Contenu
- Personnage principal, Gilles Boudin, un insomniaque perdu entre rêve et réalité, qui vit de nombreux épisodes du passé au cours desquels il s’entretient avec des personnages réels et imaginés.
« NARRATEUR
Tandis qu’au bureau, Gilles commençait à se faire remarquer par les gens d’en haut parce qu’il faisait le double de l’ouvrage de tous les autres. Il faisait tellement d’ouvrage qu’on aurait cru qu’il travaillait jour et nuit… littéralement. » (p. 22)
« NARRATEUR
À quatre mois trois semaines, l’insomnie montrait son vrai visage. Gilles commençait à avoir des flash-backs, à revivre des moments importants et moins importants de son passé. Mais étant donné l’état précaire de son ménage et de ses relations de travail, Gilles n’en parlait pas à personne. » (p. 23)
- Nombreux personnages secondaires, certains semblant appartenir aux fantasmes et d’autres à la réalité, tous incarnés par le personnage principal, dont Lorraine, son épouse dévouée, qui tente de l’aider, Titine, employée à la buanderie, qui met son don au service de Gilles, M. Picard, son patron, qui aime la réussite, et Singulier, un personnage issu de son imagination.
« NARRATEUR
Et Lorraine… Lorraine, qui, au début, avait été la bouée de sauvetage à laquelle il pouvait s’accrocher dans ses moments les plus noirs… Sa Lorraine, qui lui avait fait des massages, qui lui avait préparé des repas spéciaux, qui l’avait bourré plein de médicaments, qui l’avait même soûlé un soir pour essayer de le faire dormir… Sa belle Lorraine qui jusque là avait tenu le coup… Lorraine, à six mois et quelques jours, est maintenant devenue… contre-productive. » (p. 24)
« TITINE
Ouen, je vais vous prendre comme patient. […] Je pense que je peux faire quelque chose pour vous.
[…]
Essayez donc d’avoir des flash-backs positifs, pour un change. Ça pourra pas vous faire de tort. » (p. 44)
« NARRATEUR
Qu’est-ce que ça peut faire si son patron c’est le pire des arrivistes, tellement paranoïaque qu’il se sent obligé d’écraser tout le monde autour de lui pour protéger sa job… » (p. 49)
« SINGULIER
Oui, Masculin Singulier. Mon vrai nom est Phénomène, mais moi je trouve ça un tantinet prétentieux. Moi, je préfère Masculin, ça fait beaucoup plus viril, vous ne trouvez-pas? » (p. 74)
- Pièce de théâtre qui oscille entre le rêve et la réalité; intrigue complexe qui explore la descente progressive de Gilles dans un univers déformé par l’insomnie, où le quotidien bascule peu à peu dans le fantastique; thèmes variés (p. ex., insomnie, famille, travail, recherche du bonheur, séparation, santé mentale) qui pourraient susciter des conversations intéressantes.
- Mise en page simple; œuvre au format non conventionnel, sans actes ni scènes définis; éléments graphiques (p. ex., italiques, points de suspension, tirets, guillemets, parenthèses) facilitant l’interprétation de l’œuvre; liste des œuvres du même auteur, préface, mot de l’auteur, origine de la pièce et distribution au début; six photos réparties dans le livre, contribuant à ancrer visuellement le personnage principal dans l’imaginaire du lectorat; courtes notes biographiques sur l’auteur à la quatrième de couverture du livre.
Langue
- Registre de langue courant utilisé pour les didascalies et registre familier (p. ex., fais-toi-z-en pas, p’tite, ast’heure, ouen) pour les séquences dialogales, sauf dans le cas du personnage de Ti-Bé, qui utilise un registre de langue populaire truffé de blasphèmes; mots moins connus (p. ex., synaptique, bacchanal) généralement compréhensibles à l’aide du contexte; mots anglais (p. ex., flash-back, hot dogs, Zipper, after all) reflétant le parler de certains personnages.
- Prédominance de phrases à construction particulière; nombreuses courtes phrases exclamatives et interrogatives traduisant la confusion du personnage principal et son incapacité à distinguer la réalité et l’imaginaire.
« GILLES
(Il répond au téléphone, le gros sourire aux lèvres.) Boudin! Ah, Lorraine… Non, tout est correct! Elle a eu une prémonition que quelque chose de mal venait d’arriver. Au contraire, même qu’il vient d’avoir un flash-back posi… Euh? Il le sait pas… (Il se touche la bouche.) Oui, il est encore en train de sourire. Lorraine s’énerve pour rien… Oui… Il peut se libérer pour une heure. Ah euh, Lorraine non, euh, il a pas besoin d’une session de thérapie d’urgence. Il a plus besoin de la voir, elle, il s’est trouvé une autre thérapeute, et avec la nouvelle, il a des résultats tout de suite. Lorrai… No… il sait qu’il lui en a pas… Il l’a rencontré hier soir… Mais il garde les lignes de communication ouvertes, Lorraine! Ça a rien à voir avec… Il sourit parce qu’il a eu un flash-back posi… Lorraine?! » (p. 53)
- Figures de style variées (p. ex., énumération, hyperbole, comparaison, personnification, allitération, répétition) qui caractérisent le style de l’auteur.
