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Le monstre de l’île Miscou

Fasciné par la légende du monstre de l’île Miscou que lui raconte son grand-père Théophile, le petit Jean-Sébastien, dix ans, cherche à en connaître davantage sur ce monstre marin et voudrait bien l’apercevoir. Grâce à son grand-père et à son complice, le vieil Euzèbe, gardien du phare de l’île, Jean-Sébastien en apprendra davantage sur l’identité de cette horrible créature que les Mi’kmaqs d’autrefois appelaient la Gougou.

- Veux-tu bien me dire où tu étais passé, Jean-Sébastien? s’écria-t-elle, les mains sur les hanches.
- Sur la grève, maman! Elle est venue sur la plage la nuit dernière. Elle en a profité pour détruire une partie des trappes à pépère!
- De qui parles-tu?
- De la Gougou, maman! De la Gougou!

(Adapté de la quatrième de couverture du livre.)

À propos du livre

Contenu

  • Conte mettant en scène deux personnages principaux, Jean-Sébastien, garçon curieux et imaginatif, qui est persuadé que c’est la Gougou qui a détruit les trappes à homards de son grand-père, et Théophile, le grand-père, qui prend plaisir à nourrir l’imaginaire de son petit-fils en lui racontant la légende de l’étrange créature; trois personnages secondaires, dont Zabeth, mère de Sébastien et fille de Théophile, qui s’inquiète des histoires que son père raconte à son fils au sujet de la Gougou, Euzèbe, vieil ami de Théophile, qui contribue à alimenter la légende de la Gougou dans l’esprit de Jean-Sébastien en ajoutant des détails à son sujet, et la Gougou, monstre marin légendaire du peuple mi’kmaq, qui pourchassait, disait-on, les petits Amérindiens pour les dévorer.

    « Jean-Sébastien était très curieux. Comme tous les petits garçons de dix ans, d’ailleurs. Il se tourna vers la mer puis fronça les sourcils. Au loin, le ciel prenait lentement des allures de tempête.
    – Crois-tu que la Gougou va venir cette nuit? demanda-t-il à son grand-père.
    Théophile s’arrêta et examina à son tour l’horizon. Un léger vent du sud-est soufflait l’air salin vers la côte. Les vagues commençaient déjà à écumer. Avant qu’il n’ait le temps de répondre à Jean-Sébastien, ce dernier lui posa une autre question :
    – La Gougou, est-ce durant les tempêtes qu’elle s’approche de la côte, pépère?
    Théophile se tut et réfléchit quelques instants. Après tout, un vieux loup de mer ne pouvait pas répondre n’importe quoi.
    – Selon la légende, c’est durant ce temps que la Gougou vient nous visiter, avança Théophile. Qui sait? Elle viendra peut-être cette nuit pendant que tu dormiras profondément. » (p. 8-9)

    « Zabeth réfléchit à cette demande inusitée de son fils. Toute cette histoire de Gougou la rendait perplexe. Elle se tourna vers son père.
    – Tu crois que c’est une bonne idée d’aller voir Euzèbe avec Jean-Sébastien pour parler de ce monstre marin?
    – Quel mal pourrait-il y avoir? rétorqua Théophile en reprenant sa pipe.
    – J’imagine deux vieillards qui vont prendre un plaisir fou à raconter des légendes mi’kmaq à un petit garçon qui ne connaît pas mieux. Vous devriez avoir honte, papa. » (p. 26)

    « – Viens avec moi, je veux te montrer quelque chose d’autre, mon garçon, fit Euzèbe en franchissant la petite porte au faîte de l’escalier conduisant à la plateforme extérieure du phare. Nous sommes maintenant au plus haut point de l’île Miscou. D’ici, nous pourrions voir l’ogresse si elle venait aux alentours. Tu vois là-bas, tous ces minuscules bassins d’eau qui couvrent l’île? Eh bien, ce sont les pistes que la Gougou laissait derrière elle, lorsqu’elle venait sur l’île Miscou. Certains prétendent qu’elle venait seulement durant la nuit. Elle ne voulait surtout pas être vue par les Blancs!
    – Tu l’as vue toi, monsieur Euzèbe, la Gougou sur l’île Miscou? lui demande Jean-Sébastien en observant l’horizon.
    – Non, jamais. Premièrement, je ne suis pas Mi’kmaq. Il faut en être un pour la voir. Cependant, je crois l’avoir déjà entendue, mais je n’en suis pas certain. » (p. 38-40)
     

