Contenu
- Un personnage principal, Nicolas Perrot, grand explorateur portant le sobriquet Metaminens signifiant l’homme aux jambes de fer, qui entreprend un voyage à travers le Canada à l’âge de dix-huit ans.
« Il est né à Darcey et a été baptisé dans une église du diocèse d’Autun, en Bourgogne. Sa date de naissance suscite de la controverse : il serait né en 1643 ou, plutôt, en 1644. Comme Nicolas déclara avoir vingt-deux ans aux recenseurs de l’intendant Jean Talon en 1667 et trente-sept ans au recensement de 1681, 1644 serait plus plausible. Il est le fils aîné de François Perrot et de Marie Sirot. Son arrivée en Nouvelle-France date de 1660. » (p. 19)
« En fait, ceux qui connaissent bien le Nicolas qui se fait apprenti-orateur et interprète le trouvent flamboyant, impressionnant, convaincant et délicieusement grandiloquent. Intonations, emphases, images et gestes théâtraux n’ont plus de secrets pour lui. Il a l’éloquence si spectaculaire, si hallucinante, selon certains observateurs, qu’il ne manque jamais d’envoûter ses auditoires. » (p. 24)
« Le style de harangueur de Nicolas s’apparente à celui de plusieurs chefs indiens. Nicolas sait se montrer tantôt emphatique et tantôt modeste. Son don de la communication l’amène ainsi à se faire humble quand il le faut et absolument flamboyant lorsque les circonstances l’exigent. Il y a du merveilleux dans ses discours. » (p. 108)
- Nombreux personnages secondaires peu développés, souvent des figures historiques, dont Julien de L’Anse, le narrateur, qui est impressionné par l’histoire de Nicolas et souhaite l’écrire, Régis Bidal, l’ami du narrateur, le commissaire Saint-Lusson et l’intendant Talon, supérieurs de Nicolas, qui organisent la conférence de Sainte-Marie, Madeleine Raclot, l’amour de Nicolas, que celui-ci épousera, le gouverneur Frontenac, dont l’arrivée suscite l’espoir d’un changement pour la colonie, François-Marie Perrot, un magouilleur partageant le même patronyme que Nicolas, dont la réputation ternit celle de ce dernier, Jacques-René de Brisay de Denonville, gouverneur de la Nouvelle-France, et enfin, Daniel Greysolon, ami fidèle de Nicolas.
« Écrire un livre : quel beau projet! Mais par où commencer? Ce brave homme, Nicolas Perrot, avait eu une vie si remplie que je ne savais pas trop comment m’y prendre. » (p. 16)
« Il me proposa de solliciter la collaboration du notaire Bidal, Régis Bidal du Châtelet, qui se faisait écrivain public et historien à ses heures.
Le sieur du Châtelet avait été un élève appliqué du Jésuite et il s’était toujours montré habile en écriture. » (p. 16)
« Le commissaire Saint-Lusson et l’intendant Talon seront contents des résultats lorsqu’ils en prendront connaissance, pensent Nicolas et ses compagnons, qui exultent. » (p. 49)
« La belle image de son imagination porte toujours le même nom : il s’agit bien sûr de Madeleine Raclot qui, compte tenu de ses dix-sept ans, est tout à fait en âge de prendre mari. » (p. 53)
« D’un autre côté, une bonne nouvelle emballe tout le monde, ou presque, en 1672 : Louis de Buade de Palluau de Frontenac débarque en Nouvelle-France à titre de gouverneur; on le dit dynamique et résolu; la colonie compte sur lui pour reprendre un nouveau souffle. Sa réputation le précède et les colons croient que beaucoup de choses vont changer… » (p. 55)
« François-Marie Perrot a des hommes de main selon ce qui se raconte dans la colonie. En sa qualité de gouverneur de Montréal, le magouilleur compte à son service une milice de six hommes et, aux dires de ses détracteurs, il se sert de cette garde personnelle pour intimider et brutaliser même ceux qui tentent de contrecarrer son commerce illicite. » (p. 65)
« L’an 1689 correspond au départ du gouverneur Jacques-René de Brisay de Denonville. Comme ce notable se montre désabusé devant l’ampleur du phénomène des voyageurs et certains de ses effets! » (p. 111)
« Nicolas perd un bon ami le 25 février 1710 : Daniel Greysolon, sieur Du Lhut, meurt à Montréal. La maladie avait forcé cet explorateur valeureux à cesser ses activités en 1696. » (p. 133)
- Roman mettant en lumière divers personnages ayant marqué l’histoire de la Nouvelle-France; intrigue qui oscille entre le désir du narrateur de relater l’histoire de Nicolas Perrot et les événements historiques; interventions occasionnelles de la part du narrateur pour annoncer qu’il reviendra sur certains sujets ultérieurement; thèmes variés (p. ex., colonialisme, exploration, réputation, famille, nomadisme, sédentarisme), susceptibles de piquer la curiosité et de mener à des conversations intéressantes.
