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Le hamac dans les voiles

Puisant à la célèbre trilogie de Félix Leclerc formée par Adagio, Allegro et Andante, Le hamac dans les voiles est sans contredit la meilleure façon d'entrer dans l'univers littéraire du chansonnier. Ce recueil de 12 récits classiques (contes, fables, textes poétiques) illustre la vision du monde de l'auteur pour qui la vie, bien que digne d'être vécue, est aussi semée d'embûches. Publiées pour la première fois au moment où Félix triomphe sur scène en Europe, dans les années 1950, ces pages continuent année après année de charmer des milliers de lecteurs et de lectrices.

(Adapté de la quatrième de couverture du livre et de la Présentation du livre (p. 7-9).)

À propos du livre

Contenu

  • Des personnages variés et non récurrents (plantes et animaux dotés de raison ou humains issus de milieux modestes) voués à un destin le plus souvent tragique.

    « Les épis de blé, qui vont mourir demain sous la faucheuse, s'enlacent.
    – Tu pensais à demain?
    – Non.
    – Tu me réponds en tremblant. » (p. 23)

    « Le Tigre les regarda lui aussi, un par un, lentement, calmement : il vit des blessures aux épaules de Samson, un trou dans un des sabots du cheval, et les flancs de Barbu si maigres.
    Quand il crut que toute l'étable était endormie, il se tourna vers sa chaîne et la lécha sans faire de bruit. Barbu, de son lit de paille, pleura sans bouger la tête, sûr qu'on ne voyait pas ses yeux, à cause de ses longs cils, et dans le fond de son crâne de chien, il se dit :
    – Le Noir est remplacé. » (p. 112)

    « L'infirme vivait dans son restaurant. Seul. Même le soir quand la jeunesse s'y rassemblait pour fumer, jaser et quelquefois danser au son des disques. Surtout quand il y avait du monde, il était seul, et plus encore quand il y avait de la danse. » (p. 114)
     

  • Un narrateur omniscient ou participant contant des histoires empreintes de réalisme desquelles se dégage une morale; séquences dialoguées permettant de saisir les émotions souvent intenses des personnages.

    « Cantique se dirigea vers le temple, entra, enleva sa casquette d'hiver qu'il déposa par terre comme on dépose un paquet; il fit un grand signe de croix avec de l'eau bénite, mit les mains sur les hanches et tourna autour des trois câbles, les épiant comme un animal qui va bondir.
    Et il bondit, empoigna le gros câble, grimpa dedans, boom… […] La cloche roula, revint : Cantique en joie se cramponnait au câble, et la lourde cloche le souleva de terre; il perdit l'équilibre, tomba, se releva. Boom…… » (p. 42)

    « Un jour, j'ai eu quinze ans. J'étais quasiment un homme. Le père vieillissait; ses yeux n'étaient pas bons; j'ai laissé l'école pour prendre sa place. Le village d'en face grossissait. Il y avait déjà plusieurs maisons, une rue principale, une petite usine de pulpe, puis un commencement d'église.
    Ça faisait beaucoup d'ouvrage pour le chaland. C'est moi qui étais traversier. » (p. 79)

    « – Nicolas, Nicolas.
    – Oui, Marie.
    Puis, elle a dit ceci :
    – Elle danse ce soir au deuxième village. Vas-y. Si tu t'ennuies, va la voir. Ça te fera du bien; je veux pas que tu fixes le large des heures de temps. C'est pas bon, vas-y. Après, tu reviendras. Va. » (p. 85-86)

    « Ici, la loi c'est "gagne ton sel ou crève". Si tu n'as rien à manger, c'est parce que tu ne mérites rien. » (p. 109)
     

  • Écrits dont les thèmes (p. ex., amour, infidélité, courage, bonté, violence) touchent aux grandes valeurs humaines et révèlent un univers composé de bons et de méchants.

    « Léonidas savait, mais espérait quand même, et sentait ses chagrins s'écraser, se vider comme des éponges, quand Thalia la belle jetait les yeux sur lui. » (p. 17)

    « Une autre fille est venue casser ma vie, comme on casse un fil. [……] Une garce qui ne parlait pas beaucoup, mais qui m'a embrouillé le cœur avec ses yeux noirs qui riaient tout le temps. » (p. 80-81)

    « – Il y a deux jours. Le vent a bousculé mes œœufs par terre et les a cassés.
    – Que fais-tu ici?
    – Je cherche des toiles d'araignées, des cocons de chenilles, des morceaux de guêpier et de la mousse.
    – Approche-toi, Mésange. Tu recommences?
    – Vous voyez bien. Il faut qu'il y ait encore des oiseaux dans les bois. » (p. 96)

    « – C'est vrai, commença Barbu, je n'avais pas remarqué. Si je n'étais pas enchaîné, je te porterais ma viande. C'est un oubli. Le maître va revenir. C'est un oubli.
    – Il est mieux de revenir, sacra le Tigre, parce qu'à la prochaine occasion, je lui broie un genou. » (p. 108-109)

 

Langue

  • Niveau de langue, tantôt soutenu, tantôt courant, très accessible aux élèves ciblés; langage de tous les jours imprégné de poésie et de régionalismes.

