Contenu
- Personnage principal et narratrice, une femme marquée par une certaine solitude, qui exprime ses réactions, émotions, sentiments et réflexions face aux événements qui se déroulent dans sa vie.
« Après avoir averti la direction de l’immeuble et les policiers, et raconté les événements trente fois, je me retrouvai seule, épuisée, incapable de dormir. » (p. 24)
« Je me demande pourquoi cet homme, en particulier, se dirige vers moi. Aurait-il senti que j’ai une certaine sympathie pour les originaux? Ou que je suis facile à duper? » (p. 72)
« Avec les années, j’ai réussi à me faire une raison et à me convaincre qu’entre un mari et la liberté, il valait mieux choisir la liberté. La solitude allait de soi. […] Je n’ai aucun regret. En moi, le silence et la solitude ont fait leur demeure. » (p. 103)
- Nombreux personnages secondaires qui apparaissent brièvement dans la vie de la narratrice, parmi lesquels Franco, un jeune étudiant qui fréquente l’Université d’Ottawa, « Pit », qui vend des billets au centre d’achats, et Gustave, l’époux de sa sœur Olivia, qui fut autrefois son fiancé.
« Franco m’invite à me joindre à lui pour le dîner, au restaurant ″Mamma Teresa″. Il a besoin d’amis, dit-il, puisqu’il vient à peine de s’installer à Ottawa. J’accepte sans hésiter. Je me sens rajeunir d’au moins quarante ans. » (p. 28)
« – On m’appelle Pit.
– Comme dans Pit-Bull?
– Non. Comme dans Marcel-Joseph Pitre.
[…] Il passe tellement de temps avec moi que je voudrais lui dire qu’il est en train de rater la chance de vendre des billets à d’autres. Pourquoi s’acharner sur moi? » (p. 73-75)
« Si je n’étais pas partie à Fort Saint-James pendant trois mois, Olivia et Gustave ne seraient peut-être pas devenus amoureux l’un de l’autre. Pendant mon absence, ma sœur et mon fiancé se sont épousés. » (p. 100-101)
- Recueil de nouvelles explorant les thèmes de la solitude et de la méfiance, où les réactions de la narratrice face aux événements qui la marquent constituent le fil conducteur de chaque récit; thèmes (p. ex., anxiété, repliement sur soi-même, remords) aptes à susciter des discussions intéressantes.
- Mise en page simple et aérée; œuvre composée de 9 nouvelles titrées et numérotées dont la longueur varie entre six et quatorze pages; éléments graphiques (p. ex., tirets, guillemets, italiques, points de suspension, espaces traduisant un laps de temps) qui facilitent la compréhension de l’œuvre; liste des œuvres de la même auteure, dédicace et citation de Sophocle en début de livre; table des matières et liste d’autres œuvres parues dans la collection Voix narratives et oniriques à la fin; description de l’auteure et de ses accomplissements en quatrième de couverture.
Langue
- Registre de langue courant dans l’ensemble de l’œuvre; mots moins connus (p. ex., spicilège, cantate, saltimbanque) compréhensibles grâce au contexte; expressions familières (p. ex., Pit, à vot’ service, pas changé d’une miette) et phrases anglaises (p. ex., Well?, Are you still there?) contribuant à la vraisemblance des personnages.
- Phrases de base, phrases transformées et phrases à construction particulière; courtes phrases interrogatives nombreuses mettant en évidence les pensées confuses et le questionnement du personnage principal, illustrant ainsi sa volubilité; emploi du présent de l’indicatif, sauf le premier texte, narré au passé.
« Sûrement que le tintement ne va pas me réveiller. Si toutefois j’arrive à dormir. Je prends une respiration profonde. Une autre. Douze. Comme les derniers sons de cloche. Le calme n’est pas au rendez-vous. Je me lève pour boire de l’eau. Je décide de lire un peu. » (p. 84)
« – Crois-tu que je devrais me teindre les cheveux? Il me semble que le gris qui s’infiltre sournoisement va nuire à mon image. Oh, que la vie est ingrate! » (p. 93)
- Nombreux procédés stylistiques (p. ex., personnification, répétition, métaphore, hyperbole, énumération, expression imagée) qui permettent de mieux pénétrer dans l’univers de la narratrice.
