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Les Quatre Saisons, tome 2 – Été

Deuxième tome de la série « Les Quatre Saisons », ce roman intimiste dévoile la vie d’une adolescente peu banale… Camélie Martin Fitz a 16 ans et elle est en 4e secondaire. Fougueuse, curieuse, débrouillarde et mature, c’est une musicienne-née, une enfant prodige. Cependant, rien ne va plus dans sa vie. Elle décide alors de fuguer et trouve refuge près du café Le Quatre Saisons, dans un abri de fortune, où elle racontera ses malheurs à un chaton abandonné. Camélie se croit bien cachée dans son abri, mais les jeunes l’observent depuis un bon moment par les grandes fenêtres du café. L’aideront-ils ou la dénonceront-ils?

(Tiré de la quatrième de couverture du livre.)

À propos du livre

Contenu

  • Personnage principal et narratrice, Camélie Martin-Fitz, violoniste de 16 ans tentant de se retrouver et de rebâtir une relation de confiance avec ses proches après sa fugue et son hospitalisation.

« Je sais seulement que je suis en fugue depuis pas mal de temps et que mon organisation est parfaite. Je me suis glissée parmi ces inconnus et personne ne semble prêter attention à moi.
En fugue, Camélie? Personne ne l’aurait jamais cru! Même moi, j’ai de la difficulté à y croire. Mais c’est arrivé, et je dois vivre avec ma décision. » (p. 13)

« J’allais me reposer et réfléchir. Qu’est-ce qu’on attendait de moi? Que je redevienne la gentille fille qui disait oui à tout, qui prenait tout sur ses épaules et ne se plaignait jamais? C’était ce que j’avais accumulé qui m’avait obligée à partir… toujours accepter. » (p. 149)

« Mon cœur allait bien, je reprenais le dessus et j’étais même plutôt heureuse. Surtout de commencer à travailler au Quatre-Saisons. » (p. 153)

  • Personnages secondaires nombreux, parmi lesquels Rose, sœur aînée de Camélie, avec qui elle entretient une relation difficile, Jonathan, ancien petit ami de Camélie, qui l’a laissée pour sa sœur, Valérie, assistante sociale qui accompagne Camélie dans son rétablissement, Clara, tante de Camélie, qui l’héberge et la soutient après sa sortie d’hôpital, Jean-Jacques, patient âgé qui se lie d’amitié avec Camélie à l’hôpital et lui transmet une leçon de vie importante, ainsi que les parents de Camélie, tentant de développer une relation harmonieuse avec elle.

« Mais il y a ma sœur, Rose. Elle a onze mois de plus que moi. […] Elle fait sans cesse des crises, prétendant que mes parents s’occupent plus de moi que d’elle, alors ils compensent. Ils ont voulu la réconforter, la rassurer, et elle a pris de plus en plus de place. » (p. 11)

« Alors, Jonathan m’a avoué qu’il avait développé des sentiments pour ma sœur et qu’il avait tout fait pour les combattre, mais que leur proximité et leur complicité sur scène et… le reste, je ne l’ai pas entendu, mon cœur me martelait les tempes, mes yeux ne voyaient plus, mes lèvres tremblaient. » (p. 52)

« Je parlais de plus en plus avec l’assistante sociale, Valérie, une mère de famille qui avait un don spécial avec moi. Je ne sais pas comment elle s’y prenait, mais je me sentais vraiment à l’aise en sa compagnie et j’avais envie de me confier à elle. » (p. 65)

« Ma deuxième visiteuse a été ma tante Clara, la sœur de mon père. […] Ma tante est entrée tout sourire dans ma chambre, avec un bouquet de fleurs qu’elle avait cueilli dans son jardin. J’étais vraiment contente de la voir et j’ai réalisé combien cette femme était importante pour moi.
[…]
– Que dirais-tu, est intervenue ma tante, de venir habiter chez moi, le temps qu’on voie comment les choses se règlent? » (p. 67-71)

« – Tout se règle, ma chère, même ce qui semble insurmontable. Le temps, oh oui, le temps finit toujours par adoucir les peines. La douleur s’estompe, notre cœur se remet à battre, les nuages disparaissent et nous sommes à nouveau heureux. La vie, c’est seulement ça, tu sais, des moments de bonheur qui apparaissent entre les nuages. Il faut de la pluie pour que les fleurs poussent, il faut des tempêtes pour reconnaître le bonheur. » (p. 79)

« Ma mère est repartie souriante. Je lui avais fait du bien avec seulement quelques mots. Je reconnais qu’elle m’avait apaisée, elle aussi. Quand je pense que j’imaginais que mes parents seraient heureux de se débarrasser de moi. Quelle erreur! » (p. 97)

« Cette rencontre avec mon père avait ouvert de nouvelles pistes de réflexion et je tentais de comprendre davantage ce qui avait motivé mon départ.

