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Les guerriers de l’eau

Nous sommes en l’an 2086. Victor Falaquet, quatorze ans, accompagne sa mère, Alma Bénéteau, médecin de Toronto, en mission humanitaire à Houston, dans l’ancien État du Texas.

Aux États-Unis, devenus un ensemble anarchique de cités-États, des seigneurs de la guerre se disputent pour étendre leurs territoires et accaparer les ressources. Durant le séjour de Victor et d’Alma, Dallas, ville « à sec », désespérée et enhardie par la mise au point d’une mystérieuse nouvelle arme, va rompre une trêve et attaquer Houston afin de lui ravir sa précieuse eau.

Pris dans ce conflit sanglant et absurde, Alma et Victor, tout comme les populations de Dallas et de Houston, doivent lutter pour leur survie. Les guerriers de l’eau, prêts à tout, seront entraînés dans un engrenage dévastateur.

(Tiré de la quatrième de couverture du livre.)

À propos du livre

Contenu

  • Personnage principal, Victor Falaquet, adolescent de Toronto qui, en accompagnant sa mère lors d’une mission humanitaire à Houston, au Texas, se fait prendre en otage au cours d’une attaque contre l’hôpital.

« Cette occasion d’accompagner sa mère comble Victor de joie. Contrairement à la plupart des missions de Fraternitas, celle de Houston vise à apporter des soins médicaux dans une région stabilisée, c’est-à-dire où la paix est revenue. Elle ne comporte donc aucun risque. C’est pourquoi Virac Lefranc avait suggéré à Alma d’y amener son fils. Ainsi, il pourra la voir à l’œuvre et peut-être mieux apprécier l’importance de son métier. Victor ne passera que deux semaines à Houston, soit la fin de ses vacances d’été. Sa mère espère toutefois que cette expérience aura une influence bénéfique sur leur relation. Et, bien entendu, elle souhaite ardemment que cette mission, cruciale pour l’avenir de Fraternitas, soit un franc succès. » (p. 28)

« Une nuit sans sommeil. Victor ne croyait pas que la situation pouvait s’aggraver. Les événements des quarante-huit dernières heures ont prouvé le contraire. Depuis le début de cette nouvelle crise, une pensée l’obsède : fuir avant qu’il ne soit trop tard. […] » (p. 113)

  • Nombreux personnages secondaires, parmi lesquels Alma Bénéteau, la mère de Victor, médecin en mission, Virac Lefranc, le directeur de l’organisme humanitaire Fraternitas, Petrie, le commandant de Dallas, qui retient en otage les gens de l’hôpital afin de forcer Houston à lui céder ses réserves en eau, ainsi que Lucie Thibideau, une jeune Cajun qui se lie d’amitié avec Victor.

« Alma retient difficilement son indignation et son découragement. Depuis une semaine, le nombre de blessés mutilés par les charges explosives des champs de minage continue d’augmenter de quatre ou cinq par jour. […] Les journées de dix-huit, et même de vingt heures, se succèdent. Alma travaille sans relâche à soigner les victimes du conflit. » (p. 100)

« […] Virac se rend tout de suite à son com-poste pour tenter de joindre Alma et la rassurer. Toutefois, après cinq tentatives infructueuses d’établir la communication, il se résigne à demander à son adjoint de continuer d’essayer toutes les heures. » (p. 104)

« – Je suis le commandant Petrie des forces armées de Dallas. Ce camp et cet hôpital sont maintenant sous mon contrôle. Toutes les personnes se trouvant ici sont nos prisonniers et ne seront libérées que si nous obtenons, soit de Houston, soit de la communauté internationale, l’eau que nous exigeons. » (p. 111)

« Sous l’œil vigilant des soldats de Dallas, Lucie participe à l’évacuation des patients. Elle s’est portée volontaire pour cette mission, car elle espérait revoir Victor et sa mère. Jusqu’à présent, elle n’a rencontré ni l’un ni l’autre. Elle ne pourra pas les aider sans au moins les consulter. » (p. 123)

