Contenu
- Deux personnages principaux, dont Gabriel Veilleux, adolescent de 16 ans, et Marie-Lune Dumoulin-Marchand, sa mère biologique, qui se cherchent tout au long du roman, sans jamais se rencontrer.
« Alors, seulement, Marie-Lune s’effondra dans un fauteuil, à bout de forces et de courage. Depuis son réveil, elle avait tout mis en œuvre pour combattre la douleur, celle qui tous les ans, à la même date, infailliblement, l’étreignait. […] Tous les 1er juillet, c’était pareil. Une vague enflait quelque part en elle. » (p. 11)
« Tout le long des quarante-cinq minutes de marche rapide que durait le trajet jusqu’à l’école, Gabriel s’efforça d’évacuer le sentiment d’exaspération qui l‘habitait. Il était de plus en plus souvent victime de ces attaques soudaines où la contrariété se mêlait à une colère sourde et diffuse. » (p. 29)
« Gabriel Veilleux allait lui aussi entamer une quête pour résoudre l’énigme en trois mots qui l’obsédait tant : ²Qui suis-je?² Et peut-être parviendrait-il du même coup à trouver une réponse aux autres questions qui l’accablaient : ²Pourquoi suis-je différent? À qui est-ce que je ressemble? Quelle est ma place dans ce monde?² » (p. 92)
- Quelques personnages secondaires, dont Joffe, l’enseignant de sciences de Gabriel, qui aborde le concept de l’imprégnation, Guillaume Demers, son entraîneur d’haltérophilie, Jean, l’époux de Marie-Lune, qui l’aime et la soutient, ainsi que Christine, Claire et François, la famille adoptive de Gabriel, qui continuent de le soutenir malgré son comportement difficile.
« Le phénomène d’imprégnation ne nous aide pas seulement à comprendre la vie des canards et des oies, il jette un précieux éclairage sur les comportements humains, l’attachement d’un bébé à sa mère, par exemple. » (p. 38)
« L’arrivée de Gabriel fut saluée par quelques hochements de tête et une tape amicale de Guillaume Demers, l’entraîneur, ex-champion canadien… » (p. 54)
« Comme souvent, depuis leur tout premier contact, elle avait l’impression que rien de vraiment mauvais ne pouvait lui arriver tant que Jean serait à ses côtés. » (p. 68-69)
« Christine répéta, en ajoutant des précisions :
– Vas-tu venir à l’auberge avec tout le monde pour la fin de semaine spéciale?
Tous les regards étaient braqués sur l’adolescent. Claire et François attendaient eux aussi.
– Non, s’entendit-il répondre sur un ton inutilement dur.
– Pourquoi? demanda Christine, dont la déception faisait peine à voir.
[…]
– Parce que je ne suis pas né en Chine, moi. » (p. 80-81)
- Roman palpitant empreint de sensibilité, qui maintient l’intérêt du lectorat du début à la fin; intrigue double qui suit en alternance les vies d’une mère et d’un fils confié en adoption, que le destin semble obstiné à séparer; nombreux retours en arrière sous forme de souvenirs de Marie-Lune se remémorant les événements entourant la naissance de son fils; thèmes (p. ex., famille, adoption, quête identitaire, amour) susceptibles de plaire au lectorat visé.
- Mise en page simple; texte réparti en 13 chapitres numérotés; éléments graphiques (p. ex., italiques, guillemets, points de suspension, symboles indiquant un laps de temps, majuscules) facilitant l’interprétation du texte; titres des autres œuvres de l’auteure et dédicace au début; aperçu de la deuxième partie à la fin du livre.
Langue
- Registre de langue courant dans l’ensemble de l’œuvre; mots moins connus (p. ex., quolibets, aguichante, blafarde, puéril) compréhensibles à l’aide du contexte; mots du registre familier (p. ex., cornichonne, rhabiller, tu me niaises, poireauter) et jurons (p. ex., câlice, fuck) reflétant le milieu linguistique dans lequel évoluent les personnages.
- Phrases de base, phrases transformées et phrases à construction particulière; prédominance de phrases déclaratives dans la narration; nombreuses phrases exclamatives et interrogatives, dans les dialogues, traduisant les émotions des personnages.
« Gabriel s’était composé un visage impassible avant de lever les yeux vers son père. Il lui semblait impérieux de dissimuler son désarroi. C’est d’ailleurs François qui lui avait enseigné cette stratégie militaire des plus élémentaires, alors qu’ils jouaient à Risk : l’importance de cacher ses zones de fragilité à l’ennemi. Mais depuis quand, au juste, son père s’était-il transformé en ennemi?
– Je ne comprends plus, Gabriel, avait lancé François d’un ton plus las qu’exaspéré. Qu’est-ce qui cloche? Qu’est-ce qu’on t’a fait ou pas fait? On dirait que tu nous trouves pas assez bons pour toi. Qu’est-ce que tu veux? Dis-le donc! Et qu’est-ce qui te manque? Veux-tu bien m’expliquer! » (p. 84)
- Figures de style (p. ex., anaphore, répétition, énumération, comparaison, hyperbole, métaphore, personnification) et expressions idiomatiques créatrices d’atmosphère et porteuses de poésie.
