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2Contes et récits de l’Outaouais, Tome 1

La rivière des Outaouais sépare, de façon naturelle, le Québec de l’Ontario; mais elle n’a pu empêcher nos ancêtres français de l’utiliser comme « autoroute » du passé ni de s’installer sur ses rives.

Et avant même que Champlain ne la remonte en 1613, les Amérindiens connaissaient déjà l’importance de cette voie navigable. […]

Nulle part ailleurs au Canada traverse-t-on si nombreux, et à chaque jour, une frontière que Québécois et Ontariens partagent : la rivière des Outaouais… Notre imaginaire s’est donc développé de part et d’autre et est devenu un trésor de Contes et récits de l’Outaouais

(Tiré de la quatrième de couverture du livre.)

3 À propos du livre

Contenu

  • Personnages principaux variés en fonction du conte ou du récit, parmi lesquels Samuel de Champlain, un explorateur français fondateur de Québec (La légende du lac des Fées), Jean Cadieux, un voyageur légendaire (La complainte de Cadieux), André Gagnon, un cultivateur (Le champ de guérets), Laurent Scott, un bûcheron prêt à pactiser avec le diable pour passer une soirée avec sa belle Amanda (La chasse-galerie), Braise-Vive, un Autochtone (En effeuillant la marguerite), ainsi qu’une veuve nommée Mathilde Reichenbach (La Veuve Bédard).

« Au printemps de 1615, Samuel de Champlain remonta la rivière des Outaouais une deuxième fois, à la recherche de son interprète Nicolas de Vignau qu’il avait confié l’année précédente à une tribu installée sur la rive Nord. » (p. 11)

« Cadieux et son compagnon partirent aussitôt au-devant des guerriers iroquois, se proposant de leur barrer la route des deux extrémités à la fois. » (p. 75)

« André sortit donc avec son fanal et entreprit, tant bien que mal, de travailler durant la nuit, trébuchant souvent, se relevant en maugréant, mais ne désespérant pas. » (p. 93)

« Je m’appelle Laurent Scott, je suis né à Casselman, mais je suis déménagé avec ma famille dans la basse-ville d’Ottawa il y a quelques années pour trouver de l’emploi. Les temps sont durs, alors j’ai décidé de monter aux chantiers pour amasser assez d’argent afin d’épouser ma fiancée Amanda Lavigne au printemps prochain. » (p. 99)

« – Moi, c’est Braise-Vive, je viens de la tribu des Appalaches, du moins mon peuple semble venir de cette tribu. » (p. 141)

« Madame Veuve Bédard, comme on se plaisait à l’appeler depuis qu’elle s’était installée dans la région, louant successivement des chambres, puis des logis dans le village de Plantagenet. Son attitude secrète, le fait qu’elle ne semblait manquer d’aucun revenu même si elle ne travaillait pas, son allure générale et le choix de vêtements toujours sombres, tout cela contribuait à faire d’elle un personnage étrange et marginal dont on veut tout connaître et, à défaut, sur lequel on aime fabuler et inventer les pires calomnies… » (p. 160-161)

  • Nombreux personnages secondaires selon le conte ou le récit, tels que ceux de la légende La chasse-galerie, dont Jos, bon vivant et cuisinier du chantier, habitué de la chasse-galerie, Lewis, le contremaître du chantier, Baptiste un autre habitué de la chasse-galerie, et Lise, l’amoureuse de Baptiste, qui donnent vie au conte.

« Jos, le cuisinier, s’essuie les mains avec son tablier sale, puis s’approche de nous, un sourire en coin :

  • J’ai une surprise pour vous, les gars, le boss nous a laissé quelques bouteilles de rhum de Jamaïque pour nous réchauffer le goulot en attendant la nouvelle année. » (p. 99)

« C’est le gros Lewis, notre foreman, qui vient de parler. Chaque soir, il fait la tournée des cabanes pour s’assurer qu’on manque de rien, pour avoir le compte rendu de ce qu’on a accompli durant la journée et pour nous donner ses ordres pour le lendemain… » (p. 100)

« Baptiste, de sa voix de maître-chantre, a lancé à travers les bourrasques :
– On est huit, c’est un chiffre pair, c’est ce qu’il faut! Oubliez pas : il faut revenir huit, comme on est parti! Et pas de sacrage! Et pas de boisson! Moi je va vous guider, parce que j’ai déjà couru la chasse-galerie et je connais le chemin. » (p. 101)

