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Anatomie de la fiche Anatomie interactive
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2Comme une odeur de muscles

Homme peu reconnu dans nos records contemporains, Ésimésac appartint à la race de surhormonés musculaires, au même titre que ces Louis Cyr et autres Montferrances. Il fut un homme qui se démarqua par l’originalité de ses forçures, mais surtout par une modestie sincère qui le garda dans l’ombre. Il porta, à sa façon, le village sur son dos. À savoir jusqu’où il le transporta? Les atlas finiront bien par le dire!

(Tiré de la quatrième de couverture du livre.)

3 À propos du livre

Contenu

  • Personnage principal, Ésimésac Gélinas, connu comme l’homme le plus fort de Saint-Élie-de-Caxton et né sans ombre, qui conclut un pacte avec sa marraine, une sorcière, lui permettant de se transformer en héros malgré lui.

« Voilà. Et Ésimésac Gélinas dans un jeu de quilles. Tout rempli d’attributs, mais qui n’avait pas d’ombre. » (p. 32)

« Et la marraine se pencha sur son patient pour lui parler en termes graves : ²Je vais t’installer l’ombre que tu mérites, mon filleul. Un modèle comme on en voit peu. Une ombre magique. En seulement, tu devras me promettre de suivre les trois conseils que je vais te donner.² » (p. 35)

  • Nombreux personnages secondaires hauts en couleur, tels que la marraine sorcière, qui donne une ombre à Ésimésac, Méo Bellemare, le coiffeur du village, Riopel le forgeron, adversaire d’Ésimésac au tournoi international de dames, Brodain Tousseur, brasseur de bière à mouches, ainsi que le curé, qui remplace le vin de messe par la bière de Brodain.

« […] Et lui filer l’idée derrière la tête que la seule personne à pouvoir l’aider, elle lui côtoyait l’entourage. Trop proche, pas vue. Sa marraine. […] À mi-chemin entre la médecine douce et la lisière sorcière. Et marraine d’Ésimésac. […] On disait d’elle, la sorcière, qu’elle entreposait son stock sombre dans son hangar. […] Des ombres à paupières, ombres de marmottes et ombres chinoises. » (p. 33)

« La dextérité des ciseaux à Méo était menaçante à tout poil. Et on le payait. Bien. En plus que la coupe propre demeure une valeur sûre dans le renouvellement de la demande. Une assurance du retour de la clientèle à la moindre couette. » (p. 53)

« […] À laisser croire que le forgeron souhaitait la victoire de son adversaire. Comme s’il lui laissait des chances. Ceux qui avaient parié sur l’homme de fer s’en voulaient. Certains dénonçaient la mauvaise foi flagrante. Et le manque d’air. Le jeu penchait clairement du côté d’Ésimésac Gélinas. » (p. 61)

« L’un des éleveurs les plus populaires de ces cheptels volants, ce fut Brodain Tousseur. Pour avoir d’abord brassé une recette de bière de bibittes, il choisit un jour de s’étendre les étapes du procédé de fabrication jusqu’à la matière première. Ça avait commencé par des bouteilles vides et sales laissées à la traîne dans son hangar. Consignées avant le temps. Quelques semaines d’oubli et ça se remplissait de mouches tout seul. Comme des retombées du ciel. Sentant le profit, le remplissage par hasard fut remplacé par l’élevage systématique. Maintenant à la tête d’un troupeau imposant, Brodain Tousseur ne se satisfaisait plus d’élever pour simple consommation personnelle. Il rêvait maintenant d’établir un marché nord-américain de la mouche. À boire et à manger pour tous. » (p. 65-66)

« Brodain Tousseur. Lui qui, à l’usage des messes du nouveau desservant, avait réussi à convaincre la fabrique que le vin de messe était une denrée périssable. Et que ça passerait de mode. Et que le concile finirait par verser dans la bière de messe. Bref, depuis peu, il fournissait en bière de bibitte le curé neuf. » (p. 97)

