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2Contes et récits de l’Outaouais, Tome 2

Après le succès des Contes et récits de l’Outaouais, parus en 1996, l’auteur n’avait pas d’autre choix que de récidiver. D’ailleurs, ses lecteurs et lectrices lui en demandaient encore… Il faut dire que ce deuxième tome de Contes et récits s’est fait beaucoup attendre.

(Tiré de la quatrième de couverture du livre.)

3 À propos du livre

Contenu

  • Personnages principaux variés selon le conte ou le récit, tels que Rose Latulipe, une jeune femme tentée par le Malin (La triste histoire de Rose Latulipe), l’ancien Premier ministre William Lyon Mackenzie King (Le voile de la mariée), Nathalie, une orpheline devenue thanatologue en quête d’amour (Le premier baiser), Fred Mann, un homme engagé qui tombe amoureux d’Emma, l’une des filles de ses patrons, les Cooke, et qui, face au refus d’obtenir la main de sa dulcinée, massacre bon nombre de membres de sa famille (Les portes de l’enfer).

« Mais, qui se rappelle l’histoire de Rose Latulipe, cette jeune femme de bonne famille qui eut maille à partir avec le Malin? » (p. 20)

« Tout le monde sait que l’ancien Premier ministre, l’Honorable Mackenzie King, parlait aux esprits et aux fantômes : ses biographes et les historiens nous ont longuement parlé de ses entretiens avec le fantôme de sa mère décédée. » (p. 35)

« Sa réputation ne tarda pas à grandir : la dame n’était pas jolie, il faut en convenir; il fallait convenir qu’elle était même assez laide. Toutefois, tous et toutes parlaient de son entregent, de son empathie, de son amabilité, des soins professionnels sur lesquels on n’avait rien à redire…
[…] Tout semblait aller pour la petite Nathalie, mais elle demeurait taciturne, parfois même triste.
Après un tel succès en affaires, il lui fallait maintenant penser à combler un autre manque, un besoin affectif si longtemps retenu, si longuement caché, comme un péché, comme un crime. Il lui fallait connaître l’intimité d’un baiser, long et langoureux, comme elle en avait vu tant de fois dans les films français… » (p. 135-136)

« Fred crut le moment venu de demander la main d’Emma à son père : il l’aimait comme il n’avait jamais aimé une femme et il était convaincu qu’elle partageait ce sentiment pour lui. » (p. 163)

« Fred réussit à blesser sévèrement William qui tomba raide sur le plancher; le croyant mort, il se tourna vers Emma qui sortit en trombe de la chambre et se dirigea vers l’escalier. » (p. 166)

  • Nombreux personnages secondaires selon le conte ou le récit, tels que ceux des Portes de l’enfer, dont Margaret, Frances et William, certains des enfants Cooke qui survivent au massacre, madame Jespers, la propriétaire d’une maison de chambres qui entretiendra une relation intime avec Fred, la jolie Emma Cooke, dont Fred s’éprend, ainsi que Russles et Mary Ann Cooke, les patrons de Fred.

« Des bruits émanaient de l’étage : c’étaient sans doute Margaret et Frances, les deux autres survivantes, qui s’affairaient à prodiguer des soins au jeune William, 24 ans, éclopé et gémissant comme un jeune porc qu’on égorge. » (p. 154)

« Après avoir interpellé quelques passants, il découvrit rapidement la maison de chambres de madame Jespers, une Européenne comme lui venue s’installer à Montréal depuis bientôt cinq ans […].
Fred Mann était un homme assez costaud et sa taille, au-dessus de la moyenne, le faisait ressortir de la mêlée. Ses yeux vert émeraude, son sourire avenant aux belles dents blanches et cette figure aux angles bien définis, entourée d’une chevelure d’ébène abondante, tout ceci fit de lui un candidat idéal aux charmes de madame Jespers : et il ne se gêna pas pour en profiter le temps qu’il resta dans la métropole. » (p. 156)

« Emma pouffa de rire, ce qui projeta sa tête vers l’arrière et découvrit un long cou blanc satiné où Fred aurait bien aimé poser ses lèvres. Qu’elle était belle, cette Emma Cooke! À peine sortie de l’adolescence, semblait-il. » (p. 159)

