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Anatomie de la fiche Anatomie interactive
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2Soudain l’étrangeté

Un homme traverse un désert. Deux amies partent en excursion. Un éleveur de chevaux quête son chemin vers l’hippodrome. Une foule se fait parachuter des billets de loterie. Au début, tout semble vraisemblable… Et puis, soudain, une faille – un regard différent, une attention autre, une logique détournée, un ancrage précis – et nous voilà entraînés malgré nous dans une histoire bien étrange.

Côtoyant tantôt l’absurde, tantôt l’horreur, la fantaisie ou le mystère, les nouvelles réunies dans ce recueil s’amusent, dans un style juste et délicat, à nous surprendre, parfois à nous confondre, pour nous faire réaliser que la vie n’est pas toujours aussi ordinaire qu’on croit.

(Tiré de la quatrième de couverture du livre.)

3 À propos du livre

Contenu

  • Personnages principaux différents dans chacune des nouvelles, tous confrontés à des phénomènes inexpliqués, à des décisions troublantes ou à des figures énigmatiques qui façonnent leur destinée, parmi lesquels Mélanie, internée dans une chambre d’hôpital psychiatrique, qui ne reconnaît plus son compagnon et ne parle qu’à son « enfant de lumière », Léa, qui sème le doute dans l’esprit du narrateur au point qu’il ne sait plus s’il est réellement en présence de la vraie Léa, Liliane, témoin d’événements étranges dans son appartement, en quête d’une explication rationnelle, et Hélène, qui disparaît mystérieusement après une chute dans un ravin lors d’une sortie.

« Depuis ce jour, Mélanie vit coupée du monde dans une chambrette du service de psychiatrie d’un grand hôpital montréalais. Elle ne reconnaît plus Jacques. Elle ne parle plus qu’à son enfant de lumière. » (p. 26)

« Un doute insupportable s’insinua dans votre esprit, qui ne vous a plus jamais quitté : Léa n’était pas Léa. Cette femme s’était jouée de vous pendant tous ces mois. » (p. 39)

« Liliane se remet à table pour manger son orange, mais le cœur n’y est plus. Tous les incidents de ces derniers temps tournent dans sa tête, reviennent à sa mémoire comme les personnages de ces horloges de beffroi à automates qui défilent sous les yeux ravis des touristes et des curieux quand sonne l’heure. Liliane cherche à comprendre sans y parvenir. » (p. 43)

« Elle se jette violemment vers l’arrière. Sa main glisse dans celle de son amie qui essaie de la rattraper, mais trop tard! Hélène perd l’équilibre et sombre dans le précipice qui l’avale en une bouchée. » (p. 95)

  • Nombreux personnages secondaires qui entourent les personnages principaux et contribuent à enrichir les récits, dont Jacques, le conjoint de Mélanie, qui tente de soutenir son épouse profondément bouleversée par le décès de leur fils, les amis de Léa, qui commencent à percevoir le doute du narrateur quant à l’identité réelle de celle qu’ils croyaient connaître, Maryse, l’amie de Liliane, qui reste sceptique face aux récits étranges liés aux événements survenus dans l’appartement, et Stéphanie, l’amie d’Hélène, qui cherche à la rassurer devant les imprévus de leur voyage.

« Jacques a toutes les peines du monde à rattraper sa femme qui appelle l’adolescent. Elle s’accroche des deux mains au balcon et refuse d’en décoller. Effrayés, les enfants se sont précipités dans la maison, refermant la porte derrière eux. Dans la profonde obscurité de la cour, Jacques prend Mélanie dans ses bras et lui murmure :
– Mélanie, ce n’est pas ce que tu crois. Cet enfant-là ne nous connaît pas et nous ne le connaissons pas non plus. » (p. 26)

« Vous n’avez jamais revu Léa. Votre belle assurance se fissura. Vous revoyiez sans fin l’effrayante scène du masque. Vous entendiez aussi à votre oreille la douce voix de Léa vous invitant à la représentation, encore plus intolérable que dans sa première version. Comment pouvait-on atteindre de tels sommets de cruauté mentale? » (p. 38-39)