« J’ai aperçu ma belle Lise qui dansait avec un grand escogriffe aux moustaches en queue de cochon : elle riait, la tête renversée en arrière et j’ai eu le cœur brisé. » (p. 103)

  • Recueil de treize contes, récits et légendes qui plongent le lectorat au cœur de la région de la rivière des Outaouais; intrigues captivantes où la progression des personnages mène à une réflexion, chaque récit dévoilant à sa fin une leçon ou une morale inscrite dans le contexte historique et social de la région; quelques retours en arrière pour expliquer les gestes des personnages, des événements du passé, ou des croyances; thèmes (p. ex., religion, vengeance, amour, mort) pouvant mener à des conversations intéressantes.
  • Œuvre comprenant treize illustrations au crayon mettant en scène des passages des contes et récits.
  • Mise en page simple; œuvre répartie en treize contes, récits et légendes; éléments graphiques (p. ex., italiques pour souligner des mots en latin, une lettre ou les paroles d’une incantation, caractères gras pour accentuer certains mots, majuscules pour mettre en valeur divers mots, ou  pour désigner un télégramme, chevrons pour accentuer un nom de navire, points de suspension) facilitant l’interprétation de l’œuvre; liste des œuvres de l’auteur, dédicace et avant-propos au début; notes explicatives, bibliographie sélective, remerciements, bon de commande, table des matières et collection de l’éditeur à la fin.

Langue

  • Registre de langue courant dans l’ensemble de l’œuvre; mots moins connus (p. ex., derechef, échauffourée, conciliabule, dulcinée, mansarde), mots anciens (p. ex., pétuner, couards, pleutres, donzelle, loqueteux, quérir) et expressions moins connues (p. ex., secret de polichinelle, mère-patrie, traduit en justice, mettre le grappin, survenant, blanc-bec, fait cul-sec) généralement compréhensibles à l’aide du contexte; mots des registres familier et populaire (p. ex., salaud, pis, bled, voyons) dans les dialogues, reflétant le parler typique de l’époque.
  • Prédominance de phrases transformées; variété de types et de formes de phrases; emploi marqué du passé simple.

« Aile-de-corbeau sortit et revint aussitôt avec deux jeunes guerriers forts et fiers qui déposèrent doucement la mourante sur la civière et partirent derrière le jeune homme qui les suppliait à chaque instant de hâter leur pas. » (p. 69)

« “Demandez à Claude B…: il n’en dort pas la nuit, tellement les rires et les cris sont obsédants…” » (p. 87)

« Et les deux sœurs s’embrassent, liant ainsi leur sort à ce plan ébauché dans la crainte et le désespoir, ce plan irréaliste dont les chances de succès sont aussi bonnes que les chances de retrouver l’Atlantide, continent perdu… » (p. 121)

« – Alors donc! vous l’avez vu?! […]
– Ouais… et en pleine nuit! » (p. 129)

« Tout d’un coup, quelques abeilles sortirent d’une fleur et inutile de dire que je fus prise de panique! » (p. 138)

« Qu’est-ce que ces garnements me préparent-ils comme poisson d’avril? Vont-ils encore emprunter le crucifix de bois accroché dans le transept? Ou dois-je assister au rapt de la Vierge Marie, cette fois-ci? » (p. 173)

  • Figures de style variées (p. ex., énumération, hyperbole, gradation, comparaison, répétition, métaphore) qui enrichissent le texte.

« Très vite, mes deux lieutenants donnèrent des ordres et les guerriers allèrent chercher couteaux, frondes, tomahawks, lances, arcs, flèches et carquois, car quoi qu’il advienne, la bande savait dorénavant le maniement de ces armes meurtrières. » (p. 19)

« Pendant ce temps, Gléphyre, morte d’inquiétude et de peur, égrenait son chapelet avec son père. » (p. 86)

« André se jeta à genoux dans sa glèbe, saisit quelques cailloux à pleines mains, les palpa, les tâta, les entrechoqua violemment, puis les lança à bout de bras en criant de rage… » (p. 95)

« Et je ressentis, tel un éclair, une douleur subite à mon front. » (p. 108)

« Mademoiselle Julie, je vous aime. […] Mademoiselle Julie, je vous aime. […] Mademoiselle Julie, je vous aime. » (p. 126-127)

« Les enfants y trouvèrent leur compte, mais ce drap blanc ne fondit pas et le ciel accumula couverture par-dessus couverture de cette nappe. » (p. 156)

  • Séquences narratives et descriptives qui permettent de connaître les relations entre les personnages et de visualiser les lieux; nombreuses séquences dialoguées, révélant les traits de caractère des personnages et permettant de percevoir leurs sentiments ainsi que les relations qui existent entre eux.