« Le vieux Russles Cooke se mit à maugréer, puis à se plaindre ouvertement que son engagé ralentissait, que Fred se laissait aller. Le père décida d’en parler à sa femme Mary Ann, la patronne quand il s’agissait de régler ces choses-là. » (p. 163)

  • Collection de onze contes, récits et légendes, qui transportent le lectorat dans un voyage temporel, offrant un aperçu d’histoires d’une région frontalière exceptionnelle; intrigues qui relèvent pour la plupart de la légende et du surnaturel et qui sont parfois introduites par des retours en arrière ou des notes explicatives; thèmes (p. ex., religion, vengeance, amour, mort) pouvant mener à des conversations intéressantes.
  • Œuvre comprenant cinq illustrations mettant en scène des passages des contes et des récits.
  • Mise en page simple; éléments graphiques (p. ex., mots en italiques pour accentuer les mots en latin,  les dédicaces, un hymne, une lettre, une prière et les paroles d’une chanson en anglais, mots en lettres majuscules pour accentuer leur importance et pour identifier le titre d’un article de journal, chevrons pour identifier des passages en latin, des termes populaires ou empruntés et des paroles de chanson en anglais, astérisques pour indiquer une information partielle) facilitant l’interprétation de l’œuvre; dédicaces et liste des œuvres de l’auteur au début; notes explicatives, bibliographie sélective, remerciements, table des matières et liste d’œuvres des collections Poésie nouvelle, Collection premier roman et Collection patrimoine à la fin; citation de l’auteur et aperçu de trois des textes à la quatrième de couverture du livre.

Langue

  • Registre de langue courant dans l’ensemble de l’œuvre; mots moins connus (p. ex., muqueuses, abâtardi, histrions, mordorée, subrepticement) généralement compréhensibles à l’aide du contexte; mots et expressions du registre familier (p. ex., t’as, ce petit sapré-là, mes petites chipies, il faut que tu t’en alles) et expressions anglaises (p. ex., Get the car, right now, Hurry, Yes sir) dans les dialogues, illustrant le parler typique de l’époque.
  • Phrases de base, phrases transformées et phrases à construction particulière; variété de types et de formes de phrases; abondance de courtes phrases exclamatives et interrogatives dans les dialogues contribuant à la vraisemblance des personnages et favorisant une lecture expressive; emploi marqué du passé simple.

« Jeanne ouvrit les yeux et constata qu’il faisait nuit depuis plusieurs heures. Elle enleva la couverture de satin qui la couvrait et fut sur ses pieds, agile comme un chevreau. Se dirigeant vers la cuisine, elle vêtit une robe de chambre de satin elle aussi.
[…]
– Qui êtes-vous? murmura-t-elle.
– Êtes-vous Madame Lamadeleine? demanda le jeune homme pour toute réponse. Celle qui peut jeter ou enlever un sort?
– Qui vous a dit ça? D’où venez-vous? Et que faites-vous derrière ma maison en pleine nuit? Un véritable interrogatoire qu’entamait une Jeanne de plus en plus suspicieuse. » (p. 90)

  • Figures de style variées (p. ex., hyperbole, onomatopée, personnification, énumération, euphémisme, comparaison, jeu de mots) qui enrichissent le texte.

« Non, non, retourne à ta besogne, je dois nourrir le onzième, il braille à s’en fendre l’âme. » (p. 21)

« CRAC! BOUM!! La porte d’entrée de la maison venait de s’envoler de ses gonds et atterrissait avec fracas sur le plancher de danse. » (p. 31)

« Il faut sentir la fébrilité, la hâte, l’adrénaline pomper les veines et les cerveaux de ces femmes et de ces hommes qui refusent d’en perdre un autre, qui veulent à tout prix gagner le pari du sauvetage. » (p. 57)

« Sa serviette couvrait à grand-peine ses lourds atouts que ne pouvait quitter des yeux le pauvre sacristain. » (p. 87)

« Moi, avec ma veste jaune, je brillais comme un phare dans le brouillard; il ne me manquait que la sirène. » (p. 115-116)

« La serveuse s’approcha, un plateau rempli de Russes sombres et frappés. » (p. 118)

  • Prédominance de séquences narratives et descriptives qui permettent de connaître les personnages et de visualiser les lieux; séquences dialoguées révélant les traits de caractère des personnages et les relations qui existent entre eux et qui font avancer l’intrigue.

