1
Anatomie de la fiche Anatomie interactive
Ajouter au bac de lecture
Nous vous invitons à cliquer sur les puces numérotées pour avoir plus d’informations sur les différentes sections de la fiche pédagogique et en apprendre davantage sur la manière de l’utiliser.

2Famien (sa voix dans le brouillard)

Gaspard Langlois est cloué à son lit, aux prises avec une fièvre qui le fait passer du rêve à la réalité, du passé au présent, d’un souvenir tendre à la cruauté, d’un continent à un autre et de la guerre à l’amour. Il doute de tout, de lui-même, de ce qu’il est devenu et de ce qu’il a été.

Entre la léthargie et l’éveil qui se confondent inextricablement, Gaspard Langlois est témoin des répercussions d’une guerre qui menace une importante région du continent africain. En dépit d’un quotidien ébranlé par la destruction et la mort, il fait la rencontre, entre autres, d’une écrivaine avec qui il communique par courriel depuis un an, de Bill Wiseman, un journaliste britannique, de Maryse, la serveuse remonteuse de moral, d’À-peu-près, un chauffeur de taxi qui va et vient au gré des clients…

(Tiré du site de l’éditeur.)

3 À propos du livre

Contenu

  • Personnage principal, Gaspard Langlois, alias Kouassi, qui travaille dans le domaine de l’édition, se rend en Côte d’Ivoire pour rencontrer une auteure et lui offrir un contrat de publication.

« ARRIVÉ À L’AÉROPORT D’OTTAWA depuis plus d’une heure, Gaspard Langlois fait les cent pas dans la salle des départs, vérifie ses poches pour la énième fois : passeport, carnet de vaccination, carte d’embarquement, chèques de voyage. » (p. 23)

« … Mais avant, puisque vous ne vous souvenez pas de votre nom, j’ai décidé de vous appeler Kouassi, dit-elle en lui offrant la moitié d’une papaye.
– Que signifie ce nom? demande-t-il.
– Il s’agit d’un nom traditionnel qui désigne les gens nés le lundi, c’est-à-dire au début de la semaine. Et puisque vous semblez être au début d’une nouvelle période de votre vie, j’ai pensé que… » (p. 103)

  • Nombreux personnages secondaires, parmi lesquels William Wiseman, un journaliste britannique, qui fréquente régulièrement le bar Le Prodada, Maryse, une serveuse à l’établissement, Famien, l’auteure qui accueille Gaspard à Abidjan et avec laquelle il entretient une relation amoureuse, et À-peu-près, un chauffeur de taxi et ami de Maryse, qui meurt lors d’affrontements.

« – Dans mon métier, il est important de parler un peu de tout, explique-t-il. Je suis journaliste pour la BBC, affecté au continent. […]
William Wiseman at your service, répond le journaliste en reprenant sa fourchette. Mais tout le monde m’appelle Bill. Sans doute parce que je suis si… Comment dites-vous down to earth? »
(p. 64-65)

« Elle s’approche de Gaspard, lui tend la main.
– Ne l’écoutez pas. Moi c’est Maryse. Tout le monde me connaît dans la commune. Soyez le bienvenu.
– Enchanté, madame! répond Gaspard sur un ton quelque peu timide.
– Madame? Mais je ne suis pas votre tanti. Non, non… C’est Maryse, tout simplement. Et on n’en parle plus. » (p. 66)

« – Les gens ici m’appellent Famien, dit-elle en détournant les yeux. Sans le savoir, vous me connaissez peut-être déjà, peut-être même depuis toujours. » (p. 88)

« D’un ton jovial, Maryse s’adresse au chauffeur:
À-peu-près! Comment vas-tu?
Le chauffeur baisse le volume de la radio, retire sa casquette, lui répond en baoulé.
Vous le connaissez? demande Bill.
Ah! Je connais tout le monde ici. Mais lui, c’est comme un neveu, ajoute-t-elle.
Mais pourquoi À-peu-près? C’est son nom?
Il n’a pas de famille et personne ne connaît son nom. Par contre, il fait partie de la grande famille de la commune. Et puisque tout est approximatif avec lui… puisqu’il va et vient comme bon lui semble, les gens de Poy l’ont affectueusement surnommé À-peu-près. » (p. 118)

