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Anatomie de la fiche Anatomie interactive
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2Un moine trop bavard

À Chesterville P.Q., la petite communauté du monastère du Précieux-Sang est secouée par un meurtre ignoble: le Frère Adrien est retrouvé mort dans la grange… un crucifix enfoncé dans la gorge. Le seul témoin du meurtre semble être le garçon de ferme, mais Zacharie, un simple d’esprit, a disparu cette nuit-là.

Le sergent Roméo Dubuc mène l’enquête, avec son éternel comparse, Lucien Langlois. Malheureusement pour eux, les indices se multiplient et brouillent les pistes : tatouages mystérieux, secte hérétique, passages secrets. Est-il possible que ces hommes de Dieu, qui consacrent leur vie au travail manuel et à la prière, aient vendu leur âme au diable?

(Tiré de la quatrième de couverture du livre.)

3 À propos du livre

Contenu

  • Retour en scène du personnage principal et fétiche de l’auteur, soit Roméo Dubuc, un policier au charisme modeste, sans grand panache, qui mène l’enquête sur le meurtre d’un moine au monastère du Précieux-Sang.

« Roméo Dubuc avait cumulé plus de 25 années d’expérience, d’abord dans la police municipale de Montréal, puis comme enquêteur de la Sureté du Québec en Estrie. Il avait fréquenté l’école de police, suivi des cours sur le maniement des armes à feu, les explosifs et le combat au corps à corps. » (p. 44)

« L’enquêteur se tourna vers l’un d’eux.
– Je cherche Denis Rochon.
– C’est le grand roux avec la veste de chasse, à côté de la table de pique-nique.
[…]
– Denis Rochon?
– C’est moé, fit l’un des hommes sans relever la tête, pendant qu’il finissait d’avaler un sandwich au jambon et fromage.
– Roméo Dubuc, enquêteur à la Sûreté. J’aurais quelques questions à te poser sur la mort du Frère Adrien au monastère. » (p. 86)

  • Très nombreux personnages secondaires, parmi lesquels Lucien Langlois, policier qui accompagne le sergent Dubuc dans son enquête, le Frère Adrien, réputé pour son franc-parler, qui se trouve être la victime du crime sordide, Manon Pouliot, une journaliste locale, qui se charge de couvrir les événements entourant le meurtre, Zacharie, le garçon de ferme, témoin de l’assassinat, et l’Abbé Bernard, le supérieur de la congrégation au monastère du Précieux-Sang.

« Le regard du sergent détective Roméo Dubuc scrutait intensément le ciel matinal au-dessus de sa tête, dans le stationnement du poste de la Sûreté provinciale de Chesterville. Il cria :
– Si jamais je t’attrape, mon enfant de nananne, tu vas passer un méchant quart d’heure!
Son collègue détective, Lucien Langlois, arriva au travail sur les entrefaites et dévisagea Dubuc avec inquiétude.
– Vous avez laissé filer un suspect? » (p. 13-14)

« – Quels étaient les rapports de ce Zacharie avec la victime?
L’Abbé hésita quelques instants avant de répondre.
– Pas très bons, j’en ai bien peur. Dieu ait son âme, mais le Frère Adrien avait la mauvaise habitude de se moquer des petits travers des autres, tant physiques que psychologiques, et Zacharie était l’une de ses cibles préférées.  Il le ressentait, d’ailleurs. » (p. 24)

« Pendant qu’il parlait, la journaliste Manon Pouliot de l’hebdomadaire local Le Progrès de Chesterville entra et les salua. Elle se joignit à eux et déposa son sac à main sur la banquette.
– J’arrive du monastère du Précieux-Sang, dit-elle. Les chers moines ne veulent pas accorder d’entrevue au journal et n’ont pas l’air pressés non plus de s’expliquer. Avez-vous trouvé quelque chose d’intéressant sur la scène du crime? » (p. 29)

« Le policier s’étonna du ton paternaliste du moine en chef.
– Pourquoi lui parlez-vous comme à un enfant?
Le supérieur se retourna pour murmurer :
– Sur le plan physique, Zacharie est un homme, mais au niveau mental, c’est un enfant de six ans, Sergent. Je vous ai déjà prévenu : il fuit généralement les gens, sauf quelques-uns à qui il fait confiance. Vous n’avez pas affaire ici à un être humain très socialisé, je vous préviens. » (p. 40)

« – C’est peut-être juste une impression, mais j’ai remarqué que le supérieur de la communauté, l’Abbé Bernard, semble avoir beaucoup d’autorité sur les moines, continua Dubuc.
Georges-Henri Simoneau approuva avec un sourire en coin.
– Ah ça, vous n’avez pas tort. L’Abbé est chargé d’appliquer à la lettre la constitution du monastère qu’on appelle communément la règle de Saint-Benoît. » (p. 129)

