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Pierre, Hélène & Michael

Pierre aime Hélène, alors qu’Hélène, elle, est déchirée entre cet amour sûr mais sédentaire et un désir ardent de sortir de son milieu, de mordre dans la vie. Elle rencontre Michael, « le gars cool » – un anglophone de Toronto qui a vu le monde et qui se trouve temporairement « en exil » dans son petit milieu. Hélène quittera sa ville natale pour l’accompagner à Toronto, un choix qui transformera leurs destinées à tous les trois…

(Tiré de la quatrième de couverture du livre.)

À propos du livre

Contenu

  • Trois personnages principaux, soit Hélène, une jeune femme qui fréquente Pierre, qui remet en question ses certitudes, Pierre, qui lui offre un amour stable et sécurisé, et Michael, l’anglophone de Toronto qui, par sa présence, éveille chez Hélène la soif de voir ailleurs, créant ainsi un triangle amoureux complexe.

« HÉLÈNE
… Moi, je te dis que la vie, c’est fait pour vivre puis moi, c’est ça que je veux : vivre. Rien que ça. Pour moi, vivre ma vie à moi. Pas pour toi, pas pour ma mère, pas pour les autres. Pour moi. Vivre quelque chose qui vaut la peine.
PIERRE
Puis vivre quelque chose qui vaut la peine, ça veut dire voyager. C’est ça?
[…]
Bien, explique-moi, d’abord. Tout d’un coup, on dirait qu’on ne parle plus la même langue.
HÉLÈNE
Ce que je veux dire, c’est que moi et toi, on est trop jeunes pour s’embarquer dans une affaire qui…Toi, Pierre, tu as déjà toute ta vie de planifiée jusqu’à ta retraite. Tu vas aller à l’université. Tu vas faire tes études. Ensuite on va se marier. On va s’acheter une maison. On va avoir trois enfants, deux gars puis une fille, au milieu la fille, entre les deux gars. Puis là on va vieillir…
PIERRE
Oui, Hélène, mais ça, c’est juste des rêves, c’est des idées, ça peut se changer…
HÉLÈNE
Je n’ai rien contre le monde qui rêve, Pierre, tant qu’ils ne rêvent pas pour moi. » (p. 34-35)

« MICHAEL
Ce n’est pas défendu de voyager. Hélène est une grande fille. Ce n’est pas moi qui lui ai tordu le bras pour qu’elle vienne avec moi. » (p. 41)

  • Quelques personnages secondaires mentionnés dans le texte, mais absents de la scène, parmi lesquels la mère et l’ancienne petite amie de Michael.

« MICHAEL
Yes, I would like to place a collect call to Montreal. The number is area code 514 285 6897. To speak to Mrs. Nicole Langevin. Yes, from Michael Stewart… Yes, from Michael Stewart…
Il attend.
Oh, hi Mom.
Oh, excuse-moi, c’est vrai, toujours parler français avec ma mère. Toujours parler français avec ma mère. Ça va? » (p. 38)

« HÉLÈNE
Oui, je sais que c’est Sandra Mylan, ton ex-blonde qui ne t’a jamais donné signe de vie avant que tu mettes les pieds à Toronto. » (p. 60)

  • Pièce de théâtre contemporaine; intrigue s’organisant autour de la quête identitaire, soulevant des questions existentielles sur l’amour, le destin et l’avenir; dialogues, monologues et procédés narratifs (p. ex., ellipse, retour en arrière, projection) favorisant le déroulement de l’intrigue et reflétant l’évolution des personnages; thèmes (p. ex., amour, jalousie, relations interpersonnelles, choix personnels) incitant le lectorat à réfléchir sur la complexité des relations humaines et les dilemmes auxquels chacun peut être confronté dans sa vie.
  • Mise en page dégagée; texte présenté en un acte, divisé en 10 scènes numérotées; éléments graphiques (p. ex., italiques, points de suspension, guillemets) facilitant l’interprétation de l’œuvre; liste des œuvres de l’auteur et renseignements généraux sur la pièce au début; table des matières à la fin; courtes notes biographiques sur l’auteur à la quatrième de couverture du livre.

Langue

  • Registres de langue variant entre le courant et le familier, tout au long de l’œuvre; mots et expressions populaires (p. ex., ben, frencher, pogne pas les nerfs) et dialogues truffés de répliques en anglais (p. ex., cut it out! I had a rough day. I don’t feel like getting into this) contribuant à la vraisemblance du dialogue.
  • Prédominance de phrases transformées et de phrases à construction particulière; nombreuses phrases exclamatives et interrogatives traduisant les émotions et les traits de caractère des personnages; abondance de phrases courtes contribuant à la vraisemblance des personnages et de leurs réflexions.

