Anatomie de la fiche
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Accidents de parcours

Il y a des jours où tout semble arriver en même temps… Irène se serait bien passée de cette aventure qu'elle est en train de vivre! Non seulement son père et elle doivent transporter les précieuses cendres de Papi vers son dernier repos, mais on dirait que ce dernier a décidé de se moquer d'eux en direct de l'au-delà.

Un trajet en voiture qui s'annonçait sans embrouilles se transforme rapidement en aventure rocambolesque qui changera à jamais leur existence.

(Tiré de la quatrième de couverture du livre.)

 

À propos du livre

Contenu

 

  • Personnages principaux, la narratrice, Irène, adolescente responsable, et son père Louis Roy, homme  maladroit, tous deux vivant de nombreuses mésaventures et des coïncidences étonnantes lors d'un trajet vers le lieu des funérailles du grand-père Raoul Roy.

« C'est ainsi que débute cette belle journée ensoleillée : en catastrophe.
– Papa! PAPA! RÉVEILLE-TOI! que je crie à tue-tête.
Il ne bronche pas. Ne remue même pas un cil.
– Papa, on va être en retard aux funérailles de papi! que je hurle en lui secouant l'épaule. » (p. 9)

« Depuis la séparation de mes parents (qui remonte à plus d'un an), j'ai souvent l'impression que c'est moi, l'adulte responsable de la maison. » (p. 10)

« Mon père, c'est un Gaston Lagaffe en puissance. Son potentiel de maladresse ne cessera jamais de m'étonner. Il m'arrive même parfois de craindre pour sa vie! Il est tout à fait le genre de type à tomber d'une falaise en prenant un égoportrait ou à mettre le feu à sa chemise en allumant une chandelle. » (p. 11)

« Papa est chamboulé : il a failli oublier les cendres à la maison!
– Oh! merci, Irène! Tu me sauves la vie. Une chance que t'es là. Je ne sais pas ce que je ferais sans toi. » (p. 13)

  • Personnages secondaires, Sophie qui attend impatiemment l'arrivée de Louis et d'Irène à l'église, Dostoïevski, bichon maltais du grand-père Raoul, Serge Chiasson, conducteur qui vient en aide à Irène et à son père, puis découvre qu'il est le demi-frère de Louis, et Marilou Lachance, ancienne camarade de classe de Louis, qui se retrouve par hasard en sa compagnie.

« – Irène! C'est Sophie. J'appelle juste pour m'assurer que vous êtes en route. Je n'entends pas de moteur. Ne me dis pas que vous êtes encore à la maison…
Sophie, c'est la sœur cadette de mon père. Elle parle vite et laisse rarement le temps à ses interlocuteurs de placer un mot. » (p. 8)

« Au moment où on passe la porte, Dostoïevski se met à japper pour nous rappeler qu'il fait partie du voyage lui aussi. Dans son testament, papi a stipulé que son compagnon canin devait obligatoirement être présent à ses obsèques. » (p. 13)

« Mon père se charge de répondre.
– Ma fille et moi, on a eu un problème avec notre voiture et Serge, que voilà, nous a embarqués pour nous dépanner. On a parlé et, au fil de la conversation, on a réalisé qu'on était demi-frères. » (p. 46-47)

« Il se présente : Louis Roy. Son visage s'éclaire. Le même Louis Roy qu'en classe de quatrième année? Il lui semblait bien qu'elle l'avait déjà vu quelque part. Elle se nomme à son tour : Marilou Lachance. Il manque de s'étouffer (avec sa salive, je suppose), puis il pousse un cri de joie (il ne pousse jamais des cris de joie). À ma grande stupéfaction, ces deux-là se connaissent déjà! » (p. 62-63)

  • Court roman d'aventure; intrigue riche en péripéties et rebondissements saugrenus, qui tient le lectorat en haleine du début à la fin; thèmes de la famille, de l'aventure, de la mort et des funérailles exploités avec légèreté et humour.
  • Mise en page aérée; œuvre répartie en six chapitres titrés, chacun précédé d'une indication de l'heure (p. ex., 10 h 30 Le pantalon volant), donnant au lectorat l'impression de suivre l'intrigue en temps réel; éléments graphiques (p. ex., majuscules accentuant les expressions et les réactions des personnages, parenthèses mettant en valeur les réflexions ironiques et humoristiques de la narratrice, police différente et quelques emojis distinguant le contenu des textos que reçoit Irène) qui facilitent l'interprétation de l'œuvre; remerciement et citation au début du livre; liste de six autres œuvres de la collection et titres de quatre autres œuvres de l'auteur à la fin.

