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Une aventure au pays des Ouendats

Sébastien et Julie participent avec leur classe à un programme éducatif au site historique de Sainte-Marie-au-pays-des-Hurons. Leur séjour s’annonce comme une vraie partie de plaisir. Or, à leur grande surprise, ce retour dans le temps prend les allures d’une aventure plus grande encore que celle qu’ils avaient imaginée.

En 1648, un jeune garçon français, Petit Louis Léger, débarque à la mission jésuite fortifiée de Sainte-Marie. Il se lie d’amitié avec Arakhié, un Autochtone ouendat. Avec son nouvel ami, Louis va vivre les moments les plus tumultueux et déchirants de l’épopée des Français au pays des Ouendats. Un roman historique excitant où le passé rencontre le présent.

(Tiré de la quatrième de couverture du livre.)

À propos du livre

Contenu

  • Personnages principaux différents selon la chronologie; dans le récit du 21e siècle, Julie et Sébastien, deux adolescents qui découvrent à l’occasion d’une sortie éducative de nombreux faits historiques au sujet des Ouendats; personnages principaux dans le récit du 17e siècle, Petit Louis, jeune Français surnommé Tsiko, et Arakhié, un jeune amérindien qui renseigne son ami sur le mode de vie des Ouendats.

« – Les Ouendats étaient sédentaires, explique Luce. Parce qu’ils pratiquaient l’agriculture, ils ont pu s’installer dans cette région de façon plus permanente.
Tout en offrant ces renseignements, Luce guide le groupe d’élèves vers le logement des autochtones. Julie jette un regard curieux vers la maison longue.
– Je ne savais pas que de telles maisons existaient, dit-elle à Sébastien. En effet, ça se déménagerait difficilement.
[…]
– L’âtre est placé sous une ouverture dans le plafond, explique Luce. Cela permet à la boucane de sortir un peu et laisse entrer un soupçon de clarté. » (p. 12-13)

« – Cher Tsiko, tu es un Agnonga. C’est ainsi que nous désignons les hommes blancs parce qu’ils nous ont apporté des objets de fer.
– Mais, vous êtes bien contents de travailler avec nos haches de fer, non? rétorque Petit Louis indigné.
– Bien sûr! Mais nous sommes devenus dépendants de vos objets. En plus, vous avez créé un climat de concurrence entre les différentes nations. Nous, nous sommes alliés aux Français et, les Iroquois eux, aux autres hommes blancs plus au sud. Nous ne respectons même plus nos droits territoriaux. Vous avez bouleversé nos vies. Maintenant, nous ne pourrons jamais retourner à notre ancien mode de vie. » (p. 45-46)

  • Quelques personnages secondaires dans le récit du 21e siècle, dont Luce, la guide responsable du groupe scolaire, Henriette Vadeboncoeur, l’enseignante du groupe, et Nathaniel Laurin, le géologiste, qui permet à Sébastien de retracer sa généalogie; nombreux personnages secondaires dans le récit du 17e siècle, parmi lesquels la vieille dame ouendate, qui prodigue des soins à Petit Louis, l’esprit d’Ontiarac, qui réconforte les malades à l’hôpital, les Iroquois, qui attaquent Sainte-Marie, les pères Brébeuf et Lalemant, jésuites torturés par les Iroquois, l’oncle Taratouan, qui guérit Arakhié, ainsi que le père Ragueneau, qui brûle le fort Sainte-Marie.

« Luce jette un coup d’œil du côté de son interlocuteur. La guide responsable du groupe scolaire venu faire un séjour au site historique de Sainte-Marie-au-pays-des-Hurons près de Midland, en Ontario, enchaîne patiemment :
– Attingnawantan signifie ²ours² dans la langue de la nation amérindienne des Ouendats. » (p. 11)

« – Les Ouendats ne vivaient pas dans des wigwams, mais dans des maisons longues, corrige doucement madame Henriette Vadeboncoeur. Sébastien regarde son enseignante. » (p.12)

« La sexagénaire, qui pilonne du maïs dans un mortier, laisse son travail. Elle nettoie la plaie qui couvre le front de Petit Louis. Elle prépare ensuite un cataplasme qu’elle place sur le front enflé afin de combattre l’inflammation. Le service rendu, elle reprend son travail et tente de rassurer Petit Louis :
– Ça ira mieux dans quelques jours, Tsiko. » (p. 26)

« Depuis, les gens qui travaillent ici au site historique aperçoivent parfois un esprit. Un vieil autochtone rôde dans l’hôpital. Certains l’ont vu marcher. D’autres l’ont entendu fredonner des airs tristes. Nous croyons que c’est le fantôme d’Ontiarac. Peut-être veut-il nous rappeler le sort cruel des Hurons qui ont succombé aux maladies? Peut-être cherche-t-il à réconforter les esprits des morts qui rôdent toujours dans l’hôpital? » (p. 32-33)

