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Légendes autochtones

Les peuples qui ont habité l’Amérique du Nord, et plus particulièrement le Canada, avant l’arrivée des Européens, vivaient très près de la nature et avec elle, dans le respect de l’environnement. Cette proximité a développé chez eux des trésors de mysticisme, des siècles de croyances ancestrales et surtout des imaginations aussi fertiles que les terres qui les ont conçues. […]

La naissance du monde, la rencontre du sasquatch, les aurores boréales, la disparition des Béothuks, le capteur de rêves, le mythe du loup blanc ne sont que quelques-unes des légendes que vous découvrirez à travers les yeux et les paroles des différentes tribus canadiennes.

(Tiré de la quatrième de couverture du livre.)

À propos du livre

Contenu

  • Personnages principaux surnaturels, mythiques, divins ou symboliques qui varient selon la légende et qui incarnent les éléments de la nature ou du règne animal, reflètent les traditions autochtones et possèdent parfois des pouvoirs particuliers, tels qu’Akis, une grenouille qui souhaite rencontrer Grand Frère (La grenouille qui voulait en faire trop), Godasiyo, une femme d’une grande sagesse (Tour de Babel), Bec de lièvre, un jeune homme résilient, qui surmonte son handicap et découvre la sève de l’érable (L’eau d’érable (1)), Faucon Rieur, un séduisant jeune homme possédé par un esprit maléfique (L’eau d’érable (2)), et Arc-en-ciel, une femme solitaire d’une grande générosité (La vieille dame et le sasquatch).

« C’est ainsi que germa dans la tête de la cantatrice une idée bienfaitrice : la grenouille voulut offrir davantage au Grand Frère, de façon à le remercier plus adéquatement, à la mesure de ce qu’Il leur donnait quotidiennement.
Akis se mit à marcher dans les hautes herbes qui entouraient l’étang de sa demeure : elle ne savait pas encore ce qu’elle cherchait, mais savait qu’elle trouverait. […] Elle huma l’arôme de ce tapis et en conclut qu’il lui fallait cueillir quelques brindilles pour les donner à fumer au Grand Frère. » (p. 21)

« Il y avait un village tout près du grand fleuve où le chef était une femme, nommée Godasiyo, une femme sage qui savait aimer les siens et être juste avec chacun d’eux. Sa réputation était si grande que plusieurs personnes choisirent de venir s’installer dans le village qui grandit en nombre, tellement que la rive sur laquelle il était né n’avait plus de place. » (p. 39)

« Bec de lièvre y mit ses mains en coupe et recueillit le liquide qu’il huma d’abord. Ça sentait bon. Il trempa sa langue dans le liquide transparent qui stagnait dans ses mains. Mmmmm. C’était sucré, très sucré. Il comprit tout de suite pourquoi l’écureuil roux préférait se désaltérer à l’arbre plutôt qu’à la rivière. » (p. 120)

« Faucon Rieur grandit en beauté, en agilité et en force. Il était habile en tout, dans les jeux variés que pratiquaient les hommes de son clan comme dans la chasse à la nourriture.
Beaucoup de jeunes femmes le regardaient avec gourmandise et auraient voulu de lui comme compagnon de vie dès qu’il arriva en âge de s’accoupler. » (p. 127-128)

« Un jour, Sasquatch dit à Arc-en-ciel que son départ était imminent; elle était triste, car ils étaient devenus amis; mais elle savait que ce jour viendrait.
Le jour de son départ, Sasquatch vit bien que son amie était triste. Il la remercia pour tout ce qu’elle avait fait et lui dit :
– Tu as toujours partagé le moindre morceau de viande avec moi, sans égard pour toi. Tu es une femme charitable et très bonne. » (p. 286-287)

  • Nombreux personnages secondaires selon la légende, tels que ceux du Voleur de Bisons, dont Aile-de-Corbeau, un guérisseur malhonnête qui tente de soigner le chef de la tribu, Fleur-des-Champs, la sœur du chef, une voyante dotée d’un don particulier, et Chien-de-Prairie, le fils de Fleur-des-Champs, un jeune habile à flairer des pistes.