  • Recueil de contes de village, teintés de merveilleux, dans lequel le conteur présente les histoires transmises par sa grand-mère, dépeignant ainsi la vie quotidienne des habitants de son village, Saint-Élie-De-Caxton; nombreux retours en arrière sous la forme de souvenirs et de digressions pour accentuer l’humour; thèmes (p. ex., village, tradition orale, changement, individualisme, ironie) aptes à intéresser le lectorat visé.
  • Quelques photographies en noir et blanc du village et de ses habitants qui rendent crédibles les histoires.
  • Mise en page aérée; recueil de contes divisé en quatre chapitres titrés et numérotés, précédés d’un prologue (Mise au point), dans lequel l’auteur présente son village, et suivis d’un épilogue où il rend hommage notamment à sa grand-mère, une grande conteuse analphabète; disque compact enregistré en 2005 et dont le contenu diffère de la version écrite, accompagnant l’œuvre; éléments graphiques (p. ex., italiques servant à indiquer différents tons de voix, symboles indiquant un laps de temps ou un changement de scène, parenthèses marquant les digressions, points de suspension, guillemets, majuscules) facilitant l’interprétation de l’œuvre; renseignements sur la maison d’édition sur le rabat de la première de couverture; liste des œuvres de la même collection, dédicace, table des matières et préface au début; liste des œuvres du même auteur sur le rabat de la quatrième de couverture; courtes notes biographiques sur l’auteur à la quatrième de couverture.

Langue

  • Registres de langue courant et familier dans l’ensemble de l’œuvre; mots moins connus (p. ex., outrance, bouture, chimérique, hirsutes, pulluler) compréhensibles grâce au contexte; mots du registre familier, dans les dialogues (p. ex., sacoche zippée, couette, placoter, zappette, bibittes), reflétant le milieu rural des personnages; mots inventés (p. ex., l’ère pré-grippespagnole, réombrilitation, laitothon) injectant des brins d’humour dans le texte.
  • Phrases transformées et très nombreuses phrases à construction particulière; variété de types et de formes de phrases; emploi du présent, du passé simple et de l’imparfait de l’indicatif dans la narration.

« S’il y eut un jour des bébés Louis Cyr et embryons de Montferrand, si l’histoire du Québec est remplie de ces capables Canadiens français et autres hypertrophiés de la musculature, aucun n’eut pu tenir tête à ce Gélinas nouveau. Un bétail inné. Un défi de livraison à n’importe quelle histoire de cigogne encore lucide. Une question de transport. Petit, et déjà grand. Encore en couche et tellement fort qu’il pétait et que ça ne sentait pas. Ça goûtait. » (p. 27)

« Ça lui prenait une instruction obligatoire dans une institution spécialisée. Une école de réombrilitation. En ville. Pour le remettre dans les rangs. Dans le nombre. Progressivement. Comme on forge tous les enfants à l’uniforme. Mais pas si simple. Surtout parce que lui, il voulait aller à l’école. Comme les autres. Du village. » (p. 32)

« – Je ne veux pas que tu t’en ailles, qu’elle avait murmuré.
Pour consolation, il avait pris soin de son au revoir.
– Attends-moi, ma belle Lurette. Quand je vas reviendre, ça sera temps qu’on se marisse. Surtout, doute jamais de mon amour… Je vas reviendre pour sûr. Par monts et par vaux. » (p. 39)

  • Nombreux procédés stylistiques et lexicaux (p. ex., néologisme, hyperbole, jeu de mots, expression idiomatique, périphrase, onomatopée, répétition, anaphore, comparaison, métaphore, personnification) créant ainsi une parfaite symbiose avec l’univers fantaisiste et excentrique des récits.

