Contenu
- Personnage principal et narrateur, le poète, qui exprime sa vision de la vie et les sentiments qui s’y rattachent, tout en dévoilant son for intérieur.
« Et s’il m’arrive parfois d’écrire
mes poèmes
(fantômes de ce qui ne sera jamais)
sortent désassemblés de ma bouche » (p. 30)
« Rien ne m’attache à rien
mes vers sont mon impuissance
Ce que je ne suis pas
je l’écris » (p. 40)
« C’est moi-même qui suis
l’univers où j’existe
Je suis le poème que je porte en moi » (p. 53)
« Je cherche
au ras du sol
la lucidité exiguë et bleue
qui me consume goutte à goutte
toute ma lumière » (p. 62)
- Personnages secondaires mentionnés dans les textes, dont un enfant, des hommes, des écrivains, un marin, un rat et un chien.
« Le cri de l’enfant qui vient de découvrir que les hommes ne
sont pas ce qu’ils prétendent être lorsqu’on les découvre
dans les livres de poèmes » (p. 16)
« Car l’âme est un désert qu’il faut éviter de cultiver
il pourrait y pousser la mauvaise graine de vos lectures
la preuve ?
tous les écrivains sont de grands lecteurs » (p. 19)
« Mais
il n’y avait que la mer
et sur cette mer
un navire en partance pour l’Amérique
avec
à son bord
un marin
tout aussi athée que moi
qui regardait le rivage en se posant les mêmes questions
que moi » (p. 21)
« Il est difficile d’expliquer aux rats qu’ils devraient aimer
poésie
Ils n’ont pas l’âme poétique » (p. 23)
« […]
alors que
de l’autre côté
de la rue
dans
le tumulte concentré de son imagination
un chien
hurle
au passage
de personne
que
c’est assez de métaphysique que de ne penser à rien » (p. 46)
- Recueil de poèmes modernes dans lequel l’auteur vacille entre une mélancolie douce et des moments de joie, transportant le lectorat dans un univers où se fait discrètement sentir l’ombre de Fernando Pessoa; thèmes de l’écriture, de l’existence et de l’amour conférant au recueil une portée philosophique.
- Mise en page très aérée; œuvre répartie en une cinquantaine de poèmes courts, le plus souvent titrés; éléments graphiques (p. ex., italiques, parenthèses, points de suspension) facilitant l’interprétation du texte; notes biographiques sur l’auteur et Robert Yergeau, éditeur, professeur et poète franco-ontarien, sur le rabat de la première de couverture; liste des œuvres du même auteur et citation de Fernando Pessoa, un poète portugais, au début; postface de Robert Yergeau présentant l’auteur, les liens entre son œuvre et les écrits de Pessoa, et la question de l’originalité du recueil; lexique des termes en portugais à la fin.
Langue
- Registre de langue soutenu, caractérisé par un vocabulaire riche dans les poèmes et littéraire dans la postface; mots moins connus (p. ex., saudade, fados, oisiveté, alexandrin, hiéronymites) permettant au lectorat d’enrichir son vocabulaire; quelques mots en portugais, placés en italique dans le texte et définis à la dernière page du livre.
- Vers et strophes de longueurs irrégulières et agencement non conventionnel des vers et des strophes dans la plupart des poèmes, témoignant d’un style libre; textes généralement dénués de ponctuation et de rimes; types de phrases variés (p. ex., déclarative, exclamative, impérative); abondance de tournures de phrases négatives intensifiant la portée des textes.
« Là où je suis
la fin du monde et la tristesse avec tout ce qu’elle a
de plus beau
sans source ni direction
lumineuse telle une lamentation universelle » (p. 41)
« Que ne donnerais-je pour entendre de quelqu’un la voix
humaine » (p. 49)
« Restons-en là
à cette métaphysique du baroque
à cette poésie qui ne fait penser à rien d’autre
qu’à sa propre manière de peindre l’essentielle obscurité
des corps où s’entrechoquent les restes de nos poèmes
en état de légitime défense (p. 61)
« J’ai vite deviné que la vie et la télé
ne m’apprendraient rien d’autre
que ce que j’ignore
et qu’il faudrait bien un jour
que je goûte au silence de la vie qui s’échappe » (p. 63)
- Figures de style (p. ex., comparaisons, répétitions) nourrissant le tragique et le lyrisme de l’œuvre.
« Et puis
je me repose
épuisé comme un chien enragé » (p. 33)
« La poésie qui traverse les corps comme du verre apprivoisé…
vie fragmentée dans les rues de Lisbonne » (p. 57)
« Je ne dis plus
je ne dis plus rien
Tout ce que j’ai dit
tout ce que j’aurais voulu dire
et encore plus
tout ce que je n’ai pas dit » (p. 64)
Pistes d'exploitation
- Proposer aux les élèves, réunis en équipes, de mener une recherche sur l’écrivain portugais Fernando Pessoa, puis de faire des liens entre sa vie et les poèmes de Poirier. Animer une mise en commun afin de leur permettre de présenter leur travail au groupe-classe.
- Suggérer aux élèves, regroupés en dyades, de rédiger quelques poèmes en calquant des extraits du recueil de Poirier et en tentant de répondre à la problématique suivante : comment créer une œuvre originale en s’inspirant d’un autre auteur. Les inviter à lire leurs poèmes au groupe-classe.
- Demander aux élèves, réunis en dyades, de choisir un poème du recueil, de disposer les vers à leur guise, de façon originale, tout en les accompagnant de dessins ou d’images afin de faire ressortir les principales émotions évoquées. Afficher les travaux en salle de classe.
- Animer une discussion sur le sens de l’existence en demandant aux élèves de faire ressortir des liens entre les extraits du recueil et certaines grandes théories philosophiques.
Conseils d'utilisation
- Encourager les élèves à lire d’autres recueils de poésie, tels que Déserts bleus, pendant que l’Autre en moi t’écoute et Apocryphes du cœur, dont les fiches pédagogiques se trouvent dans FousDeLire.