Contenu
- Personnage principal et archétype de l’Américain parfait, Greg Robertson, qui évolue au fil des épreuves de sa mission pour survivre et finalement vivre en accord avec ses valeurs.
« Depuis son enfance, Greg avait appris à respecter les opinions et les recommandations de ses aînés. Son père, ses professeurs, Fred, tous avaient su l’orienter sur la voie du succès et de la reconnaissance. […] Jusqu’à maintenant, le succès de sa vie professionnelle en était une preuve irréfutable. Il avait donc appris à se taire plutôt qu’à mentir; à fuir plutôt qu’à désobéir. Il confondait volontiers son bonheur avec celui qu’il procurait aux autres en suivant leurs conseils. Il se disait heureux.
Langsworth continua de promener son regard entre Greg-l’homme et Greg-le dossier. […]
– Votre dossier et notre enquête confirment que vous êtes efficace, compétent et discret. Fred m’a suggéré votre nom parce que je cherche quelqu’un de l’extérieur à notre service d’enquête. »
(p. 20-21)
« Depuis que son univers avait commencé à basculer, depuis que ce qu’il croyait être la vie se révélait être son envers, Greg avait déserté l’univers réel pour celui de la ″conscience intérieure″, comme il le répétait chaque jour au patron de l’hôtel. » (p. 270)
- Nombreux personnages secondaires qui gravitent autour de Greg, dont Fred, ami de longue date de son père et mentor depuis son enfance, John, son père, vétéran de la guerre du Vietnam, Gloria, son guide à Kampala, qui l’initie à la réalité africaine, Nisha, une Indienne ayant quitté Mumbay pour poursuivre le rêve américain, qui devient sa compagne, Sammy, chef et protecteur des enfants de Katchanga, Hutton, diplomate américain en Ouganda qui freine l’enquête, ainsi que Langsworth, directeur des enquêtes spéciales de la NASA et supérieur hiérarchique de Greg.
« Fred était son ami. Il n’oublierait jamais le regard de cet homme que John, son père, lui avait présenté pour la première fois, il y a vingt-trois ans. […]
Subtilement, John avait incité son fils à s’intéresser à l’espace, ″comme Fred″, disait-il. Greg trouvait sympathique de voir un professeur d’université prendre le temps de l’écouter et de répondre à ses questions. » (p. 12-13)
« John n’était encore jamais venu visiter son fils depuis le déménagement dans cette ville du désert. Retraité depuis un an, il s’était souvent retenu de contacter son fils et, encore plus, de s’inviter en Californie. Greg, c’était sa fierté, sa vie […]
Greg savait que son père avait combattu au Vietnam. Mais il était surtout fier qu’il ait été décoré pour des gestes de bravoure. » (p. 43-44)
« – Bonjour, monsieur Robertson. Je suis Gloria Molunga, chargée par l’ambassade de vous accueillir et de vous permettre de mieux connaître le pays.
Greg l’écoutait distraitement expliquer qu’elle travaillait auprès des populations démunies et qu’elle pourrait l’emmener partout où il désirerait se rendre. » (p. 65)
« Nisha était aussi séduite que bouleversée. Comment avait-il pu deviner qu’elle rêvait de l’Amérique? Elle avait eu l’audace de venir retrouver en Afrique l’homme qu’elle avait imaginé comme l’Américain idéal. Elle l’avait retrouvé avec facilité, Greg lui ayant fourni le nom de son hôtel avant de partir. » (p. 94)
« Greg eut envie de lui raconter sa découverte de Katchanga, sa rencontre avec les enfants et Sammy, le chef de l’atelier. » (p. 119)
« Le premier secrétaire Hutton remercia Gloria et rentra à son bureau où il fit rapport de sa conversation à l’ambassadeur, Robert Clark. » (p. 139)
« Le message était clair et le ton, officiel. Langsworth, le patron de Greg, venait d’être informé des embûches posées par les diplomates américains en poste en Ouganda. » (p. 229)
- Roman d’aventure captivant et empreint d’émotions, dans lequel trois destins se croisent : Greg, un Américain chargé de retrouver la boîte noire d’une navette spatiale, Nisha, une Indienne venue réaliser son rêve américain, et Sammy, un Ougandais déterminé à protéger les enfants de Katchanga, un lieu où se heurtent vérité et mensonge, vie et mort, dans un monde où la fin semble justifier les moyens; quelques retours en arrière illustrant le passé du personnage principal; thèmes (p. ex., Afrique, pauvreté, mort, recherche de soi) aptes à intéresser le lectorat visé.
- Mise en page simple; œuvre divisée en 39 chapitres numérotés; éléments graphiques (p. ex., tirets, guillemets, italiques, points de suspension, acronymes, notes de bas de page, symboles pour indiquer un changement de scène ou un laps de temps) qui facilitent la compréhension de l’œuvre; dédicace et préambule en début de livre; remerciements à la fin du roman; description de l’auteur en quatrième de couverture.