  • Thème de la légende amérindienne adapté au lectorat visé; sujets susceptibles d’intéresser autant les filles que les garçons (p. ex., monstre marin, tempête maritime, relation petit-fils-grand-père, amitié, complicité).
  • Texte aéré et agrémenté de plusieurs illustrations en couleurs, représentant de manière précise les lieux, les objets et les personnages dont il est question, facilitant ainsi la compréhension; trois chapitres bien identifiés; carte de l’île Miscou et liste des écrits de l’auteur à la fin du livre.

Langue

  • Registre de langue courant dans l’ensemble de l’œuvre avec quelques expressions familières dans les dialogues; mots nouveaux se rapportant à l’environnement maritime, le contexte aidant à déterminer le sens de ces mots.

    « …Pendant que tu étais emprisonné dans ton rêve, la Gougou en a profité pour détruire mes trappes. Autrement, tu l’aurais entendue faire ce fracas. Quant à moi, je suis dur de comprenure. Il m’aurait été impossible de l’entendre de la maison.
    – Que vas-tu faire avec ces trappes maintenant, pépère? » (p. 22)

    « – La vache de mer ou si tu préfères, le morse. Les Mi’kmaq chassaient aussi le phoque et bien d’autres gibiers, en plus de faire une pêche de subsistance. Savais-tu qu’en ce temps-là, avant l’arrivée des Français, la plus petite des deux îles était hantée par la Gougou? Et la plus grande portait elle aussi le nom de Miscou. Mais aujourd’hui, on lui donne le nom de Lamèque. On dit que les Mi’kmaq pouvaient entendre les cris perçants du monstre lorsqu’ils arrivaient sur l’île, au printemps, pour faire la chasse et la pêche. » (p. 33)
     

  • Œuvre contenant plusieurs types et formes de phrases à structures plutôt simples qui contribuent à la lisibilité du texte; emploi de manipulations linguistiques de base qui permettent de revoir leur utilisation.

    « – Mais où peux-tu bien te cacher, la Gougou? murmura-t-il en examinant la mer et l’extrémité de l’île au loin.
    Jean-Sébastien se dirigea vers le cabestan de son grand-père à proximité de la maison. […]
    – C’est sûrement la Gougou! s’écria-t-il à bout de souffle. » (p. 15-16)

    « Jean-Sébastien allait entrer dans le phare lorsqu’il entendit un grondement sourd provenant du large. Il se retourna rapidement, fixa les nuages et salua le ciel, comme s’il voyait quelque chose que seuls les yeux d’un enfant imaginatif pouvaient voir. » (p. 41)
     

  • Séquences descriptives qui permettent de se situer dans le lieu de l’action et de s’immiscer dans l’esprit et l’imaginaire des personnages.

    « Théophile était plongé dans ses souvenirs d’enfance. Il se rappelait du temps où son propre grand-père lui avait raconté la légende de la Gougou. Comme tous les petits garçons de l’île Miscou, l’idée qu’il ait pu exister un monstre marin dans les eaux de la région le fascinait. Mais selon son grand-père, seuls les Mi’kmaq d’antan auraient vu la Gougou. Par contre, chaque fois qu’il sortait en mer et que le temps se gâtait, Théophile ne pouvait s’empêcher de penser à ce monstre légendaire. Il s’était même surpris plus d’une fois à scruter l’horizon dans l’espoir de l’apercevoir au loin. » (p. 12-13)

    « Jean-Sébastien courut aussitôt vers la maison afin d’en informer son grand-père.
    Il rageait à l’idée que le monstre ait pu venir si près de chez lui sans qu’il s’en rende compte. Cela expliquait le rêve qu’il avait fait durant la dernière nuit. La Gougou était sûrement venue lui rendre visite pour l’emprisonner dans son rêve. » (p. 16)
     

  • Séquences dialoguées qui témoignent des relations entre les personnages.

