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Anatomie de la fiche Anatomie interactive
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2Dans le pli des collines

Une rumeur persistante ternit la réputation de l’illustre Dr Andrew Murray qui a consacré sa vie à soigner les tuberculeux à Fort San, le sanatorium de Fort Qu’Appelle, en Saskatchewan. Il a emporté à sa disparition un secret qui, trente ans plus tard, revient hanter son petit-fils Émile, médecin lui aussi.

Répondant à l’appel du passé, la compagne d’Émile, Sophie, reconstituera la renversante mosaïque dont les morceaux étaient éparpillés dans un journal intime, une collection de lettres accablantes et la mémoire de certains témoins de l’époque. Osera-t-elle dévoiler la dramatique vérité enfouie dans le pli des collines?

Ce captivant roman sociohistorique, qui fourmille à la fois de rebondissements et de délicates touches d’humanisme, témoigne d’une époque révolue qu’il ne faut surtout pas oublier.

(Tiré de la quatrième de couverture du livre.)

3 À propos du livre

Contenu

  • Deux personnages principaux, Sophie, une enseignante devenue journaliste, qui découvre des secrets de famille en transcrivant le journal intime d’Emily Murray, et Émile, l’époux de Sophie et médecin de Fort Qu’Appelle, qui hérite des écrits de sa tante ainsi que d’une série de lettres écrites par la défunte Katherine Willie.

« C’est que Sophie mijotait un projet dont elle n’avait soufflé mot à personne. Emily Murray avait été une journaliste de renom dont la carrière couvrait près d’un demi-siècle. Sophie rêvait de faire découvrir la femme derrière la journaliste en publiant le journal et la correspondance d’Emily. »
(p. 45-46)

« Longtemps Émile avait hésité entre la médecine et l’agriculture. L’année de ses quinze ans, le sud de la Saskatchewan avait connu un printemps et un été magnifiques, avec des conditions climatiques dignes du jardin d’Éden. […]
Au premier jour des moissons, en moins de dix minutes, une tempête de grêle anéantit le merveilleux tableau.
Cet été-là, Émile opta pour la médecine. » (p. 119)

  • Nombreux personnages secondaires, parmi lesquels Emily Murray, la tante et marraine d’Émile, qui lui lègue une partie de son héritage ainsi qu’une boîte contenant une série de lettres, le Dr Andrew Murray, frère d’Emily et grand-père d’Émile, médecin de renom à Fort San, le sanatorium pour tuberculeux de Fort Qu’Appelle, Colette, la sœur de Charles, qui rend visite à Civita, la demeure d’Émile et de Sophie, Charles, le père d’Émile, qui découvre les secrets entourant son adoption, et enfin Katherine Willie, amie de la famille et mère biologique de Charles, décédée à Fort San dans des circonstances mystérieuses.

« Emily avait été une femme hors norme. D’abord pour avoir mené une brillante carrière de journaliste, puis pour avoir toujours refusé d’épouser Anthony, l’amour de sa vie, et enfin pour avoir choisi de ne pas avoir d’enfants. À l’époque, il fallait le faire! À sa mort, quatre ans plus tôt, Emily avait légué ses archives personnelles, de même que la moitié de ses avoirs, à Émile. » (p. 19)

« Andrew Murray avait été médecin, lui aussi. Après sa retraite, sa femme et lui passaient les étés à la ferme de leur unique fils, Charles, le père d’Émile. Le vieux docteur ne demandait pas mieux que de partager ses souvenirs du sanatorium avec le petit Émile qui en redemandait. » (p. 28)

« Colette était l’unique sœur de Charles, les autres étant toutes décédées. Il n’avait que dix ans quand elle avait quitté la Saskatchewan pour aller s’installer à Macamic, au Québec, avec son mari le Dr Paul Richard. […]
La confirmation était venue quelques jours plus tard. Colette et Lucie arriveraient à Civita le huit juillet, pour un séjour de deux semaines.» (p. 107-108)

