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Anatomie de la fiche Anatomie interactive
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2Les soleils incendiés

Du présent au passé, entre l’ombre et la lumière, ce récit nous guide à pas feutrés à travers un paysage étrange, habité de personnages parfois insolites, souvent tendres. Sous les soleils calcinés couve une mémoire perdue qui n’attend que de se libérer. À travers l’innocence de deux enfants, Caroline et Emmett, la réalité se transforme et s’accomplit.

(Tiré de la quatrième de couverture du livre.)

3 À propos du livre

Contenu

  • Personnage principal et narratrice, Caroline, une femme passionnée et résiliente, qui relate les moments forts de sa vie, des expériences qui lui permettent de donner un sens à son existence.

« La vie devait pourtant continuer, et ses menus soucis avec elle. Caroline se laissa transporter à l’école dans l’immense panier de fer installé à l’avant de la bicyclette de son grand frère. Elle enviait les maisons de chaque côté de la route. Leur beauté, leur chaleur, leur gaieté, tout d’elles paraissait si paisible et si calme. » (p. 23)

« Avec ses larges tresses brunes attachées par deux rubans écossais noués en boucles, Caroline avait un air sage et enjoué en même temps. À l’ombre de son regard souriant veillait un soupçon de tristesse. Elle portait presque toujours un pantalon pour être libre de courir comme ses frères. Et des sandales. Rouges. » (p. 73)

  • Personnages secondaires peu nombreux, parmi lesquels grand-père Bouchard, avec qui Caroline entretient un lien spécial, et qui choisit de mettre fin à ses jours, Bernadette, surnommée Nadette, une voisine pauvre, contrainte de voler pour subvenir aux besoins de ses frères et sœurs, Emmett, l’ami intime de Caroline, qui se voit séparé d’elle après un incendie, et Winifred, la corneille liée à Emmett et à Caroline, qui est tragiquement tuée par un voisin.

« Comme son grand-père, la petite fille portait un crayon au-dessus de l’oreille. Grand-père Bouchard l’appelait son petit contremaître. Elle s’approchait, reculait, hésitait, mais ne touchait à rien. Elle attendait le bon moment pour demander à son grand-père ce qu’il fabriquait. […]
Comme elle l’aimait, cet homme aux cheveux blancs, recouverts d’une vieille casquette qui avait probablement été verte autrefois! » (p. 27-28)

« Bernadette avait une tâche bien particulière tous les matins, elle poussait une voiturette qu’elle appelait son carrosse, dont une des roues était retenue à l’essieu par un clou. Comme elle était l’aînée de la famille, elle devait se rendre jusqu’à l’hôpital pour y recueillir les restes de nourriture de la veille. […]
Mais ces infortunes avaient bien préparé Bernadette à la vie. Elle devint voleuse. Et menteuse. L’habitude se transforma en talent. » (p. 51-52)

« En peu de temps, Emmett et Caroline étaient devenus inséparables. Leur univers englobait la nature, les animaux, la lecture et la discussion.
Chaque année, au début de juillet, Emmett O’Brien s’amenait près de la grange, là où poussaient les tournesols, à la recherche de Caroline. » (p. 72)

« Winifred pouvait, à l’occasion, être bien drôle, mais elle n’était pas toujours commode. Elle semblait prendre un malin plaisir à faire rager le voisin qui voulait se chauffer au soleil devant sa porte d’entrée. […]
– Tu verras, oiseau de malheur, sale rapace! Tu verras ce qu’on fait aux oiseaux de ton espèce. Déguerpis! Sinon, je vais chercher ma carabine. […]
Les enfants ont pleuré la perte de leur amie. Ils l’ont déposée dans une boîte à souliers. Caroline y plaça ses sandales rouges sous la tête de la pauvre bête, en guise d’oreiller. Ensuite, ils l’ont enterrée dans la souche du vieux chêne. » (p. 80-81)

  • Court récit qui relate les événements marquants et souvent tragiques de la vie de Caroline, ainsi que son questionnement sur le sens de la vie; schéma narratif simple qui se déroule dans l’ordre chronologique; thèmes (p. ex., amitié, souffrance, mort, séparation, suicide, résilience) qui permettent au lectorat de mieux saisir la dimension psychologique de l’œuvre et de tisser des liens avec son vécu.
  • Mise en page simple et aérée; œuvre organisée en six sections titrées incluant des intertitres; éléments graphiques (p. ex., guillemets, italiques, espaces indiquant un laps de temps et de lieu) qui facilitent l’interprétation de l’œuvre; liste des autres publications de l’auteure et dédicace au début; table des matières à la fin; renseignements sur l’auteure et sur ses publications en quatrième de couverture.

Langue

  • Registre de langue courant dans l’ensemble de l’œuvre; mots moins connus (p. ex., blafardes, pénates, bicoque, éthérée) compréhensibles grâce au contexte.
  • Emploi de phrases de base, phrases transformées et phrases à construction particulière; utilisation d’une variété de types de phrases, dont de nombreuses phrases interrogatives dans les séquences narratives illustrant le questionnement et la recherche d’identité de Caroline; emploi du futur simple, de l’imparfait de l’indicatif et du passé simple dans la narration.

