Anatomie de la fiche Anatomie interactive
Ajouter au bac de lecture

Les touristes ne vont pas à Abalak

Une simple lettre change à jamais le cours de la vie de Louise, enseignante à la retraite. Invitée par l’entremise de cette lettre à participer à une fête des peuples nomades du Sahara, au Niger, elle se retrouve brusquement dans un monde mythique, en plein désert. Elle assiste à la Cure salée, célébration au cours de laquelle les animaux des nomades se refont une santé grâce à une eau des mares particulièrement élevée en sels minéraux. Sa recherche de la famille de son hôte, Sanda, l’amène là où il n’y a ni routes ni pistes, au milieu de nulle part. Alors que la tempête de sable frappe et que sa santé est sérieusement compromise, Louise tente désespérément de survivre sans nourriture et trop peu d’eau potable. Cette aventure dont elle n’avait pas mesuré toute l’ampleur l’oblige, pour éviter la mort, à faire appel à des ressources intérieures jusque-là insoupçonnées.

(Tiré de la quatrième de couverture du livre.)

À propos du livre

Contenu

  • Personnage principal et narratrice, Louise, qui raconte son périple à travers ses expériences et ses découvertes, révélant une femme déterminée et curieuse qui, confrontée à l’adversité, puise une force intérieure inattendue pour survivre.

« Une douzaine d’hommes m’attendent à la sortie du champ de millet. Ils observent mes moindres gestes, surveillent mes paroles. Leurs visages expressifs me fascinent. Ils sont calmes, joyeux, souriants. Je peux ressentir la douceur et la gaieté de leur confiance dans la vie. Quelque chose, déjà, tremble dans mon cœur. Je les aime. Et malgré nos énormes difficultés de communication, je comprends qu’ils me protègent et qu’à partir de maintenant, leur attention et leur bienveillance resteront tournées vers moi. Je me sens respectée, aimée avec discrétion, adoptée, en fait. » (p. 32)

« – Louise, nous allons rentrer en mobylette. Ça va?
– D’accord.
– Tu vas t’asseoir à l’arrière de ce jeune homme.
– Peux-tu lui dire de ne pas faire de vitesse?
– Ça va. » (p. 102)

« Les heures passent, péniblement. La déshydratation de mon corps doit être proche. Je dois agir, rapidement, avant que mon esprit ne chavire. Que faire? Comme à certains moments difficiles de ce voyage, je m’adresse à chaque cellule de mon corps. J’ai tout mon temps. Je leur parle, presque individuellement, comme on parle à de bonnes amies. Je les réconforte. Je les aime toutes, une à la fois. Je leur exprime ma gratitude pour les efforts qu’elles sont en train de fournir. » (p. 161-162)

  • Nombreux personnages secondaires qui accompagnent Louise tout au long de son voyage, dont Sanda, son hôte, qui l’invite à participer à la fête des peuples nomades et lui offre un soutien constant dans la traversée éprouvante, Christian, un Canadien installé en Afrique depuis plusieurs années, qui l’aide à établir un lien avec les communautés locales et à comprendre leurs coutumes, Oussa, l’ami de Sanda, qui l’accompagne avec bienveillance durant son périple, Hissi, l’épouse de Sanda, qui devient une complice précieuse, ainsi que les membres de la communauté peule, qui contribuent à faire de cette aventure extrême une expérience humaine profondément transformatrice.

