Contenu
- Personnages principaux variés selon le conte ou le récit, tels que l’auteur lui-même, Marc Scott, enseignant, amoureux, curieux (Les feux follets), Michael Ferguson, un ferblantier bossu (Les trois bossus), Jos Montferrand, personnage historique reconnu pour sa force et héros des Canadiens français (Jos Montferrand), Jeanne Levac, une dame victime d’un accident de la route qui devient à la fois morte et vivante (La morte-vivante), ainsi que Louis, un adolescent curieux qui se retrouve pris dans la toile d’une cantatrice veuve noire qui s’attaque aux garçons (La lampe chinoise).
« Il y a de cela plusieurs décennies, je demeurais en Outaouais québécois et je me cherchais une demeure du côté de la rive ontarienne. Je dois avouer que j’étais enseignant à l’école secondaire de P… et que je fréquentais depuis quelques mois une jolie femme originaire de l’Est ontarien. Il était donc normal que je trouve un petit nid douillet où poser mes ailes après les heures ardues de travail; je comptais aussi préparer des soirées romantiques en tête-à-tête avec ma nouvelle copine. » (p. 25)
« Un jour, le bossu en eut assez et il décida de partir. Michael Ferguson, un Londonien d’origine, avait toujours rêvé de faire fortune sur le nouveau continent. Et c’est là qu’il s’installa, dans la petite bourgade de Sherbrooke, rue Main. Il ouvrit donc un atelier jouxtant un magasin et se mit à fabriquer des objets en fer-blanc. Pour réussir, il avait trois qualités : une certaine fortune; des mains expertes dans le maniement des outils et du fer-blanc; et, il était bossu! » (p. 54)
« Combien de gens ont parlé de Jos Montferrand au cours des décennies? Combien l’ont traité de brute, de batailleur, d’ivrogne, de vendu? Combien l’ont monté aux nues, en ont fait un héros canadien-français, un brasse-camarade, un défenseur des petits? » (p. 93)
« « Il n’y a qu’un problème : je ne suis pas morte. Je suis toujours vivante! Comment se peut-il qu’on n’ait pas encore remarqué ma lente respiration, les battements de mon cœur ou encore la chaleur de mon corps? Personne n’a vu l’étincelle de vie dans mes yeux grands ouverts? J’ai beau ne pas bouger, ne pas parler; mais j’entends tout, je sens tout, et je vois… Il me faut faire quelque chose, les prévenir, leur dire que je suis là, que je vis, que j’ai envie de manger, de boire, de parler et de rire encore… » » (p. 154)
« Louis ouvrit les yeux et regarda tout autour de lui. Il vit des cocons énormes qui pendaient des trois coins de la pièce : de jeunes éphèbes, comme lui, enroulés de fils blancs, les tenant prisonniers, tout en les gardant vivants. […] Louis était lui aussi emprisonné, de la tête aux pieds. Depuis combien de temps était-il suspendu là? Pas moyen de crier, pas moyen de parler : seuls ses yeux et son nez n’étaient pas recouverts de cette substance moite et gluante. » (p. 183)
- Nombreux personnages secondaires qui varient selon le conte ou le récit, tels que ceux présents dans Les trois bossus, dont Marie Latendresse, une couturière entreprenante, qui devient la compagne de Michael Ferguson, Ludovic, Gernhart et Simon, trois musiciens bossus qui se lient d’amitié avec Marie et qui connaissent une mort tragique, ainsi qu’un homme autochtone sans nom, piégé par Marie, qui l’embauche pour se débarrasser des cadavres des bossus.
« […] Je n’ai pas l’habitude… Alors, de vous voir si souvent, de regarder votre sourire, vos mains si blanches, votre élégance, je crois bien que je suis tombé amoureux de vous. Et je me demandais si…
– Enfin, Michael, vous me prenez pour qui?
– Non, non, excusez-moi! Je ne veux pas vous insulter! Si j’ai dit quelque chose qui vous a offensée, je…
Et c’est un gros éclat de rire qui interrompit la dernière phrase de Ferguson. Marie s’approcha de lui, lui prit les joues rouges de fièvre entre les mains et elle lui colla un baiser doux et chaud sur ses lèvres tremblantes.
[…]
– Oui, je veux bien vous épouser, monsieur l’Anglais. » (p. 62-63)
« Il faut préciser que Ludovic, Gernhart et Simon étaient bossus, oui, tous les trois, comme des jumeaux (ou, si vous préférez, comme des triplets!). Ils n’avaient pas la même bosse et elle n’était pas nécessairement logée au même endroit; mais, ces musiciens virtuoses étaient nés avec cette malformation si rebutante pour le commun des mortels, si dérangeante que personne n’osa les inviter à la maison, à les nourrir ou à les héberger. » (p. 68)
« – Hé vous! Ça vous dirait un beau billet du Dominion? Dix beaux dollars pour un service?
