Contenu
- Personnages principaux différents dans les quatre nouvelles, unis par leur désir de liberté et leur refus de se conformer aux normes; dans Tout feu, tout flamme, personnage principal, Marie-Ann, une adolescente de dix-sept ans, qui se retrouve orpheline après un accident; dans Le centenaire, Barthélemy, un homme de cent ans, qui parle de ses souvenirs des décennies passées à son épouse défunte, Bartine, aux noces de sa petite-fille; dans Poisson d’avril, Lisette, une barmaid devenue féministe, et dans Au mitan de la vie, Amandine, jeune scénariste, qui aspire à la liberté.
« Ann s’informe, circule parmi les élèves : ses frères ne sont pas là. Personne ne les a vus ce matin. Parmi les adultes, Ann cherche sa mère. En vain. » (p. 36)
« Germain a pas eu d’enfants avec sa pimbêche. Étienne a eu rien qu’une fille avec l’Irlandaise. Quant à notre fils aîné, Henri, tu sais mieux que moi pourquoi il a pas eu d’enfants, celui-là. […] Le repas suit son cours. On rit. On se raconte les dernières histoires de famille. Chaque table réunit la famille d’un enfant de Barthélemy et de Robertine. » (p. 57)
« L’ancienne barmaid a fait du chemin depuis ce soir de juillet 1975. Elle est devenue membre active d’un groupe de femmes. Elle a renoncé à son métier qu’elle juge maintenant dégradant; elle est membre des Femmes Anonymes, les FA, et assiste à ces réunions de femmes où elle peut enfin parler de son vécu de femme à des femmes qui ont vécu. » (p. 83)
« – Dites-moi. Quel est votre plus grand rêve? […]
– À la liberté, peut-être? lance l’homme.
Amandine reste bouche bée. Liberté! Il a dit ²liberté², le mot qui lui martèle l’esprit depuis plusieurs heures. » (p. 100)
- Personnages secondaires différents dans chaque récit, chacun contribuant de façon particulière au déroulement de l’intrigue; dans Tout feu, tout flamme, Jeannette O’Reagan, la mère d’Ann, qui s’oppose à ses projets d’études en raison des contraintes financières familiales, ainsi qu’Élizabeth, sa cousine bien-aimée, et ses frères et sœurs, John, Peter, Freddy et Kathy; dans Le centenaire, Corinne, la petite-fille de Barthélemy, qui tente de l’intégrer dans la société contemporaine; dans Poisson d’avril, Beaucourt Bouillon, surnommé Chéri, un nouveau client au bar qui est confronté à des turbulences dans sa relation avec Lisette, et dans Au mitan de la vie, un étranger qui sollicite Amandine pour le conduire chez son ami.
« – On a besoin d’aide, Marie. Comprends donc. Depuis que Freddy n’est plus là, il n’y a que ton père pour mettre du pain sur la table. […]
– Dans deux ans, je vous aiderai encore bien mieux. Je vous sortirai de la misère. Un salaire d’infirmière, c’est quand même mieux que le salaire de la Dominion Textile. […]
– Tu as dix-sept ans, Marie. L’hiver est presque là. Nos n’avons plus d’argent pour payer le charbon. À peine de quoi pour la nourriture. » (p. 14-15)
« Élizabeth glisse un peu d’argent dans la main de sa cousine. De quoi prendre les transports publics.
– Pour arriver plus vite chez toi. Pour ne pas inquiéter ta mère. » (p. 24)
« Corinne, elle, retient son chapeau de paille d’une main où brille le diamant de ses récentes fiançailles. » (p. 48)
« Chéri fuit. Chéri se fuit. Il ne sait plus qui il est. Il court à bout de souffle à sa propre recherche. Il vocifère dans la rue, crie comme un croisé qui appelle ses troupes au combat.
Puis, Beaucourt Bouillon reprend lentement ses esprits. Il se cherche encore, mais il sait une chose : il n’est plus Chéri. » (p. 86)
« Amandine reprend le volant, mais elle ne dévore plus le ruban bleuté de l’asphalte. Sur les chemins de campagne, elle s’attarde.
– Laissez-moi à la prochaine croisée des chemins, madame. Vous rejoindrez facilement l’autoroute en tournant à gauche. Moi, je vais à droite. » (p. 102)
- Récits entrelacés qui relatent l’histoire de quatre individus qui rejettent les conventions et les opinions de leur temps, révélant leur détermination à se libérer des normes établies; nombreux retours en arrière permettant au lectorat de connaître les événements de la vie passée des personnages; thèmes (p. ex., guerre, écoulement du temps, liberté, résilience, quête d’identité) aptes à intéresser le lectorat visé.
- Mise en page aérée; œuvre répartie en quatre récits titrés; éléments graphiques (p. ex., points de suspension, symboles pour indiquer un laps de temps ou un changement de scène, italiques, majuscules, guillemets) facilitant l’interprétation du texte; liste des œuvres de la même auteure et dédicace au début; table des matières à la fin; critiques littéraires à la quatrième de couverture.
Langue
- Registre de langue courant dans l’ensemble de l’œuvre; mots moins connus (p. ex., coriace, tailladées, conflagration, ostentatoire, parvis) compréhensibles grâce au contexte; mots et expressions du registre familier (p. ex., cagibi, itou, couenne, bédaine) et mots anglais (p. ex., There is no reason, that’s life, black-out, sit-in, fish and chips) reflétant le milieu socioliguistique des personnages.
- Phrases de base, phrases transformées et phrases à construction particulière; variété de types et de formes de phrases (p. ex., déclarative, exclamative, elliptique, interrogative, impérative); prédominance de phrases courtes, créant du suspense et contribuant à l’enchaînement rapide des événements de l’intrigue.
