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Anatomie de la fiche Anatomie interactive
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2Vermillon, l’empire des damnés

Dans sa contrée sauvage, Garance n’a connu que la misère depuis sa naissance. Elle s’enfuit le jour où tous les Damnés, dont ses parents, sont tués et son village détruit par une horde de guerriers sanguinaires.

Peu de temps après, elle tombe sous l’emprise d’un mystérieux personnage, sur lequel d’horribles histoires circulent. Elle parviendra finalement à se libérer de son tortionnaire. Mais ce dernier veille au grain…

Garance retrouve alors par hasard un compagnon d’autrefois. Mais la joie des retrouvailles ne durera pas. La vie est rude : tortures et trahisons font partie du quotidien. Sans parler de la faim et de la peur… La révolte gronde.

Combattant sans relâche un empereur cruel, Garance et plusieurs autres sont prêts à tout pour redonner au peuple sa dignité. Des pages de l’histoire de leur pays s’écrivent avec leur sang…

 

(Tiré de la quatrième de couverture du livre.)

3 À propos du livre

Contenu

  • Deux personnages principaux opposés l’un à l’autre, Garance, la narratrice, jeune fille de 13 ans, et Efi, son tortionnaire.

« La plaine, autour de moi, n’en finissait pas de disparaître dans l’ombre. Je ne savais pas, à l’époque, jusqu’où elle s’étendait, jusqu’où s’étendait l’empire de Vermillon. Jusqu’au bout du monde, qui sait?
Alors, c’est là que j’irai, avais-je décidé. Aussi vrai que je m’appelle Garance.
Je me suis mise en marche, dans la direction où le soleil venait de se coucher, et je me suis enfoncée dans la nuit. » (p. 14)

« Efi, tout à coup, paraissait ne même plus me voir. Les poils drus et longs qui lui couvraient le visage n’ont pas tardé à être souillés de soupe et de miettes de pain. Les magnifiques yeux bleus, au milieu de cette répugnante broussaille, semblaient s’être trompés de propriétaire. » (p. 49)

  • Nombreux personnages secondaires, dont Tcherny, Kollona et Valenko, qui s’unissent pour sauver le peuple des Meneshs et des Boleshs.

« Tcherny, esprit libre, n’acceptait ni l’autorité lointaine de l’empereur, relayée jusque dans les villages par les prêtres de Rus et les seigneurs locaux, ni la tyrannie paternaliste des aînés, qui maintenait les villageois dans un état d’arriération affligeant au nom des traditions de Siwr. » (p. 153)

« Personne ne peut se marier avec Kollona. D’abord, elle a déjà été mariée. Mais, après avoir visité les filatures de Putila et découvert l’horreur de la condition des Damnées qui y sont exploitées, elle a quitté son mari, un officier de l’armée de Roman, pour suivre les Boleshs. Kollona ne croit pas au mariage. Elle croit à la liberté des femmes et c’est aussi pour ça qu’elle se bat. Si un homme essayait de poser la main sur elle pour la posséder sans son consentement, elle lui arracherait les yeux. » (p. 159)

« Sa pensée me paraissait beaucoup plus compliquée que celle de Tcherny ou de Valenko. Peut-être parce que, elle, elle ne venait pas du même monde que nous. » (p. 183)

  • Roman fantastique comblée de péripéties captivantes et de multiples rebondissements qui maintient l’intérêt du lectorat du début à la fin; intrigue échelonnée sur quelques années, basée sur la révolution sanglante de la Russie et sur la violence qui y a régné, le tout adouci par une discrète touche d’amour; épisodes marquants parfois invraisemblables, mais donnant une bonne idée de ce qu’a pu être la révolution; thèmes (p. ex., misère, torture, révolution, faim) décrits de façon poignante, reflétant la brutalité de la réalité de l’époque.
  • Mise en page dynamique; œuvre répartie en vingt-neuf chapitres numérotés; éléments graphiques (p. ex., lettrines marquant le début des chapitres, points de suspension, guillemets) facilitant l’interprétation du texte; notes biographiques sur l’auteur sur le rabat de la première de couverture; citation de V. I. Ulia et carte de Vermillon au début; table des matières à la fin.

Langue

  • Registre de langue courant dans l’ensemble de l’œuvre; mots moins connus (p. ex., cravache, mornes, engeance, paillasse, efflanquée) généralement compréhensibles à l’aide du contexte.
  • Phrases de base, phrases transformées et phrases à construction particulière; emploi d’une variété de types et de formes de phrases (p. ex., impérative, emphatique, impersonnelle, négative) contribuant à la lisibilité de l’œuvre; agencement agréable de phrases de différentes longueurs, ajoutant du rythme à la lecture.

« Il n’y avait plus de doute possible. Ce sang, c’était le mien. En un éclair, j’ai tout compris! Comment, au cours du long voyage de Tobol à Petra, Efi m’avait saignée en pratiquant des incisions au bras, comment il avait continué ce crime ici même, me nourrissant grassement pour me régénérer. Et ces femmes, à l’auberge d’Ekateri, à qui il avait dit « je vous ferai assez crier tout à l’heure », et dont j’avais entendu les gémissements toute la nuit! Les avait-il saignées à blanc? Je me rappelais cet air repu et satisfait qu’il avait eu toute la journée du lendemain… » (p. 120-121)

  • Figures de style (p. ex., comparaison, métaphore, antithèse, énumération) permettant au lectorat de se faire des images et d’apprécier le style de l’auteur.