Langue
- Registre de langue courant dans l’ensemble de l’œuvre; mots moins connus (p. ex. paludisme, éthylique, pestilentielle, ogive) compréhensibles grâce au contexte; quelques mots du registre familier (p. ex., un crash, rappers, Yesss!), mots d’origine indienne et ougandaise (p. ex., dahl, chatni, matooke) et mots anglais (p. ex., outsourcing, touch football, Get back!, It’s my birthday!) contribuant à la vraisemblance des personnages.
- Phrases de base, phrases transformées et phrases à construction particulière; abondance de phrases interrogatives et exclamatives dans les dialogues; emploi de l’imparfait et du passé simple dans la narration et dans les séquences descriptives.
« Greg habitait un bâtiment qui, en prévision des tremblements de terre, ne comptait que deux étages. […] John pénétra dans l’univers de son fils comme celui qui entre, inquiet, dans la chambre d’un ami hospitalisé. Il fut surpris. Autant le bâtiment ne payait pas de mine à l’extérieur, autant l’intérieur révélait la présence d’un jeune homme moderne et bien nanti qui s’offrait tous les gadgets et les équipements électroniques dont il avait envie. » (p. 54-55)
« Greg comprit qu’il avait lui-même ouvert la porte de Katchanga au préfet en lui demandant d’intervenir. Il avait détruit ce qu’il voulait aider à construire.
– On m’a demandé de venir parce que je connais bien les ressources de la région, dit Gloria. On va placer les enfants.
– Pourquoi? Pourquoi? répétait Greg à mi-voix.
[…]
– Mais Sammy s’en occupait très bien. Il a tout fait cela tout seul, depuis au moins quatre ans! Pourquoi faut-il maintenant détruire son œuvre?
Sammy se retourna et aperçut Greg.
– Greg! hurla-t-il. C’est épouvantable! Ils vont fermer Katchanga. Ils m’enlèvent les enfants. Faites quelque chose! » (p. 238-239)
- Procédés stylistiques variés (p. ex., comparaison, personnification, métonymie, énumération, antithèse, interjection, périphrase, métaphore, gradation) qui agrémentent la lecture.
« Nicha s’étira en bâillant. Comme une chatte qui accroche ses griffes à la moquette, elle allongea les bras jusqu’au clavier de l’ordinateur. » (p. 15)
« Il retrouvait sa vieille ennemie, la mort, à laquelle il ne s’était pas confronté depuis plus d’un an. » (p. 46)
« Jane ricana. Pour la première fois de sa vie, un Américain l’invitait à prendre un verre. » (p. 47)
« Le guide parla de plus de mille espèces, dont l’ibis sacré, l’aigle d’Ayres, le calao couronné, le soui-manga à tête verte, le pluvier et le martin-pêcheur. » (p. 82)
« Elle l’épiait depuis une semaine. Elle ne s’était jamais sentie aussi libre. Et elle ne s’était jamais sentie aussi prisonnière. » (p. 94)
« Hé! les garçons! cria Greg. Nous cherchons Katchanga. » (p. 101)
« Dans l’unique pièce plutôt aérée, des dizaines de corps émaciés attendaient d’être délivrés de leur vie, rivés à des petits lits de métal, comme ceux qu’il avait remarqués dans la rue des ferrailleurs le jour de son arrivée. » (p. 107)
« L’orchestre des criquets poursuivait son concert sous les buissons qui achevaient d’absorber la chaleur humide du jour. » (p. 200)
« Quelle que soit la ville, le pays ou la planète, elle avait besoin de lui pour l’aider à prendre possession de son corps de femme. » (p. 255)
- Séquences descriptives et narratives, entrecoupées de séquences dialoguées, qui permettent de s’immiscer dans l’esprit des personnages et aident à comprendre leurs sentiments; ajout de notes et de lettres, qui enrichissent le récit.
« Greg habitait un bâtiment qui, en prévision des tremblements de terre, ne comptait que deux étages. Il accédait à son logement par un escalier de bois appliqué au flanc de la maison dont les planches avaient été décapées par le sable du désert. » (p. 54)
« Greg rageait d’impatience. […] ″J’ai autre chose à faire que du tourisme, marmonnait-il. J’ai une enquête à mener…″ Gloria sortit de la maison.
– Bonjour, monsieur Greg, dit Gloria.
– Alors on se balade en touriste aujourd’hui? lança Greg sur un ton léger, mais sec.
– Je crois que ce sera plus qu’une ballade, répondit Gloria avec politesse.
[…]
– Je vous propose d’aller voir comment se déroulent les élections locales, dit Gloria d’une voix calme et discrète. Cela vous aidera à comprendre le pays.