« Pourtant, elle ne put résister longtemps au désir de s’aventurer sur le gazon frais. Elle s’élança en sautant comme un chevreau, afin d’étrenner sa première paire de sandales. Des sandales rouges par surcroît!
Après l’appendicectomie et l’ablation des amygdales, qu’est-ce que les oreillons? Elle était grande après tout. Une grande fille de six ans. » (p. 15-16)

« Aurait-il encore des mèches folles qui lui retombent sur le front? A-t-il conservé son entrain et sa tendresse débordante? Se souvient-il un peu de moi? De mes scrupules et de mes craintes? De mes éclats de rire quand il me taquinait? Se rappelle-t-il Winnie, qui nous accompagnait partout? » (p. 103)

  • Nombreux procédés stylistiques (p. ex., énumération, comparaison, personnification, anaphore, antithèse, métaphore) qui enrichissent le texte et agrémentent la lecture.

« Son grand-père avait déposé tous les outils nécessaires sur un gros tonneau à l’envers : un marteau, des pinces, des clous, une varlope, du papier à poncer, des crayons plats, une équerre, de la colle, un pinceau large et un pinceau étroit. » (p. 25-26)

« Comme à chaque année, l’hiver entoura la maison de ses longs bras. » (p. 46)

« Je suis persuadée qu’il faut voir d’abord à travers les mains. Elles parlent. Elles ressentent. Elles comprennent. » (p. 96)

« Je suis tantôt transparente tantôt opaque. Voilà ma première création, que je voudrais en même temps conserver et détruire. » (p. 97)

« Comme si chaque nom de lac, de route, de village cherchait à percer mes souvenirs. Mozart m’accompagne dans la splendeur des couleurs du nord. » (p. 113)

  • Séquences narratives et descriptives qui permettent de s’immiscer dans l’esprit du narrateur; séquences dialoguées qui aident à comprendre les états d’âme du personnage principal et ses relations avec les autres personnages; insertion d’une lettre écrite par Emmett à Caroline reflétant les liens d’amitié entre les deux personnages.

« L’endroit préféré de la petite fille était la grange de son grand-père, qui habitait à côté de chez elle. Ce n’était pas tout à fait une grange : plutôt une espèce d’atelier où son grand-père entreposait des milliers de choses inutiles. » (p. 25)

« […] Là, c’était la grande conversation. Mais jamais dans le musée.
– À quoi servira ta boîte, grand-papa?
– Un jour, elle sera utile pour un vieux fou comme moi.
– Mais comment?
– Tu comprendras plus tard.
– Vas-tu m’en faire, une boîte, à moi aussi?
– Je te ferai autre chose. Ce que tu voudras, un jouet ou un meuble.
– Je voudrais une boîte, comme la tienne.
– Mais non, ma chérie. Tu es trop jeune pour désirer ce genre de boîte.
– Alors, je m’installerai dans la tienne, avec toi. Tu m’emmèneras avec toi, n’est-ce pas grand-papa?
Sans un mot, le grand-père déposa un baiser sur la tête de la petite fille et détourna le regard. » (p. 28-29)

« Bien chère Caroline,
Dans quelques jours, je partirai à ta recherche. Je commencerai par me rendre à Ottawa. Depuis que nous nous sommes séparés, tu ne quittes pas mon esprit. [….]
J’ai tant besoin de te revoir.
À bientôt, j’espère,
Emmett.  […] » (p. 119-120)

Référent(s) culturel(s)

  • Référence aux Premières Nations, aux Métis et aux noms d’origine autochtone de certains villages de l’Ontario (p. ex., Temagami, Mattawa).
  • Référence à des croyances et à des légendes autochtones.
  • Référence à de nombreuses villes de l’Ontario (p. ex., Timmins, Ottawa, Iroquois Falls) où l’on retrouve des regroupements francophones.

Pistes d'exploitation

  • Demander aux élèves de rédiger un court récit relatant un moment marquant de leur enfance. Former des équipes, puis leur demander de lire leur texte à leurs pairs.
  • Proposer aux élèves, regroupés en dyades, de situer sur une carte géographique les différentes régions de l’Ontario mentionnées dans le roman, puis les inviter à créer un dépliant touristique illustrant les attraits à découvrir dans l’une de ces régions. Placer les travaux au centre de ressources de l’école.
  • Suggérer aux élèves, réunis en dyades, de produire une œuvre d’art représentant un moment marquant de l’enfance du personnage principal (p. ex., décès de son grand-père, salle de danse, jeux dans la neige, départ d’Emmett). Exposer les œuvres en salle de classe.

Conseils d'utilisation

  • Accorder une attention particulière aux sujets délicats dont on traite dans le roman, notamment la mort, le suicide et la séparation d’un être cher.
  • Demeurer sensible aux élèves des Premières Nations ou aux Métis qui pourraient sentir le besoin d’exprimer leurs sentiments face à l’utilisation dans le roman du terme « Indien », qui peut maintenant être considéré comme péjoratif en parlant du peuple autochtone.
  • Encourager les élèves à lire d’autres œuvres de l’auteure, soit Mademoiselle Cassie, L’harmonica et Fantômier, dont les fiches pédagogiques se trouvent dans FousDeLire.

Ressource(s) additionnelle(s)

  • IDÉLLO.org, ressources éducatives en ligne, 9e à 12e année, Série : Français sans frontière 2 : tutos élèves, Et toi, qui es-tu?; Quelle est ton histoire?
  • IDÉLLO.org, ressources éducatives en ligne, 9e à 12e année, Série : En sortant de l’école, Après trois ans; Les fleurs du papier.