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Anatomie de la fiche Anatomie interactive
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2L’Ermitage

Ernest Destel, marchand général et entrepreneur forestier, quitte le Nord ontarien pour Saint-Timothée, un village du haut Pontiac québécois. Destel vient y exploiter des forêts de bois dur abandonnées.

Au bout de quelques années, riche de ses succès mais lassé des longs hivers dans les camps de bûcherons, il fait l’acquisition des Ateliers Cusson, une manufacture de bâtons de hockey. Francis, son fils aîné, un garçon dissipé et insolent, un insatiable coureur de jupons, se joint à l’entreprise. Quant à Richard, le cadet, il se consacre à l’apprentissage de la musique.

Aux Ateliers Cusson, les choses vont bien… du moins, jusqu’à ce qu’un incendie criminel force les Destel à tout reconstruire. Francis en profite pour prendre en main les rênes de l’entreprise familiale en vue d’y implanter des façons de faire plus « modernes ». Ce sera, évidemment, la catastrophe.

(Tiré de la quatrième de couverture du livre.)

3 À propos du livre

Contenu

  • Trois personnages principaux dont Ernest Destel, un homme d’affaires qui œuvre dans l’industrie forestière et devient propriétaire d’une manufacture de bâtons de hockey, aveuglé par son désir de faire succéder son fils aîné à la tête de l’entreprise, Francis, son fils aîné, enfant problème et manipulateur, qui déjoue son père afin de se porter acquéreur de la majorité des parts de l’entreprise, et Richard, le fils cadet, initialement perçu comme un personnage effacé, qui se transforme en un homme déterminé, prêt à se venger de son frère dans un revirement brutal et surprenant.

« Ernest était heureux d’avoir quelqu’un à qui parler et il se rendait de plus en plus compte de la solitude dans laquelle il vivait, si loin dans la forêt, entouré seulement de ses employés.
Une fois leur tâche terminée, ils retournèrent s’asseoir dans la chambre d’Ernest. Roger alluma sa pipe, et Ernest prit un bâton de hockey qu’il se mit à polir au papier émeri.
« C’est pour Francis que tu fais ça? Chaque fois que je viens, tu es en train d’en fabriquer.
– Il est devenu l’étoile de l’équipe de hockey, dit Ernest avec fierté, alors j’veux pas qu’il en manque.
– A-t-il décidé ce qu’il veut faire dans la vie, à part jouer au hockey?
– J’crois pas. Il est encore jeune, et j’espère toujours qu’il voudra travailler avec moi. Tu sais qu’il est doué pour opérer les machines. » » (p. 52)

« À mesure que Francis exposait son plan, Serge montrait des signes croissants de nervosité. Une ou deux fois, il voulut intervenir, mais Francis lui fit signe d’écouter jusqu’au bout. Lorsqu’enfin il cessa de parler, Serge explosa :
« Mais enfin, ton père va bien savoir qu’il y a eu erreur volontaire dans les documents!
– Même s’il s’en doutait, comment pourrait-il le prouver? Et lui-même, de quoi aurait-il l’air là-dedans? Après tout, on ne lui aura pas mis un révolver sur la tempe pour le faire signer. » (p. 139-140)

« Sur le chemin du retour, Richard se mit à songer comment son père l’avait écarté d’emblée comme étant incapable de l’aider à l’usine. Eh bien, il lui prouverait le contraire. Il apprendrait tout ce que Francis savait du fonctionnement d’une usine de bâtons de hockey, et pourrait insérer dans le mécanisme, au moment opportun, les bombes à retardement qui finiraient par abattre son frère. » (p. 165)

  • Personnages secondaires étroitement liés les uns aux autres, formant un réseau de relations complexes, parmi lesquels Roger, cousin d’Ernest, vivant en ermite depuis son retour de la guerre et confident de Richard, Laura, veuve devenue la seconde épouse d’Ernest, qui s’allie à Richard pour dévoiler à son époux la véritable nature de Francis, et Célia, chanteuse d’opéra fiancée à Richard, mais éprise de Roger.