« Rien au monde ne lui semblait plus vrai. Rien au monde ne lui semblait plus juste. Rien au monde n’aurait pu mieux traduire le sentiment qui l’habitait et devant lequel elle se sentait si terriblement impuissante. » (p. 54)
« Puis, le vent d’automne enfla, encore et encore. » (p. 63)
« Il n’y avait plus rien alors pour alimenter la peur, la colère, la honte, le doute, l’inquiétude, le désarroi. » (p. 82)
« Les derniers mots s’étaient brisés comme une lame sur un rocher. » (p. 85)
« – Quant à moi, j’ai lu ce poème mille fois et la seule chose dont je suis sûre, c’est que c’est un de mes préférés… » (p. 117)
« Quelque part en elle, un clapet de sécurité avait cédé, et elle avait compris que Jean avait raison. » (p. 141)
« Parviendrait-il encore longtemps à résister à l’abattement, à garder bravement le cap, alors même que tous les nuages du monde se donnaient rendez-vous au-dessus de sa tête? » (p. 182)
« Gabriel sentit la moutarde lui monter au nez. Il ouvrit la bouche… et la referma juste à temps en se rappelant qu’il devait garder le cap, coûte que coûte. » (p. 185)
- Séquences narratives et descriptives, entrecoupées de séquences dialoguées, qui aident à comprendre les expériences de Marie-Lune et de Gabriel et révèlent les démarches qu’ils entreprennent pour calmer la douleur intime qui les dévore.
Gabriel avançait d’un pas vif et régulier. Il avait besoin de dépasser ce paysage trop sage, d’atteindre un espace plus vaste, moins domestiqué, un lieu qui lui ressemblerait davantage. Pendant des semaines, peut-être même des mois, il avait eu l’impression de tourner en rond au fond de lui-même, tel un lion en cage, sans parvenir à cerner son ennemi, et voilà qu’il l’avait enfin identifié. Cet adversaire auquel il devait s’attaquer, c’était lui. Ou, plutôt, ce vide en lui, ce flou en lui. ²Qui suis-je?² Il devait absolument, rapidement et impérieusement trouver la réponse à cette question. » (p. 87)
« – Services d’adoption, recherche d’antécédents biologiques, Hélène à l’appareil, comment puis-je vous aider?
Gabriel ouvrit la bouche, mais aucun son n’en sortit. À l’autre bout du fil, la dame attendait patiemment. […]
– Je veux connaître mes parents… s’entendit répondre Gabriel.
Il ajouta presque tout de suite :
– Pas les rencontrer… Juste savoir qui ils sont… » (p. 112)
Référent(s) culturel(s)
- Référents géographiques de la francophonie canadienne (p. ex., Saint-Sauveur, Mont-Tremblant, Sainte-Agathe, Montréal).
- Mention du roman Le chant du monde, de Jean Giono, du poète français Alfred de Musset et du peintre Modigliani.
Pistes d'exploitation
- Suggérer aux élèves, réunis en dyades, de mener une recherche sur les règles entourant l’adoption au Canada, en tenant compte de critères particuliers (p. ex., obtention des renseignements sur les parents biologiques, autorisation des parents adoptifs pour entreprendre les démarches, étapes à suivre pour faire une demande). Animer une discussion en posant les questions suivantes : Est-ce important de connaître ses origines? Est-ce que la recherche des origines remet en cause l’amour et le lien de l’adopté avec ses parents adoptifs? Quels sont les bienfaits et les dangers d’entamer le processus?
- Demander aux élèves, regroupés en équipes, d’effectuer une recherche sur les options offertes à un couple touché par l’infertilité, puis de créer un dépliant informatif. Placer les travaux au centre de ressources de l’école.
- Proposer aux élèves, réunis en dyades, de faire une recherche sur les bienfaits de programmes et de services de zoothérapie (p. ex., gestion des émotions, communication, estime de soi, développement moteur), puis de se renseigner sur les organismes présents dans leur région. Animer une mise en commun afin de leur permettre de faire part de leurs trouvailles au groupe-classe.
- Proposer aux élèves, regroupés en équipes, de mener une recherche sur l’haltérophilie et sur ses bienfaits sur le développement physique et moral de la personne. Les inviter à présenter leurs trouvailles au groupe-classe sous forme de présentation multimédia.
Conseils d'utilisation
- Accorder une attention particulière aux sujets délicats dont on traite dans le roman, soit l’adoption, la procréation et les conflits familiaux.
- Encourager les élèves à lire d’autres romans de la série, tels que Les grands sapins ne meurent pas, Un hiver de tourmente et Ils dansent dans la tempête, dont les fiches pédagogiques se trouvent dans FousDeLire.