« Aile-de-Corbeau, c’est le nom de l’intrus, reste seul avec Bois-Franc. On l’entend chanter des incantations dans une langue étrange; on voit la fumée sortir du sommet de la tente et des arômes de fines herbes, de fleurs et d’ingrédients inconnus parfument l’air du village. C’est bon signe : l’homme semble savoir ce qu’il fait. » (p. 198)

« Perplexe, Bois-Franc fait demander sa sœur qui est voyante. Elle arrive aussitôt chez lui et remarque que l’amulette de son frère, celle qu’il porte depuis sa tendre enfance, a disparu elle aussi. Y a-t-il un lien entre les deux disparitions? Difficile à dire, d’autant que Fleur-des-Champs n’a des visions que durant son sommeil; et ce, pas toutes les nuits. » (p. 199-200)

« Fleur-des-Champs sort du tipi et mande son fils, Chien-de-Prairie, un jeune éclaireur au pif ultrasensible. Il trouvera bien où se cache le méchant sorcier. Il part sur-le-champ et traverse un nombre incalculable de plaines à la course. » (p. 200)

  • Recueil de légendes qui plonge le lectorat dans l’univers riche et symbolique de divers peuples autochtones et inuits, où se côtoient croyances, leçons de vie, émotions profondes, événements marquants et personnages plus grands que nature; intrigue captivante construite autour de personnages confrontés à des défis majeurs, menant à des combats intérieurs ou extérieurs dans un univers où la vraisemblance et l’invraisemblance se mêlent, et où faits historiques et événements surnaturels s’entrecroisent pour créer l’atmosphère singulière propre aux légendes; retours en arrière qui révèlent des événements du passé, permettant de mieux comprendre ceux du présent; thèmes variés (p. ex., création, amour, mort, vengeance, survie, nature), pouvant mener à des conversations intéressantes.
  • Sept photographies et cinq illustrations accompagnent le recueil et représentent la nature ou des éléments-clés évoqués dans les textes, contribuant à illustrer visuellement l’univers culturel et symbolique des légendes autochtones.
  • Mise en page simple; œuvre répartie en quarante-quatre textes, dont trente-huit légendes, deux danses, une chanson, une berceuse et deux textes informatifs, chacun précédé de son titre et suivi d’une mention de l’origine; éléments graphiques (p. ex., majuscules, caractères gras, italiques, guillemets, points de suspension, symboles indiquant un laps de temps ou un changement de scène, appel de note, parenthèses) facilitant l’interprétation de l’œuvre; dédicaces, biographies et avant-propos au début; notes explicatives, références, liste des nations indigènes du Canada, remerciements, liste des publications de l’auteur, collections de l’éditeur et table des matières, à la fin; courtes notes biographiques sur l’auteur à la quatrième de couverture du livre.

Langue

  • Registre de langue courant dans l’ensemble de l’œuvre; mots moins connus (p. ex., filiformes, polymorphes, jouxtant, essaimées, emberlificoté, périclitait) généralement compréhensibles à l’aide du contexte; mots de diverses langues autochtones (p. ex., chichikois, nanuks, kamiits, katadjait, tewaarathon) et mots anciens (p. ex., couards, pleutres) rendant les textes plus authentiques.
  • Phrases de base, phrases transformées et phrases à construction particulière; variété de types et de formes de phrases (p. ex., déclarative, exclamative, interrogative, impérative, négative); emploi de l’imparfait de l’indicatif et du passé simple dans les séquences narratives.

