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Anatomie de la fiche Anatomie interactive
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2L’homme rapaillé

Est-il néces­saire de s’appesantir sur l’actualité constante de ce livre? Miron, d’une autre manière que dans les années cinquante ou soixante, est demeuré un personnage, une légende vivante. Depuis la première parution de L’homme rapaillé, en 1970, il a obtenu tous les prix imaginables, il a été invité partout, a donné d’innombrables entrevues où il devait une fois de plus s’expliquer, et expliquer le Québec.

(Tiré du site de l’éditeur.)

3 À propos du livre

Contenu

  • Personnage principal et narrateur, l’auteur, s’adressant souvent à une femme aimée, tout en révélant ses réflexions sur son art poétique, le destin collectif du Québec, son mal d’être et sa vie.

« …tu seras heureuse fille heureuse
d’être la femme que tu es dans mes bras
le monde entier sera changé en toi et moi » (p. 62)

« Longtemps je fus ce poète au visage conforme
qui frissonnait dans les parallèles de ses pensées
qui s’étiolait en rage dans la soie des désespoirs
et son cœur raillait de haut la crue des injustices » (p. 99)

« CECI est agonique
CECI de père en fils jusqu’à moi
Le non-poème
c’est ma tristesse
ontologique
la souffrance d’être un autre » (p. 125)

  • Personnages secondaires, mentionnés dans les textes, notamment la femme aimée, les membres de la communauté et les amis.

« je t’écris pour te dire que je t’aime
que tout finira dans tes bras amarré
que je t’attends dans la saison de nous deux
qu’un jour mon cœur s’est perdu dans sa peine
que sans toi il ne reviendra plus » (p. 39)

« Jeune fille plus belle que toutes nos légendes
de retour à la maison que protègent les mères
secrète et enjouée parmi les êtres de l’été
elle aimait bien celui qui cache son visage » (p. 57)

« Mes camarades au long cours de ma jeunesse
si je fus le haut lieu de mon poème, maintenant
je suis sur la place publique avec les miens
et mon poème a pris le mors obscur de nos combats » (p. 99)

  • Recueil de textes poétiques en vers ou en prose; thèmes de la poésie, de l’amour, de l’identité et du nationalisme québécois, conférant au recueil des portées philosophique et sociale, aptes à intéresser le lectorat visé.
  • Mise en page tantôt aérée, tantôt dense, et parfois irrégulière (p. ex., vers disposés de façon non conventionnelle au moyen de jeux d’espaces et d’alignements particuliers); œuvre répartie en plus de quatre-vingts poèmes titrés, assez longs dans l’ensemble, organisés en onze chapitres thématiques (p. ex., La vie agonique, L’amour et le militant); éléments graphiques (italiques, points de suspension, parenthèses, guillemets, majuscules) facilitant l’interprétation du texte; texte décrivant l’auteur, avant-propos, liminaire et dédicace au début; chronologie de la vie de l’auteur, bibliographie, table des matières et liste de ses œuvres à la fin.

Langue

  • Registre de langue soutenu se traduisant par un agencement complexe et original de mots et d’images et par un vocabulaire riche; quelques expressions du registre familier (p. ex., sainte bénite, vie maganée, belle grégousse, vieille réguine, icitte), mots anglais (p. ex., damned Canuck, pea soup), et anglicismes (p. ex., flush lui, c’est blood man, watch out à mon seat cover, un bon deal, je m’en vas à la grocerie, pitche-moi la balle) qui traduisent la richesse et la diversité du langage du narrateur, ancré dans un contexte culturel bilingue et populaire.
  • Poèmes aux strophes de longueurs et de formes variées, presque dénués de ponctuation, faisant ressortir les idées du destinataire avec fluidité.

« mais à l’orée de la nuit navrée
comme à l’orée du jour
qu’y a-t-il
qui quoi se tient là » (p. 33)

« …hommes, chers hommes, je vous remets volontiers
1 – ma condition d’homme
2 – je m’étends par terre
dans ce monde où il semble meilleur
être chien qu’être homme » (p. 52)

« j’aime
que j’aime
que tu t’avances
ma ravie » (p. 63)

« Suis-je ici
ou ailleurs ou autrefois dans mon village
je marche sur des étendues de pays voilés
m’écrit Olivier Marchand
alors que moi d’une brunante à l’autre
je farouche de bord en bord… » (p. 77)

« En conséquence de quoi, je vais jusqu’au bout dans la démonstration monstrueuse et aberrante. Je mets en scène l’aliénation, je me mets en scène. Aujourd’hui, je fais UN boulot, par suppléance, mais demain je ferai MON boulot, qui est d’écrire des poèmes. » (p. 134)

  • Figures de style abondantes (p. ex., anaphore, comparaison, métaphore, énumération, personnification) accentuant le symbolisme des idées présentées.