« Je me rendrai compte plus tard que Sanda ne me dit jamais non. C’est un concept culturel important que j’ignorais. Un hôte peul se doit d’acquiescer aux demandes de son invité. Cette coutume allait me valoir bien des privilèges et causer plusieurs maux de tête à mon hôte. » (p. 35)

« […] Je me tourne vers Christian.
– Est-ce que je transgresse des lois ou des habitudes d’ici? Est-ce que Hissi est fâchée?
– Je ne crois pas. Mais il est certain que ta présence change des choses. Tu as remarqué les regards? Jamais un Peul ne regarde directement dans les yeux d’un autre. Pour eux, c’est de l’impolitesse, explique Christian. » (p. 52)

« Assis sous l’arbre, Sanda et ses amis palabrent toujours. En arrivant sur la natte, j’enjambe Oussa, afin de m’installer de l’autre côté, là où il reste de la place. À ce moment précis, l’atmosphère se fige. Personne ne parle, personne ne bouge. Que se passe-t-il? Qu’ai-je fait? Sanda m’explique que la coutume défend de marcher au-dessus d’une personne étendue sur la natte.
[…]
Ayant, peut-être, touché à une croyance superstitieuse, je m’excuse auprès de Oussa et auprès de tous, promettant de ne jamais refaire ce geste maladroit. L’incident est vite clos. Oussa, du coin de l’œil, me sourit. » (p. 57-58)

« Hissi disparaît de ma vie, comme ça, sans plus. Je sens des larmes sur mes joues. Je tente de cacher ma peine, mais elle est trop grande. Je pleure la perte d’une compagne, d’une amie, d’une sœur à qui je n’ai jamais dit mot, mais quels mots pourraient remplacer la complicité de nos rires étouffés, de nos gestes maladroits, cette connivence féminine. En silence, je lui répète : « Abarkidi Hissi! », et je poursuis ma route aux côtés de son homme. » (p. 106-107)

  • Roman initiatique au cœur du désert nigérien, qui explore la confrontation entre l’humain et les forces de la nature, tout en révélant la puissance de la confiance, la résilience face à l’adversité et la richesse d’un peuple nomade; retours en arrière sous forme de souvenirs d’enfance, qui révèlent le désir profond du personnage principal de voyager, un désir qui remonte à sa jeunesse; thèmes (confiance en soi, découverte, nomadisme, culture, visualisation, force intérieure, ouverture d’esprit) aptes à intéresser le lectorat visé.
  • Mise en page aérée; texte réparti en 24 chapitres titrés; éléments graphiques (p. ex., points de suspension, guillemets, parenthèses, majuscules, notes de bas de page, symbole indiquant un laps de temps ou un changement de scène, ainsi que de nombreux passages en italique pour signaler les pensées intérieures du personnage principal) facilitant l’interprétation du roman; sept photos en noir et blanc, disséminées à travers l’œuvre, aidant le lectorat à mieux imaginer les personnes rencontrées et les lieux décrits; dédicace, épigraphe et carte du Niger au début; épilogue, hommage et remerciements à la fin; courtes notes biographiques sur l’auteure à la quatrième de couverture du livre.

Langue

  • Registre de langue courant dans l’ensemble de l’œuvre; mots moins connus (p. ex., rustre, latérite, palabres, insalubres, calebasses) et quelques expressions tirées du peul (p. ex., bororos, chèche) compréhensibles grâce au contexte et aux notes de bas de page.
  • Phrases de base, phrases transformées et phrases à construction particulière; divers types et formes de phrases; abondance de phrases exclamatives et interrogatives, dans les dialogues, contribuant à la vraisemblance des personnages; nombreuses phrases déclaratives dans la narration, permettant de décrire en détail les événements et les réflexions du personnage principal; phrases généralement courtes, donnant du rythme au récit et facilitant la lecture.

« Mon cœur s’arrête, presque. L’anxiété m’envahit. Un sentiment d’immense solitude s’empare de moi. Que ferai-je sans lui? Christian m’était précieux. Il possédait une connaissance de nos cultures respectives et nous servait souvent d’interprète. Grâce à lui, en partie, je me sentais en sécurité. Mais, je suis venue ici seule. Pourquoi tout ce brouhaha à l’intérieur?
Quelques minutes plus tard, notre véhicule s’immobilise sur la route nationale, en plein centre d’Abalak. Sanda et Oussa descendent nos bagages pendant que je fais mes adieux à Christian.
– Abarkidi, Christian. Je ne t’oublierai jamais.
– Allez! Fais attention à toi. Tu me donnes des nouvelles lorsque tu rentres à Niamey. Je t’attendrai.
– Promis! Bonne route mon ami! lui lancé-je. » (p. 108-109)

  • Nombreux procédés stylistiques (p. ex., métaphore, anaphore, comparaison, personnification, énumération, antithèse, hyperbole) qui permettent d’apprécier le style imagé de l’auteure.