« J’aime quand nous discutons comme ça toutes les deux. De tout et de rien. Comme des amies. Elle me fait répéter ce que dit sœur Edna dans les cours d’histoire et de géographie. » (p. 11)
« Des bruits! Des voix! Je m’arrête un instant. J’ai peine à distinguer les sons tant ma respiration est haletante, bruyante et nerveuse. Des pas se rapprochent. Des soldats qui ont bravé le couvre-feu. Je les entends sans les voir encore. Ils sont au moins trois. Ivres, je crois : leurs paroles s’entremêlent de chansons grivoises. Ils marchent derrière moi. Il ne faut pas qu’ils me voient. » (p. 19)
« « L’autre, au bout du banc, tu la reconnais? La grande mince, la coiffure haute, encore avenante, mais avec l’allure à pas s’en laisser trop imposer. Voyons, Bartine, fais un effort; tu dois bien t’en douter un peu! … » » (p. 53)
- Figures de style nombreuses (p. ex., comparaison, métaphore, anaphore, personnification, répétition, paronomase, gradation, jeux de mots) permettant d’ajouter de l’intensité aux événements et aux pensées des personnages.
« La dispute du souper m’avait assaillie comme une mauvaise odeur dans un jardin fleuri. » (p. 12)
« – Je t’en prie, ma fille, lança-t-elle avec des flammes dans les yeux. » (p. 15)
« Malgré la rapidité de mon pas. Malgré le châle glissé sur mon manteau. Malgré la rage violente qui m’habite. » (p. 19)
« La fontaine s’est tue pour l’hiver. » (p. 26)
« Jeannette entraîne Kathy sur la colline du fort Needham où la foule commence à se rassembler pour voir le Mont Blanc qui brûle, brûle, brûle. » (p. 32)
« Maintenant, quand Chéri propose, Lisette dispose, impose ou… s’indispose. » (p. 84)
« Il se sent rabaissé. Écrasé. Humilié. Aliéné. » (p. 86)
« Les beaux, les Baux-de-Provence et d’ailleurs, les beaux-frères et les beaux-pères et même les beaux-arts s’ils obtiennent une subvention; les courts et même les cours seront là, les courts de tennis et les courts-circuits, les cours d’eau, les cours municipales et les cours universitaires s’ils obtiennent une subvention. Beaucourt n’oublie pas non plus les Bouillon : les gros bouillons, les bouillons-blancs, les courts-bouillons, et pourquoi pas les bonnes bouillies, les bouillons de culture et même les bouillons de onze heures. » (p. 87)
- Nombreuses séquences descriptives et indices spatio-temporels permettant de situer chacune des intrigues tout en présentant les pensées, les réactions des personnages principaux et leurs relations entre eux.
« Le voici bientôt en âge de tenter un premier pas : Beaucourt se retrouve bousculé dans la cohue de cette maisonnée désorganisée. Ses frères trouvent Beau-Beau de moins en moins amusant. L’oubli où ils le laissent, des heures durant, fait que le bambin cherche constamment à se pendre à leurs basques. » (p. 78-79)
« Quand Lisette lui reproche ses mâles maladresses, ses inconvenances répétées, ses incongruences machistes, Chéri avoue son incompétence et demande en quoi il a pu s’éloigner des règles du bonheur. Alors Lisette bondit, vitupère, hurle, rugit et c’est le vécu de toutes les femmes du groupe des FA que Chéri reçoit d’un seul coup à la figure. » (p. 84-85)
« Amandine marche vers la cuisine et se verse une tasse de café. Elle a l’idée de rendre ce breuvage plus revigorant : elle ouvre l’armoire et prend la bouteille de rhum achetée deux mois plus tôt pour agrémenter un dessert. Aussitôt, elle se sent coupable. De quoi? De verser une gorgée de rhum dans une tasse de café? Ah non! tout de même. Quand va donc se taire la petite voix insidieuse des interdits? Quand se sentira-t-elle libre de tout corset moralisateur? » (p. 92)
Référent(s) culturel(s)
- Référence à Saint-Elphège, une municipalité au Québec.
Pistes d'exploitation
- Proposer aux élèves, regroupés en équipes, d’effectuer une recherche sur l’accident des deux bateaux entrés en collision à Halifax en 1917, tel que décrit dans la nouvelle Tout feu, tout flamme (p. 9-41). Animer une mise en commun afin de leur permettre de faire part de leurs trouvailles au groupe-classe.
- Demander aux élèves, réunis en dyades, de trouver les ressemblances entre les personnages principaux des nouvelles, puis d’en réaliser un tableau comparatif en tenant compte de critères particuliers (p. ex., désir de liberté, changement, revendication). Jumeler les équipes, puis leur demander de présenter leur travail aux membres de leur groupe.
- En se basant sur la nouvelle Poisson d’avril! (p. 75-90), animer une discussion en abordant les questions suivantes : Quels ajustements fait-on pour s’adapter à diverses relations familiales, amicales et amoureuses? Quels risques ces ajustements comportent-ils?
Conseils d'utilisation
- Noter l’utilisation du terme erroné « sauvagesses » utilisé dans l’œuvre.
- Encourager les élèves à lire d’autres œuvres de la même auteure, telles que Du chaos pour une étoile et Entre ici et là-bas, dont les fiches pédagogiques se trouvent dans FousDeLire.
Ressource(s) additionnelle(s)
- IDÉLLO.org, ressources éducatives en ligne, 9e à 12e année, Série : Artisans du changement, divers épisodes.