Contenu
- Personnage principal et narratrice, Martine, jeune adolescente qui rêve de vivre à Montréal au lieu du petit village où elle habite.
« Depuis quelques mois, je suis obsédée par Montréal. Je passe des heures à la bibliothèque de l’école secondaire à me gaver d’articles et d’images sur Montréal. Le soir, seule dans mon lit, je roule les mots Saint-Denis, Vieux-Montréal sur le bout de ma langue. C’est ridicule, je le sais, mais je suis tombée amoureuse de cette ville-là. Le jour où je me sortirai la tête du trou, ce sera vers Montréal que je pointerai le nez. » (p. 12)
« – Tu sais que je ne peux pas rester ici. J’ai besoin de vivre un peu. Il faut que je parte, il faut que je m’ouvre les yeux au reste de la planète. » (p. 113)
- Quelques personnages secondaires, parmi lesquels la mère de Martine, heureuse de vivre à la campagne, qui comprend difficilement le désir de sa fille, Nadine, une adolescente qui déménage dans le village, puis qui devient à la fois son amie et l’objet de sa jalousie, Antoine, son ami d’enfance, qui s’intéresse à Nadine, ainsi que Suzanne, la mère de Nadine, qui l’encourage à poursuivre ses rêves.
« Ma mère n’est pas d’accord. Je n’ai qu’à mentionner le mot ville et elle devient nerveuse. […] Pour exister, ma mère a besoin d’espace comme moi j’ai besoin de mots. » (p. 16)
« L’arrivée de Nadine dans ma vie m’a presque fait oublier le meilleur moment de l’été : la fin de semaine au chalet d’Antoine. […] Cette année, tout ce qui n’est pas Nadine est insignifiant. Au point où nous pourrions presque nous passer du chalet. » (p. 43)
« Antoine et Nadine se regardent en souriant. Leur complicité les sépare de moi, érige un mur invisible entre nous. La grande muraille de Chine, à un cheveu près. Saviez-vous que vous me faites chier? que votre complicité me donne le goût de foncer comme un taureau sur la grande muraille de Chine? » (p. 116-117)
« Le visage de Suzanne s’embrouille.
– Tu veux te rendre à Montréal, puis vivre dans une auberge? Tu n’as pas d’autre endroit où aller?
– Non.
– C’est un gros problème ça hein?
Je ne dis rien.
– Tu veux absolument y aller?
– Oui. Absolument. C’est mon plus grand désir, mon plus grand rêve.
Elle me regarde longuement.
– J’ai toujours cru qu’il faut suivre ses rêves, dit-elle doucement, ce qui fait naître un brin d’espoir en moi. » » (p. 146)
- Roman initiatique qui permet au lectorat de suivre l’évolution de Martine, qui tente de comprendre le monde qui l’entoure; quelques retours en arrière, sous la forme de souvenirs, qui permettent de comprendre sa relation avec Antoine; thèmes (p. ex., amitié, amour, quête d’identité, fidélité) pouvant susciter chez le lectorat des réflexions et des discussions sur l’influence de son lieu de naissance et sur son identité.
- Mise en page aérée; texte réparti en 8 chapitres numérotés; éléments graphiques (p. ex., tirets, symboles qui indiquent un laps de temps ou un changement de scène, guillemets, italiques, parenthèses, points de suspension, majuscules) qui facilitent l’interprétation du texte; mention d’une autre œuvre de l’auteure et dédicaces au début; table des matières à la fin; note biographique à la quatrième de couverture du livre.
Langue
- Registre de langue courant dans l’ensemble de l’œuvre; mots moins connus (p. ex., délabré, anéantie, arabesque, véhémence), quelques néologismes (p. ex., asphaltien, romantéteux, romantéteuseté), mots du registre familier (p. ex., câline, cochonneries, je m’en fous, nounoune) et mots anglais (p. ex., country, gross, soaps) compréhensibles à l’aide du contexte;mots inventés (p. ex., romantéteux, romantéteuseté) injectant des brins d’humour dans le texte.
- Phrases de base, phrases transformées et phrases à construction particulière; variété de types et de formes de phrases; phrases généralement courtes, parfois lourdement ponctuées, traduisant les émotions des personnages; narration au « je » contribuant à la crédibilité de l’histoire.
« – Quand vas-tu déménager à Montréal, Martine?
– Euh… Aucune idée. Pourquoi?
– Je suis curieuse, c’est tout.
J’oublie d’un coup la lune, ma chair de poule, les oreilles croches. Mon cœur pédale dans ma poitrine. Veut-elle m’accompagner? La question est assise sur le bout de ma langue. J’ouvre la bouche. Le moment est venu de la cracher : Vas-y, articule tes pensées… mais Nadine s’est mise à parler :
– Tu es chanceuse de vivre ici.