« petite vie ma vie
petite vie des minutes pareilles
à la queue leu leu
comme ça de suite
comme une caravane de chenilles de suite
comme des pieux de clôture de suite » (p. 31)

« Des heures puis des heures au fil
de mes yeux, aux prises avec eux
sillonnant les terres de personne
les poumons soufflant comme une avenue » (p. 48)

« tu es mon amour
ma clameur mon bramement
tu es mon amour ma ceinture fléchée d’univers
ma danse carrée des quatre coins d’horizon… » (p. 61)

« Le poème, lui, est debout
dans la matrice culture nationale
il appartient
avec un ou dix mille lecteurs
sinon il n’est que la plainte ininterrompue
de sa propre impuissance à être
sinon il se traîne dans l’agonie de tous » (p. 126)

  • Rimes occasionnelles et allitérations créant une musicalité dans les poèmes.

« nous passerons très haut par-dessus les clameurs
et tu ne vivras plus de perfides rumeurs
et loin des profiteurs, des lieux de pestilence
tu entendras parler les mages du silence
alors tu connaîtras la musique à tes pas
et te revêtiront les neiges des sagas » (p. 37)

« j’en parle à cause d’un village de montagnes
d’où s’envolent des rubans de route fragiles… » (p. 57)

« Frêle frileuse femme qui vas difficilement
(son absence fait mal en creux dans ton ventre)
d’un effort à l’autre et dans l’espérance diffuse
tiens debout en vie aux souffles des nécessités » (p. 110)

Référent(s) culturel(s)

  • Multiples références au Québec et à son identité culturelle et linguistique.

Pistes d'exploitation

  • Demander aux élèves de rédiger un poème en vers ou en prose exprimant leur identité nationale respective (p. ex., ce que signifie pour eux être Canadiens ou Canadiennes) en s’inspirant des thèmes, du style et de l’engagement personnel présents dans le recueil. Jumeler les élèves, puis leur demander de lire leur poème aux membres de leur groupe.
  • Inviter les élèves, regroupés en équipes, à effectuer une recherche afin de comparer les revendications identitaires, linguistiques et culturelles des Québécois avec celles des francophones hors Québec. Leur proposer de participer à une table ronde pour présenter leurs constats, discuter des similitudes et des différences observées, et réfléchir aux enjeux de la francophonie canadienne dans son ensemble.
  • Animer une discussion à partir des questions suivantes : Que signifie le mot « rapaillé »? Pourquoi, selon vous, Miron a-t-il choisi ce mot pour désigner son recueil? Que dit ce titre sur l’identité du poète et sur le Québec?

Conseils d'utilisation

  • Présenter aux élèves le contexte et les enjeux québécois auxquels Gaston Miron fait référence dans son œuvre, dans le but de faciliter leur lecture.
  • Faire écouter aux élèves des chansons de l’album Douze hommes rapaillés chantent Gaston Miron, volume 2.
  • Sensibiliser les élèves à la diversité des formes poétiques pour enrichir leur compréhension et leur appréciation des œuvres.
  • Préparer les élèves à la tonalité tragique ressortant de certains extraits de l’œuvre (p. ex., désespoir, souffrance émotive, mort).
  • Encourager les élèves à lire d’autres recueils de poésie portant sur l’identité personnelle, tels que Grand ciel bleu par ici, Et d’ailleurs et Ô Saint-Laurent, le fleuve à son commencement, dont les fiches pédagogiques se trouvent dans FousDeLire.

Ressource(s) additionnelle(s)

  • IDÉLLO.org, ressources éducatives en ligne, 11e et 12e année, Série : 180, Célébrer sa diversité.
  • IDÉLLO.org, ressources éducatives en ligne, 11e et 12e année, DEUX. TROIS. nos identités franco-canadiennes.
  • IDÉLLO.org, ressources éducatives en ligne, 11e et 12e année, Croquis littéraire : L’homme invisible / The Invisible Man de Patrice Desbiens.