  • Roman d’amour politique qui suit l’histoire de Gaspard, aux prises avec une violente fièvre qui le conduit entre le conscient et les hallucinations, décrit ses amours avec Famien et relate le début de la crise politico-militaire en Côte d’Ivoire à l’automne 2002; nombreux retours en arrière illustrant l’état pathologique du personnage; thèmes (p. ex., Afrique, guerre civile, journalisme, justice sociale) aptes à intéresser le lectorat visé.
  • Mise en page simple; œuvre présentée sous forme de 49 chapitres numérotés, mais non titrés; utilisation fréquente de symboles, à l’intérieur des chapitres, traduisant les nombreux va-et-vient des états d’esprits du narrateur; extraits de discours politiques de l’époque rendant l’œuvre authentique; éléments graphiques (p. ex., tirets, guillemets, italiques, points de suspension) qui facilitent la compréhension de l’œuvre; liste des œuvres du même auteur, citation d’Alain Bernard Marchand, dédicace et préambule en début de livre; postface, notes et remerciements à la fin du roman; description de l’auteur et de ses accomplissements en quatrième de couverture.

Langue

  • Registre de langue généralement familier et populaire, propres au milieu où se déroule l’action; syntaxe parfois incorrecte ou écourtée, dépeignant les pensées confuses du personnage principal; mots moins connus (p. ex., enjaillé, tétanisés, lampée) compréhensibles grâce au contexte; utilisation d’expressions et de mots anglais (p. ex., One huge and mostly ignored continent…, money talks, It’s just one big bloody mess!) et baoulés (p. ex., étéonou, koutrous, foutou, à la redjôure) contribuant à la vraisemblance des personnages.
  • Phrases transformées et phrases à construction particulière; phrases interrogatives et exclamatives entremêlées dans les dialogues; nombreuses phrases courtes illustrant la volubilité de Gaspard dans ses moments de délire.

« En raison de la clameur de la foule qui s’était entassée dans la salle d’attente de l’aéroport pour assister au départ de parents ou d’amis, il n’a retenu que les deux premiers mots.
Il n’entendait que sa voix, ne voyait que son visage, ses yeux, sa bouche.
L’air triste, elle souriait, ses gestes rares et mesurés. » (p. 13)

« ″Où suis-je?″ lance-t-il dans le vide de sa chambre.
La question presque maladive.
Le sentiment d’avoir tourné le dos à son monde.
Pour le moment, il s’en veut.
″Elle doit me mépriser!″ se dit-il en imaginant le pire.
Il se ravise. Ne l’a-t-elle pas mis en garde, l’invitant à combattre les ″idées noires″? » (p. 17)

« Il se frotte les yeux, doute encore.
Le visage de la femme devient plus précis, s’imprime dans son cerveau.
Le sable. Sur sa peau, dans son nez, sa bouche.
La soif s’empare de tout son corps.
Il lutte pour avancer. » (p. 81)

« – Ils ont dressé un barrage… interdisent tout passage. Tout est bloqué. Ils m’ont demandé mes papiers, les ont regardés pendant une fraction de seconde et m’ont dit qu’ils n’étaient pas en règle. » (p. 133)

  • Nombreux procédés stylistiques (p. ex., énumération, hyperbole, anaphore, antithèse, métonymie, expression imagée) qui enrichissent le texte.

« Dans son esprit, des mots se bousculent dans le désordre : exil, amour, incertitude, courage, amitié, calme… » (p. 17)

« Le dos courbé, elle reprend les gestes mille fois répétés pendant qu’autour d’elle des fils et des frères multiplient les palabres au nom d’intérêts qui ne sont pas les leurs, qui ne le seront sans doute jamais. » (p. 49)

« Bientôt, elle ouvrira les yeux, prendra conscience qu’il n’est pas là, allongé à sa gauche.
Bientôt, elle prendra conscience qu’il ne préparera pas son premier café de la journée, comme elle l’aime (…) » (p. 51)

« Il se sent à la fois si près d’elle et si loin, essaie tant bien que mal de comprendre ces sentiments contradictoires. » (p. 59)

« – Je te verse un verre? demande-t-il. » (p. 69)

« – En tout cas, on n’est pas sortis de l’auberge, ajoute Maryse en lui versant un verre. » (p. 91)

  • Séquences narratives et descriptives, entrecoupées de séquences dialoguées, qui permettent de s’immiscer dans l’esprit du narrateur et aident à comprendre ses états d’esprit ainsi que ses relations avec les autres personnages.