« Le lendemain, la femme est entrée dans la chambre alors que j’étais encore à moitié endormie. Elle était aussi blême que la veille, mais elle m’a souri et m’a apporté de quoi déjeuner. » (p. 116)

« Puis il nous a aussi raconté ses voyages – vrais ou inventés – bien au-delà des frontières occidentales de Vermillon, dans des contrées où, selon lui, Rus avait été oublié et où les habitants ne révéraient que l’or qu’ils pouvaient amasser. » (p. 117)

« Dans le même temps, il abolissait la peine de mort, proclamait la liberté totale de pensée et de parole, l’égalité des femmes et des hommes, et décrétait une amnistie générale pour tous les prisonniers. » (p. 291)

  • Prédominance de séquences narratives et descriptives permettant de connaître les pensées, les peurs et les désirs de la narratrice, tout en dévoilant la condition du peuple, son sort et les traitements subis; séquences dialoguées révélant les traits de caractère des personnages et permettant de percevoir leurs sentiments ainsi que les relations qui existent entre eux.

« Je me suis réveillée, en proie à l’hébétude, me demandant où je me trouvais. Enfer ou paradis? J’étais allongée, non pas sur le sol, mais sur une couche grossière faite de paille recouverte de peaux. Je n’osais pas ouvrir les yeux. » (p. 33)

« Tcherny m’avait autrefois expliqué, lors de ces nuits claires où le soleil ne se couchait jamais vraiment et qu’il venait me voir près de la cabane de mes parents, que Roman vivait dans l’or et le luxe, que ses palais étaient éclairés nuit et jour plus brillamment qu’au grand soleil, qu’il mangeait en une journée autant qu’un village entier de Damnés pendant une semaine, que ses chevaux et ses chiens étaient mieux traités que ses domestiques. » (p. 101)

« – Nous t’avons attendue longtemps, Garance, a-t-elle fait d’une voix douce. C’est bien d’être revenue.
– Je ne suis pas revenue! me suis-je écriée. C’est vous qui m’avez enlevée. Et droguée, empoisonnée, que sais-je?
– Nous ne faisons qu’exécuter la volonté de Rus, a-t-elle repris sans changer de ton. C’est lui qui t’a menée jusqu’à nous. Nous t’attendions.
– Rus n’y est pour rien, ai-je ricané. C’est la faim qui m’a poussée où j’en suis. La faim et la misère.
– Ne blasphème pas, Garance. Rus t’a choisie pour un grand dessein, c’est Efi qui me l’a dit. Efi sait. Il a vu Rus. » (p. 223-224)

Pistes d'exploitation

  • Animer une discussion sur les paroles suivantes de Tcherny, en posant la question suivante : Est-ce que ces paroles sont toujours d’actualité?

« La lecture, c’est la liberté. C’est pour ça qu’elle fait si peur à l’empereur et à ses prêtres. La lecture te permet d’échapper à l’ignorance, et c’est par l’ignorance que la tyrannie trouve à s’exercer. La lecture donne le savoir, et le savoir est subversif car il permet de contrecarrer le pouvoir. » (p. 161)

  • Proposer aux élèves, regroupés en équipes, de mener une recherche sur la Révolution russe de 1905 (p. ex., contexte, raisons, conséquences) et de voir les similitudes avec les événements décrits dans le roman. Animer une mise en commun afin de leur permettre de présenter leurs trouvailles au groupe-classe.
  • Suggérer aux élèves, réunis en équipes, de mener une recherche sur les effets de la faim quotidienne sur le corps, l’esprit et l’efficacité des gens. Animer une discussion sur la faisabilité de se battre ou de travailler quotidiennement quand on est tenaillé par la faim comme les Damnés l’étaient.
  • Demander aux élèves, regroupés en dyades, de retracer les quelques moments de joie décrits dans l’œuvre, puis de les appuyer par des citations. Animer une discussion sur l’effet de l’absence de bonheur au quotidien, que ce soit aujourd’hui ou autrefois.

Conseils d'utilisation

  • Accorder une attention particulière aux sujets délicats présentés dans le roman (p. ex., torture, séquestration, cannibalisme, exploits sexuels, faim, misère, révolution). S’assurer de bien encadrer la lecture de certaines scènes et prévoir des périodes de discussion sur ces sujets.
  • Suggérer aux élèves de consulter la carte géographique placée au début du roman afin de pouvoir suivre les personnages dans leurs déplacements.
  • Présenter au lectorat visé les attraits de ce roman : repères historiques, action continue, force de caractère et volonté de survivre de Garance.
  • Encourager les élèves à lire d’autres œuvres du même auteur, telles que La louve de mer, tome 1 – À feu et à sang, La louve de mer, tome 2 – La république des forbans et La louve de mer, tome 3 – Les enfants de la louve, dont les fiches pédagogiques se trouvent dans FousDeLire.

Ressource(s) additionnelle(s)

  • IDÉLLO.org, ressources éducatives en ligne, 10e à 12e année, Série : La grande explication, La révolution russe.