« Le secrétaire fait volte-face, ouvre la porte et sort, la refermant derrière lui. Maisonneuve a toujours été intrigué par ce Daulac, le seul soldat à se porter volontaire en 1657 pour naviguer vers le Nouveau Monde; cet empressement cachait sûrement quelque affaire… La porte s’ouvre, laissant entrer un jeune homme de vingt-quatre, vingt-cinq ans, svelte et robuste à la fois, portant moustaches et barbichette, le cheveu long, mais propre et soigné. » (p. 27)

« La salle est comble, le parterre est rempli, ainsi que les loges et les galeries. Près de coulisses jardin et cour, des banquettes latérales regorgent de spectateurs orgueilleux qui se félicitent d’avoir déboursé le demi-louis d’or que coûte chaque place : l’inconvénient de suivre la pièce de biais ne pèse pas lourd devant l’insigne avantage d’être vu au théâtre par le grand public. » (p. 49)

« – Pourquoi ne pas attendre d’être à Québec pour entrer en contact avec ton homme aux yeux verts par le courrier régulier?
– On ouvre le courrier dans ces institutions et on entre en contact avec les parents dès qu’il existe un soupçon. Non! ce doit être fait avant septembre!
– Alors, qu’est-ce qu’on attend?
– Tu seras à la hauteur?
– Tu en doutes?
– Non! » (p. 121)

Référent(s) culturel(s)

  • Référence à des personnages historiques (p. ex., Samuel de Champlain, Adam Dollard des Ormeaux, Paul de Chomedey de Maisonneuve, Des Groseillers et Radisson).
  • Référence à des auteurs français (p. ex., Molière, Corneille, Racine) ainsi qu’à la pièce L’Avare.
  • Référence à plusieurs localités canadiennes (p. ex., Gaspé, Hochelaga, Ville-Marie, Thurso, Papineauville, Ottawa et Québec) où le français est parlé, contribuant à ancrer l’intrigue dans un contexte francophone.
  • Mention du Théâtre de l’Île, situé à Hull, dans la région de Gatineau, reconnu pour sa contribution à la scène culturelle locale.
  • Référence aux légendes autochtones et aux peuples des Premières Nations (p. ex., Algonquin, Iroquois, Micmac).

Pistes d'exploitation

  • Inviter les élèves à demander à leurs grands-parents, parents, oncles et tantes de leur raconter une légende, un conte ou un récit de leur enfance, qu’il soit issu du Canada ou d’ailleurs. Demander ensuite aux élèves de transcrire cette histoire pour l’inclure dans un recueil collectif de contes et de récits réalisés par le groupe-classe.
  • Inviter les élèves, réunis en dyades, à choisir un conte ou un récit du recueil, puis à le transformer soit en bande dessinée, soit en saynète. Animer une mise en commun afin de leur permettre de présenter leur création ou leur saynète au groupe-classe.
  • Créer une ligne du temps virtuelle et inviter les élèves, regroupés en équipes, à y placer les contes et les récits en ordre chronologique. Leur proposer ensuite d’enrichir cette  frise avec des illustrations et des cartes qui complètent et illustrent les événements ou les lieux évoqués dans les histoires. Animer une mise en commun afin de permettre aux élèves de présenter leur travail au groupe-classe.

Conseils d'utilisation

  • Accorder une attention particulière aux sujets sensibles (p. ex., viol, torture, meurtre, suicide) dont on traite dans le recueil.
  • Porter une attention particulière aux façons dont sont représentées les femmes (p. ex., avoir une fille est une punition, mariage forcé, bâillonner son épouse, violence familiale) dans le recueil.
  • Prévenir les élèves de l’emploi de termes désuets, maladroits, voire péjoratifs pour désigner les membres des Premières Nations (p. ex., indiens, sauvages, indigènes). Placer ces termes dans leur contexte historique.
  • Sensibiliser les élèves que certains passages traitent de pactes avec le diable.
  • Encourager les élèves à lire les deux autres tomes de la série, soit Contes et récits de l’Outaouais, tomes 2 et 3, dont les fiches pédagogiques sont disponibles dans Fousdelire.

Ressource(s) additionnelle(s)

  • IDÉLLO.org, ressources éducatives en ligne, 9e à 12e année, Série: Contes à la belle étoile, divers épisodes.