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Anatomie de la fiche Anatomie interactive
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2La louve de mer, tome 3 – Les enfants de la louve

Abandonnant leurs courses sur les océans, Rachel et ses compagnons se sont retirés au bord d’un fleuve, en Amérique du Sud, pour s’y installer en tant que communauté libre. Hélas, la haine, l’envie et les différences réduiront leurs espoirs à néant. Dégoûtée, la Louve reprend la mer. Mais son rêve est brisé et le sort qui l’attend est celui de tous les forbans. Celui de ses enfants, en revanche, sera tout à fait inattendu…

(Tiré de la quatrième de couverture du livre.)

3 À propos du livre

Contenu

  • Deux personnages principaux, dont Rachel de Kergorieu, ancienne comtesse dominante dans un monde d’hommes, qui continue d’exercer son influence sur les autres membres de l’équipage dans ce troisième tome, mais qui cède peu à peu ce rôle central au profit de son fils Gilles, qui prend la relève en tant que narrateur de l’histoire et qui cherche également à venger la mort de son père, condamné par le roi de France.

« Nous étions restés silencieux un long moment, puis maman avait repris d’un ton las : […]
Mais je suis fatiguée de jouer le rôle de meneuse. Nous ne sommes plus sur un bateau, je le répète. Je ne dispose ici d’aucun privilège, d’aucun pouvoir. Et je ne tiens pas à ce qu’on m’en prête un.
″Je comprends que Louise ne veuille pas porter cette affaire sur la place publique, mais toi, Gilles, tu peux le faire. Tu dois le faire.″ » (p. 26-27)

« Pour ma mère, toutefois, un vieux réflexe aristocratique me faisait espérer. Elle était la comtesse de Kergorieu, et cela, même si elle avait depuis longtemps renoncé à ses privilèges, pouvait lui valoir la clémence des juges. C’était, du moins, ce que je voulais croire… » (p. 138)

  • Nombreux personnages secondaires, dont La Gueuse, le boucanier qui accompagne Gilles et Rachel dans leurs aventures, Louise, jeune matelot connue sous le nom de Loïc, confidente et amoureuse de Gilles, Le Moine, épris de Rachel, ainsi que Nicolas, le frère de Gilles qui, après avoir été abandonné lors d’un naufrage, mène ce dernier à son emprisonnement à Nantes et à sa mort.

« […] nous étions obligés, pour communiquer avec lui, de recourir aux services de La Gueuse, un des boucaniers que ses compagnons avaient surnommé ainsi parce qu’il était originaire des Provinces-Unies et que, prétendait-on, il avait autrefois navigué avec les fameux Gueux de mer, ces rebelles révoltés jadis contre les Espagnols, qui asservissaient leur pays. » (p. 11)

« – Louise, avait-elle murmuré, il est impossible de garder bien longtemps des secrets dans un groupe aussi peu nombreux que le nôtre. Je ne voudrais pas te faire peur, mais Gilles et moi ne sommes déjà plus les seuls à savoir que Loïc le mousse n’est pas ce qu’il prétend être. Des gens perspicaces comme Le Moine ou Touman ont percé ton secret depuis longtemps, c’est évident. […]
Louise devait éprouver les mêmes sentiments, car elle s’était pelotonnée contre moi. » (p.23-24)

« Aussitôt, Louise s’était exclamée qu’elle ne la quitterait jamais, et Le Moine, qui n’avait pourtant jamais exposé au grand jour ses sentiments pour Rachel, avait ajouté qu’il ne l’abandonnerait pas davantage, ayant juré de la suivre jusqu’au bout. » (p. 71)

« Nicolas avait toujours détesté la populace et, s’il était un modèle de courage, il n’avait pas envers les faibles cette bienveillance qui avait caractérisé nos parents. […] Mon frère m’a considéré un long moment, puis il a congédié le matelot […] il ne m’a pas fait retirer mes fers, et ne s’est pas agenouillé pour se mettre à ma hauteur. » (p. 200)

  • Dernier tome d’une trilogie d’aventures; roman palpitant dont l’intrigue suit les nombreuses péripéties et les conflits que vivent les personnages sur une île des Antilles, dans leur petite société autarcique d’Eutopia, ainsi que sur la mer, jusqu’aux côtes de l’Afrique; nombreux retours en arrière décrivant les événements survenus dans les deux premiers tomes; thèmes (p. ex., vengeance, piraterie, autarcie, rôle de la femme, liberté) aptes à susciter l’intérêt du lectorat visé.
  • Mise en page simple; œuvre répartie en 16 chapitres titrés et un épilogue; éléments graphiques (p. ex., points de suspension, symboles indiquant un changement de scène ou un laps de temps, guillemets et italiques pour souligner certains mots, parenthèses précisant des détails) facilitant l’interprétation de l’œuvre; renseignements sur l’auteur et résumé des tomes précédents au début du roman, situant le lectorat et le préparant à la suite des événements; note de références historiques, table des matières et liste d’autres œuvres en fin de livre; critique littéraire à la quatrième de couverture.

Langue

  • Registre de langue courant dans l’ensemble de l’œuvre; emploi d’un vocabulaire recherché (p. ex., forbans, quolibets, besace, palanquin, estafilade) compréhensible grâce au contexte et d’un lexique lié à la navigation (p. ex., galion, écoutille, sloop, entrepont, ketch); emploi d’expressions familières (p. ex., apostropher, Tonnerre!, viré de bord) contribuant à la vraisemblance des personnages.
  • Phrases de base, phrases transformées et phrases à construction particulière; nombreuses phrases interrogatives et exclamatives illustrant les émotions et les inquiétudes du narrateur; plusieurs phrases longues enrichies de descriptions dans les séquences narratives.