[…]
– Qu’est-ce que je peux faire pour la dame? demanda l’Amérindien souriant.
– Vous pouvez me débarrasser d’un cadavre? J’ai un homme mort dans ma cuisine : mon amant. » (p. 79)
- Recueil de treize histoires qui plonge le lectorat dans l’univers fascinant de l’Outaouais, où se mêlent récits réels, contes d’amour et apparitions du diable; omniprésence de l’auteur dans l’œuvre, tant par la narration participante que par les commentaires inclus dans les contes et les récits; retours en arrière qui révèlent les événements du passé, permettant de mieux comprendre ceux du présent; thèmes variés (p. ex., religion, ostracisation, amour, mort, relation homme-femme, rivalité anglophone-francophone) pouvant mener à des conversations intéressantes.
- Mise en page simple; œuvre répartie en treize contes et récits, chacun précédé de son titre, suivi soit d’une citation, d’une dédicace ou d’un proverbe en italique; éléments graphiques (p. ex., majuscules, parenthèses pour apporter des précisions ou des commentaires de l’auteur, caractères gras pour les intertitres, chevron d’ouverture sans chevron de fermeture pour identifier les paroles que personne n’entend de la mort-vivante) qui facilitent l’interprétation de l’œuvre; dédicace, extrait de J. Veneruso et avant-propos au début; notes explicatives, liste des publications de l’auteur, table des matières et liste d’œuvres de collections de l’éditeur à la fin.
Langue
- Registre de langue courant dans l’ensemble de l’œuvre; mots moins connus (p. ex., quolibet, courroucée, vétustes, clébard, occipitaux) et mots vieillis (p. ex., écornifler, belle lurette, croque-mitaine, chante-pleure) généralement compréhensibles grâce au contexte; mots du registre familier (p. ex., ben, petit morveux, baragouiner) et mots écrits au son (p. ex., vouzallé où mamzelle, cé vréé, nouszaimé vot’ pa-i) injectant des brins d’humour dans le texte.
- Phrases de base, phrases transformées et phrases à construction particulière; variété de types et de formes de phrases; phrases parfois lourdement ponctuées, accentuant les émotions des personnages.
« Le combat de boxe eut donc lieu. Ou plutôt la bataille, la guerre des géants! Les deux hommes se sont affrontés sur une arène extérieure, permettant à plus de mille cinq cents personnes d’être témoins de ce pugilat. Le sang coula, des deux hommes. Et chaque fois que l’un envoyait l’autre dans les câbles, ce dernier revenait pour en redemander. » (p. 97)
« « Oui, emmenez-moi immédiatement! Soignez-moi que je retrouve ma vie normale, que je puisse reprendre mon statut de femme, d’épouse, de tante pour les Fêtes. Allez, qu’est-ce que vous attendez tous, plantés comme des piquets! Vite! Le docteur a dit que ça pressait! Je pourrai enfin manger des tourtières et du rôti de lard, de la dinde et du ragoût de pattes de cochon, de la farce à la sarriette et des glissants. J’en ai déjà l’eau à la bouche! S’ils savaient comme je suis contente! Oh! Et mes cadeaux! Que sont devenus mes cadeaux? J’espère qu’ils ont pu les recouvrer sur les lieux de l’accident? Ce serait tellement dommage s’ils ne l’avaient pas fait… » » (p. 160-161)
- Figures de style variées (p. ex., répétition, énumération, gradation, expression imagée, métaphore, comparaison) qui caractérisent le style de conteur de l’auteur.
« — Aille! Aille! Aille! » (p. 39)
« Ce n’était pas tellement la bosse comme telle qui l’ennuyait, même si jamais il n’avait pu dormir allongé sur le dos. C’étaient les quolibets, les rires, les moqueries, les sous-entendus et aussi les commentaires en sourdine. » (p. 53-54)
« Et le samedi soir, c’est le dernier soir de la semaine. Alors, je suis éreinté, vanné, fourbu… » (p. 67)
« Les trois bossus ne se sont pas fait prier, Ludovic en premier, qui avait une faim de loup. » (p. 71)
« Apportez un fauteuil qu’on la sorte de cette boîte funèbre! » (p. 159)
« Mon cœur se brise en mille morceaux que je vois tomber sur le parquet du restaurant; ça fait de petits tintements comme des clochettes, des grelots, attachés aux mitaines des enfants l’hiver. » (p. 194)
- Séquences narratives et descriptives qui permettent de mieux comprendre les personnages et de visualiser les lieux; nombreuses séquences dialoguées, révélant les traits de caractère des personnages et les relations qui existent entre eux et faisant avancer l’intrigue.