« – Les Iroquois ont attaqué Taenhatentaron, notre village, raconte haletant le plus vieux des trois. Nous sommes les seuls survivants. » (p. 43)

« Les Iroquois amènent leurs prisonniers, les pères Brébeuf et Lalemant, au village Taenhatentaron.
[…]
Les pères, dépouillés de leurs vêtements, marchent en se traînant entre les hommes qui les frappent brutalement avec des gourdins. » (p. 49)

« Taratouan s’affaire au-dessus du corps du malade. Il secoue énergiquement une sonnette faite d’une carapace de tortue. Il ramasse ensuite des cendres chaudes dans ses mains nues et les éparpille au-dessus d’Arakhié. Petit Louis ne comprend ni les incantations, ni le rituel de l’Oncle. Mais le mouvement gracieux et la présence surhumaine du guérisseur le fascinent. » (p. 62-63)

« Petit Louis, abasourdi, dévisage le jésuite et lui demande naïvement :
– Père Ragueneau, comment avez-vous pu mettre le feu à Sainte-Marie? Je n’y comprends rien.
Sans hésiter, le père Ragueneau explique sa décision :
– Voir le labeur de dix ans disparaître me déchire. Mais, nous ne sommes pas les premiers, et nous ne serons pas les derniers à détruire notre foyer de peur qu’il tombe entre les mains de nos ennemis. » (p. 76)

« – Je m’excuse, Madame Vadeboncoeur, prononce Sébastien essoufflé. Je faisais une recherche généalogique avec M. Laurin… et nous avons fait une découverte extraordinaire… et je ne voyais pas le temps passer… et… » (p. 94)

  • Roman historique dans lequel se chevauchent deux récits, histoires alternant entre le voyage éducatif d’un groupe d’étudiants et la vie des Ouendats au 17e siècle; intrigue riche en péripéties, tenant le lectorat en haleine du début à la fin; dates parsemées dans le texte contribuant à la vraisemblance de l’histoire; thèmes (p. ex., amitié, traditions autochtones, histoire, danger) aptes à capter l’intérêt du lectorat visé.
  • Mise en page aérée et dynamique; texte réparti en 16 chapitres titrés; éléments graphiques (p. ex., italiques, tirets, guillemets, points de suspension, majuscules, astérisques) facilitant l’interprétation du texte; liste des œuvres de l’auteure et dédicace au début; cartes du pays des Ouendats et du trajet de Québec à Sainte-Marie indiquant les lieux mentionnés dans l’œuvre à la deuxième et troisième de couverture du livre; lexique et table des matières à la fin; notes biographiques sur l’auteure à la quatrième de couverture.

Langue

  • Registre de langue courant dans l’ensemble de l’œuvre; mots moins connus (p. ex., ébène, trépigne, goulûment, crépite) et quelques mots de la langue iroquoienne (p. ex., Attignawantan, Gahoendoe) compréhensibles à l’aide du texte et du lexique.
  • Phrases transformées, phrases à construction particulière et nombreuses phrases de base; variété de types et de formes de phrases (p. ex., interrogative, exclamative, négative); phrases généralement courtes.

« Tewatirhon sent une balle d’arquebuse déchirer la chair de sa cuisse gauche et brûler sa peau. Malgré sa blessure, il fonce à nouveau dans la bataille sanglante. Le combat se poursuit même après la tombée du jour… » (p. 58)

« Khiongnona, interpelle la grand-mère du haut de son lit, tu n’envoies pas le petit à l’hôpital des Français? […] Les deux femmes savent que l’hôpital des Blancs est un milieu malsain duquel peu des leurs sortent vivants. Autant combattre la mort ici avec sa mère que l’attendre parmi d’autres condamnés.
– Et le baptême! Il est surprenant que les marchands d’âmes ne soient pas encore à notre porte, constate la vieille femme. » (p. 58-59)

  • Nombreux procédés stylistiques (p. ex., énumération, expression imagée, métaphore, personnification, comparaison, anaphore, répétition) qui permettent d’apprécier le style de l’auteure.

« Ensemble, ils examinent la longue route qui sépare la ville de Québec de la mission Sainte-Marie : les rives du fleuve Saint-Laurent, la rivière des Outaouais, la rivière Mattawa, le lac Nipissing, la rivière des Français et enfin, la baie Georgienne. » (p. 15-16)

« C’est en forgeant qu’on devient forgeron! » (p. 22)

« Après chaque visite, elle voyait un nouveau pli sculpter son visage. » (p. 32)

« Les yeux de Petit Louis sautillent nerveusement. » (p. 52)

« Les ennemis épient la palissade, rôdent autour de la mission comme des loups encerclant une bergerie. » (p. 52)

« Qu’il est certain que cela l’ennuiera à mort…
Qu’il n’aime que les sports et la nourriture…
Qu’il préfère laisser sa place à un autre… » (p. 73)

« Ils eurent plusieurs enfants qui eurent plusieurs enfants qui eurent plusieurs enfants… » (p. 96)

  • Séquences narratives et descriptives, entrecoupées de nombreuses séquences dialoguées, qui fournissent des informations sur une époque particulière, permettent de s’immiscer dans l’esprit des personnages et traduisent les dangers auxquels faisaient face les Ouendats à cette époque.