« Il ne s’est pas assoupi, n’a pas somnolé, n’a pas ronflé, n’a pas roupillé, n’a pas fermé l’œil, ni cogné un seul clou depuis exactement cent quatre-vingt-six jours. » (p. 21)
« […] il avait compté assez de moutons qu’ils étaient obligés d’en importer d’autres de la Nouvelle-Zélande. Il avait compté assez de moutons que ses filles étaient gréées en gilets de laine pour le restant de leur vie. » (p. 21)
« Qui, chaque fois qu’elles voient leur père, se blottissent contre leur tante, comme des mouches sur du papier collant. » (p. 60)
« Dans l’autobus, le petit homme enragé en dedans de lui court partout dans sa tête, ouvrant frénétiquement toutes les portes de son cerveau pour trouver la chambre mentale ou le garde-robe synaptique où il a caché, où il a entreposé, où il a oublié le… le… le… quelque chose qu’il devrait faire, qu’il pourrait faire mais dont il ne peut pas se rappeler. » (p. 69)
« Brillant Boudin, brillant! » (p. 76)
- Nombreuses didascalies qui précisent les gestes et les sentiments des personnages; séquences narratives qui aident à suivre le fil des événements et permettent de se situer dans le lieu de l’action.
« Gilles pose les sacs par terre et recule d’un pas. Les filles ne bougent pas. Gilles recule d’un deuxième pas. Elles ne bougent toujours pas. » (p. 49)
« NARRATEUR
C’est en voyant ses filles lui envoyer la main chaque fois qu’elles passent devant lui dans la soucoupe volante, que Gilles se rend compte que ça fait depuis qu’il ne dort plus qu’il n’a pas vu ses enfants tant s’amuser… » (p. 57)
Référent(s) culturel(s)
- Références à la ville et à l’Exposition d’Ottawa.
Pistes d'exploitation
- Inviter les élèves à préparer la dramatisation d’un extrait significatif de la pièce ou encore à en faire une lecture expressive tout en tenant compte des registres de langue employés, à la personnalité des personnages, ainsi qu’aux indications scéniques qui orientent le ton, les gestes et les déplacements. Animer une mise en commun afin de leur permettre de présenter leur dramatisation devant le groupe-classe.
- Proposer aux élèves, regroupés en équipes, de mener une recherche sur les causes possibles de l’insomnie et ses effets sur le corps et l’esprit, en s’appuyant à la fois sur des ressources internet et sur des passages où l’auteur exprime ses émotions et ses difficultés liées à l’épuisement, à l’angoisse ou à la confusion. Les inviter ensuite à préparer une courte capsule vidéo présentant des stratégies pour mieux dormir et soulignant l’importance du sommeil pour la santé mentale et physique. Animer une mise en commun afin de permettre à chaque équipe de présenter sa création au groupe-classe.
- Inviter les élèves à écouter la chanson Il est où le bonheur?, de Christophe Maé, puis, en équipes, à composer leur propre recette du bonheur. Les encourager à présenter leur création au groupe-classe.
- Inviter les élèves à rédiger un monologue portant sur un enjeu ou un problème de la vie quotidienne, qu’il soit sérieux ou traité de façon humoristique (p. ex., un cellulaire déchargé au mauvais moment, la recherche d’un premier emploi, une dispute familiale, le stress des examens). Encourager l’utilisation d’un ton expressif, d’un vocabulaire varié et de procédés stylistiques adaptés (p. ex., exagération, ironie, émotions). Accorder ensuite du temps en classe pour que les élèves puissent mémoriser ou s’approprier leur texte. Enfin, former des équipes et leur proposer de présenter leurs monologues à tour de rôle, en mettant l’accent sur l’interprétation et l’expressivité.
Conseils d'utilisation
- Porter une attention particulière au nombreux jurons tirés de la religion catholique (p. ex., tabarnac, crisse, ostie, câlisse).
- Porter une attention particulière à des passages abordant des idées ou des sujets sensibles (p. ex., la représentation des filles, le souhait de retourner un enfant adopté, le cancer, une blessure sanglante, une érection).
- Encourager les élèves à lire une autre pièce de l’auteur, soit Épinal, dont la fiche pédagogique se trouve dans FousDeLire.
Ressource(s) additionnelle(s)
- IDÉLLO.org, ressources éducatives en ligne, 9e à 12e année, Série : TFO 24.7- Le stress, la science- , les arts et plus encore – Créer du théâtre franco-ontarien.
- IDÉLLO.org, ressources éducatives en ligne, 9e à 12e année, Série : Flip – Dans ma tête — Quand je fais de l’insomnie.
- IDÉLLO.org, ressources éducatives en ligne, 9e à 12e année, Série : L’Insomnie de Robert Marinier — Théâtre en balado.