Contenu
- Personnage prinicipal, Émilie, préférant le nom Aurélie Waterspoon, enfant de la rue qui, se croyant abandonnée par sa mère, cherche à la retrouver.
« Et sa mère qui la met à l’orphelinat. Émilie a décidé de commencer ses recherches dans les asiles psychiatriques, parce que pour se débarrasser d’une enfant aussi charmante qu’elle, il ne faut pas être très en forme dans sa tête. » (p. 49)
« Alors, timide, Émilie dépose un baiser sur son front. C’est la première fois, aussi loin que remontent ses souvenirs, qu’Émilie agit ainsi avec quelqu’un.
Soudain, Émilie ne se sent plus vraiment orpheline. » (p. 54)
- Nombreux personnages secondaires, parmi lesquels Liémie et Miélie, sœurs imaginaires d’Aurélie, qui l’aident à meubler sa solitude, Albert, ancien portier d’hôtel, qui veille sur elle, Natha, dame violoniste âgée, qui fait d’elle son héritière, Ataniel, un ami qui n’est visible que par elle et qui doit choisir entre l’éternité et le monde réel, ainsi que la Grande Bitch/Nathalie, chef de bande, qui devient son amie.
« Ses deux sœurs imaginaires se nomment Liémie et Miélie. Grâce à cette famille inventée, Émilie ne s’ennuie jamais. » (p. 18)
« Émilie plie ses couvertures, les range soigneusement. C’est son ami, monsieur Albert, qui les lui a données. Elles sont pratiquement neuves. Mais le temps de l’abondance est terminé. Il paraît que les clients des hôtels chics n’aiment pas les employés avec des cheveux blancs. La plus grande faute de M. Albert est d’avoir osé demander aux clients s’ils connaissaient la mère d’Émilie. » (p. 26)
« Émilie et la musicienne étaient devenues d’inséparables amies. Émilie aimait lui parler de sa mère et la vieille dame semblait prendre un grand plaisir à l’écouter. De temps à autre, Émilie accompagnait son amie jusqu’au métro ou à la sortie des théâtres. » (p. 41)
« Athaniel ne sera plus alors cet esprit un peu magique qui voyage librement dans le temps et l’espace, comme les chansons et les rires. Aimer Aurélie signifie accepter de vivre aux yeux de tous et surtout de mourir un jour. Sa gorge se serre. C’est trop lui demander. Il renoncera donc à Aurélie. » (p. 163)
« Aurélie est assise sur un banc de Central Park. Elle ne peut pas dire qu’elle est vraiment heureuse. Pourtant, elle a tout ce qu’il faut pour son bonheur. Nathalie, sa nouvelle amie, lui tend la moitié de sa collation. Hier encore, les gens l’appelaient la Grande Bitch. Tout change. Aurélie lui offre son jus de fruit. Les jeunes filles se sourient. Deux orphelines. Leurs cœurs ont souffert sur le même rythme, elles se comprennent. » (p. 219)
- Roman jeunesse mettant en scène Aurélie Waterspoon, orpheline de 12 ans, déterminée à retrouver sa mère qui l’aurait abandonnée, aidée de nombreux amis également en situation d’itinérance, qui tentent de survivre dans un monde semé d’embûches; quelques retours en arrière et ellipses dans le temps afin de relater des souvenirs d’enfance des personnages et de faire progresser l’intrigue; thèmes (p. ex., abandon, amitié, bandes de rue, courage, pauvreté, violence) permettant au lectorat de faire preuve d’empathie envers les personnages qui n’ont d’autre choix que de survivre dans la rue.
- Mise en page aérée; œuvre répartie en vingt-deux chapitres numérotés, dont un seul est titré; suppression du treizième chapitre à cause de la superstition du personnage principal; éléments graphiques (p. ex., italiques, guillemets, tirets, points de suspension, symboles indiquant un laps de temps) facilitant l’interprétation du texte; œuvres du même auteur, dédicace et prologue au début du livre; deux épilogues, table des matières, exemples d’activités en salle de classe, œuvres de la même collection à la fin; renseignements sur l’auteur à la quatrième de couverture.
Langue
- Registre de langue courant dans l’ensemble de l’œuvre; mots moins connus (p.ex., courroucée, geôle, prodige) compréhensibles à l’aide du contexte; mots du registre familier et populaire (p. ex., bouffez, dégueulasse, pipi-caca, p’tit cul) et mots anglais (p. ex., dammit, really, teenager) renforçant la vraisemblance du dialogue des enfants de la rue.
- Phrases transformées et phrases à construction particulière; nombreuses phrases de formes et de types variés (p. ex., déclaratives, exclamatives, impératives, interrogatives, inversées) traduisant les émotions, les questionnements et l’impulsivité des jeunes personnages.