« Après l’inhumation, Roger s’était enfui comme un fou dans la forêt et y avait vécu durant trois mois. Il n’en était sorti que pour aller s’engager volontaire dans les Forces armées, ″pour se faire tuer″, disaient les vieux. […] Il était parti désespéré, il en était revenu avec la Croix Victoria, mais muet où à peu près sur ses expériences de guerre. […] C’est alors qu’il s’était bâti cet ermitage sur la rive plus éloignée du lac Fantôme. » (p. 19-20)

« – Laisse-moi réfléchir un peu, Richard. Ce que Francis a fait à ton père, c’est impardonnable, que dis-je, c’est criminel. Et ce que je n’arrive pas à oublier, c’est qu’il m’a entrainée malgré moi dans cette sale affaire.
– Justement, reprit Richard avec passion, vous voyez bien qu’il faut faire quelque chose. Vous m’avez dit vous-même que mon père a douté de vous tellement le complot était bien monté. À votre tour maintenant de rendre à Francis la monnaie de sa pièce. N’est-ce pas que vous m’aiderez? »
Laura hocha la tête.
« Tu as peut-être raison, Richard. On ne peut pas laisser une telle situation perdurer sans rien faire. » (p. 161)

« Pendant qu’elle attendait, Célia s’amusa à examiner l’intérieur de la cabine, […] C’était là l’appareil qui l’amènerait au camp des Ateliers Cusson où elle passerait toute une journée en compagnie de Laura, du père de Richard, et surtout de Roger. Depuis la dernière fois où elle l’avait vue, il occupait sans cesse son esprit. Elle tenait avec lui des conversations imaginaires sans fin; elle voyait s’animer ses yeux gris vert […] De plus en plus elle se persuadait que s’il l’avait grondée d’être venue le voir, c’était par crainte de céder à la tentation de se rapprocher de quelqu’un, mais que, dans le fond, il était attiré vers elle. » (p. 200)

  • Roman d’aventures captivant, truffé de multiples péripéties et rebondissements; trame narrative s’organisant autour des conflits familiaux ayant comme toile de fond l’industrie forestière de la région du Pontiac; intrigue échelonnée sur plusieurs années, présentée de façon chronologique; quelques retours en arrière sous la forme de souvenirs; thèmes (p. ex., famille, humour, handicap physique, amour, conflit, choc post-traumatique) aptes à intéresser le lectorat visé.
  • Mise en page simple; œuvre répartie en 40 courts chapitres, non numérotés et non titrés; éléments graphiques (p. ex., italiques, guillemets, symboles indiquant un changement de scène ou un laps de temps) facilitant l’interprétation de l’œuvre; titre des autres œuvres de l’auteure et remerciement au début; renseignements sur l’auteure et ses accomplissements en quatrième de couverture.

Langue

  • Registre de langue courant dans l’ensemble de l’œuvre; mots moins connus (p. ex., tenon, mortaise, fidéicommis) compréhensibles grâce au contexte; mots du registre familier (p. ex., pitounes, ouaouarons, icitte, jambette, chicot) et expressions particulières (p. ex, l’emporter au paradis, se débattre comme un diable dans l’eau bénite, finir sur la potence) injectant un brin d’humour dans le texte; recours à des mots autochtones (p. ex., atocas, muskeg, Nistum) et à des mots anglais (p. ex., stock, jeep, bulldozers) contribuant à la vraisemblance des personnages.
  • Phrases transformées et phrases à construction particulière; variété de types et de formes de phrases; phrases courtes dans les dialogues traduisant les émotions des personnages; emploi de l’imparfait de l’indicatif et du passé simple dans les séquences narratives.