« Dès que mon attention se porte vers cette nouvelle aventure, des vagues de picotements me parcourent le corps, de la tête jusqu’aux orteils. » (p. 18)

« Et, malgré la nudité du paysage, malgré la chaleur et parfois le vent, malgré certains inconforts physiques, une joie paisible, intérieure, s’installe. » (p. 24)

« D’une capacité de cinq passagers, elle accueille aujourd’hui dix adultes qui s’y empilent comme des sardines. » (p. 35)

« Ses branches servent de garde-robes, de cordes à linge, de garde-manger et leurs épines se transforment en crayons à dessiner sur le sable. » (p. 50)

« Des sueurs chaudes suivies de sueurs froides traversent mon dos. » (p. 99)

« D’autres se retirent vers les abris de fortune ou sur un coin de natte pour passer la nuit en compagnie des millions de moustiques. » (p. 182)

  • Séquences narratives qui retracent le déroulement et les moments-clés du voyage; séquences descriptives qui permettent de mieux comprendre le mode de vie, les mœurs et les coutumes des Peuls, éleveurs nomades du Sahara; séquences dialoguées qui révèlent les traits de caractère des personnages et aident à comprendre les relations qui existent entre eux; ajout de procédés littéraires (p. ex., lettre, courriel) qui contribuent à la vraisemblance de l’histoire.

« Cherchant des yeux le coin toilette, c’est mon odorat qui le trouve dans l’obscurité qui règne. Mais, au fait, je suis chanceuse. C’est le grand luxe ici! Notre hôtesse nous reçoit dans son domaine de trois cases dont l’une nous est exclusivement réservée. Nous déposons les bagages dans notre refuge surchauffé par le soleil de la journée, avant de dérouler nos nattes dans un des coins de la cour. » (p. 88)

« Heureuse et très soulagée, je remercie chaleureusement le chef du village pendant que nous nous dirigeons vers le véhicule stationné près d’un mur de sable. La voiture, un modèle difficilement identifiable, a certainement vu bien des aventures. La porte du côté du passager ouvre à peine et, une fois ouverte, est impossible à refermer. Le plancher est criblé de trous assez grands pour voir défiler le désert. » (p. 90)

« – Louise, les femmes veulent t’amener visiter les voisines. Est-ce que tu veux y aller?
– C’est loin?
– Non. C’est le campement voisin.
Je me souviens des campements voisins lorsque nous cherchions la famille de Sanda avec une jeep. Les voisins sont souvent très loin.
– Je ne peux pas parler avec elles, dis-je, inquiète de la tournure que pourrait prendre une telle visite.
– Ça ira, tu verras.
– Nous reviendrons avant la tombée de la nuit?
– Oui. Tu devrais accepter. C’est très gentil de leur part de t’inviter, dit Sanda.
– Tu as raison. Dis-leur que j’accepte l’invitation. » (p. 135-136)

« « Madame Louise,
Je vous informe qu’une fête nationale se tiendra au Niger au mois de septembre 2002. Cette fête regroupera les tribus nomades du Sahara. Nous souhaitons que vous soyez parmi nous pour deux raisons. J’attends votre réponse avec urgence. »
Sanda » (p. 15)

« Deux semaines avant mon départ, un courriel apparaît sur l’écran de mon ordinateur. […]
« Madame Louise,
Vous devez changer la date de votre arrivée. La fête commence le 10 septembre. » » (p. 21)

Référent(s) culturel(s)

  • Référence aux Jeux de la Francophonie, à Gatineau, point de départ de l’aventure relatée.
  • Mention de plusieurs lieux en Afrique (p. ex., le Sahara, le Niger, le Maroc).
  • Mention des peuples autochtones du Canada.
  • Référence à la rébellion des Touaregs, un conflit opposant le peuple nomade saharien aux autorités de certains États d’Afrique de l’Ouest, notamment au Niger et au Mali.
  • Mention de la France.
  • Mention du recueil de contes Les Mille et Une Nuits.