  • Roman d’aventure et de science-fiction dont l’histoire s’organise autour des mésaventures de Victor et de sa mère, coincés malgré eux dans une ville en guerre dirigée par des militaires imbus de leur pouvoir; intrigue suivant l’ordre chronologique, comptant quelques retours en arrière; ellipses narratives permettant d’escamoter des pans de vie plus ou moins longs (p. ex., ellipse de 14 ans entre les deux derniers chapitres); thèmes (p. ex., abandon, entraide, eau, amitié, danger) aptes à capter l’intérêt du lectorat visé du début à la fin.
  • Mise en page aérée; œuvre répartie en 18 chapitres titrés; éléments graphiques (p. ex., guillemets, symboles indiquant un laps de temps ou un changement de scène, majuscules, points de suspension, notes de bas de page) facilitant l’interprétation du texte; dédicace au début; table des matières, liste des œuvres du même auteur et d’œuvres de la collection à la fin; courtes notes biographiques sur l’auteur à la quatrième de couverture.

Langue

  • Registre de langue courant dans l’ensemble de l’œuvre; mots moins connus (p. ex., subalternes, aquifères, inéluctable, saltimbanques, recrudescence) et quelques expressions du registre familier (p. ex., flambant neuf, faire la popote) compréhensibles grâce au contexte.
  • Phrases de base, phrases transformées et phrases à construction particulière; variété de types et de formes de phrases; nombreuses phrases interrogatives et exclamatives, dans les dialogues, traduisant la gravité de la situation.

« L’évocation de ce lieu et du destin de Lucie fait soupirer Victor. À la fin de cette journée, son amie ira se joindre aux forces armées de Houston. De son côté, le lendemain, Victor entamera son voyage de retour en prenant le bateau pour Veracruz. Après aujourd’hui, il ne reverra probablement plus jamais Lucie.
– Tu ne voudrais pas aller à l’école, ou apprendre un métier?
– L’école! prononce Lucie avec mépris. Il n’y en a plus ici. Et même s’il y en avait, qu’est-ce que je pourrais y apprendre qui me serait utile ? » (p. 68)

« Victor va retrouver Sylva pour lui offrir son aide. À son étonnement, elle lui demande son poids. Quand il répond cinquante-deux kilogrammes, elle lui pose une deuxième question :
– Et ton groupe sanguin?
O positif
Sylva ne cache pas sa joie.
– Le groupe le plus commun! Si tu acceptes de donner ton sang, tu seras une fontaine précieuse pour nous. Normalement, on ne fait appel qu’à des personnes majeures, mais, compte tenu des circonstances, de ta bonne santé et de ton poids qui dépasse le minimum requis de cinquante kilogrammes… » (p. 81-82)

  • Figures de style simples (p. ex., métonymie, énumération, répétition, comparaison, métaphore, hyperbole) qui enrichissent le texte.

« L’établissement, une des rares entreprises encore de nature artisanale, faisait cuire d’énormes pains dont l’odeur flottait jusqu’aux narines de Victor. » (p. 18)

« Victor et ses parents se dévisagent dans la lumière du jour naissant sans bouger ni dire un mot, paralysés par un torrent d’émotions conflictuelles : euphorie, rage, soulagement et tristesse. » (p. 22)

« – Vous… vous ne pouvez pas visiter l’hôpital comme ça. » (p. 51)

« Victor, même s’il ignore le but de cette requête, part comme un boulet de canon vers la résidence. » (p. 90)

« Quand le premier blessé, avec un pied sectionné, était arrivé à l’hôpital, les détails de son cas avaient été trop vagues pour que la docteur Laberge saisisse à quel monstre elle avait affaire. » (p. 90)

« S’il était possible de recueillir et de boire les larmes, les gens de ce coin foutu du monde seraient riches. » (p. 95)

  • Multitude d’expressions imagées permettant d’apprécier le style de l’auteur.

« Il savoure sa victoire, mais éprouve du regret – et une faim de loup. » (p. 20)

« Son voyage et sa journée de travail la veille ont dû le fatiguer plus qu’il ne l’avait cru, car il a dormi comme une bûche. » (p. 39-40)

« Les nouvelles courent vite ici. » (p. 40)

« Il y a encore beaucoup de grogne, mais au moins les gens peuvent s’approvisionner et plus personne ne meurt de soif. » (p. 46)

« Alma Laberge a les nerfs à fleur de peau. » (p. 111)

  • Nombreuses séquences descriptives relatives à la technologie futuriste et aux atrocités causées par la guerre; courtes séquences dialoguées permettant de saisir les motivations et les pensées des personnages.