Mes parents m’avaient tout donné, en fait, je m’en rendais compte maintenant. » (p. 127)

  • Roman réaliste traitant des relations tumultueuses qui existent entre une adolescente ayant fugué et ses proches; plusieurs longs retours en arrière permettant de retracer les raisons ayant poussé le personnage principal à fuguer et tissant des liens entre l’œuvre et le tome précédent (p. ex., ouverture et saccagement du café Quatre Saisons); schéma narratif inachevé, l’intrigue se poursuivant dans le prochain tome de la série; présages apparaissant souvent en fin de chapitres et laissant augurer de nouvelles difficultés pour le personnage principal (p. ex., infidélité de Jonathan, hospitalisation); thèmes de la fugue, de la famille, des relations amoureuses et de la découverte de soi pouvant susciter l’intérêt du lectorat ainsi qu’offrir des pistes de réflexion et d’action aux jeunes devant relever des défis semblables à ceux du personnage principal.
  • Mise en page simple; œuvre répartie en 28 courts chapitres numérotés; éléments graphiques (p. ex., italiques, majuscules, tirets, points de suspension) facilitant la compréhension de l’œuvre; citation au début du livre et indication concernant le prochain tome intitulé Automne à la fin.

Langue

  • Registre de langue courant dans l’ensemble de l’œuvre; prédominance de mots connus facilitant la lecture et rejoignant le lectorat ciblé; certains mots nouveaux (p. ex., dithyrambique, bâche, photophore) compréhensibles grâce au contexte.
  • Prédominance de phrases courtes; phrases interrogatives et exclamatives accentuant le processus de questionnement et de redécouverte de soi du personnage principal.

« J’étais assise sous ma bâche. Il fallait que je réfléchisse, car tout semblait m’échapper. Je ne me maîtrisais plus. Si les émotions rejaillissaient ainsi, c’était que rien n’était réglé?

Est-ce que fuir n’avait servi à rien? Je ne pouvais pas croire que j’en étais au même point que le jour de mon départ. » (p. 24)

« JE NE DEVAIS PAS FAIRE D’HISTOIRES? Moi? C’était moi qui devais passer l’éponge, accepter la situation, me laisser marcher sur le cœur, sur le peu d’estime de moi que ma peine me laissait? Moi, qui allais manger en face de ce nouveau couple? Mais à quoi mes parents pensaient-ils? » (p. 54)

« « Qui es-tu, Camélie Martin-Fitz? » me suis-je demandé.

Une jolie grande fille, talentueuse oui, un peu prétentieuse. Non, vaniteuse. Tous ces publics m’applaudissant avaient-ils fini par me donner l’impression que je valais un peu plus que les autres? » (p. 129)

« Dès que j’ai mis les pieds à l’intérieur, j’ai eu un petit frisson. J’avais si souvent espéré faire partie de ce groupe! Je devais me pincer. J’avais causé tant de problèmes à tout le monde, et la vie se montrait si généreuse. Quelle chance! » (p. 143)

  • Quelques procédés stylistiques (p. ex., comparaison, énumération, antithèse, métaphore) qui enrichissent le texte.

« Les gens riaient en mangeant, et moi, j’étais seule. Je crois que c’est ce soir-là que la solitude a commencé à peser sur moi, comme un manteau trop lourd. » (p. 21)

« Mais les sentiments sont confus, et entre la douleur, l’orgueil, le deuil et l’humiliation, tout se bousculait. » (p. 55)

« La boisson chaude et non identifiable aurait pu en rebuter plusieurs, mais pour moi, elle était un vrai délice. » (p. 83)

« Près de la loge de ma sœur, un essaim de spectateurs se disputaient le moindre coin d’espace pour lancer leurs félicitations. » (p. 162)

  • Séquences narratives permettant de s’immiscer dans l’esprit de Camélie et de suivre son évolution psychologique et relationnelle; séquences dialoguées reflétant la complexité des relations qui existent entre Camélie et ses proches.