« Je ne me souviens pas avec précision de ce qui s’est passé dans les instants qui ont suivi. La panique m’a submergé et je n’ai fait que suivre Le Moine sans prendre la moindre initiative.
Celui-ci a pris ma mère dans ses bras et l’a emportée vers notre cabane, suivi par Lelgoualch. Désemparé, je me suis laissé entraîner par Louise, qui n’avait pas lâché ma main. En me retournant, j’a aperçu les Indiens, toujours immobiles à l’orée de la forêt.
Allaient-ils fondre sur nous pour nous exterminer? Comment se trouvaient-ils en possession d’un fusil de boucanier? Et ma mère? Elle avait prétendu être simplement fatiguée, mais j’en étais sûr à présent : elle avait contracté la fièvre fatale! » (p. 55)

« […] Mais tu es un Kergorieu, Gilles, tu avais le devoir d’empêcher cela de toutes tes forces.
– Maman n’était pas folle…
– Silence! Tu blasphèmes! Seule la folie peut expliquer de tels agissements. Il n’y a de vérité que dans l’ordre. » (p. 201)

  • Quelques procédés stylistiques (p. ex., comparaison, métonymie, répétition, métaphore, gradation) qui enrichissent le texte et agrémentent la lecture.

« La connaissant, je m’attendais à ce qu’elle rougisse mais, au contraire, elle était blanche comme un linge. » (p. 64)

« La considérant comme une bouche inutile et un poids social, les masques avaient été ravis de se débarrasser d’elle. » (p. 100)

« Loin de la mer, loin des hommes et de leur furie, loin des champs de bataille. » (p. 108)

« En quelques instants, nous nous trouvions aux abords de la cathédrale végétale. » (p. 112)

« Or, si une femme de la trempe de ma mère, par son autorité et son savoir-faire, avait pu s’imposer à des équipages pourtant peu enclins à la douceur, Louise apparaissait plutôt comme l’être le plus fragile, le plus susceptible d’être désiré, convoité, anéanti. » (p. 119)

  • Séquences narratives et descriptives qui précisent les événements et permettent de s’immiscer dans l’esprit du narrateur; quelques séquences dialoguées qui aident à percevoir les relations qui existent entre les personnages.

« L’inconnu était d’âge indéfinissable et maigre comme un clou; il avait le visage ridé et n’avait plus guère de dents. Figure typique du pauvre bougre qui avait usé sa vie et sa santé sur les navires de Sa Majesté ou ceux des compagnies commerciales en échange d’une solde dérisoire qui lui avait à peine permis de ne pas mourir de faim.
Je l’ai salué d’un mouvement de tête et me suis assis en face de lui. Il m’a considéré un long moment en silence, avec un sourire qui semblait moins l’expression de ses sentiments qu’une sorte de masque plaqué sur sa figure par les années passées au soleil, au vent et à l’air salin. Son visage ne m’était pas inconnu mais, comme je ne le remettais pas avec précision, je ne voulais pas parler le premier.
Enfin, il a hoché la tête et a déclaré d’une voix éraillée :
– Tu cherches la jeune fille, n’est-ce pas?
J’ai fait oui de la tête, sans dire un mot. Le marin m’observait toujours de ses yeux délavés aux paupières plissées.
– Tu ne me reconnais pas, mon garçon, je me trompe?
Je l’ai regardé plus attentivement, mais son visage n’évoquait pour moi que celui de tous ces matelots infortunés que j’avais rencontrés jusque-là. » (p . 150-151)

Référent(s) culturel(s)

  • Mention de lieux en France, soit la Bretagne, Nantes et le Pays basque, ainsi que des îles des Antilles colonisées par la France (p. ex., la Martinique, la Guadeloupe).
  • Référence aux Autochtones.
  • Référence à l’utilisation du français par les Africains faisant partie de la colonie à Eutopia.

Pistes d'exploitation

  • Proposer aux élèves, réunis en équipes, de rédiger un 17e chapitre décrivant la vie de Louise et de sa petite fille Rachel au manoir, situé dans la forêt de Brocéliande. Leur demander de répondre aux questions : Que leur arrivera-t-il? Louise cherchera-t-elle à se venger? Reprendra-t-elle la mer avec sa fille telle qu’il est suggéré à la fin du roman? Jumeler les équipes, puis inviter les élèves à lire leur texte aux membres de leur groupe.
  • Demander aux élèves, regroupés en équipes, de tracer sur une carte géographique les nombreux déplacements et les lieux visités par les personnages. Les inviter à afficher leurs cartes en salle de classe.
  • Animer une discussion sur la maxime : « Qui vit par l’épée meurt par l’épée. »

Conseils d'utilisation

  • Porter une attention particulière aux sujets délicats abordés dans le roman (p. ex., violence, esclavage, peine de mort, condition de la femme) ainsi qu’au vocabulaire utilisé pour désigner les premiers peuples de la région des Caraïbes (p. ex., Indiens).
  • Revoir avec les élèves les éléments importants des deux premiers romans de la série, soit À feu et à sang, tome 1 et La république des forbans, tome 2, dont les fiches pédagogiques se trouvent dans FousDeLire.
  • À noter l’omission d’un mot, « elle devenue comme folle » qui devrait s’écrire « elle est devenue comme folle » (2e ligne, p. 58).

Ressource(s) additionnelle(s)

  • IDÉLLO.org, ressources éducatives en ligne, 9e à 12e année, Série : On n’est pas que des cobayes, Pirates à l’abordage comme dans les films.