« Le chaman est le seul de la tribu à connaître le passage secret pour se rendre chez les anciens, qu’il consulte et de qui il apprend la science de la guérison. On le voit parfois s’éloigner sur une banquise, s’asseoir et lever les bras vers les cieux. La nuit tombée, il entame un chant qu’il est seul à connaître. Puis, c’est le silence. Son corps se recroqueville, ses bras tombent au sol, et son esprit traverse la distance entre notre monde et l’Au-delà. » (p. 138)

« – Pauvre toi! Tu rêves toujours? Tu n’arrives pas à dormir assez longtemps pour te reposer, pour refaire tes forces, pour vivre le jour comme un véritable chasseur.
– J’ai bien peur qu’il ne soit trop tard pour moi. Les cauchemars m’assaillent depuis plusieurs lunes et la force a quitté mes muscles. J’arrive à peine à parler; loin de moi l’idée de me lever, de marcher ou même de chasser.
– Tais-toi donc, Pied Agile, et écoute-moi bien. Ferme les yeux et ouvre grandes tes oreilles. Je vais te dire comment sortir de cette malédiction qu’a jetée sur toi et les tiens Fripon. » (p. 158)

« Glouseclappe renvoya tout ce beau monde chacun chez soi et se laissa aller à sa peine. Couché sur son grabat, il pleura, sanglota, chigna des heures durant ; puis il s’endormit, épuisé par tant d’émotions. » (p. 213)

  • Figures de style variées (p. ex., énumération, comparaison, euphémisme, hyperbole, gradation) qui caractérisent le style de conteur de l’auteur.

« Grand Frère décide de lui donner les qualités des meilleurs animaux : la force de l’ours, la douceur de la colombe, la fidélité du chien, le regard perçant de l’aigle, la patience de la tortue, la ruse du renard, et il en rajoute. » (p. 37)

« “Nous partîmes au pas de course, l’un derrière l’autre, telle une meute de loups affamés.” » (p. 101-102)

« Il ne se rendit pas à la fin du chant, car il expira aux pieds de l’autel. » (p. 113)

« Plus grand que la tour CN de Toronto, il lui fallait au moins six cents peaux de castor pour l’habiller. » (p. 208)

« Un bruit, une plainte, un cri, un pleur sortit de la forêt et se rendit jusqu’à leurs oreilles. » (p. 239)

  • Prédominance de séquences narratives, dont certaines où l’auteur interpelle directement le lectorat, qui permettent de connaître les personnages et de visualiser les lieux; nombreuses séquences dialoguées, révélant les traits de caractère des personnages et les relations qui existent entre eux et contribuant à faire progresser l’intrigue.

« Un grognement caverneux le réveilla. D’un éclair, il était sur pattes, aux aguets. Un ours noir sortit lentement de sa demeure et regarda l’intrus avec furie. Il se dressa sur ses pattes arrière et leva les bras; sa gueule s’ouvrit et un bruit apocalyptique qui glaça tout le sang des veines de Renard. » (p. 54-55)

« C’est donc dire qu’il y a parfois des désaccords entre les peuples autochtones sur l’origine du monde et l’origine des hommes. L’histoire que je vous conte ici montre bien comment les débats sont parfois houleux et longs, mais aussi ennuyeux et sans grands résultats. » (p. 64)

« – Tu sais, lui dit-elle, je t’observe depuis plusieurs années. Je te regarde grandir comme moi. Je crois que nous sommes nés durant la même lune. Et tu me plais. Tu es différent des autres hommes.
– Oui, je le suis. Mais c’est la première fois qu’on me dit que ce que je suis me rend attirant. J’en suis fort surpris. Jusqu’ici, on se moquait de moi, on riait de mes gaucheries, de mes maladresses.
– Je sais. J’ai vu, j’ai entendu et ça m’a choquée. » (p. 243)

Référent(s) culturel(s)

  • Nombreuses références à des peuples qui côtoyaient régulièrement les coureurs des bois, les premiers colons, les voyageurs du Canada français.
  • Nombreuses références à des peuples qui font partie du patrimoine amérindien et, par le fait même, du patrimoine canadien.
  • Référence à des lieux canadiens (p. ex., Alfred, chutes de la Chaudière, Terre-Neuve, Gaspé).
  • Référence à des personnages historiques (p. ex., Samuel de Champlain, Père Jean de Brébeuf, John Cabot, Jacques Cartier) de l’histoire du Canada.
  • Référence au Grand Dérangement.
  • Référence à l’auteur François René de Chateaubriand.
  • Citation du chanteur, compositeur et interprète Francis Cabrel.