    « Le Ruisseau-à-Rebours, vagabond ruisseau froid,
    commençait dans les monts, sous les grands pins velus
    où sont les caches d'ours. » (p. 13)

    « Un village où des mots savoureux comme "beausir", "calmir", "barachois", "nordir", étaient de mode; où l'on disait : "un poisson navigue", "espérez-moi", "la douceur" pour le sucre, où les hommes vêtus comme les paysans se tenaient unis par les trous de misère et l'espérance…… » (p. 14)

    « Ça marche comme ça dans nos étables. Il n'y a pas de jaloux ni de profiteurs.
    Barbu a gagné la viande qu'il a devant lui; toi, le nouveau, tu n'as rien gagné. Le maître t'a battu? Pour ce soir, mange ta rage. Et puis, pas un mot. Tu as assez parlé, hier. C'est drôle qu'un héros comme toi, on ne t'ait pas cassé le cou encore…… » (p. 109)
     

  • Champs lexicaux et sémantiques liés à des thèmes susceptibles d'intéresser aussi bien les garçons que les filles (p. ex., construction navale, mort, métamorphose d'une chenille en papillon).

    « C'était un faiseur de barges aussi, qui savait jouer du compas, du marteau, de la scie, du pied-de-roi, de la hache et de l'équerre. Sur son établi, il composait des coques, rabotait le cèdre vert et parmi les copeaux surgissait une quille, une proue, un mât. Des barres au crayon rouge, des coins bien arrondis, des bons coups de varlope, du lissage où il glissait la paume de sa main, du frottage au sablé…… » (p. 16)

    « – Il est arrivé, ton automne, dit-elle.
    – J'ai fait mes adieux aux astres, dit-il, et j'ai vu des choses qui m'ont donné la hâte de partir.
    – Tais-toi. Je ne veux pas mourir. » (p. 23)

    « Et dans la stupéfaction et presque la terreur, on vit une chose extraordinaire : le cocon s'agiter follement, se percer, se fendre, s'ouvrir, et deux grandes ailes jaunes se déplier au soleil, s'étirer, apparaître tachetées de points noires; des ailes cendrées de poudre d'or, avec des dessins dessus, des ailes magiques, brillantes, qui battaient l'air, laissant le radeau continuer seul, passer triomphantes, majestueusement, dans l'avant-midi, au-dessus du peuple consterné qui baisait le rivage.
    Le premier papillon était né. Et son premier vol se continuait par-delà les fraises, rouges d'épouvante. » (p. 36-37)
     

  • Procédés stylistiques et lexicaux nombreux (p. ex., antithèse, personnification, périphrase) mettant en valeur les talents de poète et de conteur de l'auteur.

    « À marée basse, l'océan le buvait; à marée haute, il le vomissait. » (p. 13)

    « Thalia était une jeune fille que le printemps ouvrait. » (p. 17)

    « – J'ai connu l'abîme où ne va pas la lumière, où c'est glacial, où l'eau est lourde et les buissons pervers. » (p. 133)

Référent(s) culturel(s)

  •  Référents canadiens et internationaux (p. ex., À la claire fontaine, Anticosti) révélant l'origine et les intérêts de l'auteur; allusions fréquentes à la religion catholique intimement liée à la vie des Canadiens-français de l'époque (p. ex., un personnage nommé Cantique; un conte intitulé Sanctus; le mois de Marie, soit le mois de mai; le jour du repos, soit le dimanche; le lac Tibériade, soit le lieu de la pêche miraculeuse selon la Bible).

 

Pistes d'exploitation

  • Demander aux élèves de comparer la fable de Jean de la Fontaine, La cigale et la fourmi, avec Drame dans l'herbe.
  • Inviter les élèves à présenter une lecture expressive d'un texte tiré du recueil.
  • Demander aux élèves de discuter de la pertinence, à notre époque, des leçons de morale dégagées de ces contes.
  • Inviter les élèves à composer un texte poétique à la façon de Félix Leclerc.

 

Conseils d'utilisation

  • Avant la lecture, présenter le chansonnier et son œœuvre.
  • Avant la lecture du conte Chez les Perdrix, faire écouter la chanson de Félix Leclerc Les Perdrix.
  • Replacer l'œœuvre de l'auteur dans le contexte historique du Québec des années 1950.
  • Pendant la lecture, traiter de sujets délicats abordés dans l'œœuvre (p. ex., pauvreté, mort, rivalité, jugements de cour injustes).

 

Ressource(s) additionnelle(s)

  • IDÉLLO.org, ressources éducatives en ligne, 5e à 10e année, Série : Active-toi, Vivre avec une déficience.