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La Révélation de Stockholm

Magnus Solberg a créé une conscience artificielle. Sa fille, Selma, croit toutefois qu’il y a un lien entre cette découverte et la disparition soudaine de son père.

Les commanditaires de l’œuvre de Solberg utilisent déjà cette conscience artificielle, mais il leur manque une information capitale pour réaliser leur rêve de domination. De là leur poursuite de Selma qui, croient-ils, possède la clé de leurs désirs.

(Adapté de la quatrième de couverture du livre.)

À propos du livre

Contenu

  • Personnage principal, Selma Solberg, une jeune fille de quinze ans, solitaire, débrouillarde, téméraire, cherchant obstinément à s’entourer d’amis et inconsciente des dangers qui la menacent.

« Malgré son chagrin, elle a clairement évalué sa situation : à quinze ans, signaler la disparition de son père alors qu’elle était déjà orpheline de sa mère lui vaudrait inévitablement d’être placée dans un foyer d’accueil ou, pire, une institution. Rien de tout cela n’est envisageable !
[…] elle a simulé l’écriture de son père pour rédiger une lettre dans laquelle il prévient la direction de l’établissement que, pour des raisons familiales impératives, il doit se rendre immédiatement en Suède et se voit dans l’obligation d’emmener Selma. » (p. 9)

« – Tu l’as remarqué, Clovis : je ne dors pas dehors, même si je suis en fuite comme toi.
[…]
Selma se lève et se place en face de lui.
– Alors, que dirais-tu de l’aventure de risquer une année scolaire pour m’aider à amener le voilier jusqu’en Suède ? » (p. 108 et 110)

« « […] Selma Solberg, je crois que je vais t’attendre sur cette île et, une fois que je saurai ce que j’ai besoin de savoir, tu n’imagines pas quel plaisir je vais avoir à te faire regretter de m’avoir larguée comme tu l’as fait. » » (p. 289)

  • Personnages secondaires nombreux, formant deux clans distincts, ceux qui appuient la quête principale (p. ex., Clovis, Aïsha, Matheo, Gudrun) et ceux qui cherchent à la contrecarrer (p. ex., Luzángela, León Chaco, Karl Cheney); deux consciences artificielles, Vara et Ygg, appartenant chacune à un des deux clans, envisagent toutefois d’unir leurs forces pour le bien de l’humanité.

« Selma hésite. Doit-elle tout lui dire? Quels sont les risques? Si elle ne lui dit rien, elle perd sa confiance, mais aussi et surtout cette amitié qu’elle sent justement en train de naître. […]
Clovis, de son côté, a senti que sa réflexion risquait de briser ce que lui aussi sentait en train de naître. » (p. 106)

« Immédiatement, Luzángela y découvre que le principal pôle d’intérêt de Selma Solberg semble être les océans, la navigation, l’astronomie […]
« […] Je ne peux pas en être certaine, mais je vois à peu près quelle attitude je vais adopter avec elle. Espérons que cela porte rapidement fruit, après… il serait charitable de l’envoyer rejoindre son père […] » » (p. 161)

« Vara comprend que, si cela devait se réaliser, le seul véritable moyen alors de l’en empêcher serait qu’elle se suicide, afin d’entraîner leur extinction commune. Ce n’est pas une alternative qu’elle veut envisager.
« Il faut que je lui parle! » se dit-elle.
Songeant à Ygg, elle est déchirée. D’une part, elle sait qu’elle doit lutter contre lui et ce qu’il représente, de l’autre, sans évidemment le connaître, elle […] voudrait être avec lui, communiquer avec lui, échanger avec lui. Vivre avec lui! » (p. 362-363)

  • Roman de science-fiction et d’aventures passionnant dans lequel l’héroïne évolue en poursuivant son idéal; retours en arrière sous forme de souvenirs; thèmes (p. ex., intelligence artificielle, phénomènes paranormaux, voyage en mer, relation père-fille, disparition, sciences) aptes à susciter des discussions avec les élèves.
  • Mise en page aérée; œuvre répartie en 48 courts chapitres, chacun titré d’un nom de lieu ou de coordonnées géographiques, retraçant les étapes du voyage de Selma; éléments graphiques (p. ex., lettrines marquant le début des chapitres, guillemets, italiques, symbole indiquant un changement de scène ou un laps de temps, points de suspension, notes de bas de page, parenthèses, majuscules) facilitant l’interprétation de l’œuvre; liste des œuvres de l’auteur et dédicace au début.

Langue

  • Registre de langue courant dans l’ensemble de l’œuvre; mots moins connus (p. ex., écueils, amarré, faramineuse, ocres, inextricable) généralement compréhensibles grâce au contexte; vocabulaire maritime (p. ex., écluses, s’envaser, quille, hauts-fonds, sondeur) et vocabulaire scientifique, voire métaphysique (p. ex., masse manquante, cryptage quantique, tesseract, baryons) compréhensible à l’aide des renseignements fournis.
  • Phrases de base, phrases transformées et phrases à construction particulière; nombreuses phrases exclamatives et interrogatives qui s’entremêlent dans les séquences dialoguées contribuant à la vraisemblance des interactions entre les personnages.