« Charles retira ses lunettes dans un geste de lassitude, comme si le petit manège de sa sœur commençait à l’agacer.
– C’était qui, Katherine Willie?
– C’était votre mère, dit Émile d’une voix caverneuse. […]
– Qui?
– Ta mè-re, répondit Colette en étirant les deux syllabes du mot ravageur.
[…]
– Vous auriez aimé mieux ne pas savoir? suggéra Émile.
Charles haussa les épaules en signe d’indifférence.
– J’aurais pu vous l’annoncer autrement.
On aurait pu te l’annoncer autrement, rectifia Colette.
Charles haussa de nouveau les épaules. Depuis que Colette avait fini de lui raconter ce qu’elle savait sur Katherine Willie, il n’avait pas dit un mot, pas même levé les yeux.
Charles n’avait jamais voulu savoir qui était sa mère naturelle. » (p. 214-215)

  • Roman sociohistorique dont l’intrigue s’appuie sur les journaux intimes et les textes épistolaires de la défunte Emily Murray, dans lesquels Sophie découvre les événements entourant l’adoption de Charles, le père d’Émile, son époux; nombreux retours en arrière parsemés de faits historiques qui se sont déroulés à Fort San au tournant des années 30; thèmes (p. ex., adoption, adultère, secrets de famille, mort, suicide) aptes à intéresser le lectorat visé.
  • Série de photographies des lieux, présentée à la fin du roman, offrant au lecteur un aperçu visuel des espaces évoqués tout au long de l’histoire.
  • Mise en page simple; œuvre divisée en deux parties, la première marquant la fin de l’été et la deuxième, sous forme de 15 chapitres, retrace une série d’événements survenus quelques mois plus tôt; nombreux éléments graphiques (p. ex., tirets, guillemets, italiques, majuscules, acronymes, points de suspension, parenthèses, mots soulignés, symboles pour indiquer un changement de scène ou un laps de temps) facilitant la compréhension de l’œuvre et permettant au lectorat de ressentir les émotions vécues par les personnages; dédicaces, note de l’auteure, avant-propos et carte géographique de Fort Qu’Appelle et des environs en début de livre; épilogue, remerciements, note de l’éditeur, chronologie de Fort San à la fin; description de l’auteure et de ses accomplissements à la quatrième de couverture.

Langue

  • Registre de langue courant dans l’ensemble de l’œuvre; quelques mots moins connus (p. ex., encorbellement, lambrissés, immixtion) compréhensibles grâce au contexte; mots du registre familier (p. ex., bébelles, chouchou, babines, zouave) et mots anglais (p. ex., pick-up, quarters, game shows, back vocal) contribuant à la vraisemblance du milieu où évoluent les personnages; mots inventés (p. ex., emprêter, saudit, toué, chauvitude) et expressions particulières (p. ex, se crêper le chignon, fit cul sec, Je suis vannée!) qui injectent des brins d’humour dans les dialogues entre les personnages.
  • Phrases de base, phrases transformées et phrases à construction particulière; nombreuses phrases interrogatives et exclamatives, souvent courtes, dans les dialogues, traduisant les émotions et le questionnement des personnages; emploi de l’imparfait de l’indicatif et du passé simple dans les séquences narratives.

« Sophie prenait garde de ne pas marcher sur les fentes du trottoir, autant par superstition que pour ménager les talons de ses chaussures. Soudain, elle s’arrêta et stoppa Émile.
– Pourquoi as-tu refusé? Donne-moi la vraie raison.
Émile évita son regard.
– Je ne te demande même pas de me dire pourquoi tu ne m’en as pas parlé.
– Pourquoi est-ce que Bernard s’est ouvert la trappe?
– Laisse Bernard en dehors de ça!
– Tu as raison. C’était à moi de t’en parler plus tôt.
Une voiture passa.
Émile prit le visage de Sophie entre ses mains et le souleva vers le sien. Elle se dégagea sans le quitter des yeux. Elle attendait une réponse. » (p. 54)

« Charles haussa les épaules. Le reflet des flammes creusait de profonds sillons sur son visage.
– Je trouve que vous avez été pas mal secret sur votre famille.
– Tu trouves? fit Charles, l’air faussement surpris.
– Oui, je trouve! D’abord votre sœur Anna, puis votre frère mort-né et maintenant votre adoption. Y a-t-il autre chose que j’aurais intérêt à savoir?
– Intérêt? Non. Et puis d’abord, ma sœur et le bébé, c’est arrivé avant que je vienne au monde, alors… » (p. 123)

  • Procédés stylistiques variés (p. ex., énumération, litote, analogie, comparaison, interjection, hyperbole, métaphore, onomatopée) qui agrémentent la lecture.