 

Langue

  • Registre de langue courant dans l'ensemble de l'œuvre; emploi de mots moins connus (p. ex., consternants, chevrotante, aphasique), de mots du registre familier (p. ex., poireauter, écoper, cinglé, fichue), de vocabulaire inusité (p. ex., borborygme) et de quelques mots anglais (p. ex., jumping jacks, chum) compréhensibles grâce au contexte; utilisation de mots inventés (p. ex., mégacendrier, minisourire, pouceux) reflétant le caractère loufoque de l'intrigue et des personnages, et injectant des brins d'humour dans le texte.
  • Emploi de phrases de base, de phrases transformées et de phrases à construction particulière; utilisation d'une variété de types et de formes de phrases (p. ex., déclarative, interrogative, exclamative, négative, emphatique).

« Excédé, papa s'éloigne, la tête tournée vers le ciel.
– C'est foutu! conclut-il en revenant. La voiture se décompose. Elle est morte.
– Elle rend l'âme alors qu'on va à des funérailles. Ironique, non?
Louis n'est pas d'humeur à apprécier l'ironie de la situation.
– Et si on faisait du pouce? je propose. On peut encore arriver à temps.
Il n'aime pas l'idée, mais il n'en trouve pas de meilleure. » (p. 28-29)

« Le policier revient vers nous en nous informant qu'une remorqueuse va se pointer dans une dizaine de minutes.
– À l'avenir, essayez de garder le véhicule sur ses roues. Vous savez, la plupart des automobilistes y arrivent sans trop de difficulté. Sur ce, je vous souhaite une excellente journée! dit-il en regagnant sa voiture de patrouille et en nous laissant en plan.
Excellente journée, excellente journée, il peut bien parler, lui!
Pendant que nous regardons l'auto de police s'éloigner sur l'autoroute, mon père lâche :
– Ça me vire à l'envers, cette histoire! » (p. 48-49)

« Quels pépins la route nous réserve-t-elle encore? Crevaison? Contravention? Fissure dans le réservoir à essence? Surchauffe du moteur? Incendie sous le capot? Tête-à-queue? Carambolage? Tornade? Plus j'y pense, plus je me dis que les possibilités sont infinies. » (p. 66-67)

  • Procédés stylistiques (p. ex., comparaison, personnification, expression imagée, onomatopée, métaphore, interjection) qui enrichissent le texte et agrémentent la lecture; emploi de jeux de mots incitant le lectorat à réfléchir pour en saisir les subtilités.

« – On était sur notre départ, que je lui dis pour la rassurer, alors que je vois mon père dormir comme une bûche sur le sofa. » (p. 8)

« Puis, c'est au tour de mon téléphone de gronder. Sans doute Sophie qui se fait un sang d'encre. Si elle savait, elle tomberait en syncope. » (p. 34)

« – Ce n'est pas ma voiture, se sent obligé de préciser mon père. La mienne a poussé son dernier vroum ce matin. On l'a laissée sur le bord de l'autoroute. » (p. 63)

« Un peu comme un lever de soleil, la ville, avec son cortège de tours de bureaux, apparaît à l'horizon. » (p. 66)

« À notre arrivée, Sophie se lève pour applaudir, avant de venir à notre rencontre.
– Wow! Dites donc, vous avez fait vite! Ce n'était pas nécessaire de vous dépêcher autant, hein? Vous auriez pu vous arrêter pour cueillir des champignons aussi lance-t-elle, visiblement de mauvaise humeur. » (p. 71)

  • Séquences narratives et descriptives, entrecoupées de séquences dialoguées, qui précisent les événements, permettent de s'immiscer dans l'esprit de la narratrice et injectent des brins d'humour dans le texte; insertion de textos de la part du grand-père décédé confirmant la relation harmonieuse qui existait entre lui et sa petite-fille.