    « – Mais que fait-il ce fameux monstre, Jean-Sébastien? demanda Zabeth en remarquant la petite moustache de lait sur le visage coquin de son fils.
    – Ce n’est pas UN monstre, maman! C’est UNE monstre! s’exclama le garçon en relevant la tête.
    – UNE monstre? Mais pourquoi UNE monstre?
    – Parce que c’est une femme! C’est un monstre féminin, maman! Pépère me l’a dit, et un pépère, ça ne ment jamais!
    Théophile tourna discrètement la tête afin d’éviter le regard foudroyant de sa fille.
    – Regarde donc ça! Une femme monstre! C’est bien la première fois qu’une femme est la vedette d’un conte de ton vieux grand-père! s’exclama Zabeth. » (p. 24-25)
     

  • Emploi de figures de style qui permettent d’apprécier le style de l’auteur (p. ex., métaphores, énumérations, comparaisons).

    « L’île Miscou ressemblait à un jardin multicolore avec ses feuillus rouge et or, et ses mélèzes orangés. » (p. 7)

    « Arrivé sur les lieux, au faîte de la dune, il aperçut des casiers à homards éparpillés ici et là, brisés et entassés pêle-mêle sur la grève. En s’approchant, il remarqua qu’ils étaient tous vides. Même que certains étaient complètement sectionnés en morceaux, entremêlés de câbles et de filets, d’algues et de petits crabes verts. » (p. 16)

    « Jean-Sébastien entra le premier comme un coup de vent qui pousse la porte d’une seule bourrasque. » (p. 23)

Référent(s) culturel(s)

  • Mention de plusieurs référents géographiques et culturels francophones du Québec et du Nouveau-Brunswick, favorisant la construction identitaire.

    « Il regardait par la fenêtre les eaux agitées du golfe du Saint-Laurent. » (p. 12)

    « On raconte même que Champlain l’aurait mentionnée dans son journal de bord. Ce sont des pêcheurs français et un certain sieur Prévert qui lui auraient raconté cette histoire d’ogresse. C’était aux environs de 1623, une quinzaine d’années après la fondation de la ville de Québec. » (p. 28)

Pistes d'exploitation

  • Avant de montrer les illustrations du livre aux élèves, lire à voix haute les descriptions de la Gougou aux pages 19, 20, 23 et 40 et demander aux élèves d’en faire une illustration à partir de leurs propres images mentales.
  • Après la lecture, animer une discussion avec le groupe-classe au sujet de l’énoncé du grand-père retrouvé à la page 27 : « Les enfants ne sont pas si crédules que tu le crois. Ils savent très bien analyser ce qu’ils entendent, et surtout ce qu’ils voient. ». Inviter les élèves à indiquer s’ils sont d’accord ou non avec le grand-père et à justifier leur réponse.
  • Proposer aux élèves de faire une recherche Internet, en équipes de deux, afin d’expliquer le phénomène des marées et des signes annonciateurs de tempêtes sur les côtes maritimes et d’en faire un dépliant informatif.
  • Demander aux élèves d’effectuer un relevé des derniers phares encore en service au Canada et de produire une carte géographique identifiant leur localisation; inviter les élèves à expliquer l’utilité des phares.

Conseils d'utilisation

  • Avant la lecture, utiliser la carte géographique située à la fin de l’œuvre pour que les élèves aient une idée claire du lieu où se situe l’action. Inviter les élèves qui ont déjà visité cette région à partager avec le groupe-classe ce qu’ils y ont vu.
  • Afin de mettre les élèves dans l’ambiance de l’œuvre, visionner des paysages de la mer, des illustrations de ports de mer, d’une île de cette région et d’un phare.
  • Selon la quatrième de couverture, Le monstre de l’île Miscou est le premier d’une série de cinq contes dans lesquels l’île Miscou sert de toile de fond aux aventures de Jean-Sébastien. Exposer les autres livres de la série en classe et encourager les élèves à les lire.