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Anatomie de la fiche Anatomie interactive
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2Le théâtre fransaskois, tome 2 – Recueil de pièces de théâtre : Mis à part

À 15 ou 16 ans, la plupart des jeunes développent des amitiés à l’école, au sein de groupes d’adolescents, mais pour Jean-Philippe et Éric leur rencontre a lieu à l’hôpital, un endroit que l’on évite. Leur réalité est brutale : la maladie les ronge. À travers leurs souffrances, une amitié sincère se développe et une intimité met à nu leurs vies si différentes. Mais la maladie vient briser cette amitié qui en est à ses premiers balbutiements. Mis à part explore le bout de chemin fait ensemble par deux ados face à un destin qu’ils ne peuvent pas contrôler.

(Tiré de la page 170 du recueil.)

3 À propos du livre

Contenu

  • Deux personnages principaux, Éric et Jean-Philippe, adolescents qui se rencontrent à l’hôpital, où la maladie les rassemble, donnant naissance à une amitié sincère malgré leurs différences.

« ÉRIC
J’suis habitué. J’ai des traitements à tous les deux mois. Mais c’est pas si pire parce que mes parents viennent tous les jours. Pis quand c’est pas eux autres, c’est mes oncles ou mes tantes qui viennent. » (p. 173)

« J-P
J’avais 11 ans quand mon père m’a dit que j’ai failli pas voir le jour. C’est ce jour-là qu’y m’a dit que j’avais été un accident de parcours, pis parce que ma mère était plus catholique que le pape, a pouvait pas avoir d’avortement pis c’est pour ça qu’y m’ont gardé. C’est depuis ce jour-là que j’sais que mes parents m’aiment pas pis qu’y m’ont jamais voulu. J’étais un accident. » (p. 177)

« J-P
[…] J’ai le SIDA. » (p. 181)

« ÉRIC
[…] J’ai le cancer. » (p. 183)

  • Personnages secondaires entourant Jean-Philippe, soit Pierre et Pierrette, ses parents, qui le rejettent et l’envoient en foyer lorsqu’il tombe malade, une infirmière qui s’occupe de lui à l’hôpital, ainsi que Dominique, sa sœur dévouée, qui développe un lien fort avec lui.

« PIERRE
J’vois encore que t’as pas changé.
J-P
Non, j’ai pas changé. J’ai pas changé parce que vous autres non plus vous avez pas changé. Vous pensez encore que j’ai fait exprès pour attraper le SIDA, rien que pour vous donner du trouble.
PIERRETTE
Ben voyons donc, où est-ce que t’as pris cette idée-là?
J-P
(Pointant son père.) De lui.
[…]
J-P
Pis toi, t’es pas mieux. La journée après que le médecin vous dit que je suis séropositif, t’appelles les services sociaux pour qu’y viennent me chercher. J’ai vu dans tes yeux que vous aviez peur d’être dans même pièce que moi. T’es même allée dire à Robert pis à Roger de faire attention de pas boire dans le même verre que moi pis de pas m’toucher. » (p. 179)

« INFIRMIÈRE
(À Éric, toujours en lui faisant des signes.) Tu sais très bien ce que j’veux dire. Combien de fois qu’on t’a dit de ne pas te promener partout dans l’hôpital?
ÉRIC
(Innocemment.) J’sais pas.
INFIRMIÈRE
Dix fois au moins. Tu sais jamais ce que tu pourrais attraper.
ÉRIC
Mais j’ai rien attrapé encore.
INFIRMIÈRE
Non, mais y a des patients qui pourraient attraper des choses de toi.
ÉRIC
Mais mon cancer est pas contagieux! » (p. 189)

« J-P
Pourquoi que tu m’aimes?
DOMINIQUE
Parce que t’es mon p’tit frère!
J-P
Rein que pour ça?
DOMINIQUE
Non. (Hésitante.) Quand moman a nous a dit qu’était enceinte de toi, j’savais que popa était pas content. Quand a t’a ramené à maison de l’hôpital, popa nous a dit que parce que t’étais le dernier de la famille, ça voulait pas dire que t’étais spécial. Pis là, y m’a dit que parce que moman avait pas la force de prendre soin de toi, c’était moi qui devais m’occuper de toi.
J-P
Ah!
DOMINIQUE
En premier, j’voulais pas. J’avais 15 ans pis j’avais un chum. Mais tu sais comment y est, popa, y a le don d’avoir ce qu’y veut. Fait que j’ai commencé à prendre soin de toi pis après un bout de temps, c’était un peu comme si t’étais devenu mon enfant. » (p. 197-198)

  • Pièce de théâtre mettant en scène deux adolescents aux trajectoires parallèles, l’un, rejeté par sa famille en raison de la stigmatisation liée à sa séropositivité, l’autre, atteint d’un cancer en phase terminale, dont les chemins se croisent à l’hôpital, où naît entre eux une amitié profonde et solidaire qui leur permet de faire face ensemble à la douleur et à l’exclusion; retours en arrière sous forme de souvenirs marquant le parcours  de Jean-Philippe; thèmes (p. ex., relations enfants-parents, maladie, souffrance, amitié, culpabilité, drogues, peur, mort) permettant au lectorat de réfléchir à la complexité des émotions humaines et aux conséquences profondes de l’exclusion.
  • Mise en page aérée; pièce présentée en un acte, renforçant l’intensité dramatique; éléments graphiques (p. ex., points de suspension, italiques, parenthèses, majuscules) facilitant l’interprétation du texte; biographie de l’auteur, aperçu, liste des personnages et prologue au début de la pièce.