« Pendant la première année d’occupation, les véritables maîtres des lieux avaient été les menuisiers, les électriciens, les plombiers, les plâtriers et les peintres. » (p. 35)

« Au lieu de profiter du repos escompté, Émile fut tiré du lit à six heures du matin pour aller constater un décès. […] Lorsqu’il raccrocha, les vapeurs d’alcool s’étaient dissipées malgré la courte nuit de sommeil.  Vivianne Komar n’était plus. »  (p. 84)

« Pour m’expliquer, elle fit une analogie avec le pain. ″Il y a deux façons d’obtenir du pain, m’a-t-elle dit. On peut en faire soi-même ou en acheter du boulanger. Toi et tes sœurs, je vous ai fabriquées moi-même. Charles, c’est le boulanger. » (p. 93)

« Émile n’avait pas fermé l’œil de la nuit. Il s’étira comme un ours au sortir de sa tanière. » (p. 98)

« Sophie s’était attendue à des ″oh!″ et des ″ah!″ d’étonnement et de compassion de la part de son amie. » (p. 103)

« […] L’ambiance paisible du salon fut soudain rompue par la sonnerie du téléphone qui fit l’effet d’un coup de tonnerre. » (p. 122)

« Elle a élevé dix enfants en se fondant dans les fleurs de la tapisserie. » (p. 128-129)

« Un léger ″tchic-tchic-tchic″ attira son attention vers le pommier. Il vit Monsieur Jules, assis dans son panier-garde-manger, les pattes de devant posées sur le rebord. » (p. 261)

  • Séquences narratives et descriptives, entrecoupées de séquences dialoguées, qui permettent de s’immiscer dans l’esprit du narrateur et aident à comprendre les sentiments des personnages; ajout de procédés littéraires (p. ex., entrées de journal, nécrologie, lettres, poème) qui enrichissent le récit et renforcent la crédibilité de l’histoire, en ancrant davantage les événements dans leur contexte.

« En rentrant de l’hôpital, Émile trouva Sophie dans la cour arrière en train de ramasser les feuilles mortes de l’automne précédent.
– Te voilà, toi, dit-elle en se redressant.
– Donne, dit Émile en tendant la main.
Il prit le râteau des mains gantées de sa femme et commença à ramasser les feuilles réunies en tas. Sophie l’observait en reprenant son souffle.
– Tu veux mes gants? demanda-t-elle.
– Non. Ça va aller.
Sophie s’éreintait depuis deux heures sur cet immense terrain dont elle avait si longtemps rêvé de devenir propriétaire.
À son arrivée à Fort Qu’Appelle, quinze ans auparavant, elle avait eu un véritable coup de foudre pour cette imposante demeure de style Queen Anne. À cette époque, la maison était en piètre état. Divisée en trois logements, elle était défigurée par de disgracieux escaliers de secours. La jeune femme avait néanmoins décidé sur-le-champ que cette maison serait un jour la sienne. » (p. 32-33)

« Prête à reprendre son travail de transcription, elle posa les yeux sur le journal d’Emily et les mains sur le clavier de son ordinateur.
Le 22 septembre
J’avais 14 ans et Anthony 27 quand notre histoire a commencé. J’étais beaucoup plus jeune que lui, mais je ne manquais pas d’assurance… » (p. 39)

«Dupré, Michael
Fort Qu’Appelle, 1930-1969
La famille Dupré a le regret de vous informer du départ soudain
de M. Michael (Mike) Dupré, survenu le 19 juin dernier.
Il était l’époux en premières et dernières noces de Constance
Dupré, née Vandenberghe, et le père de Guy et de Carole Dupré.
[] » (p. 62)

« … Sophie ouvrit la lettre suivante.

Fort San, le 4 janvier 1931

Juliette, j’ai très peur. Ton père est venu me voir ce matin. En voyant son air, j’ai tout de suite su que ce qu’il venait m’annoncer ne me ferait pas plaisir. Il dit qu’il faut dénoncer l’ogre, que son crime doit être puni. Ah! Juliette, j’aurais dû me taire! Pourquoi me suis-je confiée? J’ai élargi le cercle du secret et maintenant ton père, un homme juste et bon, veut faire payer le porc… » (p. 286-287)

« Quand j’étais une enfant, je rêvais mariage
Aujourd’hui dans le vent est partie cette image
D’un amour éternel qui protège et grandit
Je n’ai plus grand espoir de trouver un mari
Puisqu’un ogre a souillé mon corps et mon esprit. » (p. 289)

