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Anatomie de la fiche Anatomie interactive
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2Maïna, tome 2 : Au pays de Natak

Il y a 3 500 ans vivait Maïna…

Maïna, jeune membre de la tribu des Presque Loups, a été recueillie par Natak, un chasseur inuit. Que fera-t-il de cette étrange petite femme presque morte de froid? Elle semble prête à quitter ce monde, mais lui, Natak, refuse de la laisser partir…

Dans ce deuxième tome, Maïna franchit le désert de glace où des hommes que l’on dit cruels s’entre-dévorent lorsque la faim les torture. Dans cet univers dur et sans merci, Maïna fait face à l’intolérance et au racisme, mais elle découvre aussi la puissance et les profondeurs de l’amour.

Les adolescents retrouveront avec bonheur cette jeune fille passionnée. Sa force, son courage et sa détermination lui permettront de surmonter de terribles épreuves pour vivre une grande passion.

(Tiré de la quatrième de couverture du livre.)

3 À propos du livre

Contenu

  • Un personnage principal, Maïna, jeune fille qui se retrouve confrontée à un univers empreint d’intolérance et de racisme qu’elle affronte avec courage et détermination tout en y découvrant l’amour.

« Maïna défia Natak du regard et il eut ce premier réflexe de la frapper afin qu’elle obéisse. Mais Natak découvrit dans le regard de Maïna un désir si puissant, une volonté tellement extraordinaire, qu’il en fut troublé. » (p. 53)

« Il revoyait Maïna, si petite devant l’ours géant. Et pourtant, elle avait brandi l’arme et frappé. L’étrangère avait affronté le regard de l’ours, celui qui partage les vrais hommes des faux. Des amis de Natak, chasseurs habiles et courageux, étaient restés pétrifiés devant la bête rugissante, qui les avait éventrés d’un coup de patte. Maïna avait réussi à attaquer, elle avait osé. » (p. 82-83)

  • Nombreux personnages secondaires ayant des liens étroits avec Maïna dont Natak, un chasseur du Peuple des Glaces, qui tombe amoureux d’elle, Tadlo et Aputik, les parents de Natak, chez lesquels elle demeure, Saito, un homme cruel qui veut la posséder, Aalasi, sœur de Natak, qui l’accueille, contrairement aux autres femmes, Manutabi, l’amoureux de Maïna, Mikiju et Liitsia, deux femmes jalouses d’elle, ainsi que Tekahera, sa presque mère.

« Natak avait honte de s’adonner à des travaux de femme, et pour une femme en plus. Mais leur périple épuisait Maïna et il ne voulait pas la perdre. Sans doute ne lui appartenait-elle pas, mais il la désirait quand même. » (p. 24)

« Natak se dirigea vers la tente familiale où Tadlo se découpait tranquillement un gros morceau de phoque cru à même une carcasse abandonnée au centre de l’abri. Sa femme mâchait une peau à ses côtés. Aputik se leva en apercevant Natak mais n’alla pas vers lui. Tadlo resta assis. Natak alla frotter son nez contre les joues de ses parents en répétant des paroles que Maïna n’avait jamais entendues. » (p. 32)

« Depuis qu’il avait tant fait souffrir Tekahera, Saito n’avait plus jamais osé torturer un Presque Loup sous prétexte de le guérir, mais presque tous ses gestes charriaient une violence inutile, une colère mystérieuse et dévastatrice. » (p. 38)

« Aalasi papotait beaucoup et riait souvent, comme la plupart des autres femmes, mais alors que celles-ci ignoraient Maïna ou l’accablaient de regards méprisants, Aalasi se moquait gentiment de ses bévues et lui enseignait ce qu’elle avait besoin de savoir. Elle avait le même bon regard que son frère Natak, une patience infinie et une joie de vivre étonnante chez un peuple qui vivait si durement. » (p. 43-44)

« Maïna aurait voulu savoir pourquoi Natak avait croisé sa route. Pourquoi la gardait-il malgré la désapprobation des siens? Pourquoi l’observait-il longuement la nuit sans jamais toutefois s’emparer de son corps? Ce corps qui appartiendrait toujours à Manutabi. » (p. 49)

« Mikiju et Liitsia avaient suggéré que Natak prenne l’une d’elles comme deuxième épouse. » (p. 50)

« L’hiver avait été difficile. Ses plaies guérissaient mal, tous ses membres lui élançaient et, parfois encore, des liquides sombres suppuraient de quelque blessure trop profonde. Elle qui s’était toujours sentie plus forte que les loups, les renards et les caribous, s’était laissé terrasser par de violentes fièvres et une lourde fatigue l’avait envahie. Seule sur son île, sans force pour chasser, Tekahera avait passé de longs jours sans manger. » (p. 127)