  • Roman policier sur fond religieux, où l’intrigue classique se déploie autour d’une scène de crime habilement orchestrée, agrémentée de romances parallèles; ouverture intrigante, à la fin du roman, qui laisse le lectorat perplexe et remet en question la résolution de l’énigme; thèmes (p. ex., meurtre, enquête policière, vie monastique) aptes à intéresser le lectorat visé.
  • Mise en page simple; œuvre présentée sous forme de 22 chapitres numérotés; nombreux éléments graphiques (p. ex., guillemets, italiques, majuscules, acronymes, points de suspension, symboles pour indiquer un changement de scène ou un laps de temps) facilitant la compréhension de l’œuvre et permettant au lectorat de ressentir les émotions vécues par les personnages; liste des œuvres du même auteur et dédicace en début de livre; biographie de l’auteur et liste de livres de la collection à la fin.

Langue

  • Registre de langue courant dans l’ensemble de l’œuvre; mots moins connus (p. ex., guérite, exégétique, sibyllin) compréhensibles grâce au contexte; expressions populaires et mots du registre familier (p. ex., le patois du sergent Dubuc, bout de chandelle, une crotte sur le cœur, c’est du monde à messe, simagrées) injectant des brins d’humour dans le texte; quelques mots anglais (p. ex., feeling, off the record, top shape), utilisation sporadique d’expressions latines et un vocabulaire spécialisé relié au thème de la vie religieuse et monacale (p. ex., Dominus vobiscum, Duras necessitas, laudes, tierce, sexte, vêpres) contribuant à la vraisemblance du milieu où évoluent les personnages.
  • Phrases de base, phrases transformées et phrases à construction particulière; variété de types et de formes de phrases; abondance de courtes phrases exclamatives et interrogatives, dans les dialogues, qui traduisent les émotions et le questionnement des personnages.

« Dubuc haussa les épaules. Il l’ignorait. Puis, il se redressa et marcha lentement jusqu’au fond de la grange, puis autour du cadavre, avant de relever la tête vers son collègue. » (p. 22)

« – Un pique-nique? répéta Dubuc, incrédule. Vois-tu sa fourchette?
– Pas de fourchette.
– Son couteau?
– Je vois rien.
– Cherche bien. Faut qu’ils soient quelque part. Personne ne mange un gigot d’agneau avec les mains, voyons! » (p. 25)

« Le moine se laissa choir sur une chaise et rejeta la tête en arrière.
– Ah, quelle tragédie! Je n’oublierai jamais l’image du crucifix enfoncé dans la gorge du Frère Adrien. Ceux qui ont fait ça ne…
Lucien l’interrompit brusquement.
– Qu’est-ce qui vous dit qu’ils étaient plusieurs?
Le moine transpirait abondamment. Lucien ignorait si c’était en raison de la chaleur ou parce qu’il était interrogé par la police. » (p. 80)

  • Procédés stylistiques (p. ex., onomatopée, personnification, répétition, antonomase, antithèse, comparaison, métaphore) qui agrémentent la lecture et enrichissent le texte.

« – Pffff… toi pis tes menus granolas, tu vas me faire mourir de faim. » (p. 28)

« Un poêle à bois semblait prêt à rendre l’âme. » (p. 76)

« – Environ un an plus tard, il est entré dans ce que j’appelle sa phase capotée : les mauvais chums, les mauvais choix, la mauvaise blonde. » (p. 93)

« Dubuc leva les bras en l’air pour l’applaudir.
– Voiiiiilà! T’as tout compris, Miss Einstein! Félicitations! » (p. 136)

« Dubuc avait déjà mille raisons de l’interrompre, mais la laissa continuer. » (p. 221)

« L’inconvénient, c’est que ces moines forment une communauté tricotée serrée et isolée des influences extérieures. Ils se protègent entre eux comme une bande de loups. » (p.251)

« Impuissant, Jean-Thomas s’agrippa au volant comme à une bouée de sauvetage, incapable désormais de contrôler cette bête mécanique devenue sauvage. » (p. 289)

  • Séquences narratives et descriptives, entrecoupées de séquences dialoguées, qui permettent de s’immiscer dans l’esprit des personnages, dévoilent leurs émotions et leurs relations, tout en facilitant la compréhension des indices de l’enquête et des multiples péripéties.