« J'examine le conducteur avec curiosité, puis je manque de pouffer de rire lorsque je trouve à qui il me fait penser. Avec ses cheveux courts, blonds et frisés, il ressemble étonnamment à la charmante boule de poils dans les bras de papa.
Justement, après avoir repris la route, il demande :
– Il s'appelle comment, le bichon?
– Dostoïevski, indique mon père.
– Je vais être honnête avec vous, c'est à cause de votre Dosdoki que je vous ai embarqués. Je ne prends JAMAIS de pouceux. Vous savez pourquoi? Parce que j'ai toujours peur de tomber sur un cinglé.
Après un silence, il ajoute :
– Mais je ne pouvais pas laisser un chien sur la route. Ce ne serait pas humain!
Hum, un drôle d'énergumène, celui-là.
Mon père m'adresse un regard signifiant que c'est nous qui sommes tombés sur un cinglé. Le genre d'individu à se coiffé d'un entonnoir au lieu d'une casquette.
– Et vous, vous vous appelez comment? enchaîne mon père, davantage par politesse que par curiosité.
– Cherze Siachon.
– Pardon? s'étonne mon père, décontenancé.
– C'est Serge Chiasson, mon nom, précise le conducteur en rigolant. Je dis ça parce que les gens confondent souvent les s avec les ch.
Drôle d'énergumène, ça se confirme. » (p. 30-31)

« Lorsque mon écran s'allume, mon cœur cesse de battre pendant une seconde et demie.
SALUT, MA BELLE IRÈNE,
JE SAIS BIEN QUE JE SUIS MORT, MAIS CE N'EST PAS UNE RAISON POUR NE PAS TE SALUER UNE DERNIÈRE FOIS. ET TE DIRE QUE TU ES MA PERSONNE PRÉFÉRÉE DANS TOUT LE MONDE ENTIER. QUI AURAIT CRU QUE LES MORTS POURRAIENT CONTINUER DE COMMUNIQUER AVEC LES VIVANTS PAR TEXTO! C'EST FOU, LA TECHNOLOGIE, NON? DU HAUT DE MON PETIT PARADIS, JE PENSE À TOI ET T'EMBRASSE TRÈS FORT.
PAPI RAOUL

Ce message de l'au-delà – ou d'ailleurs – me fait l'effet d'une décharge électrique. Maintenant, mon cœur bat à deux cents à l'heure – beaucoup plus vite que l'auto!
Je fixe l'urne d'un air dubitatif. Est-il réellement possible que papi m'ait envoyé un texto?
Je ne crois pas aux histoires de fantômes, mais là, je dois dire que mes convictions sont ébranlées. » (p. 34-35)

 

Référent(s) culturel(s)

  • Références à la francophonie internationale : Gaston Lagaffe, personnage de bande-dessinée et Papaoutai, chanson de Stromae, musicien belge.

 

Pistes d'exploitation

 

  • Demander aux élèves, regroupés en dyades, de rédiger un court chapitre s'ajoutant à l'endroit de leur choix dans le roman et intégrant un nouveau rebondissement à l'intrigue. Leur demander de respecter les caractéristiques du texte de départ (p. ex., narration participante, séquences narratives et dialoguées, humour). Les inviter à lire leur texte devant le groupe-classe.
  • Proposer aux élèves, réunis en équipes, de représenter un chapitre du roman, sous la forme d'une saynète. Les inviter à présenter leur saynète devant le groupe-classe.
  • Relever, en groupe-classe, les coïncidences et situations imprévues de l'intrigue, puis élaborer une définition du mot « coïncidence ». Inviter les élèves à raconter une coïncidence ou une situation imprévue de leur vécu.
  • Proposer aux élèves de noter, au cours de la lecture, les nombreuses expressions imagées (p. ex., afficher une moue, se faire un sang d'encre, être tombé sur la tête, s'enfuir en catimini). À la suite de la lecture de chaque chapitre, définir, en groupe-classe, les expressions relevées, puis les ajouter à un mur de mots afin de faciliter la compréhension de l'œuvre.

 

Conseils d'utilisation

 

  • Avant la lecture, prévenir les élèves quant aux thèmes délicats de la mort et des funérailles exploités dans l'œuvre. Demeurer sensible aux élèves récemment éprouvés par la mort d'un être cher, qui pourraient réagir au traitement plutôt humoristique de ces thèmes dans l'œuvre.
  • Avant la lecture, faire un retour sur la narration participante et ses effets (p. ex., créer de la vraisemblance, permettre au lectorat de connaître les sentiments et les pensées du personnage principal).
  • Noter que la collection Bonzaï propose de courtes histoires destinées aux adolescents et pouvant plaire aux lecteurs réticents.
  • Inciter les élèves à lire une autre œuvre de la même collection, soit Un problème de taille, dont la fiche descriptive se trouve dans FousDeLire.