  • Roman profond et émouvant, imprégné d’une riche exploration ethnologique; intrigue suivant l’ordre chronologique auquel se greffent quelques courts sauts dans le temps lorsque Manutabi et Maïna racontent des histoires; thèmes variés (p. ex., amour, survie, violence, famille, racisme, honte) susceptibles de piquer la curiosité et de mener à des conversations intéressantes étant donné les mœurs présentées dans le roman.
  • Mise en page simple; œuvre répartie en vingt-six chapitres numérotés; éléments graphiques (p. ex., quelques mots en italiques, utilisation de lettres majuscules pour mettre en évidence certains mots, symboles pour marquer un laps de temps ou un changement de scène) qui facilitent l’interprétation de l’œuvre; liste des œuvres de l’auteure publiées chez le même éditeur, dédicace, biographie de l’artiste peintre signant l’illustration de la couverture, remerciements, avant-propos, pour mieux comprendre, citation de Wally Herbert et carte du trajet de Maïna au début; biographie de l’auteure sur la quatrième de couverture.

Langue

  • Registre de langue courant dans l’ensemble de l’œuvre; mots moins connus (p. ex., giboyeux, gourds, volutes, parcimonieusement, charognards, taraudait, enchevêtrée) et mots relatifs aux autochtones (p. ex., chaman, Sedna, étoile du Grand Caribou) compréhensibles à l’aide du contexte.
  • Phrases de base, phrases transformées et phrases à construction particulière; types de phrases variées, dont des phrases exclamatives et interrogatives reflétant le choc des cultures, la réflexion, l’incompréhension et la douleur.

« Le soleil d’hiver s’était péniblement hissé à mi-hauteur dans un ciel limpide lorsqu’il retrouva enfin, après une longue et pénible marche, l’abri et les quelques possessions qu’il avait abandonnés la veille. La neige avait envahi sa pauvre tente; aussi Natak dut-il se résoudre à déposer son précieux chargement pour balayer prestement la neige, solidifier d’une main experte les pieux, réajuster les peaux de phoque, secouer vigoureusement la peau d’ours, piétiner le sol et, enfin, étendre la belle fourrure blanche prête à recevoir celle qui avait si longtemps hanté ses rêves. » (p. 17-18)

« Quitter. Fuir. Échapper à la folie des hommes. Ou endurer. Se taire. N’y avait-il vraiment rien d’autre à faire? songeait Manutabi.
La veille encore, Saito avait prétendument guéri un enfant en crachant sauvagement de grands filets de sang. » (p. 38)

« Comment pouvait-elle comprendre le fragile équilibre du pays sans arbres? Elle ne savait même pas qu’il ne fallait surtout pas crier. La douleur de tous était déjà bien assez grande. N’avait-elle pas vu la honte qui écrasait Kango? Et l’épouvantable souffrance de sa femme? » (p. 68)

« – J’ai perdu un à un tous ceux que j’aimais. J’ai planté un couteau dans le dos d’un homme. Je n’ai plus de forces. Allez, les loups! Sortez de vos antres, quittez vos tanières. Dites-moi! Comment puis-je continuer? Faut-il que je plante un couteau dans ma propre chair pour être libérée? » (p. 196)

  • Figures de style variées (p. ex., personnification, comparaison, métaphore, énumération, hyperbole) permettant d’apprécier le style de l’auteure.

« Le soleil ne grimpait jamais très haut et il fuyait vite. » (p. 27)

« N’eût été de Maïna qui brillait comme un soleil de printemps au cœur des dernières saisons […] » (p. 94)

« Peu après l’arrivée des chasseurs, une rivière de caribous coula sur les collines basses puis roula en vagues sombres dans un étroit vallon en cherchant à rejoindre un long bras d’eau. » (p. 140)

« On aurait dit que toutes les bêtes qui volaient, rampaient, couraient, nageaient, s’étaient immobilisées pour écouter Maïna. » (p. 173)

« Les hommes du pays de glace n’étaient pas tous cruels et sans pitié. Ils avaient parfois le corps chaud et le cœur immense. La mer noire dormait dans leurs yeux et des rêves foudroyants les habitaient. » (p. 190)

  • Séquences narratives et descriptives qui permettent de connaître davantage le territoire hostile où se déroule l’action et de comprendre les agissements et les réactions des personnages dans de nombreuses situations; séquences dialoguées révélant les traits de caractère des personnages et permettant de percevoir leurs sentiments, ainsi que les relations qui existent entre eux.