Référent(s) culturel(s)

  • Référence aux Premières Nations, ainsi qu’aux Métis de la Saskatchewan (p. ex., les Pasqua, les Piapot, les Muscowpetung).
  • Mention de nombreux villages et de nombreuses villes de la Saskatchewan, de l’Ontario et du Québec (p. ex., La Ronge, Fort Qu’Appelle, Regina, Saskatoon, Ottawa, Macamic).
  • Référence à certains lieux en France (p. ex., Paris, le cimetière du Père-Lachaise, Vincennes).
  • Référence à des écrivains français de renom (p. ex., Balzac, Anna de Noailles, Nerval).

Pistes d'exploitation

  • Demander aux élèves de consigner, au cours de la lecture, les personnages mentionnés dans le roman. À la suite de la lecture, les inviter, regroupés en équipes, à élaborer deux arbres généalogiques, soit celui de la famille Murray et celui de la famille Porter. Leur demander d’analyser les relations entre les membres de chaque famille en mettant en évidence les liens de parenté et les dynamiques qui les unissent. Afficher les productions des groupes afin de mieux les comparer et d’en discuter avec le groupe-classe.
  • Proposer aux élèves, regroupés en dyades, de rédiger un texte épistolaire qui aurait pu être écrit entre Katherine et Juliette à la lumière de l’intrigue du roman. Les inviter à lire leur texte devant le groupe-classe.
  • Inviter les élèves, regroupés en dyades, d’effectuer une recherche sur la tuberculose durant les années 1930. Leur demander d’établir une comparaison entre cette épidémie et la pandémie de COVID vécue en 2020 en répondant aux questions suivantes : Quelles étaient les ressemblances et les différences entre ces deux événements? Selon vous, quels ont été les défis et les meilleures façons de contrôler ces épidémies? Animer une mise en commun afin de permettre aux élèves de faire part de leurs idées au groupe-classe.
  • Proposer aux élèves de noter, au cours de leur lecture, les nombreuses expressions idiomatiques (p. ex., traverser à gué, faire cul sec, foutre le bordel, donner des perles aux cochons) qu’utilise l’auteure. À la suite de la lecture de chaque chapitre, définir, en groupe-classe, les expressions relevées, puis les ajouter à un mur de mots afin de faciliter la compréhension de l’œuvre.

Conseils d'utilisation

  • Avant la lecture, prévenir les élèves quant aux préjugés qui sont exprimés par certains personnages à l’égard des Premières Nations, des Métis, des Noirs et des handicapés dans le roman (p. ex., « Ils boivent tous ces gens-là, dit Constance Dupré. » p. 139) et « Comme ça, tu vis avec le monde. […] J’veux dire que tu vis avec les Blancs, répondit Lucie en indiquant les autres personnes présentes. Chez nous, les Indiens, ils vivent dans des réserves. » (p. 246)).
  • Accorder une attention particulière aux sujets délicats dont on traite dans le roman, notamment l’adoption, le viol, l’inceste et le suicide; prévoir un soutien si cela s’avère nécessaire.
  • Mettre en contexte les lieux mentionnés dans l’œuvre en lisant d’abord les pages dressant la chronologie de Fort San et en examinant les photos de ce lieu.
  • À noter que le mot « la » (p. 329) devrait s’écrire « là ».
  • Inciter les élèves à lire d’autres romans qui traitent du thème de l’adoption, tels que Les grands sapins ne meurent pas, Marie-Tempête et Pour rallumer les étoiles (tomes 1 et 2), de Dominique Demers, dont les fiches pédagogiques se trouvent dans FousDeLire.

Ressource(s) additionnelle(s)

  • IDÉLLO.org, ressources éducatives en ligne, 8e à 12e année, Série: Canada plus grand que nature, Parc national des Prairies, Saskatchewan.
  • IDÉLLO.org, ressources éducatives en ligne, 9e à 12e année, Série : Hors Québec, Les Fransaskois en fête.
  • IDÉLLO.org, ressources éducatives en ligne, 9e à 12e année, Série : Télé-Litté, Le secret de Misha.
  • IDÉLLO.org, ressources éducatives en ligne, 7e à 12e année, Série : Léa Olivier – Les secrets du journalisme (audio), plusieurs épisodes.