Contenu
- Personnages principaux, James Collins et Philip Daggett, deux Américains qui partent à la chasse à l’orignal au lac Carey, situé dans le nord de l’Ontario.
« Il y avait à bord ce jour-là, James D. Collins de Boston et Philip Dagget, son beau-frère, de Détroit. […] L’appareil appartenait à la Carey Lake Outfitters, petite compagnie spécialisée dans le service des touristes, chasseurs et pêcheurs et qui possédait trois petits avions biplaces et un hélicoptère.
C’était le 11 novembre, il ne restait plus que quatre jours de chasse avant la fin de la saison et les deux Américains désespéraient de voir enfin un orignal. » (p. 7-8)
- Personnages secondaires peu nombreux, soit Sylvio Tremblay, directeur de la section chasse et pêche qui, en tentant de résoudre l’énigme derrière la disparition des trois hommes, découvre des vérités dérangeantes, Donald Ferris, propriétaire de la compagnie Carey Lake Outfitters, et son employé Roger Lavoie, le pilote de l’hélicoptère, tous deux impliqués dans des activités illégales, ainsi qu’un vieux Métis, propriétaire du poste de traite de Mammamattawa, qui fournit des perspectives sur le contexte culturel et historique.
« Sylvio Tremblay prit la tête des opérations. Il s’agissait de diviser le territoire des recherches en cinq parties et d’en attribuer une à chaque avion. » (p. 27)
« Donald Ferris et Roger Lavoie, je vous déclare coupables d’avoir loué vos services et votre équipement pour reconnaître, pourchasser et transporter du gibier en aéronef. […] Donald Ferris est responsable devant la loi de l’entreprise qu’il dirige. » (p. 42)
« Le ″poste″ de Mammamattawa est une construction en bois assez grossière qui tient lieu de magasin général, de bureau de poste, de clinique de premiers soins et de poste de traite des fourrures. Son propriétaire, un vieux Métis alliant la cupidité des Blancs à la ruse des Indiens, attendait les deux arrivants de pied ferme. » (p. 105)
- Court roman d’aventure; intrigue qui explore l’équilibre délicat entre la nature et l’humanité; histoire qui se déroule dans l’ordre chronologique entre les années 1974 et 1976; thèmes (braconnage, justice, fièvre de l’or, Premières Nations et Métis, forces de mère Nature) aptes à intéresser le lectorat visé.
- Mise en page simple; œuvre répartie en trois différentes parties (La chasse, À la recherche de l’or et La fortune) subdivisées en chapitres numérotés; éléments graphiques (p. ex., guillemets, tirets, italiques, points de suspension, ainsi que nombreuses annotations en bas de pages permettant au lectorat de connaître, entre autres, l’origine de mots amérindiens et l’historique de certains événements) facilitant l’interprétation du texte; titres d’œuvres de l’auteur, dédicace et carte géographique de la région au début du livre; épilogue à la fin; renseignements sur l’auteur à la quatrième de couverture.
Langue
- Registre de langue courant dans l’ensemble de l’œuvre; emploi de mots recherchés (p. ex., fangeux, pénates, palonnier, harangue) et de mots d’origine autochtone (p. ex., muskey, Nagagami, Pitukupi, Kenogami) compréhensibles grâce au contexte et aux notes de bas de page; quelques mots anglais (p. ex., swamp, jeep) et mots du registre familier (p. ex., ciboulot, tignasse, mal de bloc) reflétant la réalité linguistique des personnages.
- Phrases de base, phrases transformées et phrases à construction particulière; variété de types et de formes de phrases (p. ex., déclarative, interrogative, exclamative, négative); emploi du passé simple et de l’imparfait dans les séquences narratives, et du présent de l’indicatif dans les dialogues.
« Puis, on se mit au travail. Le pilote partit chercher l’hélicoptère qu’il atterrit tout près de la carcasse. Déjà, on saignait l’animal tout en devisant de la meilleure façon de le dépecer.
″Quelqu’un veut boire un coup? Collins sortit une bouteille de son sac. Ça va nous réchauffer. Et puis, il faut bien fêter ça!″
Il donna lui-même l’exemple en ingurgitant une forte rasade de whisky. Puis, il tendit la bouteille à Daggett, ensuite à Lavoie. » (p. 13)
« ″C’est l’affaire de deux ou trois jours. Ce n’est pas la fin du monde.″
Les deux Américains n’avaient pas l’air convaincus, ou en tous cas, pas enchantés. Daggett s’exclama :
″Trois jours par ce froid! Et qu’est-ce que nous allons manger?″
Lavoie se savait responsable. Mais il commençait tout de même à trouver que ses deux compagnons manquaient un peu d’imagination. » (p. 21-22)
- Procédés stylistiques (p. ex., accumulation, expression imagée, oxymore, métaphore, antiphrase, personnification) qui enrichissent le texte et en agrémentent la lecture.