« – Camélie, je dois te dire quelque chose.
– Ça ne peut pas attendre, Jonathan? Nous jouons tout de suite après ce numéro… et…
– Non, je dois te le dire maintenant : je t’aime! Je suis fou de toi et il faut que je t’embrasse, sinon je ne réussirai jamais à jouer! » (p. 30)

« – Comment faire, Camélie chérie? m’a demandé ma mère. C’est l’anniversaire de ta sœur la semaine prochaine, et elle tient à ce qu’il soit là.
– Alors moi, je n’y serai pas. C’est simple.
– Tu ne peux pas commencer à jouer à ce jeu-là. Tu ne peux pas nous demander de choisir entre vous deux. » (p. 55-56)

« – Tu sais que nous avons été terriblement inquiets? Terriblement… Ton père est retourné à la maison. Il est fatigué et ne sait pas comment t’aborder. Après un bref silence. Elle s’est approchée un peu plus près de mon lit.
– Camélie, j’ai pensé devenir folle de ne pas savoir où tu étais. Je suis consciente qu’il est trop tôt pour parler de ce qui s’est passé, mais je voulais que tu saches que je t’aime. » (p. 64-65)

« Je me sentais libérée d’un énorme poids. J’avais un endroit où aller. Je n’aurais pas à retourner chez moi. J’avais tellement peur de voir mes parents inquiets, de les voir faire semblant de vivre en me regardant toujours de travers. » (p. 71)

« Je n’étais pas mieux dans mon campement qu’à la maison. La douleur était toujours là et l’absence, la solitude surtout, me rappelaient combien je me sentais abandonnée. » (p. 80)

« J’en avais voulu à la musique de m’éloigner des gens que j’aimais, de faire de moi une personne différente des autres. J’avais voulu punir mon violon, ma musique. Mais c’est tout le reste que j’avais brisé : ma santé, ma vie, ma famille… peut-être même plus. » (p. 102)

Référent(s) culturel(s)

  • Référence à des écrivains français (p. ex., Molière, Edmond Rostand).
  • Allusion à la tradition amérindienne (p. ex., animal totem).

Pistes d'exploitation

  • Proposer aux élèves de rédiger une lettre de la part de Camélie à sa sœur Rose, après leur réconciliation, en faisant des liens avec leur passé et leur avenir espéré. Les inviter à lire leur lettre au groupe-classe.
  • Animer une discussion portant sur les causes qui poussent les adolescentes et adolescents à fuguer et les dangers qu’elles et ils risquent. Demander aux élèves de faire des liens entre leurs idées et le vécu de Camélie.
  • Demander aux élèves, réunis en équipes, d’identifier les principaux défis familiaux présentés dans l’œuvre et d’effectuer une recherche en vue de trouver des stratégies de résolution de conflits pouvant aider à les relever. Les inviter à présenter leurs idées au groupe-classe, sous la forme d’une saynète dans laquelle Camélie et ses proches prennent part à une session de thérapie familiale.
  • Former des équipes, puis leur assigner des chapitres du roman. Leur demander d’analyser les états d’âme de Camélie dans ces chapitres, puis de les préciser et d’ajouter des énoncés ou des citations les justifiant (p. ex., Chapitre 7 – la détresse : « Mon amoureux venait de me laisser pour ma sœur. Est-ce que quelque chose de pire peut arriver dans la vie? Pour moi, non. » (p. 52) Chapitre 27 – la sérénité : Camélie comprend maintenant les raisons pour lesquelles Rose s’était toujours sentie moins que rien. Elle se rend donc dans la loge de sa sœur pour la féliciter de sa performance.) Animer une mise en commun afin de permettre aux équipes de faire part de leur analyse au groupe-classe.

Conseils d'utilisation

  • Avant la lecture, prévenir les élèves quant aux sujets délicats de la souffrance auto-infligée et du désir de mourir traités de façon superficielle dans l’œuvre.
  • Inciter les élèves à lire le premier tome de la série, Les Quatre Saisons, tome 1 – Printemps, dont la fiche pédagogique se trouve dans FousDeLire.

Ressource(s) additionnelle(s)

  • IDÉLLO.org, ressources éducatives en ligne, 10e à 12e année, Série : Degrassi : la nouvelle génération, Toujours en colère (parties 1 et 2).