1
Anatomie de la fiche Anatomie interactive
Ajouter au bac de lecture
Nous vous invitons à cliquer sur les puces numérotées pour avoir plus d’informations sur les différentes sections de la fiche pédagogique et en apprendre davantage sur la manière de l’utiliser.

2humains paysages en temps de paix relative

Ce recueil de poèmes de Robert Dickson est en quelque sorte un journal poétique qui nous fait voyager de Fredericton jusqu’à Vancouver, en passant par Sudbury et la capitale nationale. Par l’entremise de courts poèmes, l’auteur nous invite à partager ses réflexions profondes sur le quotidien.

(Inspiré de la quatrième de couverture du livre.)

3 À propos du livre

Contenu

  • Personnage principal et narrateur, l’auteur, qui partage une voix personnelle et éclairée, mouvante comme les paysages qu’il traverse.

« un orme reflété dans l’eau ridée
du canal Rideau impressionnisme
coucher de soleil sur Aubervilliers
ou Ottawa   je décide quoi écrire
sans réellement le décider » (p. 17)

« qu’espère-t-il   à qui peut-il dire
je t’espère  je t’espère comme je t’aime
le printemps arrivera-t-il jamais
dans son pays des Grand Lacs à lui
est-il à ce point croyant? » (p. 34)

  • Personnages secondaires, des figures du passé ou du présent, qui laissent une trace, une voix, un geste, et accompagnent le poète tout au long de son voyage à travers les lieux, les souvenirs et les émotions.

« je caresse délicatement le dos de mon père
le soleil me chauffe le cou
l’ombre de ma main écrit des choses » (p. 25)

« retrouvailles avec un partenaire de pêche de
l’enfance des farces qu’on s’est déjà contées
à la pêche alors que la truite importait
plus que tout… » (p. 28)

« le Canada est un leader mondial en communications
c’est la fête de ma grande petite sœur  son
deuxième demi-siècle bien entamé  on se
parle au téléphone il n’y a pas d’électricité
chez eux… » (p. 53)

  • Recueil de poèmes en vers libres explorant les souvenirs, les paysages et la quête de sens du poète à travers ses gestes quotidiens; retours en arrière sous forme de réminiscences; thèmes (p. ex., identité, nostalgie, voyages, inégalités sociales) permettant au lectorat de créer des liens avec son vécu.
  • Mise en page aérée; 39 poèmes répartis en 4 sections, chacune séparée par une couleur distincte, qui rythment visuellement l’ensemble; emploi récurrent de parenthèses, qui ouvrent un espace de parole intérieure ou de réflexion discrète reflétant une pensée personnelle à mi-voix du poète; liste des œuvres de l’auteur et dédicaces au début; quatre citations parsemées dans l’œuvre, ajoutant des résonances intertextuelles; extrait et mention d’un prix littéraire remporté par l’auteur à la quatrième de couverture du livre.

Langue

  • Registre de langue courant dans l’ensemble de l’œuvre; mots moins connus (p. ex., contrefaçons, hâlé, forge, âpre, aulnes) généralement compréhensibles à l’aide du contexte; phrases en anglais (p. ex., down the drain, street people off the wall on the wall) qui rappellent la dualité linguistique des gens de l’Ontario.
  • Vers et strophes de longueurs irrégulières et inégales dans la plupart des poèmes, témoignant d’un style libre; textes généralement dénudés de ponctuation et de majuscules, caractéristiques de la poésie moderne; variété de types de phrases (p. ex., déclarative, exclamative, interrogative, impérative) se juxtaposant dans les textes et rendant plus saisissantes les descriptions des sentiments.

« le soleil me suit depuis des jours
je ne peux m’en cacher que
temporairement tel un passage
nuageux   je me suis déguisé
tactique d’évitement sans succès
apparent  dépenses inutiles
temps énergie argent » (p. 11)

« Jules dit : C’est le comble! Forgeons
l’avenir! Était-ce une belle mort?
Regardes-y la robe : on voit fer à travers! » (p. 14)

  • Nombreuses figures de style (p. ex., personnification, comparaison, antithèse, métonymie, métaphore, répétition, anaphore) qui permettent d’apprécier le style de l’auteur.