« Jointe au téléphone, Maryse ne croit pas un mot de ce que Liliane lui raconte :
– Ma pauvre Liliane, tu es complètement paranoïaque! Tu t’es mise dans l’idée que ton appartement était squatté, mais je n’en crois rien du tout. » (p. 46)

« – Stéphanie arrête! Je sais que tu aimes faire peur, mais tes histoires sinistres me donnent mal aux jambes, mal au cœur, mal partout… Si tu ne cesses pas tout de suite, je vais mourir pour vrai! […] Stéphanie, l’incorrigible bavarde, passe son bras droit autour de la taille d’Hélène, lui attrape fermement la main droite et entraîne son amie dans une gigue improvisée en hommage à la vie.
– C’est fini, crie-t-elle, c’est fini! On continue notre voyage? » (p. 88)

  • Recueil de nouvelles qui mettent en scène des personnages confrontés à des événements où la réalité devient soudainement étrange, absurde ou surnaturelle; thèmes (p. ex., perception, réalité, folie, crainte, mystère) incitant le lectorat à laisser libre cours à son imagination et à s’ouvrir aux mystères qui échappent à la logique ou à la raison.
  • Mise en page aérée; texte réparti en 19 textes titrés; éléments graphiques (p. ex., majuscules, italiques, points de suspension, guillemets) qui facilitent l’interprétation de l’œuvre; liste des œuvres et études de l’auteure et dédicace au début; table des matières et liste d’œuvres de la collection Voix narratives à la fin; renseignements biographiques sur l’auteure à la quatrième de couverture du livre.

Langue

  • Registre de langue courant dans l’ensemble de l’œuvre; mots moins connus (p. ex., échancrure, helvétiques, irradiées, tuméfiées, morigène) compréhensibles à l’aide du contexte; mots du registre familier (p. ex., toé, pis, icitte, ‘tites sœurs) reflétant la langue parlée de certains personnages.
  • Phrases de base, phrases transformées et phrases à construction particulière; variété de types et de formes de phrases (p. ex., déclarative, interrogative, exclamative, impérative, négative) rendant les textes vivants; phrases généralement courtes.

« Stéphanie hausse les épaules en souriant et les deux amies se mettent en quête d’un endroit propice pour monter leur tente. Elles s’installent sur la rive d’un petit lac de montagne, blotti en contrebas de la route, dans une cuvette rocheuse. Ici et là, de maigres épinettes apportent une note plus tendre dans ce paysage rocailleux.
[…]
– Entends-tu ce que j’entends? On dirait une voix. Quelqu’un qui appelle ²À l’aide!² , ²À l’aide!²?
– Oui, j’entends, mais c’est l’heure de dormir.
– Et s’il y avait quelqu’un de blessé ou d’égaré par ici? Peut-être devrions-nous aller voir?
[…]
– Dors, Hélène. Je disais cela juste pour blaguer.
Que t’es donc pas gentille, des fois! » (p. 91-92)

  • Nombreuses figures de style (p. ex., comparaison, énumération allitérative, anaphore, hyperbole, expression imagée) qui permettent d’apprécier le style imagé de l’auteure.

« La lumière semble couler entre ses doigts comme un flot ininterrompu. » (p. 26)

« – Ne t’inquiète pas avec ça! ²S², cela peut être aussi pour sensible, sensuelle, souple, sage, sévère, souriante. » (p. 35)

« Il ne dormit plus, ne mangea plus, ne vécut plus que dans la hantise d’une catastrophe. » (p. 65)

« Mille choses me trottaient dans la tête, en particulier les démarches que j’allais devoir faire pour redresser l’erreur que j’avais commise. » (p. 72)

« Il aurait fallu être sourd pour ne pas apprendre la nouvelle qui voyageait de bouche à oreille et sur les ailes du vent. » (p. 97)

  • Prédominance de séquences narratives permettant de situer l’action dans chacune des nouvelles; séquences dialoguées, riches en nuances, permettant de mieux saisir les relations qui existent entre la réalité des personnages lorsqu’ils glissent vers l’étrange.

