Anatomie de la fiche
Ajouter au bac de lecture

Gabriel entre chien et loup

Moi et le plein air, on se connait bien! Je viens d'une lignée de Métis qui passaient la plus grande partie de leur vie à l'extérieur, dans la nature. On pourrait dire que je suis né dans un canot. Ma première pagaie, c'était une grosse cuillère de bois. Pendant nos voyages en canot, ma mère nous appelait une « meute », alors j'ai appris à hurler comme un vrai loup. A-OU-OU-OU!

C'est un tel hurlement qui ouvre l'aventure d'une vie pour Gabriel. S'absenter de l'école et de la maison pendant six semaines... Participer à une série de téléréalité... Vivre la vie des voyageurs engagés par les compagnies de fourrures qui faisaient la route du Fort William jusqu'aux postes de traites dans l'Ouest canadien. Pour réussir ce défi extraordinaire, Gabriel aura besoin de toutes ses ressources personnelles et de celles de ses ancêtres autochtones et canadiens-français.

(Tiré de la quatrième de couverture du livre.)

À propos du livre

Contenu

  • Personnage principal, Gabriel, jeune Métis de 14 ans, qui participe à une série téléréalité, tantôt comme assistant-caméraman, tantôt comme acteur revivant l’histoire de ses ancêtres lors d’un voyage en canot dans l’Ouest canadien.

« – J’ai eu le rôle.

Sylvianne ne comprend pas.
– Le rôle de voyageur, précise Gabriel.
[…]
– Quelqu’un d’Hollywood vient de t’appeler pour t’offrir un rôle dans un film de voyageurs!
Gabriel est en état de choc et fait oui de la tête. Mélina s’esclaffe.
– Pas d’Hollywood, de Winnipeg! » (p. 34-35)

« – Bon, bon, ça va faire. Il n’y a que trois choses que vous devez savoir : 1) Gabriel fait du canotage et du camping style voyageur depuis toujours, 2) il connait très bien le parcours que nous devons emprunter, 3) il est votre nouveau gouvernail.
[…]
– Le chef? C’est lui, le nouveau chef?
– Oui, répond simplement la réalisatrice. » (p. 128-129)

« Tout ce que Gabriel a observé en silence pendant sa semaine comme assistant-caméraman, il le met au profit de ses nouvelles assignations. » (p. 138)
 

  • Plusieurs personnages secondaires, parmi lesquels Victor et Marguerite Dupont, parents de Gabriel, qui le soutiennent dans son parcours, Ralph, cousin de Gabriel, qui, malgré sa déception de ne pas avoir été choisi lors des auditions, accepte de le remplacer au magasin pendant son absence, Mélina, Henri et Sylvianne, amis de Gabriel, qui l’encouragent dans sa démarche pour devenir acteur, Madame Desrosiers, directrice de l’école, qui reçoit régulièrement le rapport-voyageur de Gabriel, les membres de la brigade des voyageurs, ainsi que Paule, réalisatrice de la télésérie, et Stéphane, caméraman de l’équipe de tournage.   

    « À la fin de son récit, Gabriel sort sa note de permission et la donne à sa mère. […]
    – Je ne voulais pas te faire peur, M’man.
    Marguerite Dupont lui fait signe qu’il ne s’agit pas de ça […] Après quelques instants, elle coule un regard vers son fils en s’essuyant les yeux et murmure :
    – Ce n’est pas ça, Gabriel. C’est que… je suis fière de toi. » (p. 66)

    « Dès qu’il s’approche, il reconnait le caméraman qui était présent aux auditions. Celui-ci vient lui serrer la main.
    – Salut Gabriel, je suis Stéphane. » (p. 75)

    « Dans l’après-midi, Paule, la réalisatrice, et son assistant parlent de leurs attentes et des règlements  de la série téléréalité. » (p. 77)

    « – Ralph, est-ce que je t’ai dit que j’apprécie vraiment que tu prennes ma place au magasin? » (p. 93)

    « LA NOUVELLE ROUTINE DU MATIN AVANT LE DÉBUT DES CLASSES pour Sylvianne, Mélina et Henri est de se rendre au bureau de Madame Desrosiers qui leur fait part du rapport-voyageur de Gabriel. » (p. 107)

    « Reportage 3
    C’est assez évident qu’il y a déjà des conflits et des affiliations dans le groupe. Camille et Abou ne s’aiment pas beaucoup. Le Barbu se moque constamment d’Alix. Miguel, le chef, est un excellent gouvernail, mais il ne semble pas savoir quoi faire avec les différents tempéraments dans son équipe. » (p. 111)

    « – Ta mère était hésitante, mais quand on a expliqué la situation à ton père, il nous a répondu : "Gabi, c’est votre homme!" » (p. 125)
     