« Ironiquement, les couleurs éclatantes de l’automne se reflétaient dans mes nouvelles fenêtres. Octobre pointait le nez. » (p. 18)
« Une voix tonitruante me demande, en anglais, si je suis bien Valérie Tellier, ayant trois frères, René, Louis et Marc, dont le père est décédé en 1951, dont la mère est Québécoise, dont la famille vivait dans le nord de l’Ontario avant de s’installer à Ottawa, dont le chien se nommait Virgule, dont, dont, dont, dont… » (p. 35)
« On dirait que je ne suis qu’une petite bête collée dans sa collection. Un papillon épinglé parmi d’autres sur un grand carton. » (p. 42)
« J’ouvre les yeux comme si je revenais à la vie après un sommeil de mille ans. » (p. 48)
« On aperçoit ici et là des tables garnies d’objets d’artisanat, de bijoux, de vêtements, de fleurs ou de bonbons en sucre d’érable. Les restaurants, les terrasses, les boutiques et les galeries même dégagent un parfum exotique qui se répand jusque dans la rue. » (p. 49-50)
« Toute cette splendeur m’enchante. Les montagnes, surtout, me donnent des ailes. » (p. 81)
- Séquences narratives et descriptives, entrecoupées de séquences dialoguées, qui permettent de s’immiscer dans l’esprit de la narratrice et aident à comprendre ses états d’esprit, ses nombreux questionnements ainsi que ses relations avec les autres personnages.
« À son arrivée, je le foudroie du regard et j’attends qu’il dépose dans ma boîte ce qui me revient de droit. On dirait qu’il fait exprès pour me faire attendre. J’ai le goût de l’étouffer.
Quand j’aperçois un colis, je peux à peine retenir ma joie.
– Un autre colis sans adresse de retour.
– Un cadeau? me demande-t-il.
– D’une certaine manière, oui. Mais je ne sais pas qui me l’envoie. Savez-vous si on peut retracer l’origine du colis?
– J’en serais surpris. Vous pouvez toujours vous adresser au bureau de poste.
Je retourne à mon appartement en me demandant quel auteur s’ajoutera à Anne Hébert. Y aura-t-il un lien entre les deux livres? Entre les deux auteurs? Devrais-je deviner un message dans cet envoi?
(p. 60-61)
Référent(s) culturel(s)
- Mention de nombreux ouvrages d’auteurs de la francophonie canadienne (p. ex., Est-ce que je te dérange, d’Anne Hébert, Dans un gant de fer, de Claire Martin, Mon cher grand fou, de Gabrielle Roy).
- Références à divers lieux emblématiques de la ville d’Ottawa, tels que les rues Elgin, Laurier et Somerset, ainsi qu’à l’Université d’Ottawa et au Marché By.
- Mention des chanteurs français Jacques Brel et Georges Brassens.
Pistes d'exploitation
- Revoir les caractéristiques de la nouvelle, puis proposer aux élèves, réunis en équipes, de rédiger une nouvelle qui pourrait s’intégrer au recueil et être intitulée Le dixième fantôme. Jumeler les équipes, puis leur demander de lire leur texte aux membres de leur groupe.
- Animer une discussion sur la métaphore du fantôme dans le recueil (p. ex., Pourquoi l’auteure a-t-elle choisi le titre Fantômier? Qui est le fantômier? Quel lien existe-t-il entre chaque nouvelle?
- Suggérer aux élèves, regroupés en dyades, d’effectuer une recherche sur l’un des auteurs ou des chanteurs dont il est mention dans le livre (p. ex., Anne Hébert, Gabrielle Roy, Jacques Brel). Les inviter à présenter leurs trouvailles au groupe-classe sous la forme de leur choix (diaporama, infographie, collage).
Conseils d'utilisation
- Présenter ou revoir les caractéristiques de la nouvelle.
- Accorder une attention particulière aux sujets délicats dont on traite dans le texte (p. ex., anxiété, solitude).
- Inciter les élèves à lire les autres romans de l’auteure, soit Mademoiselle Cassie, Les soleils incendiés et L’harmonica, dont les fiches pédagogiques se trouvent dans FousDeLire.
- Noter que les mots « serais-je allé » (21e ligne, page 54) devraient plutôt s’écrire « serais-je allée ».
Ressource(s) additionnelle(s)
- IDÉLLO.org, ressources éducatives en ligne, 9e et 10e année, Série: Sur les routes de la francophonie en Ontario, Sur les routes de la francophonie en Ontario à Ottawa.
- IDÉLLO.org, ressources éducatives en ligne, 7e à 12e année, Série: Flip – Dans ma tête, Dans ma tête: quand je fais de l’anxiété.
- IDÉLLO.org, ressources éducatives en ligne, 11e et 12e année, Documentaire vidéo: Gabrielle Roy.