Pistes d'exploitation

  • Animer une discussion à partir des questions suivantes : Quelles expériences la narratrice a-t-elle vécues dans ce pays très différent du sien? Qu’est-ce qui l’a particulièrement marquée? Qu’a-t-elle dû apprendre ou réapprendre? Puis, inviter les élèves à comparer ces expériences à celles que pourraient vivre des personnes venant d’ailleurs en arrivant au Canada : quels défis pourraient-elles rencontrer? Quelles similitudes ou différences peut-on observer?
  • Proposer aux élèves, regroupés en dyades, de comparer les Peuls et les Touaregs en tenant compte de critères spécifiques (p. ex., construction des abris, élevage, modes de vie, territoires, langue, traditions) puis de noter les ressemblances et les différences à l’aide d’un diagramme de Venn. Jumeler les équipes, puis leur demander de comparer leurs diagrammes.
  • Proposer aux élèves, regroupés en dyades, d’analyser, à partir de passages tirés du texte, le sens de l’affirmation inscrite sur la première de couverture du livre : Un récit qui laisse des traces… en soi. Animer une mise en commun afin de leur permettre de faire part de leurs réflexions au groupe-classe.
  • Suggérer aux élèves, réunis en équipes, d’explorer la signification culturelle et spirituelle de la plume d’oiseau chez différents peuples (p. ex., les peuples autochtones, les Peuls d’Afrique). Leur demander d’analyser les symboliques associées à cet élément, son rôle dans les traditions et rituels, puis synthétiser leurs recherches sous forme d’une infographie claire et attrayante. Animer une mise en commun afin de leur permettre de présenter leur travail au groupe-classe.
  • À la fin de l’œuvre, Oussa, devenu gardien des plumes, déclare : « Un jour, je les ramènerai au Canada. » Proposer aux élèves, regroupés en dyades, d’imaginer et de rédiger un chapitre additionnel racontant l’arrivée d’Oussa au Canada. Ce chapitre devra mettre en lumière ses émotions, ses découvertes, ses réussites, les moments de joie, ainsi que les défis qui accompagnent cette transition. Animer une mise en commun afin de leur permettre de présenter leur travail au groupe-classe.

Conseils d'utilisation

  • Situer le Niger sur une carte géographique et tracer le trajet parcouru par Louise.
  • Porter une attention particulière au thème du sacrifice du mouton, qui pourrait susciter un malaise chez les élèves.
  • Inviter les élèves à se renseigner sur l’organisme Corcovado, qui a réussi à construire un puit en 2005 pour une petite communauté de nomades Peuls, grâce à l’engagement de Louise Dallaire.
  • À la page 57, 5e paragraphe, 2e ligne, lire « j’enjambe » plutôt que « j’emjambe » et à la page 177, 18e ligne, lire « dit-elle » plutôt que « dit-il ».
  • Inciter les élèves à découvrir d’autres œuvres se déroulant en Afrique, telles que Les porteuses d’Afrique et Entre ici et là-bas, dont les fiches pédagogiques se trouvent dans
  • Encourager les élèves à visionner Tagayet, un film réalisé par Matthiew Klinck, fils de l’auteure, qui est parvenue, grâce aux dons de ses amis et au soutien du Fonds canadien pour les initiatives locales de l’ACDI, à faire creuser un puits au cœur du désert du Sahara.

Ressource(s) additionnelle(s)

  • IDÉLLO.org, ressources éducatives en ligne, 10e à 12e année, Série : Au pied du mur, Qu’est-ce qu’une maison, vraiment?