  • Roman d’aventures dont l’action se déroule au Manitoba; intrigue comportant de nombreuses péripéties captivantes; thèmes aptes à capter l’intérêt du lectorat visé (p. ex., identité, voyageurs de la Compagnie du Nord-Ouest des années 1800, leadership, intimidation, trucages des émissions télévisées).
  • Schéma narratif qui suit généralement l’ordre chronologique; narration parfois sous la forme de reportages dans lesquels Gabriel relate ce qu’il vit et ce qu’il apprend au jour le jour; quelques retours en arrière pour expliquer la façon dont vivaient les ancêtres de Gabriel; insertion de certains faits historiques par l’intermédiaire d’histoires que racontent certains personnages.
  • Nombreuses illustrations en noir et blanc; caricatures qui révèlent les émotions des personnages, contribuant ainsi à la vraisemblance des événements. 
  • Mise en page aérée; oeuvre répartie en 33 courts chapitres titrés et numérotés; première ligne de texte de chaque chapitre en majuscules; éléments graphiques (p. ex., guillemets, majuscules, tirets, astérisques, notes de bas de page) facilitant l’interprétation de l’œuvre; remerciements, dédicace et poème permettant de cerner l’état d’esprit de Gabriel au début de l'oeuvre; références, bref historique du Festival du Voyageur et carte indiquant les routes historiques suivies par les voyageurs d’hier et d’aujourd’hui à la fin.

Langue

  • Registre de langue courant dans l’ensemble de l’œuvre; quelques mots du registre familier (p. ex., créfin, vlimeuse) compréhensibles à l’aide du contexte et des notes de bas de page; utilisation de mots se rapportant au tournage de films (p. ex., preneur de son, vue d’ensemble, plan rapproché) et aux peuples autochtones (p. ex., nation anishinaabe, pemmican); roman rédigé en tenant compte de la nouvelle orthographe.
  • Emploi d’une variété de types et de formes de phrases (p. ex., déclarative, impérative, interrogative, exclamative, négative, impersonnelle) favorisant une lecture dynamique.

    « Spontanément, Gabriel se penche. Les mains du participant sont encore prises dans les cordes et Gabriel soulève le ballot et l’homme en même temps, les déposant tous deux dans le canot. Tout le groupe, incluant l’organisateur, rit et l’applaudit. Le jeune homme se défait du ballot et sort du canot en vitesse.
    – Continue, dit l’organisateur, en prenant le formulaire de Gabriel. Range tous les ballots dans le canot de manière à laisser de la place pour dix rameurs. » (p. 27)

    « – Bonne question, déclare la réalisatrice. Merci de me l’avoir posée. La réponse est non. On veut créer l’illusion de la société fermée qu’était une brigade de voyageurs. Vous êtes 10 personnes. Il faut que le téléspectateur puisse se perdre dans ce monde comme s’il participait lui aussi à votre isolement, à votre souffrance et à votre ennui. » (p. 79)

    « – Maintenant, je vous présente le nouveau membre de l’équipe. Le voici!
    […] 
    Neuf paires d’yeux surpris fixent Gabriel comme s’il venait d’apparaitre d’une autre planète. Tout le monde retrouve sa langue en même temps.
    – C’est qui, lui?
    – C’est un technicien!
    – Il n’est pas trop jeune?
    – Il n’a pas 18 ans!
    – A-t-il déjà fait du canot?
    – Je ne le veux pas comme partenaire! » (p. 128)
     

  • Nombreuses figures de style (p. ex., comparaison, métaphore, antithèse, répétition, énumération, gradation, jeu de mots, interjection) et expressions figurées qui enrichissent le texte et agrémentent la lecture.

    « – Monsieur monte sur le toit de l’école, il hurle comme un loup et tu viens me dire qu’il ne veut pas attirer l’attention? » (p. 21)

    « Madame Desrosiers, qui a une carapace de métal mais un cœur de guimauve, invite Gabriel à entrer dans son bureau. » (p. 37)

    « – Quand j’ai reçu le premier appel, avoue Gabriel, j’étais tellement excité, ensuite tellement déçu, ensuite tellement surpris, et maintenant…
    – Tellement triste? suggère Mélina. » (p. 45)

    « – Bien, il ne fallait pas… il n’avait pas le droit… ce n’était pas dans la pièce… » (p. 58)

    « – Pourquoi pas? se défend Henri. Il y a tellement de choses surprenantes qui sont arrivées dans toute cette affaire que je pense que ça pourrait possiblement être une possibilité possible.
    – Henri, rigole Sylvianne, toi, tu es une im-possibilité! » (p. 86)

    « – Ouf! lui confie-t-elle. J’ai eu peur tout à coup que tes plans tombent à l’eau!
    – "Tomber à l’eau", c’est une bonne expression pour un voyage en canot, approuve en riant Gabriel. » (p. 88)

    « – Oh non! Oh non! Oh non! C’est de ma faute! » (p. 121)
     

  • Séquences descriptives qui permettent de s’imaginer les personnages et les lieux; séquences dialoguées révélant les émotions des personnages ainsi que les relations qui existent entre eux.