« Alors qu’il retournait à Saint-Timothée, il se dit que ces opérations forestières n’étaient pas vraiment ce qu’il fallait pour intéresser Francis et assurer son avenir. Pour cette année, il retournerait au collège. Dieu merci, il avait été accepté au Collège Eymard. On verrait bien si les Eudistes sauraient, mieux que les Jésuites, apprécier les qualités de Francis. Mais quand il aurait fini ses études, Ernest ne le voyait pas s’isoler dans la forêt des mois durant, lui qui ne supportait pas de rester au camp un seul soir depuis qu’il avait quitté le collège. » (p. 61-61)

« – Mais enfin, comprends donc! C’est là quelque chose qu’il faut que je fasse…″
Il tenta de lui prendre les mains mais elle se détourna.
″ Va plutôt réfléchir, Richard. Pour moi, je n’aurais aucun plaisir à passer la journée en compagnie de quelqu’un capable de faire une bêtise pareille.
– Tu me chasses?
– Je crois que pour aujourd’hui, c’est foutu. Il vaut mieux en effet que tu partes. ″ » (p. 170)

  • Procédés stylistiques variés (p. ex., métaphore, expression imagée, énumération, comparaison, anaphore, antithèse) qui agrémentent la lecture.

« Un ange descendu du ciel n’eût pas plus étonné les accueillants. Francis la regardait, bouche bée. » (p. 12)

« Au nord, c’est la limite qui n’a jamais été bûchée, et là, à l’ouest, c’est celle où ce pauvre Daviault a perdu sa chemise l’année dernière. » (p. 28)

« Autour des cabanes se voyaient les débris que laisse le passage des humains : outils brisés ou rouillés, vieilles chaussures, gants dépareillés, cordées de bois de chauffage. » (p. 31)

« Lorsqu’ils tournaient pour venir se ranger près du camp, leurs phares illuminaient un long corridor où les flocons se précipitaient comme des bestioles affolées. » (p. 50)

« – Parce que j’aimerais qu’on fasse connaissance. Parce que vous montrez beaucoup de sensibilité quand vous jouez. Parce que je crois que vous aimeriez ça, et qu’on aurait du plaisir à l’entendre ensemble et à en parler après. » (p. 115)

« Plus tard, chaque fois que Laura sentirait sa colère faiblir et son ferme propos flancher, elle repasserait dans sa mémoire cette visite inopinée qui l’avait précipitée dans le filet de Francis. (p. 143)

  • Séquences narratives et descriptives, entrecoupées de séquences dialoguées, qui permettent de s’immiscer dans l’esprit des personnages et aident à comprendre leurs sentiments; ajout de lettres, comme procédé littéraire, qui enrichissent le récit.

« Avec stupeur il reconnut Célia. Elle était toute à la manœuvre de l’embarcation, et ne le voyait pas approcher, maniant l’aviron silencieusement. Lorsque le canot vint se ranger près du sien, elle sursauta, puis un sourire de soulagement éclaira son visage.
″Que je suis contente de vous voir! Je m’en allais justement chez vous.
– Et qu’est-ce qui me vaut un honneur aussi inattendu?
– Il faut que je vous parle de Richard. Si vous n’intervenez pas, il va ruiner sa carrière. […]
Ce disant, d’une manœuvre habile de son canot, il fit tourner la pince de l’autre vers l’entrée de la caverne. En arrivant au bord, il poussa le sien sur le sable, et, sautant à terre, tendit la main à la jeune fille. » (p. 172)

« Chère Célia,
Tu seras sans doute surprise d’apprendre que j’ai quitté définitivement la pension. Je pars à l’instant pour Verneuil afin d’y prendre le reste de mes affaires […]
N’oublie pas que je t’aime. Je compte les heures qui me séparent du moment où je pourrai de nouveau te prendre dans mes bras.
Richard. » (p. 167)

« Cher Monsieur Destel,
Il a été porté à notre attention que, dans la fabrication de vos bâtons de hockey, vous vous servez d’un procédé pour lequel nous avons obtenu le brevet No 591888. […]
Cette lettre constitue donc une mise en demeure. […]
Et c’était signé : Arthur Coglan, président-directeur général. » (p. 175-176)

Référent(s) culturel(s)

  • Référence aux Premières Nations, notamment à la nation crie, ainsi qu’aux Métis.
  • Mention de nombreux lieux du nord de l’Ontario et du Québec à forte population française (p. ex., Hearst, l’Abitibi, le Pontiac, Fort-Coulonge) et à des industries forestières de l’époque (p. ex., la E.B. Eddy, la Black Hawk Lumber).
  • Référence à certains lieux en Europe (p. ex., Paris, Vienne, la Belgique).
  • Référence à l’Orchestre symphonique de Montréal, à l’École de musique Vincent d’Indy de Montréal et à l’Université du Québec à Montréal.
  • Mention de nombreux faits historiques (p. ex., la Crise des années 30, la Seconde Guerre mondiale, la bataille de Dunkerque).
  • Référence à la religion catholique (p. ex., les Pères Jésuites, les Eudistes, les Ursulines de Québec).