« Arrivée au bord de l’autoroute Broadway, elle déplie une canne blanche télescopique, se colle sur le nez des lunettes noires et entreprend de traverser la voie à grande circulation. Elle avance de son pas glissé d’aveugle au milieu du hurlement des freins et des coups de klaxon rageurs. Aveugle pour « embêter les gens », elle va son petit bonhomme de chemin, sans s’émouvoir. Autour d’elle, c’est le chaos. On entend ici et là des bruits de tôle froissée. Vivre dangereusement est excitant! Si elle avait une mère, elle ne serait probablement pas aussi hardie! » (p. 124)
« Reprenons l’idée d’Ali. Que diriez-vous d’un Gummie Bear par gros mots?
– Miam! Un ours en gélatine. On pourrait faire un tableau de punitions? ajoute encore Ali. Celui qui dira une bêtise sera puni d’un ours?
– Parfait, dit Aurélie, voyons le cas 1.
– Pourquoi 1 et pas A? questionne Cisco.
– Bah, cas 1, cas A, ça fera pas avancer les choses plus vite, reconnaît André. » (p. 159)
- Nombreux procédés stylistiques (p. ex., personnification, énumération, antithèse, métaphore, comparaison, jeu de mots, exagération, onomatopée) ajoutant de la couleur au texte.
« Autour d’elle, la forêt l’emprisonne de ses liens rassurants. » (p. 14)
« Émilie a visité au moins douze immeubles avant de trouver le sien. Celui-ci est situé près des centres d’achat, d’un parc, du cinéma où l’on peut visionner deux films pour le prix d’un. » (p. 18)
« …Émilie est devenue une vieille enfant. » (p. 28)
« Sa tête bourdonnait de questions demeurées sans réponse. » (p. 39)
« Une musique qui n’est pas écoutée, elle s’étiole, et meurt…
– Comme une fleur qu’on n’arrose pas, continua Émilie.
– Les notes qui meurent sont les larmes d’un enfant ou un oiseau qui ne peut plus voler. C’est triste. Avec toi, je réapprends à maîtriser les rythmes, comme si les notes…
– …faites de cristal, s’étiraient, vibraient, prêtes à se rompre, dit Émilie. [… ] Parfois, elles ramassaient assez d’argent pour faire un petit marché. Il y avait alors, dans la cabane de la forêt, sur la table de bois, du pain blanc, du beurre et des fruits, jamais de viande. Les deux amies aiment trop les animaux pour cela. » (p. 41)
« – Un devin, rectifie André.
– Deux vins? Diable! Et en plus elle est alcoolique? se lamente l’Espagnol. » (p. 74)
« Le camion d’ordure qui arrive du Bronx ne vaut rien, c’est trop pauvre là-bas. Celui de la Cinquième avenue, par contre, est une vraie mine d’or. » (p.101)
« Il lui a appuyé sur le carafon, ça a fait “sscchhuuifff”, un bruit de succion, et il a tiré la chasse d’eau. » (p.180)
- Séquences narratives et nombreuses séquences dialoguées apportant des précisions sur les lieux, aidant à comprendre les relations qui existent entre Aurélie et les autres personnages, réels ou imaginaires, et permettant de suivre leur parcours.
« Émilie adore les matins d’hiver. Les rues sont propres, neuves. Les déchets sur les trottoirs disparaissent. Les autos se déplacent sans bruit. On dirait qu’elles ne touchent plus le sol. Tout est silencieux, paisible, comme si la misère n’existait plus. En ce moment, Émilie est un peu nerveuse. Dans deux jours, elle affronte Marjo Bagradie, dite la Grande Bitch, une véritable teigne, au cours du fameux combat de rues Griffes et Crocs qui désignera un chef pour la bande des filles de la gare centrale. Cette mauvaise fille la harcèle depuis des années, sans raison valable. » (p.26)
« Dès leur création, ce que disaient les sœurs imaginaires sortaient de la bouche d’Émilie, bien entendu, un peu comme lorsque l’on se parle à soi-même. Mais cette nuit, Liémie agissait et s’exprimait sans l’intervention d’Émilie. Elle échappait à tout contrôle. » (p.29)
« – Je me nomme Natha, petite amie, un nom que je me suis inventé… je ne me souvenais plus du mien. Toi, c’est Émilie, je sais. Tu viens souvent t’asseoir là, sous le chêne. Ta note est jolie. Tu m’as redonné le goût de la belle musique, Émilie, celui de la vie aussi. » (p.41)
« – Ton offre me touche beaucoup, ma chérie, mais ta cave est trop petite pour nous deux. Sois patiente, dès que j’ai un emploi, je prends un logement où nous habiterons, toi et moi, comme une véritable famille et, ensuite, nous chercherons ta mère. » (p.53)