    « Gabriel s’élance. Il a tout de suite vu que la lanière de cuir qui s’est glissée autour du cou de Miguel est en train de l’étouffer. Gabriel sort le couteau de l’étui de cuir autour de la taille du gouvernail. Énergisé par l’adrénaline, mais toujours attentif à bouger le cou du chef le moins possible, il coupe la lanière de cuir. Miguel aspire de grandes bouffées d’air ponctuées par des gémissements de douleur. » (p. 123)

    « Gabriel jette un coup d’œil dans la direction d’Alix, qui ne peut cacher sa déception. Il imagine qu’elle voudrait sortir de cet enfer et rentrer à la maison. Cependant, dans l’ensemble, les voyageurs semblent heureux de continuer. » (p. 127)

    « – Tu es gros, et grand et barbu, poursuit Gabriel, et personne n’ose te confronter. C’est dangereux, ce que tu fais. Ça affecte le moral et la sécurité de toute l’équipe. Tu as vu ce qui est arrivé à Miguel. Ça, c’était de ta faute!
    Enfin le Barbu se défend.
    – Je n’étais même pas là!
    – Chaque fois que tu passais près d’Alix pendant le portage, tu lui lançais un commentaire désobligeant, ou tu passais tellement près d’elle qu’elle perdait son équilibre.
    – Ça aurait été mieux si elle avait quitté l’équipe!
    – Mieux pour qui?
    – Mieux pour tout le monde, mieux pour la série. » (p. 158)

Référent(s) culturel(s)

  • Référents culturels de la francophonie canadienne.

    « … Gabriel arrive habillé de sa chemise rouge fleurie et de sa ceinture fléchée. » (p. 53)

    « – Je suis un voyageur canadien-français qui travaille dans le commerce des fourrures pour la Compagnie du Nord-Ouest. » (p. 54)

    « À la fin de la première semaine, quand c’est au tour de Gabriel de chanter ou d’enseigner une chanson, il chante : "Un Canadien errant, banni de ses foyers, parcourait en pleurant des pays étrangers…" » (p. 146)
     

  • Références à la culture et aux traditions autochtones.

    « – Mon arrière-grand-père Aristide disait que la première lune de l’année, c’est la lune des loups*. » (p. 11)

    « – Mon père vient de l’Ontario et nos ancêtres anishinaabe étaient des guides et interprètes pour les voyageurs. » (p. 101)

    « – … les femmes des Premières Nations, mes ancêtres à moi […] voyageaient dans des canots qui accompagnaient les brigades et réparaient les canots d’écorce qu’elles avaient elles-mêmes construits. » (p. 149)

Pistes d'exploitation

  • Lire, en groupe-classe, le poème Mon dilemme de Gabriel. Animer une discussion en vue de faire ressortir que Gabriel « chien » se soumet aux règlements établis, tandis que Gabriel « loup » crée ses propres règlements et prend des risques. Demander aux élèves, réunis en équipes, de dresser une liste d'exemples de Gabriel « chien » (p. ex., entraîner Ralph dans son travail au magasin, accepter le rôle d'assistant-caméraman) et de Gabriel « loup » (p. ex., grimper sur le toit de l'école, se positionner pour que le Barbu le frappe sur le coin de l'œil). Animer une mise en commun afin de permettre aux équipes de faire part de leurs trouvailles au groupe-classe.
  • Demander aux élèves, réunis en équipes, de choisir deux personnages du roman qui entrent en conflit (p. ex., Sylvianne et Gabriel, Gabriel et son père, le Barbu et Alix) et de créer une saynète présentant une situation de conflit ainsi que la façon dont le conflit est réglé. Inviter les équipes à présenter leur saynète devant le groupe-classe.
  • Proposer aux élèves d'effectuer une recherche sur le Festival du Voyageur qui a lieu chaque année au Manitoba et de rédiger une nouvelle journalistique présentant cette célébration. Afficher les textes dans la salle de classe.

Conseils d'utilisation

  • Avant la lecture, expliquer le contexte historique de la vie des voyageurs des années 1800.
  • Présenter ou revoir les caractéristiques de la nouvelle journalistique afin d'en faciliter la rédaction.
  • Discuter avec les élèves de l'intimidation à l'aide des questions suivantes : De quelles façons, en tant que victime, peut-on agir contre l'intimidation? De quelles façons, en tant que témoin, peut-on agir contre l'intimidation?
  • Encourager les élèves à lire deux autres romans de la même collection, soit Henri et le cheval noir et Sylvianne aux couleurs du corbeau, dont les fiches descriptives se trouvent dans FousDeLire.
  • Noter que ce roman a été rédigé en tenant compte de la nouvelle orthographe.

Ressource(s) additionnelle(s)

  • IDÉLLO.org, ressources éducatives en ligne, 7e à 12e année, Série : Destination Nor'Ouest, Devenir Voyageur; Les portageurs.