« L’Abbé Bernard joignit les mains, pinça les lèvres et inclina la tête. Dubuc avait remarqué que le supérieur adoptait cette posture lorsqu’il faisait des efforts surhumains pour conserver sa maîtrise de soi. Il finit par dire, sur un ton posé, mais ferme :
– Sachez que personne, ici, ne ment à la police, Sergent Dubuc.
Mais Dubuc était lancé comme une locomotive folle et rien n’allait l’arrêter.
– Ah bon! Comment pouvez-vous alors, en tant que supérieur du monastère du Précieux-Sang, avoir caché à la police que vous n’étiez plus affilié à votre maison-mère de San Diego?
Le moine ouvrit alors une armoire et en sortit brusquement un flacon de cognac Rémy Martin avec deux verres. Il en versa de généreuses rasades. » (p. 196)

« Florence déposa soudain sa tasse de café. Quelque chose l’agaçait. Elle sentait nettement que Dubuc, le détective, prenait la place de Dubuc, son amoureux…
– Roméo, c’est quoi toutes ces questions? On dirait que tu mènes un interrogatoire.
Il s’excusa.
– Ce… ce n’était pas mon intention, Flo. C’est juste une formalité d’enquête. La librairie Au plaisir de relire est sur la liste de la dizaine de fournisseurs réguliers du monastère du Précieux-Sang. Je dois interroger tout le monde, y compris Jean-Thomas, car c’est lui qui fait les livraisons au monastère.
Florence prit soudain un ton offusqué.
– Et tu crois que mon Jean-Thomas aurait quelque chose à voir dans le meurtre du Frère Adrien, c’est ça?
Dubuc crut d’abord que Florence allait s’évanouir. » (p. 256-257)

Référent(s) culturel(s)

  • Mention de villes, de régions et de sites au Québec (p. ex., Saint-Jovite, Montréal, le Lac-Saint-Jean, Montebello, le Monastère d’Oka, l’Estrie).
  • Référence à des journaux et à des revues francophones (p. ex., Journal de Montréal, Échos Vedettes).
  • Référence à certains auteurs emblématiques de la littérature française, soit Balzac, Voltaire, Proust.
  • Mention de faits et de personnages historiques (p. ex., les Croisades, le roi de France Philippe Le Bel, les Templiers du Moyen Âge, le culte de Baphomet).
  • Mention de nombreux éléments qui ont marqué la culture francophone (p. ex., Astérix, le Festival Juste pour rire, Robin des Bois, la Sœur Volante).

Pistes d'exploitation

  • Proposer aux élèves, réunis en dyades, de rédiger un 23e chapitre où le scénario final diverge, dévoilant ce qu’il advient de l’Abbé Bernard et de Georges-Henri Simoneau. Leur demander de réfléchir aux questions suivantes : Continuent-ils le trafic de cocaïne à Montebello? Sont-ils rattrapés par le sergent Dubuc et la Sûreté du Québec? Animer une mise en commun afin de leur permettre de présenter leur texte au groupe-classe.
  • Proposer aux élèves de noter, au cours de la lecture, les nombreuses expressions idiomatiques utilisées par l’auteur (p. ex., passé au peigne fin, habillé comme la chienne à Jacques, la tête à Papineau). Les inviter, regroupés en dyades, à rechercher le sens de ces expressions et à le présenter au groupe-classe.
  • Suggérer aux élèves, réunis en équipes, de lire une autre œuvre de l’auteur Claude Forand (p. ex., Ainsi parle le Saigneur ou Le député décapité, dont les fiches pédagogiques se trouvent dans FousDeLire) où l’on retrouve le même personnage principal, soit le sergent Dubuc, ainsi que son fidèle acolyte, Lucien Langlois, puis de brosser un portrait psychologique approfondi de ces deux personnages. Animer une mise en commun afin de leur permettre de partager leurs réflexions au groupe-classe.
  • Pendant la lecture, demander aux élèves de noter tous les personnages mentionnés dans le roman (p. ex., les moines, les laïques qui travaillent au monastère, les habitants du village). Leur suggérer, regroupés en dyades, de créer un organigramme illustrant les relations entre ces personnages. Afficher les productions des groupes afin de mieux les comparer et d’en discuter collectivement.

Conseils d'utilisation

  • Accorder une attention particulière aux thèmes délicats dont on traite dans le roman (p. ex., meurtre, trafic de drogue).
  • Revoir les caractéristiques du roman policier.
  • À noter, que le mot « qu’il » (p. 127, 31e phrase) devrait être « qu’elle ».
  • Inciter les élèves à lire d’autres romans du même auteur, tels que R.I.P. Histoires mourantes, Un député décapité et Ainsi parle le Saigneur, dont les fiches pédagogiques se trouvent dans FousDeLire.

Ressource(s) additionnelle(s)

  • IDÉLLO.org, ressources éducatives en ligne, 7e à 12e, Série : On n’est pas que des cobayes, Peut-on falsifier des empreintes?
  • IDÉLLO.org, ressources éducatives en ligne, 4e à 12e année, Série : Le Pigeon rassembleur, divers épisodes.
  • IDÉLLO.org, ressources éducatives en ligne, 10e à 11e, Livre numérique : Lecture en action – Les métiers dans les médias.