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Bonbons assortis au théâtre

Lorsque Michel Tremblay ouvre la boîte des bonbons assortis de son enfance, il donne à déguster de succulentes scènes qui sont des bonheurs de souvenirs […]

En évoquant les « Nowells » de son enfance et d’autres épisodes qui ont marqué sa jeunesse, il montre en même temps, dans de savoureux dialogues, comment s’est formée l’extrême sensibilité de son écriture à travers les filets de la mémoire trompeuse.

Des bonbons mous, des durs, des fondants, des caramélisés, toujours des gourmandises remplies d’émotion pure.

(Tiré de la quatrième de couverture du livre.)

À propos du livre

Contenu

  • Personnage principal, l’auteur lui-même, qui s’intègre à l’action par l’intermédiaire du narrateur et du personnage de Michel, un enfant de six ans.

« LE NARRATEUR. […] Pour mon plus grand bonheur, quand j’écris, parce qu’il n’y a rien que j’aime plus dans la vie que de ressusciter ces personnages de mon enfance, les décrire et les faire parler… » (p. 11-12)

« LE NARRATEUR. Ne me cherchez pas, je suis caché sous la table, comme d’habitude, et j’écoute ce qui se dit au-dessus de moi. » (p. 12)

« LE NARRATEUR. Ben, au père Nowell, c’t’affaire! C’est-tu le même numéro que pour le ciel? J’ai appelé, une fois, au ciel, pis ça répondait pas… C’est mon frère Coco qui me l’avait donné, mais des fois y est un peu mêlé dans ses numéros de téléphone… » (p. 91)

  • Quelques personnages fétiches de l’auteur parmi lesquels Nana, la mère, Victoire, la grand-mère, Josaphat-le-Violon, l’oncle, Albertine, la tante, et Gabriel, le père.

« NANA. Sacre pas comme ça, le petit est en dessous de la table! » (p. 14)

« VICTOIRE. Pour une fois! J’ai élevé quatre s’enfants sans t’attendre, je te ferai remarquer! Pis t’en as marié un! Pis j’t’entends pas te plaindre de lui souvent! » (p. 15)

« JOSAPHAT, au narrateur. À c’t’heure que j’ai pus d’haleine, j’vas avoir le droit de t’approcher… Viens embrasser ton oncle Josaphat. » (p. 84)

ALBERTINE. Comment tu t’appelles? Hein? Dis-lé plus fort, ma tante… euh, la fée t’entend pas… T’es pas gêné avec la fée des étoèles, toujours! » (p. 97)

GABRIEL., à Josaphat. Bon, ben j’pense qu’on serait aussi ben d’aller en fumer une au salon, nous autres… » (p. 99)

  • Pièce de théâtre composée de saynètes empreintes de tendresse et d’humour, où le regard candide d’un enfant sur le monde des adultes donne lieu à une autobiographie collective tout en reflétant une époque révolue et un milieu social bien précis; thèmes (p. ex., famille, fierté, pauvreté) aptes à intéresser le lectorat visé.
  • Mise en page aérée ; œuvre répartie en deux actes; éléments graphiques (p. ex., italiques, majuscules, points de suspension, guillemets, parenthèses) facilitant l’interprétation de l’œuvre; renseignements relatifs à la création de la pièce de théâtre et description des personnages principaux et dédicace au début du livre; table des matières et liste des œuvres du même auteur à la fin.

Langue

  • Registre de langue courant dans la narration et dans les didascalies; registre populaire (joual) dans les séquences dialoguées (p. ex., c’est laitte, une belle étoèle, laisse-moé-lé, c’t’arbre de Nowell-là) traduisant avec tendresse l’origine sociale des personnages.
  • Prédominance de phrases à construction particulière; nombreuses phrases exclamatives et interrogatives créant un rythme et rendant le dialogue vraisemblable; phrases généralement courtes.

« VICTOIRE. Bon, écoutez, c’est pas en se chicanant qu’on va régler le problème du cadeau de noces de Lise Allard!
ALBERTINE. Au moins, ça passe le temps! Ça fait douze fois qu’on compte l’argent qu’on n’a pas!
NANA. Je vous l’avais dit, aussi, de pas attendre trop tard… Au début de la semaine, on aurait peut-être pu y acheter un cadeau qui aurait eu de l’allure, mais là… Qu’est-ce que vous avez fait de votre argent, pour l’amour du bon Dieu! Vous en aviez, y me semble, tou’es deux, y a trois jours!
VICTOIRE. Pis toé, qu’est-ce que t’as faite de la tienne, ton argent? Hein? T’en avais pas, y a trois jours, toé tou? Hein? » (p. 15)

  • Nombreux procédés stylistiques (p. ex., périphrase, antiphrase, oxymore, anaphore, énumération, ironie) créant des images fortes et des personnages hauts en couleur.