« C’est cette région sauvage, pleine d’embûches, cette végétation tour à tour riche et pauvre, ces conifères omniprésents qu’on a appelés la ″taïga″. » (p. 9)
« Dans le bureau du garde-chasse en chef de Hearst, il y avait réunion. C’est qu’on avait du pain sur la planche. » (p. 15)
« Puis, avec la gaieté un peu bourrue qui lui était habituelle, il lança quelques boutades destinées à mettre les chasseurs à l’aise. » (p. 36)
« La neige diminua peu à peu, comme si elle se résorbait, pendant que les cours d’eau se gonflaient jusqu’à faire éclater leur corset de glace. » (p. 45-46)
« Vous feriez mieux de protéger vos chers orignaux plutôt que d’embêter de paisibles touristes en jouant les Arsène Lupin. » (p. 55)
« La Nature, à sa manière, célébrait par cette aurore boréale, la mort du dernier des trois braconniers. » (p. 114)
- Séquences narratives et descriptives, entrecoupées de séquences dialoguées, qui permettent de s’immiscer dans l’esprit des personnages et de suivre le fil des événements.
« Quand Lavoie se rendit compte de la situation, il allait inviter les trois pêcheurs à se rendre au campement, mais il eut la surprise d’entendre Collins crier :
″Surtout, faites attention aux requins!
– Des requins! Ici? Vous n’êtes pas sérieux? fit un des hommes, incrédule.
– Si, j’en ai vu trois pas plus tard que ce matin, rétorqua Collins en roulant des yeux. Ils vont tous nous manger! C’est la fin du monde. Mais je vais leur construire un piège.″ »
Il se remit au travail avec frénésie. L’un des hommes se pencha vers ses compagnons et leur dit, assez bas pour n’être pas entendu des chercheurs d’or :
″Ce sont des fous! Vite, filons d’ici.″
Ce qui fut fait en moins de temps qu’il n’en faut pour le dire. » (p. 86)
« Collins ne l’entendait pas de cette oreille. Il avait imaginé le fond de ce bassin littéralement pavé d’or, duquel il n’aurait suffi que d’enlever les cailloux sans valeur. Au lieu de ça, il faudrait continuer à laver du gravier pendant des années. Il s’objecta :
″Il faut aller plus vite! Je veux rentrer chez nous à l’automne avec plus d’or que le canot n’en peut contenir.
– Moi, je veux bien, dit Lavoie. Mais comment faire pour aller plus vite?″
Il réfléchit un moment, le front plissé. Puis il s’avança un peu, ouvrit la bouche, mais la referma, comme un homme qui a une idée en tête mais qui n’ose pas l’exprimer. » (p. 89)
Référent(s) culturel(s)
- Référence aux Premières Nations, à la réserve de Calstock, ainsi qu’aux Métis du nord de l’Ontario.
- Mention de nombreux villages et de nombreuses villes de l’Ontario (p. ex., Hearst, Cochrane, Val-Côté) où se retrouvent des regroupements franco-ontariens.
- Référence à quelques personnages littéraires (Séraphin Poudrier, Arsène Lupin, Robinson Crusoé).
Pistes d'exploitation
- Proposer aux élèves de noter, au cours de la lecture, les nombreuses expressions imagées utilisées par l’auteur (p. ex., le jeu en valait la chandelle, être dans de sales draps, avoir les nerfs à fleur de peau). Leur demander, regroupés en dyades, de rechercher le sens de ces expressions et de les présenter au groupe-classe. Afficher la définition des expressions relevées à un mur de mots.
- Demander aux élèves, réunis en équipes, de dresser une liste des lieux mentionnés dans l’œuvre qui ont un nom autochtone, de noter la signification de chacun ainsi que l’emplacement correspondant sur une carte géographique de l’Ontario. Animer un échange afin de permettre aux élèves de présenter leurs trouvailles au groupe-classe.
- Suggérer aux élèves, réunis en équipes, d’imaginer ce que Sylvio Tremblay fera de l’or qu’il trouve à la fin du roman, puis leur demander de rédiger un dernier chapitre décrivant la suite des événements. Les inviter à présenter leur rédaction au groupe-classe.
Conseils d'utilisation
- Accorder une attention particulière aux sujets délicats dont on traite dans le roman (p. ex., braconnage, alcoolisme, mort, respect des Premières Nations et des Métis).
- Encourager les élèves à lire d’autres œuvres du même auteur, soit Défenses légitimes et Le soleil se lève au Nord, dont les fiches pédagogiques se trouvent dans
- Consulter le cahier d’activités disponible sur le site du Centre FORA.
- Noter l’utilisation d’unités de mesure impériales (p. ex., onces, livres) dans certaines parties de l’œuvre.
- Noter l’anachronisme signalé au bas de la page 105. Le poste de traite de fourrures de la Compagnie de la Baie d’Hudson à Mammamattawa a été fermé en 1946.
- Noter que les mots convaincu et enchanté (deux dernières lignes du texte, p. 21) devraient s’écrire convaincus et enchantés.
- Noter que le mot tous (18e ligne, p. 86) devrait s’écrire tout.
Ressource(s) additionnelle(s)
- IDÉLLO.org, ressources éducatives en ligne, 4e à 12e année, Série : Uniques au monde, L’essor de l’orignal.
- IDÉLLO.org, ressources éducatives en ligne, 4e à 12e année, Série : Villages et visages, Kapuskasing et Cobalt.