« Les brumes du sommeil se dissipant, il réalise que ce curieux chaperon jaune n’est sans doute pas là pour lui chercher des histoires. Il a même l’impression que cette Selma a dû s’arrêter parce que d’une certaine façon elle n’a pas aimé le voir ainsi. Il oscille entre l’orgueil blessé et le désir d’en savoir plus sur elle. Il remarque que sous son capuchon son sourire n’a rien d’ironique ou même de charitable, c’est simplement un sourire ouvert qui… Oui! Tout à coup, ce visage lui rappelle celui de l’hamadryade dont il a provoqué la mort. Aussitôt, sans prendre le temps d’analyser davantage la situation, se disant seulement qu’autrement les jeunes filles de son âge ne se promènent pas ainsi dans les rues d’une ville au milieu de la nuit, il lui demande :
– Toi aussi! Tu es une hamadryade?
– Une quoi?
– Une hamadryade, un elfe…
[…]
– Non, dit-elle, seulement une fille normale. Enfin, j’espère…
[…]
– Tu ne m’as pas dit ton nom? demande-t-elle.
– Clovis… On m’a collé ce nom, ne me demande pas pourquoi.
– J’aime bien, moi!
– Vraiment?
– Je t’assure, ça a un côté, je ne sais pas… un peu chevalier. C’est même pas mal du tout! » (p. 103-104)

  • Figures de style très variées (p. ex., énumération, métaphore, personnification, comparaison, périphrase, hyperbole), mais peu nombreuses, reflet d’un roman d’aventures dont l’intérêt repose davantage sur l’intrigue et les personnages que sur le style.

« Les prévisions météorologiques n’ont pas indiqué qu’il faille s’attendre à du mauvais temps. Pourtant, droit devant, le ciel est de suie, la mer est ardoise, et partout des crêtes d’un blanc immaculé. C’est inquiétant. » (p. 78)

« Le voilier lui-même semble gémir. Comme s’il souffrait chaque fois que les éléments lui imposent des mouvements qui mettent sa structure à l’épreuve. » (p. 81)

« Au tout début, Selma l’écoute en cherchant la faille, mais bien vite, sans pouvoir s’expliquer comment, elle se convainc que ce « chevalier des tempêtes » lui dit la vérité. » (p. 107)

« Les pensées ailleurs, Aïsha fixe le bleu profond du golfe Persique avec une telle intensité que l’on pourrait croire qu’elle tente d’apercevoir l’Iran de l’autre côté. » (p. 122)

  • Multiples séquences descriptives courtes, souvent placées en début de chapitre, permettant de suivre les personnages dans leur lieu d’action et de mieux comprendre leur état d’esprit; séquences dialoguées révélant les traits de caractère des personnages et permettant de percevoir leurs sentiments ainsi que les relations qui existent entre eux; ajout d’un extrait tiré du journal du père de Selma, renforçant la crédibilité de l’histoire.

« Le ciel est presque blanc, aveuglant, et la mer d’argent. Mais de l’argent en fusion formant des crêtes allant pour le moment jusqu’à trois mètres et demi. Le vent se maintient à onze mètres seconde, ce qui reste raisonnable, même si, à la barre, Selma commence déjà à souhaiter plus de calme. » (p. 77)

« À quatorze ans, Aïsha n’a jamais su ce que c’était que de sentir l’air de la nuit, le vent du désert ou même les rayons du soleil directement sur sa peau. Atteinte d’immunodéficience depuis sa naissance, tous les instants de sa vie se sont déroulés dans l’espace protégé d’un appartement quelque part en haut d’une tour. » (p. 118)

« À treize mille mètres d’altitude, volant à Mach 0,78, le Learjet des Chaco se trouve à moins de deux heures de sa destination finale. Outre les deux pilotes, Luzángela est la seule passagère. Elle s’occupe en passant en revue toutes les manières qu’elle pourrait utiliser pour arracher à la fille de Magnus Solberg le renseignement qui lui permettra de s’allier ou de réduire au silence cette autre entité qui pourrait faire concurrence à Ygg. » (p. 159)