« Ce soir-là, sous les fourrures, Natak lécha doucement le visage de Maïna, puis son cou. Maïna sentit son corps frémir et frissonner puis trembler de désir. Elle comprit alors pourquoi si souvent, la nuit, son corps avait cherché celui de Natak. » (p. 59)

« Les hommes trempèrent leur tunique dans l’huile de phoque puis ils se glissèrent sous la banquise et se roulèrent dans le sable. Le soleil et le froid fit raidir leur vêtement, le transformant en une cuirasse si dure qu’une pointe de couteau ne pouvait la traverser. » (p. 99)

« – Je voulais te voir, avait-il dit à Tekahera.
Tekahera avait ri.
– Non, Manutabi. Tu la cherches, elle. Comme moi. Tu as traversé la grande eau dans ton canot parce que Maïna me ressemble. Parce que tu espérais la retrouver un peu dans ma démarche ou dans mes yeux.
Manutabi avait baissé la tête, comme un enfant pris en faute.
– Pars, Manutabi. Maïna est loin, mais elle est vivante. » (p. 201)

Référent(s) culturel(s)

  • Référents de la culture, des traditions et des valeurs autochtones (p. ex., chasse au phoque, légende de Sedna, mâcher les peaux, couture).

Pistes d'exploitation

  • Demander aux élèves, regroupés en dyades, de réaliser une analyse comparative des peuples ayant occupé ou habitant encore de nos jours les territoires inclus dans la carte de la page 16 du roman, en tenant compte de critères particuliers (p. ex., coutumes, habitat, structures hiérarchiques, moyens de survie). Les inviter à présenter leur travail au groupe-classe sous forme de schéma (p. ex., carte heuristique, diagramme de Venn). Afficher les travaux en salle de classe.
  • Proposer aux élèves, réunis en équipes, de mener une recherche sur les inventions créées par les civilisations des Inuits et des Premières Nations (p. ex., les lunettes confectionnées par Natak pour Maïna afin de la protéger du reflet du soleil sur la neige). Animer une mise en commun afin de leur permettre de présenter leur travail au groupe-classe.
  • Dans un document collaboratif, créer en groupe-classe un lexique plurilingue qui comprend les langues parlées par les élèves, le français et l’inuktitut. À la suite de l’activité, animer une discussion sur l’étymologie, les congénères et l’apprentissage des langues multiples. S’inspirer de la découverte de Maïna dans l’extrait ci-dessous pour enrichir leur compréhension linguistique et culturelle : « Maïna avait découvert, ébahie, stupéfaite, qu’il existait plus d’un mot, plus d’un son, pour dire la forêt, le soleil et le vent. » (p. 26)
  • Suggérer aux élèves de s’inspirer de la légende de Sedna, telle que présentée à la page 116, pour créer une bande dessinée ou un dessin animé basé sur l’histoire. Les inviter à présenter leur interprétation artistique au groupe-classe.
  • Inviter les élèves à réfléchir à l’importance de l’alimentation pour la survie humaine, puis à mettre sur pied une collecte de denrées non périssables pour venir en aide à des gens de la communauté ou à des gens vivant dans des déserts alimentaires canadiens.
  • Proposer aux élèves d’explorer la nature puis de rédiger, seuls ou en dyades, un poème inspiré de leurs observations. Animer une mise en commun afin de leur permettre de faire part de leur texte au groupe-classe. Le passage ci-dessous peut servir de source d’inspiration : « Le vent, songeait-il, sculpte la neige, même durcie, transformant les paysages. Il dessine des formes souples et mouvantes sur le sol d’hiver, un peu comme les lumières miroitantes dans le ciel obscur. Le vent creuse et ronge, il réorganise, réinvente, reconstruit. Il fait naître des formes dans le désert blanc, il le peuple et l’habite. Pour rien. Ou peut-être simplement pour manifester sa grandeur. » (p. 157)

Conseils d'utilisation

  • Avant la lecture du roman, inciter les élèves à lire le premier tome, soit Maïna, Tome 1 : L’appel des loups, de la même auteure, dont la fiche pédagogique se trouve dans
  • Accorder une attention particulière aux sujets sensibles dont on traite dans le roman, soit les relations hommes-femmes, la sexualité, le cannibalisme, la mort, la torture, le meurtre, les préjugés envers le peuple de glace (p. 68), la violence envers les femmes (p. 70), l’accouchement, l’allaitement de chiens par une femme (p. 109), le viol.

Ressource(s) additionnelle(s)

  • IDÉLLO.org, ressources éducatives en ligne, 9e à 12e année, Série : Canada C3 | Trois côtes, un voyage – Piari Kauki Gentes: la sauvegarde de l’inuktitut; la place des Inuits au Canada.
  • IDÉLLO.org, ressources éducatives en ligne, 9e à 12e année, Série : Vous l’savezJournée internationale des Inuits.