« Cette famille qui nous concerne, elle exemplait par le nombre. Pas loin de cinq cents rejetons. Quatre cent soixante-treize, pour être exact. » (p. 18)

« On l’entendait pleurer à des yeux à la ronde. » (p. 39)

« Ce jour-là qui coïncidait avec la rentrée scolaire, pour revenir à nos moutons, la belle Lurette était en train de s’effeuiller une marguerite adaptée. » (p. 40)

« On le demandait pour un tour d’oreilles, et il vous coupait le cheveu en quatre sur le sens de la longueur. » (p. 53)

« Les oh! et les ah! de la foule scandaient les changements de tours. » (p. 61)

« Loin, loin, comme pour accumuler tout l’élan d’Amérique. » (p. 63)

« Et il avait promis. Et il était trop tard. Et il était coincé. » (p. 71)

« Des poils gros comme des pouces. » (p. 75)

« Après tant de temps sans pluie, les paroissiens avaient la bave séchée. » (p. 107)

« Le sol tremblait sous la puissance du monstre à vapeur. » (p. 143)

  • Prédominance de séquences narratives et descriptives qui permettent de s’immiscer dans l’esprit des personnages et aident à s’imaginer les aventures fantaisistes narrées par l’auteur; séquences dialoguées très clairsemées, révélant les liens entre les personnages et injectant des brins d’humour dans le texte.

« Ma grand-mère avait la faculté de parler en marchant. Et non seulement. Ce qui m’épatait au maximum de ma disponibilité personnelle, c’était cette aptitude d’illettrisme si développée chez elle. » (p. 50-51)

« Saint-Élie-de-Caxton étant situé dans la Mauricie, aux frontières du territoire forestier des bûcherons, il existe très peu de terres cultivables dans les alentours. Aussi, à l’époque, par échec agricole en terre de roches, plusieurs durent se tourner vers des cultures marginales. Pour se garnir la survivance. L’élevage alternatif qui s’imposa durant ces années, ce fut celui de la mouche. » (p. 65)

« – Monsieur Tousseur, la bière disparaît z’et se perd dans la sacristie…
– Je comprends pas, m’sieur le curé!
– C’est pourtant facile z’à comprendre. Vous z’êtes le seul z’à avoir la clé. » (p. 97)

Référent(s) culturel(s)

  • Référents géographiques de la francophonie québécoise (p. ex., la Haute-Mauricie, Trois-Rivières).
  • Mention de personnages historiques (p. ex., Louis Cyr, Montferrand).

Pistes d'exploitation

  • Proposer aux élèves, réunis en équipes, de réaliser une liste des figures de style utilisées dans le texte (métaphores, hyperboles, néologismes), puis de s’en inspirer pour rédiger un court texte humoristique. Animer une mise en commun afin de leur permettre de présenter leur travail au groupe-classe.
  • Demander aux élèves, réunis en équipes, de trouver sur internet des photos de la ville de Saint-Élie-de-Caxton, puis de les utiliser pour créer un collage collectif. Leur suggérer d’ajouter, sous chaque photo, une phrase explicative. Afficher les collages dans la salle de classe.
  • Proposer aux élèves, réunis en équipes, de représenter un chapitre du roman sous la forme d’une saynète. Les inviter à présenter leur saynète devant le groupe-classe.
  • Suggérer aux élèves, réunis en dyades, de dissocier les éléments vraisemblables des contes des éléments invraisemblables. Leur demander de présenter leur travail au groupe-classe à l’aide d’un outil organisationnel.

Conseils d'utilisation

  • Pendant la lecture, accompagner les élèves qui ont du mal à comprendre le langage utilisé par l’auteur; faire écouter le disque compact avant, pendant ou après la lecture des contes.
  • Expliquer la différence entre les schémas narratifs des contes classiques et des contes modernes.
  • Inciter les élèves à lire les autres œuvres de la série Contes de village, telles que Dans mon village, il y a belle Lurette et Il faut prendre le taureau par les contes!, dont les fiches pédagogiques se trouvent dans FousDeLire.

Ressource(s) additionnelle(s)

  • IDÉLLO.org, ressources éducatives en ligne, 9e à 12e année, Série : Amalgame, Gérald Laroche à Saint-Élie-de-Caxton.
  • IDÉLLO.org, ressources éducatives en ligne, 9e et 10e année, Série : Contes à la belle histoire, divers épisodes.