné d’un texte de synthèse intitulé : Ce que les aînés nous racontent de notre époque.
  • Inviter les élèves à prendre part à une table ronde sur la question suivante : La décennie de complicité entre le grand-père et ses cinq petits-enfants est-elle plus bénéfique pour le papi ou pour les enfants? Avant la discussion, leur demander de relire certains passages de l’œuvre pour y repérer des éléments clés (p. ex., émotions, transformations, apprentissages, souvenirs) afin d’appuyer leur réflexion. Conclure la discussion en permettant aux élèves de reconnaître la richesse du lien intergénérationnel dans les deux sens, et de faire émerger des réflexions sur la transmission, le vieillissement actif et la place des aînés dans la société actuelle.

Conseils d'utilisation

  • Revoir les règles de la table ronde.
  • Après la lecture, visionner avec les élèves le filmLa guerre des tuques et y relever les analogies avec le roman Des branches de jasmin.
  • Encourager les élèves à lire une autre œuvre qui traite d’une relation intergénérationnelle, soit Mensonges, dont la fiche pédagogique se trouve dans FousDeLire.

Ressource(s) additionnelle(s)

  • IDÉLLO.org, ressources éducatives en ligne, 11e et 12e année, Série : L’art d’être parent, divers épisodes.