Anatomie de la fiche
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DO pour Dolorès

Dolorès est apparue dans ma vie un matin de mai. J’ai bien dit apparue. En plein cours de mathématiques.  La chevelure. C’est ce qui m’a d’abord frappée. Une espèce de tignasse incroyable, entre le blond platine et le roux flamboyant.

C’est seulement après le choc de la crinière que je l’ai aperçue, elle, dans sa totalité. Jamais je n’avais vu un tel mélange de styles et de couleurs sur une même personne. Une sorte de croisement entre la gitane, la hippie et la chanteuse western qui vous clouait sur place. J’étais clouée.

(Tiré de la quatrième de couverture du livre.)

À propos du livre

Contenu

  • Roman jeunesse contemporain traitant d’amitié, d’acceptation, de recherche de soi et de rêve.

    « Je l’ai regardée, estomaquée. Elle a souri.
    C’est ainsi qu’elle a débarqué dans ma vie. Dolorès "appelez-moi Do" Desnoyers. » (p. 23)

    « – Bon, O.K. Maintenant, on le sait. Tu n’aimes pas mon linge, je n’aime pas tes lunettes. Je trouve ton style trop ordinaire, tu trouves le mien trop voyant. Et après, qu’est-ce que ça change? » (p. 56)

    « C’est là, sous le regard indifférent de Scarlett O’Hara et de Rhett Butler, que j’ai vraiment compris. Do était partie, envolée. Et son père aussi.
    Comment vous dire le trou que ça a fait dans mon ventre? » (p. 120)

    « – […] Il aurait fallu que je t’écrive tout ce que je n’avais pas montré, pendant ces quatre mois. Que je te raconte l’autre partie de moi. Celle qui n’en peut plus, qui voudrait une autre vie. » (p. 129-130)

    « Cela fait des jours que je tourne autour de cette idée. J’ai même osé en parler à ma mère […]  Quand je lui ai demandé comment il réagirait s’il me voyait, elle a répondu : "Ton père, ma fille, c’est un original. On ne peut jamais prévoir ses réactions […]" Un original. Cela m’a fait rêver. » (p. 139)
     

  • Un personnage principal, Véronique, qui vit, à travers sa nouvelle amitié avec Dolorès, l’apprentissage du bonheur et de la douleur, dans toute l’inconscience de ses quatorze ans.

    « Bizarrement, cela me plaisait de ne plus me reconnaître tout à fait. Alors, j’en ai ajouté. J’ai mis une petite veste, un foulard, une ceinture, puis j’ai attaché mes cheveux en plumeau et j’ai appliqué un peu de rose sur mes joues. […]
    On s’est examinées longtemps, pétrifiées. […]
    On a ri aux éclats. » (p. 59-60)

    « Il y avait aussi ma mère. Il fallait trouver une histoire pour qu’elle me laisse partir. […]
    C’était un projet insensé. Mais on avait quatorze ans et demi, et on y croyait complètement. » (p. 98-99)  

    « Je me sentais aussi vide et laide que cette maison abandonnée. Depuis quatre mois, Do avait été mon courage, mon audace, ma folie et maintenant elle était partie. Et son père aussi.
    J’ai fini par me coucher sur le divan, recroquevillée. Incapable de bouger. » (p. 121) 
     

  • Quatre personnages secondaires qui influent sur le cheminement de Véronique : Dolorès, sa nouvelle amie, qui lui insuffle le goût du risque; le père de Dolorès, responsable de la disparition inexpliquée de cette dernière; JFK, son ami toujours fidèle; sa mère, aimante et attentionnée.

    « – Imagine que tu me voies pour la première fois. Qu’est-ce que tu penses de mon linge, de mes souliers, de mon style?
    C’était le genre de questions que posait Dolorès. Subtiles et directes comme un coup de poing au visage. » (p. 54)

    « – […] Mon père n’avait pas d’argent pour payer le loyer. Encore une fois, son affaire en or n’avait pas marché. […]
    –  […] Il a fait tellement de métiers : importateur de gogosses Made in Taiwan, photographe de touristes, raconteur d’histoires sur l’Abitibi dans un bar, à Joliette.[…]
    – J’avais l’habitude de déménager en vitesse. Mon père, quand il a décidé de partir, il faut que ça saute. » (p. 127-128)

    « On marche lentement. Je frissonne. Il me passe son blouson. 
    Il ne dit rien du tout. Je prends sa main : "Merci, JFK. Merci mille fois d’être là." Il rougit. Et moi aussi. » (p. 136)

    « Si je ne dépense pas trop, je pourrai me payer un petit voyage. Je m’imagine au terminus avec mon sac à dos. JFK, peut-être, à côté de moi, venu me dire au revoir. Ma mère, assurément, nerveuse et excitée, qui me donne dix mille conseils à la minute. » (p. 138)
     

  • Une narratrice participante, Véronique, dont le récit alterne entre ses recherches pour retrouver l’amie disparue sans raison et les meilleurs moments passés avec elle quelque deux ans plus tôt.

    « Assise sur le trottoir, au milieu des morceaux de verre éparpillés, je répète comme une litanie : c’était Do. J’en suis presque sûre. C’était Do. » (p. 9)

    « Elle est apparue dans ma vie un matin de mai. » (p. 15)

    « …JFK entoure au stylo rouge l’emplacement des douze restaurants Joséphine. […]
    J’ai mis une bonne semaine avant de lui parler de mon affaire. J’avais peur qu’il rie de moi. » (p. 43)

    « Juillet était arrivé. Avec lui, la chaleur, les vacances, la liberté. Je passais toutes mes journées, mes soirées et un grand nombre de mes nuits chez Dolorès. Ma mère était paniquée. » (p. 71)
     

  • Apartés révélateurs de l’incertitude que vit la narratrice malgré l’autonomie qu’elle aimerait se donner à son âge.