Langue

  • Registre de langue familier (syllabes escamotées, anglicismes, mots anglais) et quelquefois populaire dans l’ensemble de l’œuvre; emploi de jurons qui démontrent la frustration de Jean-Philippe et l’incrédulité ou la surprise d’Éric.
  • Prédominance de phrases à construction particulière; nombreuses phrases exclamatives et interrogatives qui renforcent la vraisemblance et l’émotion du texte, et marquent les interruptions et les restrictions mentales, permettant une meilleure interprétation du texte.

« DANIELLE
[…]
Tes parents veulent te voir.
J-P
Moi, j’veux pas!
DANIELLE
Y’attentent dans ta chambre.
J-P
Fuck ! J’t’ai dit que ça m’tente pas d’les voir!
DANIELLE
Ta mère aimerait te parler.
J-P
Pour me dire quoi? Que ce qu’y ont fait, c’était pour mon bien? Qu’avoir le SIDA va me faire penser à tout c’que j’leur ai fait? » (p. 176)

  • Figures de styles et dictons (p. ex., métaphore, euphémisme, périphrase, comparaison), permettant d’apprécier le style de l’auteur.

« PIERRETTE
[…] Ma mère m’a toujours dit que la main gauche, c’est la main du diable! » (p. 177)

« PIERRETTE
Ben voyons donc Jean-Philippe! Tu sais comment ton père y est quand y a pris un verre de trop! » (p. 180)

« J-P
[…] Une fois que tu l’dis tout haut, c’est comme si ça devenait vraiment partie de toi. Comme la couleur de mes yeux. » (p. 195)

  • Monologues dialogiques dans lesquels les personnages décrivent leur réalité respective sans réagir aux propos de l’autre; didascalies et indications scéniques qui précisent les décors, les accessoires, les costumes, les effets sonores, les émotions, les mouvements et les liens entre les personnages.

« JEAN-PHILIPPE
Salut… Mon nom?… Jean-Philippe… Pourquoi tu veux savoir? » (p. 171)

« Éric a 16 ans. Il est atteint d’un cancer du foie. Il est habillé d’un jean et d’un t-shirt. Après quelques minutes, Jean-Philippe entre en scène. Il est aussi habillé d’un jean et d’un chandail.) » (p. 172)

« (Un homme et une femme entrent en scène. Ce sont les parents de Jean-Philippe. La femme entre la première. L’homme se fait attendre mais finit par entrer dans la salle de jeux. Les deux adultes semblent inconfortables.) » (p. 177)

Pistes d'exploitation

  • Proposer aux élèves, regroupés en dyades, de mener une recherche sur la maladie du SIDA en tenant compte de critères précis (p. ex., historique, causes et modes de transmission, traitements, statistiques, espérance de vie, représentations culturelles et militantes), puis de préparer un dépliant informatif. Placer le travail des élèves au centre de ressources de l’école.
  • Animer une discussion à partir de la question suivante : « Quel rôle une œuvre artistique (cinéma, théâtre, littérature) peut-elle jouer dans la sensibilisation à une cause sociale ou humaine? »
  • En s’appuyant sur les parcours opposés d’Éric et de Jean-Philippe, suggérer aux élèves, réunis en équipes, de discuter de l’impact du soutien familial, ou de l’absence de ce soutien, dans la vie d’un adolescent en situation de vulnérabilité. Leur demander de repérer dans la pièce des passages qui illustrent les relations familiales d’Éric et de Jean-Philippe, puis de comparer les façons dont chacun est traité par ses parents. En groupe-classe, animer une discussion sur la question suivante : « En quoi le soutien ou le rejet familial influence-t-il la manière dont une personne affronte la maladie et la mort? »
  • Suggérer aux élèves de rédiger une lettre fictive de Jean-Philippe à ses parents, dans laquelle les non-dits sont enfin exprimés. Former des équipes, puis leur demander de lire leur texte aux membres de leur groupe.
  • Former des équipes, puis demander aux élèves d’analyser les monologues finaux des parents de Jean-Philippe. Leur proposer quelques questions pour guider leur réflexion : « Quels regrets sont exprimés par chacun des parents? Y a-t-il une tentative de justification, d’excuse ou de réécriture du passé?; Leurs paroles arrivent-elles trop tard? Pourquoi?; Quelles émotions ressortent de ces monologues (culpabilité, impuissance, tristesse, honte…)?; Quels éléments montrent qu’ils n’ont pas assumé leur rôle de parents avant la mort de Jean-Philippe? » Ensuite, leur demander de réécrire un des monologues, mais cette fois plus tôt dans la pièce, comme si l’un des parents avait eu le courage de parler à Jean-Philippe avant sa mort.

Conseils d'utilisation

  • Accorder une attention particulière aux sujets délicats dont on traite dans l’œuvre (p. ex. rejet familial, consommation de drogues, cancer, SIDA, mort).
  • Encourager les élèves à lire d’autres pièces théâtrales du même recueil, telles que 5 ans, Le costume et Foyer, dont les fiches pédagogiques se trouvent dans FousDeLire.

Ressource(s) additionnelle(s)

  • IDÉLLO.org, ressources éducatives en ligne, 7e à 12e année, Série : Global Science, Médecine : Le futur de notre santé.