Pistes d'exploitation

  • Proposer aux élèves, regroupés en dyades, d’effectuer une recherche sur une invention provenant des peuples autochtones, métis ou inuits. Leur demander de rassembler les résultats de leur recherche dans un diaporama qu’ils présenteront à l’ensemble du groupe-classe.
  • Suggérer aux élèves, réunis en équipes, d’écrire une légende pour expliquer un phénomène naturel (p. ex., la formation des montagnes, les éclipses, la migration des oiseaux) ou pour accentuer une valeur qui leur est chère (p. ex., l’amitié, le respect de la nature, l’honnêteté). Les encourager à intégrer des éléments naturels, animaliers ou mystiques dans leur légende, en mettant en lumière l’importance de la relation entre l’homme et son environnement. Organiser des cercles de lecture afin que les élèves puissent lire les légendes de leurs pairs.
  • Proposer aux élèves, regroupés en équipes, de mener une courte recherche sur l’histoire, les règles et les techniques du jeu de la crosse. Animer une mise en commun afin de leur permettre de présenter leur travail au groupe-classe. Si l’équipement est disponible à l’école, organiser une activité où les élèves pourront mettre en pratique leurs apprentissages, en jouant à la crosse tout en favorisant la coopération et l’esprit d’équipe.
  • Inviter les élèves à réfléchir à la morale de la légende La vieille dame et le sasquatch, qui met en valeur l’entraide et le partage. Ensuite, les encourager à organiser un événement concret qui reflète ces valeurs (p. ex., collecte de denrées, programme de tutorat, dîner-partage). Leur demander de planifier, organiser et promouvoir l’événement, en collaborant pour mettre en place une action solidaire qui bénéficie à leur communauté.

Conseils d'utilisation

  • Utiliser les notes explicatives avant et après la lecture de chaque légende afin de situer l’intrigue dans un contexte historique particulier.
  • Consulter des éléments dans la liste de sources (sites web et ouvrages) à la fin du recueil pour présenter aux élèves certaines idéologies, croyances et traditions autochtones, avant ou pendant la lecture des légendes, afin de donner un sens à certaines histoires et situations.
  • Accorder une attention particulière aux sujets délicats (p. ex., violence, sexualité, mort, suicide) dont on traite dans l’œuvre et bien encadrer la lecture de certains extraits. Garder en tête que ces sujets ne font qu’accentuer la représentation des us et coutumes des peuples autochtones, au sein desquels existent certaines traditions ou activités parfois violentes.
  • Porter une attention particulière aux termes désuets ou erronés utilisés pour nommer les peuples autochtones (p. ex., indigènes, sauvages, indienne, peaux rouges, inuite, tribus, shaman/chaman) en plaçant ces termes dans leur contexte historique.
  • Encourager les élèves à lire d’autres recueils du même auteur, tels que Contes et récits de l’Outaouais, tomes 1, 2 et 3, dont les fiches pédagogiques se trouvent dans FousDeLire.
  • À la page 127, 5e paragraphe, 1ère ligne, lire « Faucon » plutôt que « Faucun ».
  • À la page 198, 5e paragraphe, 3e ligne, lire « la fumée » plutôt que « le fumée ».

Ressource(s) additionnelle(s)

  • IDÉLLO.org, ressources éducatives en ligne, 9e à 12e année, Série : Canada C3, Trois côtes, un voyage – Piari Kauki Gentes : la place des Inuits au Canada.
  • IDÉLLO.org, ressources éducatives en ligne, 9e à 12e année, Série : Décoloniser l’histoire – Femmes et luttes autochtones; Nationalisme autochtone : briser le mythe des deux peuples fondateurs.
  • IDÉLLO.org, ressources éducatives en ligne, 9e à 12e année, Série : Vraiment Top! – Top sur la fabrication du sirop érable.