« Puis, il baissa les yeux : elle avait oublié ses mitaines. Il les saisit, contourna le comptoir, courut vers la porte qu’il ouvrit et chercha Rose du regard. Trop tard : elle avait disparu. Et la neige qui tombait! Il revint anxieux et songeur. Il n’avait plus que quelques semaines pour avouer à ses parents qu’il avait demandé la main de la fille Latulipe à son père et que leurs fiançailles approchaient à grands pas. » (p. 24-25)

« L’homme avait les cheveux en bataille d’un brun roux, des mains larges, mais sans cal, de larges épaules et il devait bien mesurer près de deux mètres. Sa figure, foncée par un je-ne-sais-quoi de terre ou de boue, paraissait fatiguée, épuisée. » (p. 90)

« – Mais d’où vient cette lumière? demandai-je interloquée.
– Du trou du diable, répondit Michel d’une voix atone.
Je le regardai, bouche-bée, incrédule. Il ricana nerveusement et reprit :
– J’avais entendu parler de cette lueur, mais je ne l’avais jamais vue avant ce soir.
– Qu’est-ce que ces balivernes?
– C’est pas des histoires de grands-mères c’est la pure vérité : on t’invite!
– Qui ça?
– Bien! le diable lui-même! Il t’envoie une invitation spéciale! Il te demande d’aller le retrouver dans son antre souterrain. » (p. 104)

Référent(s) culturel(s)

  • Référence à des villes et villages du Canada (p. ex., Ottawa, Montréal, Hull, Montebello, Casselman, Embrun) où l’on parle français.
  • Référence au château Montebello, un lieu historique dans la région de l’Outaouais.
  • Référence à des politiciens canadiens (p. ex., Louis-Joseph Papineau, William Lyon Mackenzie King).
  • Référence à des périodiques ontariens (p. ex., Le Carillon, Le Droit).
  • Mention de la chanson Les Murailles, de Jean-Jacques Goldman.
  • Référence à l’Ordre du Bon Temps, créé par Samuel de Champlain.
  • Mention de l’auteure Anne Hébert.

Pistes d'exploitation

  • Demander aux élèves, réunis en dyades, d’effectuer une recherche sur les contes inspirés des phénomènes surnaturels de leur propre région et de les présenter dans le cadre d’une soirée de contes et mystères.
  • Proposer aux élèves, regroupés en équipes, d’adapter un des textes pour en faire un conte radiophonique ou un balado. Animer une mise en commun afin de leur permettre de présenter leur création au groupe-classe.
  • Demander aux élèves, réunis en dyades, de comparer les services à domicile offerts par le passé (p. 8) avec ceux qui sont offerts aujourd’hui. Ensuite, les inviter à réfléchir à un nouveau service qui pourrait avoir du succès dans leur communauté. Animer une mise en commun afin de leur permettre de faire part de leurs idées par l’entremise d’une discussion de groupe.
  • Suggérer aux élèves, regroupés en dyades, de rédiger une nouvelle journalistique inspirée des contes et récits lus, puis regrouper les articles dans un journal de classe (imprimé ou virtuel).

Conseils d'utilisation

  • Accorder une attention particulière aux sujets sensibles (p. ex., violence, suicide, avortement, pendaison, lynchage, sexualité, meurtre) dont on traite dans le recueil.
  • Porter une attention particulière aux conditions de vie des femmes à l’époque des contes et récits (par exemple, mariage arrangé, violences conjugales) telles qu’elles sont présentées dans le recueil.
  • Prêter une attention particulière aux termes péjoratifs utilisés dans le recueil pour désigner une femme autochtone (par exemple, sauvageonne) et une personne homosexuelle (p. ex., fifi, tapette).
  • Sensibiliser les élèves que certains passages traitent des pactes avec le diable dans les contes.
  • Encourager les élèves à lire les deux autres tomes des Contes et récits de l’Outaouais, dont les fiches pédagogiques se trouvent dans Fousdelire.

Ressource(s) additionnelle(s)

  • IDÉLLO.org, ressources éducatives en ligne, 9e à 12e année, Série: Contes à la belle étoile — La légende du loup-garou.