Déboussolée. Je m’essaierai plus tard.
– C’est toi qui es chanceuse, Nadine. Tu as vu plus que moi, plus que la plupart des gens de la région. Ta vie est pleine d’aventures. Moi, je n’ai rien vu.
– Donc, tu devrais changer ça!
– C’est vrai!
– Tu ne veux pas vivre une vie qui est toute tracée?
– Non!
– Tu veux barbouiller en dehors des lignes?
– Oui!
– Et tu ne peux pas faire ça ici? » (p. 63)
- Procédés stylistiques (p. ex., répétition, métaphore, hyperbole, expression imagée, personnification, énumération, comparaison) qui permettent d’apprécier le style imagé de l’auteure.
« Aujourd’hui, ma mère parle, parle et parle encore. » (p. 19)
« Nous sacrifions le reste de l’après-midi à la paresse; la chaleur nous transforme en brocolis mous, les heures coulent aussi doucement que le miel. » (p. 28)
« Ils nous ont sûrement entendus rire comme des malades. » (p. 30)
« La nuit te fait un clin d’œil! » (p. 37)
« Tout est prêt. Dentifrice et brosse à dents, crème solaire, maillot, roman, gilets chauds et bas de laine, au cas où. » (p. 47)
« Les mots dansent sous mes yeux comme des poissons sous l’eau et ils se noient dans le bruit de la télévision qui envahit ma chambre. » (p. 155)
- Séquences narratives et descriptives, entrecoupées de nombreuses séquences dialoguées, qui reflètent le désir de Martine de quitter sa petite communauté pour explorer le monde, aident à comprendre les relations qui existent entre les personnages et ajoutent des touches d’humour dans le texte.
« C’est ça! Elle vient de mettre le doigt sur une vérité qui me travaille depuis quelque temps : la vie existe pour être vécue. Il faut la vivre! Se hisser au-dessus de l’ordinaire, croquer dans l’aventure, se remplir les poches d’expériences. Sinon, on va se casser la gueule en trébuchant sur nos regrets. Enfin, enfin, j’ai trouvé quelqu’un qui comprend ça! » (p. 15)
« Nous sommes écrasées entre le lac et le ciel. Le ciel est là-haut, le lac est là-bas, ciel et lac s’étirent jusqu’à leur bout de l’infini. Seulement, ils ne sont pas infinis. Ils finissent ici, entre mes orteils. La plante de mon pied touche à l’univers qui se perd sous la surface, les poils de mon orteil remuent dans le vent du ciel. Les univers se rencontrent à mon pied. » (p. 70)
« Antoine me regarde.
– Penses-tu qu’elles vont partir?
– Si oui, ça ferait mon affaire. Nadine pourrait déménager à Montréal puis m’amener avec elle.
Silence. C’est un sujet délicat, mon départ.
– Tu vas vraiment finir par y aller, hein Martine? Même si Nadine n’y retourne pas?
Il connaît la réponse, mais j’hésite à la prononcer. Une fois les mots sortis de ma bouche, ce sera officiel. Oui, Antoine. Je vais partir, je vais te quitter.
Je me pince les lèvres. » (p. 113)
Référent(s) culturel(s)
- Mention du mont Royal et de la ville de Montréal.
Pistes d'exploitation
- Inviter les élèves à prendre part à une table ronde portant sur les questions suivantes : Quels sont les facteurs qui peuvent provoquer des interactions problématiques ou des malsaines entre amis (p. ex., jalousie, sentiment d’injustice, intimidation)?; De quelles façons pouvons-nous aborder et pallier ces problématiques?
- Proposer aux élèves de rédiger un court message destiné à Martine, en lui donnant des raisons pour lesquelles elle devrait OU ne devrait pas partir pour Montréal. Former des équipes, puis les inviter à faire part de leur message aux membres de leur groupe.
- Proposer aux élèves, réunis en équipes, de donner un titre à chaque chapitre et de suggérer un autre titre pour le roman. Animer une mise en commun afin de leur permettre de faire part de leurs titres au groupe-classe en prenant soin de les justifier. Inviter les élèves à choisir un des titres proposés pour le roman, puis à créer une nouvelle page couverture portant ce titre. Afficher les créations dans la salle de classe.
Conseils d'utilisation
- Revoir les règles de la table ronde.
- Consulter la fiche pédagogique sur le site du Regroupement des éditeurs franco-canadiens (REFC).
- Encourager les élèves à lire d’autres œuvres qui traitent de la quête d’identité, soit Aurélie Waterspoon et Henri et le cheval noir, dont les fiches pédagogiques se trouvent dans FousDeLire.
Ressource(s) additionnelle(s)
- IDÉLLO.org, ressources éducatives en ligne, 9e à 12e année, Série La vie compliquée de Léa Olivier, C’est quoi l’amour?; Question d’avenir.