« HÉLÈNE
Toi, tu te plains de trop avoir voyagé, puis moi, je me plains que je ne suis jamais sortie d’ici. La vie est mal faite, tu ne trouves pas?
MICHAEL
Ça dépend. À Toronto, il y a beaucoup d’argent à faire. Plus qu’à Montréal, believe me.
HÉLÈNE
Mais toi, pourquoi tu restes par ici?
MICHAEL
God knows! Des fois, je me dis que si j’avais quelqu’un… Je ne voudrais pas décoller tout seul.
HÉLÈNE
Tu lâcherais tes études?
MICHAEL
Je crois qu’elles m’ont déjà lâché. Mon père n’a jamais rien étudié. Go for it! C’est tout ce qu’il a appris. Il dit tout le temps ça : Go for it. C’est comme un mantra. Go for it, Michael. » (p. 27)

  • Figures de style (p. ex., anaphore, expression imagée, répétition, hyperbole, comparaison, synesthésie) qui enrichissent le texte.

« PIERRE
Ça se peut que je me sauve. Ça se peut que je me cache. Ça se peut que j’aie peur de toi… » (p. 17)

« PIERRE
… Michael, tu ne sauras jamais ce que c’est de se faire manger la laine sur le dos… » (p. 30)

« PIERRE
Plus conciliant.
Mets-toi à ma place! Mets-toi à ma place, Hélène! » (p. 31)

« HÉLÈNE
C’est ça. Parfait! Ça prendra mille ans pour changer ça, Pierre, puis dans mille ans on sera morts. Puis j’ai juste une vie à vivre. » (p. 34)

« HÉLÈNE
[…] C’est comme quand j’étais petite et que mon père me berçait en face du chassis de la cuisine. Il se levait juste pour mettre du bois dans le poêle. C’était beau, l’hiver dans ce temps-là. Il faisait chaud dans la maison. On entendait le feu. Ça sentait bon la chaleur puis je mettais ma tête sur sa chemise de laine pour sentir l’odeur du garage où il travaillait. » (p. 47)

  • Nombreuses didascalies décrivant l’attitude des personnages et la mise en scène.

« Michael, Hélène et Pierre.
Dans un restaurant de style fast-food. Michael est assis à une table. Impatient, il regarde sa montre. Il sort son téléphone et commence à texter. Absorbé dans son activité, il ne remarque pas Hélène qui arrive, qui s’approche de lui. » (p. 21)

« Hélène éteint son appareil. Sur ce, Michael entre avec un bouquet de fleurs à la main. Il va vers elle discrètement. Il s’approche et l’embrasse dans le cou. Elle répond à peine. Il est très prévenant envers elle. » (p. 57)

Référent(s) culturel(s)

  • Quelques références à la francophonie canadienne et internationale (p. ex., Montréal, Québec, les Maritimes, le Canadien).
  • Référence à Valérie Lagrange et à sa chanson On meurt tous d’amour, ainsi qu’à la chanson Hélène de Roch Voisine.

Pistes d'exploitation

  • Animer une discussion sur la question posée par Michael dans l’œuvre : « Vivre en anglais. Vivre en français. Qu’est-ce que ça veut dire?… » (p. 28)
  • Expliquer aux élèves qu’au théâtre, le monologue est un discours prononcé par un personnage pour révéler ses sentiments, raconter un événement de son passé, ou autre, offrant ainsi à l’auditoire l’occasion d’en apprendre davantage à son sujet. Former des équipes, leur attribuer un monologue de la pièce (p. ex., Hélène (p. 19), Pierre (p. 55)), puis leur demander de résumer ce que le monologue révèle sur le personnage. Ensuite, inviter les équipes à rédiger un monologue, puis à l’intégrer dans la pièce. Animer une mise en commun afin de leur permettre de faire part de leur travail au groupe-classe.
  • Demander aux élèves, réunis en dyades, de brosser le portrait psychologique d’un des personnages principaux en tenant compte de critères précis (p. ex., valeurs, motivations, croyances) et en les appuyant d’exemples tirés du texte. Regrouper les équipes selon le personnage choisi, puis les inviter à faire part de leurs trouvailles aux membres de leur groupe.

Conseils d'utilisation

  • Vérifier les connaissances antérieures des élèves au sujet de l’Acadie (p. ex., situation géographique, histoire en bref, langues parlées).
  • Avant la lecture, expliquer aux élèves que les personnages utilisent de nombreux anglicismes, québécismes et expressions régionales; accompagner les nouveaux arrivants pendant la lecture.
  • Animer une discussion sur la décision d’Hélène et de Michael d’abandonner l’école avant l’obtention d’un diplôme.
  • Consulter la fiche pédagogique sur le site de l’éditeur.
  • Encourager les élèves à lire d’autres pièces théâtrales du même auteur, telles que Cap enragé, Le Christ est apparu au Gun Club et Aliénor, dont les fiches pédagogiques se trouvent dans FousDeLire.

Ressource(s) additionnelle(s)

  • IDÉLLO.org, ressources éducatives en ligne, 10e à 12e année, Série : 180, divers épisodes.