« DES PALMES LOURDES FLOTTENT paresseusement dans une brise qui ne l’atteint pas.
Le dame au boubou s’accroupit, l’aide à se relever, lui frotte les genoux.
– Vous venez de loin? demande-t-elle.
La tête renversée en arrière, elle le regarde.
– Je ne sais pas… Enfin, j’oublie, répond-il, confus.
Elle lui prend la main et ils se dirigent vers un papayer que le vent chaud a tordu au fil des générations, une sorte de parasol sous lequel se trouvent une cruche d’eau fraîche et quelques fruits. » (p. 87)

« Debout à sa gauche, une jeune infirmière lui sourit, puis prend son pouls et rédige quelques notes dans un dossier qu’elle pose ensuite au pied du lit.
– Vous avez besoin de beaucoup de repos, monsieur Langlois, dit-elle en lui offrant un verre d’eau et des cachets qu’il avale difficilement.
Soudain, à sa droite, il entend sa voix :
– Je suis là, dit-elle en prenant le verre et en le déposant sur la table de chevet. Allez, repose-toi encore un peu. Plus tard, si tu as faim, je demanderai à Maryse de t’apporter du foutou. Tu dois retrouver l’appétit, tu sais. Je ne veux pas que tu perdes trop de poids.
– Mais où sommes-nous? demande Gaspard, l’œil hagard.
– À la clinique, reprend-elle. Tu ne te souviens pas? … » (p. 135)

Référent(s) culturel(s)

  • Référence à de nombreuses villes de la Côte d’Ivoire (p. ex., Korhogo, Bouaké, Abidjan).
  • Référence au MPCI (le Mouvement patriotique de Côte d’Ivoire).
  • Mention de certains lieux de la francophonie internationale (p. ex., Paris, l’aéroport Roissy-Charles de Gaule, Versailles, Ouagadougou) et canadienne (p. ex., Ottawa, l’aéroport de Dorval).
  • Extrait de discours du président Ivoirien, Laurent Gbagbo.
  • Référence à Jacques Chirac, président de la République française de 1995 à 2007.
  • Référence à certains artistes français (p. ex., Jacques Brel et sa chanson « Au suivant », Daniel Bélanger, Paul Madys, Alpha Blondy).
  • Énumération de titres d’articles parus dans des journaux ivoiriens en septembre et en octobre 2002.

Pistes d'exploitation

  • Suggérer aux élèves de noter les différentes villes de la Côte d’Ivoire auxquelles on fait référence dans l’œuvre (p. ex., Korhogo, Bouaké, Abidjan), puis de les localiser sur une mappemonde affichée dans la classe. Leur demander, regroupés en dyades, de créer un diaporama afin de présenter ces lieux ainsi que les traditions spécifiques à chacune des régions. Animer une mise en commun afin de leur permettre de présenter leur travail au groupe-classe.
  • Proposer aux élèves, regroupés en dyades, d’effectuer une recherche sur la tentative de coup d’État en Côte d’Ivoire à l’automne 2002, ainsi que sur les événements qui ont suivi jusqu’en 2007.  Les inviter à présenter leurs trouvailles au groupe-classe sous la forme de leur choix (diaporama, infographie, collage).
  • Revoir avec les élèves les caractéristiques du débat. Former deux équipes et leur demander de choisir un thème lié au roman (p. ex., Pour ou contre les coups d’État? Devrait-on accepter les immigrants venant de pays aux prises avec des conflits internes?). Les inviter à préparer leurs arguments et à débattre de la question devant d’autres classes.
  • Suggérer aux élèves, regroupés en dyades, de mener une recherche sur les œuvres des artistes francophones mentionnés dans le roman (p. ex., Alpha Blondy, Paul Madys, Daniel Bélanger).  Les inviter à analyser les paroles d’une chanson et à présenter des extraits de leurs œuvres au groupe-classe.

Conseils d'utilisation

  • Prévenir les élèves que l’auteur dépeint des événements violents à l’image de la crise politico-militaire vécue en Côte d’Ivoire entre les années 2002 et 2007.
  • Accorder une attention particulière aux sujets délicats dont on traite dans l’œuvre (p. ex., les émeutes, la révolte, la guerre) avant d’entreprendre la lecture du roman, tout en privilégiant des histoires vécues dans l’entourage immédiat des élèves; prévoir un soutien si cela s’avère nécessaire.
  • Encourager les élèves à lire d’autres œuvres du même auteur telles que L’enfant de tout à l’heure, L’anarchie des innocences et pendant que l’Autre en moi t’écoute, dont les fiches pédagogiques se trouvent dans FousDeLire.

Ressource(s) additionnelle(s)

  • IDÉLLO.org, ressources éducatives en ligne, 11e et 12e année, Série: Y’Africa, plusieurs épisodes.
  • IDÉLLO.org, ressources éducatives en ligne, 9e à 12e année, Série : Identité 2.0, La francophonie internationale; La famille immigrante.