« ALBERTINE. Attention, la grande oreille est en train d’écrire son rapport de la soirée pour sa mère! » (p. 18)

NANA. […] Quand on a la bouche occupée, on se chicane pas. » (p. 19)

« VICTOIRE […] On va encore passer une grande nuit blanche! » (p. 38)

« VICTOIRE […] Y avait tout le temps des fruits, pis tout le temps des légumes. Y pouvaient manger du blé d’Inde pis des betteraves chaudes avec du beurre à l’année, penses-y! » (p. 46)

« VICYOIRE. T’es pas venu icitte pour boire… J’espère que t’es assez en contrôle pour faire ta job comme du monde, pour une fois ! » (p. 83)

  • Nombreux procédés théâtraux parmi lesquels des apartés destinés au public, du comique de gestes et des monologues de personnages s’adressant au narrateur et lui racontant des souvenirs susceptibles de favoriser la création.

« LE NARRATEUR. […] puisque vous êtes là, puisque vous avez choisi de débourser de l’argent durement gagné pour assister à ce qui va se passer sur cette scène… » (p. 11-12)

« ALBERTINE, de la coulisse. J’vas aller m’enfermer avec vous, moman, j’ai trop peur!
VICTOIRE. Le garde-robe est trop petit… » (p. 48)

« JOSAPHAT. J’pourrais te raconter mon histoire de chasse-galerie que t’aimes tant, t’sais, là, la celle avec le yable lui-même en personne […]
VICTOIRE. Cher tit-gars, je pourrais t’en conter, des histoires, à te faire frémir, à te faire dresser les cheveux sur la tête, à te faire trembler pour le reste de tes jours… » (p. 104)

  • Monologue d’ouverture dans lequel le narrateur explique à l’auditoire que la mémoire peut être mensongère et ne reflète pas nécessairement la réalité.

« LE NARRATEUR. La mémoire est un miroir qui choisit les images qu’il veut réfléchir. La mémoire est un miroir trompeur. La mémoire est une tricheuse. Elle embellit ou enlaidit, elle interprète à son gré et conclut comme elle l’entend, elle ment sans vergogne et nous conduit la plupart du temps dans des avenues que notre conscience nous conseillerait de ne pas emprunter mais qui semblent tellement irrésistibles et prometteuses… » (p. 11)

  • Nombreuses didascalies précisant le temps et le lieu de l’action et donnant des directives sur l’attitude que doivent adopter les personnages.

« La lumière se fait sur la salle à manger d’un appartement montréalais des années quarante. » (p. 12)

« Elles baissent la tête, détournent les yeux. » (p. 30)

Référent(s) culturel(s)

  • Nombreuses références à la société québécoise de langue française de l’époque (p. ex., joual, nourriture, temps des Fêtes).
  • Mention du dictionnaire Larousse.

Pistes d'exploitation

  • Proposer aux élèves, regroupés en équipes, de brosser un portrait de la société québécoise des années 1940 et 1950 afin de mieux comprendre le cadre dans lequel s’inscrit le recueil Bonbons assortis au théâtre. Leur demander de comparer les réalités sociales de cette époque (p. ex., événements historiques, importance du clergé et de la religion, rôle de la famille) à celle de leur propre décennie, en s’appuyant sur des extraits de l’œuvre et sur des recherches documentaires. Les inviter à compléter leur analyse par une recherche iconographique (photographies, cartes anciennes, témoignages), puis à présenter leur travail au groupe-classe.
  • Attribuer à chaque élève un rôle correspondant à un personnage du recueil, puis leur demander de brosser un portrait détaillé de ce personnage en précisant ses caractéristiques physiques et psychologiques, son registre de langue, ainsi que les émotions qu’il exprime. Former ensuite des équipes et inviter les élèves à adapter un passage narratif du recueil en scène théâtrale, en transformant la narration en dialogues, en insérant des indications scéniques sous forme de didascalies et en préparant une mise en voix fidèle au style et au ton du texte. Les inviter à répéter leur scène, à concevoir des costumes appropriés, puis à présenter leur saynète devant le groupe-classe.
  • Inviter les élèves à rédiger, en s’inspirant de l’univers de Bonbons assortis, un court récit personnel dans lequel ils racontent un souvenir marquant de leur enfance (fête de famille, tradition, anecdote drôle ou touchante, moment vécu avec un proche). Les encourager à s’inspirer du style de Michel Tremblay en adoptant un ton intimiste et en intégrant des dialogues vivants. Animer une mise en commun afin de leur permettre de lire leur texte au groupe-classe.

Conseils d'utilisation

  • Accompagner les élèves dans la compréhension du joual utilisé dans la pièce en leur expliquant certaines expressions.
  • Discuter de certaines pratiques de l’époque (p. ex., la « vente de petits Chinois »).
  • Encourager les élèves à lire une autre œuvre du même auteur, soit La fille du concierge, dont la fiche pédagogique se trouve dans FousDeLire.

Ressource(s) additionnelle(s)

  • IDÉLLO.org, ressources éducatives en ligne, 7e à 12e année, Série, Vraiment Top!, Top sur le théâtre de Michel Tremblay.