« Il se dirige vers le couloir de l’entrée, ouvre la porte, remarque immédiatement que la sonnette a été arrachée. Elle pend, inutile, au bout de son fil électrique. Sur les côtés en bois, des rainures parallèles ont été creusées. Xavier ramasse précautionneusement les gros morceaux de verre qui jonchent le sol et aperçoit des taches sombres qui ressemblent à du sang. Accroché à une pointe de verre restée sur la porte, un amas brun attire son attention. Xavier passe un doigt suspicieux sur la tache brune. Des lambeaux s’en détachent :
– Des brins de laine? interroge-t-il perplexe en se tournant vers Magali. Ou de la fourrure? Du poil long, comme du poil d’ours? Je vais placer la planche qui traîne dans le garage derrière la porte et on y poussera aussi la commode de l’entrée. Demain, on ira acheter une nouvelle porte. » (p. 59)

« Stéphanie fait faire un demi-tour à la voiture et les deux amies reprennent en sens inverse la route par laquelle elles sont venues. À peine ont-elles parcouru une vingtaine de kilomètres qu’une autre surprise les attend.
– Attention, Steph, attention, hurle une Hélène cramponnée à son siège.
– Arrête de crier comme ça! Tu m’énerves pour rien. Je ne suis pas sourde, ni aveugle non plus.
À quelques mètres devant elles, toute une section de la route a coulé dans une large fissure, ouvrant un gouffre béant, d’une montagne à l’autre, en travers de la route.
– Ça alors, c’est un comble! murmure Hélène. On est coincées de ce côté-là aussi. Qu’est-ce qu’on va faire maintenant?
– Nous sommes prisonnières. Nous ne pouvons plus avancer ni d’un côté ni de l’autre! Nous sommes prisonnières du tremblement de terre, prisonnières de la nature, prisonnières de ces montagnes sans cœur, prisonnières… » (p. 90)

Référent(s) culturel(s)

  • Référence à certaines villes du Québec (p. ex. Aylmer, Montréal, Québec).
  • Mention de la France.
  • Référence à des contes écrits en France (p. ex., Blandine, Bonne-Biche et Beau-Minon).
  • Référence au conte La Belle au bois dormant, de Charles Perrault.

Pistes d'exploitation

  • Proposer aux élèves, regroupés en dyades, d’écrire une courte nouvelle inspirée du style de Françoise Lepage, en partant d’une situation ordinaire qui bascule progressivement vers l’inexplicable. Animer une mise en commun afin de leur permettre de présenter leur création au groupe-classe.
  • Proposer aux élèves, regroupés en dyades, de choisir une des nouvelles du recueil, d’en étudier le dénouement étrange, puis de formuler une explication logique ou réaliste qui pourrait éclairer cette fin inattendue (p. ex., Méprise, p. 67-72, où un frère censément décédé apparaît à la réunion de famille qui suit ses funérailles). Jumeler les équipes, puis leur demander de lire leur texte aux membres de leur groupe.
  • Proposer aux élèves, réunis en dyades, d’adapter en bande dessinée ou en courte vidéo l’une des nouvelles de l’œuvre qui se prête particulièrement bien à une transposition visuelle (p. ex., Les petits papiers, p. 27-31). Organiser une mise en commun afin de leur permettre de présenter leur création au groupe-classe.

Conseils d'utilisation

  • Avant la lecture, engager une discussion avec les élèves sur les phénomènes paranormaux et sur ce qui rend la littérature à caractère mystérieux particulièrement captivante.
  • Accorder une attention particulière aux sujets délicats dont on traite dans l’œuvre, notamment la santé mentale, la perte, le deuil, le surnaturel et l’inexplicable.
  • Inciter les élèves à lire d’autres recueils de nouvelles, tels que Nouvelles orphelines, Le bonheur est une couleur et Tête froide, dont les fiches pédagogiques se trouvent dans FousDeLire.

Ressource(s) additionnelle(s)

  • IDÉLLO.org, ressources éducatives en ligne, 9e à 12e année, Série : On n’est pas des cobayes, Hypnose, peut-on prendre le contrôle des autres?