« – Je n’arrive pas à dormir, dit-elle à voix basse pour expliquer sa présence.
– Moi, si j’avais la chance…, laisse entendre Clovis. Je ne sais pas ce que j’ai ce soir, je me sens un peu déconnecté.
– Ça ne te dérange pas si je te tiens un peu compagnie?
– Pas du tout.
– Je ne sais pas, j’ai l’impression que tu ne m’aimes pas beaucoup. Je me trompe?
Clovis observe la silhouette de Luzángela qui se détache comme une ombre noire sur le voile bleuté de la nuit.
– Je n’ai rien contre toi, dit-il.
– Mais rien pour non plus, n’est-ce pas?
– J’ai l’impression que c’est réciproque…
– Ne le prends pas personnellement, mais depuis que mon beau-père…, enfin, tu comprends… Ce que tu prends peut-être pour toi-même s’adresse en général à tout ce qui est masculin. Tu vois ce que je veux dire?
– Je peux le comprendre, répond-il, mais, excuse-moi de te le dire aussi nettement, je crois aussi qu’il y a autre chose.
– Quoi?
– Je voudrais bien le savoir?
– Tu veux dire que tu crois que je vous ai raconté une histoire?
– Je n’en sais rien, mais l’impression que j’ai, c’est que tu n’as pas tout dit. En fait, pour être clair, je crois que tu caches quelque chose. Cela dit, j’ignore si tu le caches aux autres ou si tu te le caches à toi-même.
– Je regrette que tu me voies ainsi… » (p. 234-235)

« Ouvrant le cahier à la première page, elle reconnaît immédiatement l’écriture de son père et laisse échapper un cri douloureux.
[…]
Sur la première page, il n’y a qu’une phrase en petites majuscules : POUR TOUT ARRÊTER SI CELA S’AVÈRE ABSOLUMENT NÉCESSAIRE.
Salma passe à la page suivante. » (p. 33)

Référent(s) culturel(s)

  • Plusieurs références, principalement dans les titres de chapitre, à des villes et à des départements de la France, en bordure de la mer, où Selma doit accoster (p. ex., Dinan, Saint-Wandrille-Rançon, Seine-Maritime, Saint-Malo, côte d’Émeraude, Fécamp).
  • Mention de quelques auteurs, romans et chansons de la francophonie internationale (p. ex., Camus, Rimbaud, Verne, Arsène Lupin; Alouette, gentille alouette, Loguivy-de-la-Mer).

Pistes d'exploitation

  • Inviter les élèves à prendre part à une table ronde sur les propos de Selma à la page 28 : « […] à partir de treize ans, parfois moins, on sait ce que l’on fait. Si des adultes selon la loi ne veulent pas le reconnaître, c’est uniquement parce que ça les dérange. »
  • Proposer aux élèves, réunis en équipes, de rédiger un chapitre sur la prochaine aventure de Selma et de Clovis, puis les inviter à présenter leur travail sous la forme d’une saynète.
  • Demander aux élèves de noter, au cours de la lecture, les mots reliés au thème de la navigation et de la science appliquée présents dans l’œuvre. Après la lecture de chaque chapitre, définir, en groupe-classe, les mots relevés. À la suite de la lecture du roman, proposer aux élèves, réunis en équipes, d’utiliser les mots et les définitions pour créer un jeu de mots croisés. Jumeler les équipes, puis leur demander d’échanger leur travail avec les membres de leur groupe.
  • Suggérer aux élèves, regroupés en dyades, de repérer, sur une carte de l’Europe, le trajet de Selma pour se rendre chez Gudrun Linden. Animer une mise en commun afin de leur permettre de présenter leur carte au groupe-classe.

Conseils d'utilisation

  • Revoir les règles de la table ronde.
  • Accorder une attention particulière aux sujets délicats abordés dans l’œuvre (p. ex., mort, meurtre, intimidation).
  • Inciter les élèves à lire le deuxième tome de la série Les Gardiens de l’onirisphère, soit Le Rendez-vous en Islande, dont la fiche pédagogique se trouve dans FousDeLire.

Ressource(s) additionnelle(s)

  • IDÉLLO.org, ressources éducatives en ligne, 10e à 12e année, Série : Vraiment Top ! Top sur l’intelligence artificielle.
  • IDÉLLO.org, ressources éducatives en ligne, 7e à 12e année, Série : Pause-Techno IA : Les métiers du futur, divers épisodes.
  • IDÉLLO.org, ressources éducatives en ligne, 9e à 12e année, Série : Le dessous des cartes, L’intelligence artificielle : un instrument de puissance.
  • IDÉLLO.org, ressources éducatives en ligne, 7e à 12e année, Série : ONFR – Société, Les emplois du futur : comment orienter les jeunes?
  • IDÉLLO.org, ressources éducatives en ligne, 10e à 12e année, IA, votre nouveau cerveau.
  • IDÉLLO.org, ressources éducatives en ligne, 7e à 12e année, Série : Global Science, Technologie : un nouveau monde; Robotique et I.A. : Le futur de l’humanité.
  • IDÉLLO.org, ressources éducatives en ligne, 6e à 12e année, Série : Vraiment Top!, Top sur les lois de la robotique selon Isaac Asimov.