Pistes d'exploitation

  • Suggérer aux élèves, regroupés en dyades, de mener une recherche sur l’évolution de la fabrication des bâtons de hockey, en comparant les techniques et les matériaux utilisés aujourd’hui à ceux qui étaient employés dans les Ateliers Cusson. Ensuite, animer une discussion à partir des questions suivantes : Quelles sont les innovations les plus marquantes dans la fabrication des bâtons de hockey? Comment les évolutions des matériaux ont-elles changé la manière de jouer au hockey? Y a-t-il des avantages et des inconvénients à l’utilisation de matériaux composites par rapport au bois? Quelles sont les implications environnementales de ces évolutions technologiques?
  • Demander aux élèves de rédiger un texte d’opinion sur la question suivante : La beauté d’une personne dépend-elle de son apparence physique? Jumeler les élèves et leur demander de lire leur texte à leur partenaire.
  • Demander aux élèves, réunis en équipes, de brosser le portrait psychologique d’un des personnages principaux en tenant compte de critères précis (p. ex., qualités, défauts, aptitudes, opinions) et en les appuyant d’exemples tirés du roman. Regrouper les équipes selon le personnage choisi, puis les inviter à faire part de leurs trouvailles aux membres de leur groupe.
  • Proposer aux élèves, réunis en équipes, de mener une recherche sur les chocs post-traumatiques subis par les soldats qui reviennent de la guerre. Animer une discussion en posant des questions telles que : Quels sont les symptômes d’un choc post-traumatique? Quels sont les services offerts pour venir en aide aux vétérans?  Les inviter à faire part de leurs idées au groupe-classe.

Conseils d'utilisation

  • Accorder une attention particulière aux sujets délicats dont on traite dans le roman (p. ex., handicap physique, guerre, choc post-traumatique, abus sexuel et cruauté envers les animaux).
  • Prévenir les élèves de l’emploi du terme désuet “Indien” pour désigner les membres des Premières Nations et de leur représentation négative; placer ces choix narratifs dans le contexte de l’œuvre.
  • À la page 54, 2e ligne, le mot « arctique » devrait s’écrire « Arctique »; à la page 111, 25e ligne, lire « est-ce qui » plutôt que « est-qui »; à la page 170, 8e ligne, le mot « refléchir » devrait s’écrire « réfléchir » et à la page 227, 4e ligne, lire « Plus de trace » plutôt que « Plus trace ».
  • Noter aussi la structure fautive de la phrase « Il faudrait savoir si la conception du coin avec laquelle ils auraient obtenu ce brevet correspond bien au nôtre. » (p. 193) On devrait plutôt écrire « Il faudrait savoir si la conception du coin avec laquelle ils auraient obtenu ce brevet correspond bien à la nôtre. » ou encore « Il faudrait savoir si le coin pour lequel ils auraient obtenu ce brevet est conçu de la même manière que le nôtre. »
  • Inciter les élèves à lire d’autres romans de l’auteure Hélène Brodeur, soit Chroniques du Nouvel-Ontario, tome 1 – La Quête d’Alexandre , Chroniques du Nouvel-Ontario, tome 2 – Entre l’aube et le jour, Marie-Julie et Les routes incertaines, dont les fiches pédagogiques se trouvent dans FousDeLire.

Ressource(s) additionnelle(s)

  • IDÉLLO.org, ressources éducatives en ligne, 9e à 12e année, Série : Le dessous des cartes – Monde de Forêts.
  • IDÉLLO.org, ressources éducatives en ligne, 8e à 12e année, Série : Un monde sans… – Un monde sans… forêts.
  • IDÉLLO.org, ressources éducatives en ligne, 9e à 12e année, Série : Couleurs locales – tout court – Le français – une langue d’affaires.