« Il enfile son vétex qui s’est autonettoyé au cours de la nuit. Les cellules compactes du tissu spécial, quand elles ne sont pas en contact avec un corps humain, suppriment automatiquement tous les éléments étrangers, dont la sueur et la saleté. Ainsi, pour « laver » son vétex, il suffit de l’enlever une heure ou deux. » (p. 40)

« L’efficacité de la mine antipersonnel perfectionnée par Dougal et son équipe l’épate. En fait, leur nouvelle arme n’est plus simplement un petit engin explosif caché sous la terre et déclenché par le poids du malheureux qui le foule avec son pied. Les techniciens ont réussi à mettre au point des appareils de champ de minage, soit deux minuscules boîtes émettrices placées à une vingtaine de mètres l’une de l’autre. Un signal électrique reliant les deux émetteurs crée un champ de dix mètres carrés. Dès qu’un être vivant y pénètre, les appareils détectent son mouvement et décochent alors une charge explosive jusqu’à la victime. Tout comme dans le cas de son prédécesseur, la mine antipersonnel, la charge est dosée de façon à blesser et à mutiler les membres, notamment les jambes, plutôt qu’à tuer. » (p. 59-60)

« – La docteur Laberge, qui travaille sur le terrain, n’a pas eu le temps ni les moyens de nous donner un compte rendu complet de la situation.
Sa réponse suscite des grimaces et il s’empresse donc d’ajouter quelques précisions.
– Nous savons que Dallas a repris l’offensive contre Houston et a presque encerclé la ville. Les blessés sont nombreux dans les deux camps et…
– Pourquoi la docteure Laberge demande-t-elle des bioprothèses?
La question du président a coupé court à l’élan de Virac.
– Un grand nombre des blessés sont des victimes de mines antipersonnel et ont perdu une jambe ou un autre membre.
– Bonté planétaire! Sont-ils retournés au temps des barbares? » (p. 102-103)

Référent(s) culturel(s)

  • Référence aux Autochtones.
  • Référence à la francophonie canadienne et internationale (p. ex., Lucie est une Cajun originaire de Louisiane; Victor et sa famille sont des francophones de Toronto).
  • Mention d’Étienne Brûlé, un explorateur français.

Pistes d'exploitation

  • Demander aux élèves, réunis en équipes, de créer une charte des droits et libertés de la personne pour ce monde de chaos et de guerre imaginé par Daniel Marchildon. Animer une mise en commun afin de leur permettre de présenter leur travail au groupe-classe.
  • Proposer aux élèves, regroupés en dyades, de créer un dépliant informatif sur un organisme d’aide humanitaire (p. ex., Médecins sans Frontières, la Croix-Rouge, Action contre la faim), puis placer les travaux au centre de ressources de l’école.
  • Demander aux élèves, regroupés en équipes, de mener une recherche sur la consommation mondiale de l’eau en tenant compte de critères précis (p. ex., provenance, accès, pénurie, prévisions), puis de préparer une affiche. Placer le travail des élèves dans les corridors de l’école.
  • Suggérer aux élèves, réunis en équipes, d’imaginer et de décrire un objet futuriste qui leur serait utile. Animer une mise en commun afin de leur permettre de présenter leur travail au groupe-classe.

Conseils d'utilisation

  • Proposer aux élèves une visite virtuelle de la NASA afin de les sensibiliser à la conquête de l’espace.
  • Accorder une attention particulière aux sujets délicats dont on traite dans l’œuvre (p. ex., prise d’otages, exécution sommaire, utilisation de mines antipersonnel).
  • Inviter les élèves à explorer d’autres œuvres du même auteur, telles que La première guerre de Toronto et Le secret de l’île Beausoleil, dont les fiches pédagogiques se trouvent dans FousDeLire.

Ressource(s) additionnelle(s)

  • IDÉLLO.org, ressources éducatives en ligne, 9e à 12e année, Série : Artisans du changement, L’eau une ressource, un défi.
  • IDÉLLO.org, ressources éducatives en ligne, 9e à 12e année, Série : Le dessous des cartes, Eau : une ressource sous tension.
  • IDÉLLO.org, ressources éducatives en ligne, 6e à 12e année, Vraiment Top! – capsules 1, Les organismes sans frontières.