« Sébastien détourne alors son attention vers la maison longue. Tout le groupe observe l’intérieur enfumé. De chaque côté de l’habitation, s’élèvent des plates-formes qui ressemblent à d’énormes lits superposés, recouverts de peaux d’animaux.
– J’imagine qu’une quarantaine de personnes pourraient vivre ici, estime Julie.
– Ce n’est pas tout à fait ma chambre à coucher, murmure Sébastien.
Julie tente d’imaginer quarante personnes dans sa chambre à coucher. Elle pouffe de rire :
– Tu as raison Sébastien, nous vivons dans un tout autre monde. Je ne voudrais pas vivre ici, mais, pour quelques jours, ça me plaira. » (p. 13-14)

« – Deux armées iroquoises seraient en route pour Ouendake. Les Iroquois veulent nous empêcher de nous établir à nouveau dans nos anciens villages et de reprendre la culture de nos terres. Ils tueront ou captureront ceux qui tenteront de le faire. Nous ne pouvons plus défendre notre territoire ancestral.
– Pourquoi les Iroquois nous haïssent-ils autant? lui demande un jeune chef, découragé.
La voix affaiblie d’un homme, ravagé par la faim, se fait entendre.
– Détrompe-toi, ce n’est pas la haine qui les motive. Leur population aussi a été décimée par les maladies et les guerres. Les Iroquois souhaitent ardemment que leurs pressions nous incitent à nous intégrer à eux. Ils ont la même tradition de l’adoption de leurs ennemis que nous. Certains des nôtres voudront probablement s’unir avec des parents qui sont déjà devenus des Iroquois.
– Tu as raison. Mais je refuse de m’intégrer aux Iroquois, tranche le chef aîné. Et cette île nous offre peu de chance de survie! Allons-nous partir ou mourir? » (p. 88)

Référent(s) culturel(s)

  • Référence au site historique de Sainte-Marie-au-pays-des-Hurons.
  • Référence à la vie des Ouendats, des pères jésuites, notamment le père Brébeuf et le père Lalemant, deux des saints martyrs canadiens.

Pistes d'exploitation

  • Demander aux élèves, regroupés en dyades, de mener une recherche sur les conséquences de la colonisation de l’Amérique sur les Autochtones (p. ex., religion, médecine), puis de créer une fiche descriptive. Animer une mise en commun afin de leur permettre de présenter leur travail au groupe-classe.
  • Proposer aux élèves, regroupés en dyades, d’effectuer une recherche sur le site historique de Sainte-Marie-au-pays-des-Hurons en tenant compte de critères précis (p. ex., situation géographique, structures sociales, alimentation, maladies). Leur suggérer de trouver sur internet des photos, puis de les utiliser pour créer un collage collectif. Exposer le collage à l’entrée de l’école.
  • Dans le roman, Arakhié a une vision, puis il devient chaman. Suggérer aux élèves, regroupés en équipes, de mener une recherche sur les chamans en vue de répondre aux questions suivantes : Quelles étaient les quatre catégories de chamans des Ouendats? Qu’utilisaient-ils en tant que remèdes? Animer une mise en commun afin de leur permettre de faire part de leurs trouvailles au groupe-classe.
  • Dans l’œuvre, la grand-mère dit à Petit Louis : « – Tu sais, Tsiko, l’amitié c’est comme les ²Trois Sœurs² ». Invitez les élèves à participer à une discussion pour analyser et commenter cette comparaison.

Conseils d'utilisation

  • Accorder une attention particulière aux sujets délicats dont on traite dans le roman, soit la torture et la mort.
  • Sur une carte géographique, situer les lieux où se déroule l’histoire.
  • Inciter les élèves à lire d’autres œuvres qui traitent de la colonisation, telles que Étienne Brûlé, tome 1 – Le fils de Champlain et Étienne Brûlé, tome 2 – Le fils des Hurons, dont les fiches pédagogiques se trouvent dans FousDeLire.

Ressource(s) additionnelle(s)

  • IDÉLLO.org, ressources éducatives en ligne, 5e à 12e année, Série : Vraiment Top!, Outils ingénieux utilisés par les Premières Nations.
  • IDÉLLO.org, ressources éducatives en ligne, 5e à 12e année, Série : Le rêve de Champlain, Huronie 1614-1628.