« … le jeune orme émet un son plus sec que le petit érable » (p. 15)

« et si c’était toujours ainsi
rien que cette promesse de printemps
telle une lèvre frôlant une joue » (p. 18)

« fièrement au chaud   les lacs sont encore
gelés et nous frissonnons fébriles
à l’approche d’une chaleur incertaine » (p. 19)

« …des sourires s’esquissent arrondissent
les coins » (p. 20)

« … le soleil en pleine
face et dans mon cœur l’histoire de l’avenir
s’écrit peut-être ici par de jeunes gens
d’ici qui se rassembleront ici… » (p. 21)

« tant de roche pour si peu de plage
tant de bateaux au quai
tant d’outardes sans billet aller-retour
tant de soins pour si peu de prévention
tant de fumée et si peu de feu
tant de morts en entrefilet
tant de coupables sans culpabilité » (p. 57)

  • Procédés poétiques (p. ex., rime, allitération, assonance) créant une musicalité et agrémentant la lecture.

« … je pense aux poèmes
d’Anne Hébert à ses beaux os
belle cette femme belle et rebelle
que la paix soit avec elle… » (p. 22)

« les restants de pique-nique (peu) dans une
poubelle en métal au parc national » (p. 27)

« dans l’eau touche la peau se meut dans l’eau
caresse la peau fend l’eau accueille
la peau caresse l’eau entoure la peau
à l’aise dans l’eau et dans la peau
l’eau et la peau » (p. 27)

Référent(s) culturel(s)

  • Mention de villes françaises (p. ex., Aubervilliers, Avignon) et de la Manche.
  • Mention de villes ontariennes à forte population francophone (p. ex., Ottawa, Sudbury).
  • Référence à Anne Hébert, écrivaine québécoise.
  • Citation de Patrice Desbiens, poète canadien-français.
  • Référence à Louis Joseph Robichaud, premier Acadien élu premier ministre du Nouveau-Brunswick.

Pistes d'exploitation

  • Animer une discussion autour des questions suivantes : Quelle est la signification du titre humains paysages en temps de paix relative? Quels lieux sont évoqués dans le recueil et quelle est leur portée symbolique ou personnelle dans l’expérience du poète? Inviter les élèves à appuyer leurs réflexions à l’aide d’extraits précis du texte.
  • Former des équipes, puis demander aux élèves de discuter des questions suivantes : Peut-on être « ici et ailleurs » à la fois?; Qu’est-ce que cela signifie pour vous?; Est-il possible de s’identifier à deux ou plusieurs cultures à la fois?; Quelles sont les richesses ou les difficultés associées à cette double appartenance? Inviter les élèves à rédiger un poème inspiré de leur vécu, en lien avec la notion d’identité hybride ou biculturelle (p. ex., vivre en Ontario, parler français à la maison, mais vivre principalement en anglais dans la communauté). Afficher les poèmes en salle de classe.
  • Suggérer aux élèves, regroupés en dyades, de mener une recherche sur les prix littéraires du Gouverneur général du Canada en tenant compte de critères précis (p. ex., importance de ce prix pour une écrivaine ou un écrivain de l’Ontario français; impact de cette reconnaissance sur la visibilité des œuvres francophones en milieu minoritaire; rôle du prix dans la valorisation de la littérature franco-ontarienne au Canada et ailleurs). Animer une mise en commun afin de permettre aux élèves de présenter leur travail au groupe-classe.

Conseils d'utilisation

  • Avant d’amorcer l’étude de ce roman, présenter les caractéristiques de la poésie libre (p. ex., absence de rimes ou de structure fixe, liberté de forme et de rythme, usage expressif du langage).
  • Inciter les élèves à lire d’autres recueils de poésie du même auteur, tels que Grand ciel bleu par ici et Libertés provisoires, dont les fiches pédagogiques se trouvent dans FousDeLire.

Ressource(s) additionnelle(s)

  • IDÉLLO.org, ressources éducatives en ligne, 7e à 12e année, Série : Identité 2.0, divers épisodes.
  • IDÉLLO.org, ressources éducatives en ligne, 7e à 12e année, Série : ONFR – Francophonie, divers épisodes.
  • IDÉLLO.org, ressources éducatives en ligne, 7e à 12e année, Dossier thématique – Construction identitaire.