– On va vers Katchanga?
– Inutile, aujourd’hui.
Greg n’avait qu’une chose en tête : récupérer la boîte noire. Et voilà que son guide lui proposait une leçon de démocratie africaine. » (p. 75-76)
« Greg devina un petit agacement chez Sammy. D’ailleurs, chaque fois qu’il se sentait contrarié, le ton de la voix du jeune chef semblait monter d’une octave.
– Elle n’est qu’une collaboratrice occasionnelle, répondit Greg.
– Elle ne travaille pas avec vous tous les jours?
– Non. Hier, elle m’a rendu service en venant vous informer de mon absence.
– Vous allez mieux maintenant?
– Je crois.
Sammy ne bougeait pas. Il restait là, planté devant Greg, comme s’il attendait un geste des sa part avant d’aller plus loin. […]
– Donc, pas de puits avant plusieurs lunes.
– Je mentirais en vous disant le contraire.
– Alors vous reviendrez chercher votre boîte de métal lorsque le projet du puits sera approuvé.
Greg était livide. » (p. 163-164)
« Monsieur l’ambassadeur,
Il y a quelques jours, j’ai rencontré le premier secrétaire, James Hutton, qui m’a fait part de sa décision d’interdire d’entrée pour trois ans aux États-Unis de Nisha Bijapurkar, une citoyenne indienne qui est mon amie. […]
Greg Robertson
Enquêteur spécial
NASA
P.S.
Je vous informe que la boîte noire a été retrouvée et expédiée aux autorités compétentes. Il ne reste plus à notre pays qu’à offrir un puits aux jeunes habitants de Katchanga en retour de l’aide fournie pour retrouver le précieux module d’enregistrement. » (p. 231-232)
Référent(s) culturel(s)
- Référence à l’histoire de l’Ouganda et aux dictatures d’Obote et d’Idi Amin Dada.
- Mention de différents groupes ethniques africains (p. ex., tribu de Ganda, hamite tutsi).
- Référence à la ville de Montréal et au Canada.
Pistes d'exploitation
- Suggérer aux élèves, regroupés en dyades, d’effectuer une recherche sur un organisme international comparable à ceux évoqués dans le roman (p. ex., l’UNESCO, le Wild Life Conservation Project, le Build Environment for Gorilla (BEGo) project), puis de présenter leur travail au groupe-classe sous la forme de leur choix (p. ex., diaporama, collage, dépliant informatif).
- Demander aux élèves, de rédiger un court texte expliquant le sens de l’une des citations suivantes tirée du roman : « La vie est un motel, se dit-il. On ne fait qu’y passer » (p. 130), « Il n’est jamais trop tard pour devenir enfant. » (p. 174), « Les adultes représentent l’échec, la fin de la vie. C’est pourquoi certains refusent de vieillir. Être heureux, ici, c’est être vivant. » (p. 198). Les inviter à partager leur rédaction avec le groupe-classe pour enrichir les échanges et stimuler la discussion.
- Inviter les élèves à prendre part à une table ronde portant sur la question suivante : Quelle est l’importance du don d’organes et quel impact a-t-il sur les familles concernées ?
Conseils d'utilisation
- Revoir les règles de la table ronde.
- Informer les élèves que l’auteur décrit des événements violents inspirés des régimes dictatoriaux d’Obote et d’Idi Amin Dada en Ouganda (entre 1966 et 1985), ainsi que de la guerre du Vietnam (1955-1975).
- Avant la lecture, sensibiliser les élèves à la présence du terme inapproprié « Nègres » (p. 243) dans le roman.
- Accorder une attention particulière aux sujets délicats (p. ex., pauvreté, SIDA, prostitution, guerre, drogue ecstasy) dont on traite dans le roman.
- Encourager les élèves à découvrir d’autres œuvres abordant des thématiques similaires, tels que Famien (sa voix dans le brouillard), de Michel Dallaire, ou Les touristes ne vont pas à Abalak, de Louise Dallaire, dont les fiches pédagogiques se trouvent dans FousDeLire.
- À noter, que le mot « de-vina » devrait s’écrire « devina » (p. 131).
Ressource(s) additionnelle(s)
- IDÉLLO.org, ressources éducatives en ligne, 11e et 12e année, Série : Y’Africa, divers épisodes.
- IDÉLLO.org, ressources éducatives en ligne, 7e à 12e année, Série : Raphaël, citoyen du monde, divers épisodes.
- IDÉLLO.org, ressources éducatives en ligne, 8e à 12e année, Série : Vraiment top! Capsule 1, Les organismes sans frontières.
- IDÉLLO.org, ressources éducatives en ligne, 11e à 12e année, Série : Artisans du changement, Artisans de la reconstruction.