    « Vous pensez sans doute qu’elle voulait me faire prendre quelque substance défendue ou m’entraîner dans je ne sais quelle débauche. Vous vous trompez. C’était bien pire. Elle voulait que je… elle voulait qu’on… Mais il faut que je vous raconte depuis le début. » (p. 51)

    « Et puis, j’ai envie de faire quelque chose toute seule. Une chose qui m’appartienne totalement.
    Je sais ce que vous pensez : Natashquan. » (p. 139)

Langue

  • Registres de langue courant et familier dans l’ensemble du roman; phrases brèves et peu complexes représentatives du discours habituel des jeunes.

    « – JFK, arrête de niaiser. Tout ce que je te demande, c’est de venir avec moi.
    Je n’ai pas trop envie de rire. Ça le débine.
    – Sans farce, Véro, je ne comprends pas pourquoi tu veux absolument la retrouver. » (p. 43-44)

    « On marche en silence vers le métro. J’essaie de mettre de l’ordre dans les images qui se superposent dans ma tête : une fille aux longs cheveux habillée comme une gitane, une fille au crâne rasé qui disparaît dans la foule. Une fille aux longs cheveux qui me fixe droit dans les yeux. Une fille au crâne rasé qui dévore un roman entre deux commandes de hamburgers. Une fille aux longs cheveux, un après-midi de juin, qui me tire par le bras en répétant : "Allez, Véro, on le fait!" » (p. 48-49) 
     

  • Lexique particulier au roman jeunesse : vif, spontané, franc, imagé.

    « – Je te donne un mensonge, tu m’en donnes un. C’est le deal. J’aime que les choses soient égales. 
    Je sais ce que vous pensez. J’aurais dû l’envoyer promener avec sa conception douteuse de l’égalité. » (p. 38)

    « Cette phrase, je l’ai entendue des dizaines de fois, dans la bouche de mes tantes, de mes oncles, quelquefois de ma mère […] "Ton père, ma fille, il est parti dans la brume." Quand j’étais petite, je l’imaginais disparaître dans une épaisse fumée, près d’un lac, s’engouffrer dans la forêt. » (p. 73)

    « Elle était plantée devant moi. Les yeux allumés, les joues en feu. Cette idée folle l’excitait au plus haut point, cela se voyait. Et quand Dolorès se mettait à s’emballer pour quelque chose, il fallait des arguments en béton armé pour l’arrêter. » (p. 94-95)
     

  • Nombreuses figures de style propres au langage des adolescents (p. ex., énumération, comparaison, métaphore); hyperboles surabondantes traduisant leur propension au drame. 

    « Je prends un magazine sur le divan, je le feuillette distraitement. Des hommes politiques en complet gris, une annonce de rouge à lèvres, une vedette de la télévision, une auto de luxe… » (p. 27)

    « Toute la classe avait gloussé. De soulagement d’abord : on la fuyait tous comme une pestiférée depuis qu’elle était arrivée. » (p. 31)

    « Ça coule en petites rigoles bien tracées sur mes joues, mon menton, mon cou. Toutes les larmes emmagasinées quelque part dans je ne sais quel immense réservoir entre mon cœur et mon estomac. […]
    Je ne savais pas qu’il y avait tant d’eau à l’intérieur de moi. Je baisse les yeux, étonnée de ne pas voir une immense flaque à mes pieds. » (p. 133-134)

    « – […] Le Saint-Laurent au complet a coulé de mes yeux. Maintenant, ça va mieux. Je me sens plus légère. C’est lourd à porter, tout un fleuve dans l’estomac. » (p. 135-136)

Référent(s) culturel(s)

  • Plusieurs mentions de lieux francophones du Québec (p. ex., Abitibi, Cap-de-la-Madeleine, Amqui, Val-d’Or, Joliette, Havre-Saint-Pierre et Natashquan).
  • Quelques allusions à des œuvres de la francophonie internationale (p. ex., Les misérables, Le comte de Monte-Cristo, Les trois mousquetaires).

Pistes d'exploitation

  • Avant la lecture du roman, discuter avec les élèves de l’illustration de la page couverture; à la fin du roman, leur demander d’en proposer une autre.
  • Demander aux élèves de repérer, sur une carte du Québec, les lieux mentionnés dans le roman, notamment ceux où sont demeurés Dolorès et son père.
  • À chaque chapitre, demander aux élèves de noter les temps de verbe utilisés et d’en commenter l’utilisation.
  • Après la lecture du chapitre Le grand départ (p. 113 à 122), inviter les élèves à rédiger un texte intitulé Une peine d’amitié.
  • À la fin du roman, inviter les élèves à rédiger un texte intitulé Un projet d’avenir pour Véronique et qui proposerait un plan autre que celui de retrouver son père.

Conseils d'utilisation

  • Avant la lecture, discuter en classe des séquelles que peut laisser une amitié rompue.
  • Avant la lecture, demander aux élèves de définir ce qu’est la marginalité dans la société.
  • Avant la lecture, signaler aux élèves que les familles monoparentales dont il est question dans le roman ne sont pas représentatives de toutes les familles monoparentales.

Ressource(s) additionnelle(s)

  • IDÉLLO.org, ressources éducatives en ligne, 9e à 12e année, Série : T’as faim?!, L’adolescente et la famille.