« Une clôture assez archaïque limitait le terrain, pour éviter que les gens ne fassent un pas de trop, le soir, et se retrouvent le crâne fracassé sur les pierres d’en bas. Nous avons donc pris l’escalier de bois, lentement, à cause du merlot et aussi parce que certaines marches pourrissaient et grinçaient sous notre poids. » (p. 27)
« Et l’hôtesse quitta la grande salle commune pendant que les trois larrons se servaient des portions généreuses de tout ce qui était comestible. Ils mangèrent gloutonnement avec des soupirs de satisfaction, quelques rots bien placés et des sourires enjoués. » (p. 71)
« – C’est toi, papa, qui me dis ceci? Toi, le plus éhonté des athées?
– Il faut parfois choisir d’avoir la foi, mon garçon, dit le père en ouvrant la porte et en se coiffant de son chapeau qui arbore une jolie plume rouge et jaune.
– Où allons-nous?
– Aux vêpres, mon fils, aux satanées de vêpres!
– Attends! Je vais chercher mon chapelet!
– Vite!
– C’est monsieur le Curé qui sera content, dit Alexandre en revenant de sa chambre, le sourire aux lèvres. » (p. 138)
Référent(s) culturel(s)
- Référence à des comtés, villes et villages ontariens à forte population francophone (p. ex., comté de Prescott et Russell, Lefaivre, Treadwell, L’Orignal, Hawkesbury).
- Référence à des villes québécoises (p. ex., Thurso, Sherbrooke, Grenville).
- Référence à des figures emblématiques (p. ex., Guy Lafleur, Jos Montferrand, Dollard des Ormeaux).
- Mention de chansons francophones (p. ex., Au clair de la lune, À la claire fontaine, Bonhomme sais-tu jouer, Dé ious qu’y sont tous les raftmen?).
- Référence à l’Expo 67, exposition universelle marquante qui a célébré le centenaire du Canada.
- Référence à une citation de Baudelaire.
- Référence à des danses typiques des soirées canadiennes-françaises (p. ex., gigue, set carré, valse, rigodon).
Pistes d'exploitation
- Écouter avec les élèves la chanson Les Raftsmen et discuter du rôle et des défis liés au métier de draveur. Leur demander, réunis en équipes, de composer une chanson sur un métier contemporain reconnu pour ses dangers. Animer une mise en commun afin de leur permettre de présenter leur création au groupe-classe.
- Inviter les élèves, répartis en équipes, à s’inspirer de vidéos ou à solliciter des membres de la communauté afin d‘offrir des ateliers pour apprendre les danses traditionnelles (p. ex., gigue, rigodon, set carré) mentionnées dans l’œuvre.
- Suggérer aux élèves, répartis en équipes, de mener une recherche sur un héros canadien-français (p. ex., Jos Montferrand), puis de créer une infographie mettant en lumière les faits saillants de sa vie. Inviter chaque équipe à présenter le fruit de sa recherche aux autres équipes par l’entremise d’une activité de carrousel.
- Inviter les élèves à rédiger un récit en utilisant différents types de narrateurs (participant, omniscient et témoin), puis à déterminer les avantages et les inconvénients de chaque perspective narrative. Regrouper les élèves, puis leur demander de lire les textes de leurs pairs et d’identifier la forme de narration qu’ils préfèrent.
Conseils d'utilisation
- Accorder une attention particulière aux sujets sensibles dont on traite dans l’œuvre (p. ex., enfant gravement brûlé, pacte avec le Diable, suicide, masturbation).
- Prêter une attention particulière au choix des termes utilisés pour désigner les membres des diverses nations autochtones (p. ex., Indiens, Amérindiens, indigènes) et pour décrire les gens de différentes orientations sexuelles (p. ex., parler comme un fif).
- Porter une attention particulière aux aspects historiques des peuples autochtones du Mexique (dans Le monstre du lac Blue Sea) et souligner l’importance d’utiliser une diversité de sources.
- Encourager les élèves à lire les deux autres tomes de la série Contes et récits de l’Outaouais, dont les fiches pédagogiques se trouvent dans Fousdelire.
Ressource(s) additionnelle(s)
- IDÉLLO.org, ressources éducatives en ligne, 9e à 12e année, Série: Contes à la belle étoile, divers épisodes.
- IDÉLLO.org, ressources éducatives en ligne, 9e à 12e année, Série: Les meilleurs moments — Jos Montferrand; Rigodon de cuillères.