- Mise en page simple; œuvre répartie en douze chapitres numérotés et titrés ainsi qu’un épilogue; éléments graphiques (p. ex., mots en italique pour accentuer certains termes, indiquer des passages en latin, représenter des textes, des extraits ou des Actes, caractères gras pour les intertitres, exposants pour annoncer des notes, symboles indiquant un changement de scène ou un laps de temps, points de suspension pour signaler des idées incomplètes et laisser au lectorat le soin de s’imaginer la suite) facilitant l’interprétation de l’œuvre; liste des œuvres du même auteur, dédicace et avant-propos au début; notes, annexe, bibliographie sélective, liste d’œuvres de la collection et table des matières à la fin; courte biographie de l’auteur sur la quatrième de couverture.
Langue
- Registre de langue courant dans l’ensemble de l’œuvre; mots moins connus (p. ex., apostolique, abhorre, salmigondis, cataclysmes, mécréants, ignares) et mots anciens (p. ex., pelleteries, quidam, truchement, diantre, guigne, fripouille, requinquer, naguère) compréhensibles à l’aide du contexte.
- Phrases de base, phrases transformées et phrases à construction particulière; phrases souvent complexes, organisées en paragraphes courts; types de phrases variées, dont des phrases exclamatives mettant l’accent sur les réactions du narrateur.
« En 1667, Nicolas est d’abord domestique chez la veuve de Jacques Testard. Bien sûr! bien sûr! comme les mois qu’il passe chez cette dame le plongent dans un ennui profond! Ses amis trouvent qu’il a l’air d’un lion en cage. » (p. 21)
« À force de parlementer, les Renards, dits les terribles, et Nicolas s’entendent : la jeune Indienne sera libérée et confiée à son père et, en retour, les Saulteux et leurs alliés mettront un terme à leurs hostilités envers les Renards. Ouf! Ce que ces négociations peuvent lasser les plus vertueux des hommes! Mais, enfin! l’accord étant honoré et le conflit dénoué, Nicolas peut consacrer son temps à sa fonction de commandant. » (p. 75)
« Peu de temps avant la fin des festivités, un beau témoignage d’amitié met Nicolas en valeur devant le gouverneur et son entourage : le chef des Pottawatomies, Ounanguissé, le chef des Outagamis, Nero, et les principaux délégués des Outaouais et de leurs alliés supplient le gouverneur Callières de l’envoyer vivre avec eux dans l’Ouest. » (p. 127)
- Figures de style variées (p. ex., énumération, personnification, métaphore, hyperbole, euphémisme) permettant d’apprécier le style de l’auteur.
« Il n’a cessé depuis son arrivée de se préparer pour la vie qu’il compte mener: apprentissage des langues, de la géographie du territoire, des us et coutumes des Indiens, des voies de communication et, pourrait-on dire, de l’art oratoire. » (p. 23)
« La Terre ne parla certes pas d’une voix timide, susurrante. C’est d’un ton détonant qu’elle fit trembler la vallée du Saint-Laurent et un territoire s’étendant sur des centaines de lieues de part et d’autre. » (p. 29)
« “L’île Manitouline? On dirait un bouquet qui surgit des eaux” s’exclame Dupuis en parlant de cette splendeur naturelle. » (p. 46)
« Il s’attaque à cette tâche titanesque avec cœur. » (p. 135)
« L’Homme est mortel. Jambes de Fer aussi. Nicolas s’éteint le 13 août 1717 à Bécancour. » (p. 138)
- Nombreuses expressions idiomatiques qui ajoutent du réalisme au texte.
« Cela rassure Nicolas qui doit néanmoins se faire une raison pour passer tant de temps dans les Pays d’en Haut, soit au diable vauvert par rapport à Bécancour. » (p. 60)
« Même s’il croule sous les dettes, il croit assez en lui-même pour tenter sa chance, une autre fois, et fournir à sa famille un nouveau cadre de vie plus prometteur que celui de Bécancour. » (p. 99)
« Ce qu’il fait bon de se dilater la rate de temps en temps, même lorsque la cause de l’hilarité n’a rien de réjouissant. » (p. 103)
- Nombreuses séquences explicatives et descriptives, inspirées des réalités de l’époque ou tirées de documents anciens; quelques séquences de monologue intérieur exprimant les pensées des personnages.
« Des failles apparurent dans le sol. Des rivières et des collines s’y engouffrèrent. En même temps, des collines surgirent ailleurs dans des zones planes jusqu’alors. Les maisons tremblèrent et tremblèrent. Les planchers se fendirent. Le bruit à lui seul terrifiait les gens, d’autant plus qu’il se mêlait aux sons des cloches des églises qui sonnaient d’elles-mêmes et au timbre des pendules vivement secouées dans les maisons agitées. » (p. 30)
« Certains jours, les voyageurs français doivent faire preuve d’une grande humilité. Mais, parfois, ils parviennent à se mettre en valeur et, oh bonheur! à briller avec un orgueil évident dans les danses, le chant et les contes. » (p. 42-43)
« Nicolas conclut sa réflexion en se disant: « Oui, cette embarcation peut se révéler capricieuse et traîtresse, mais une fois qu’on l’a domptée et domestiquée, ou qu’elle nous a elle-même domptés et domestiqués, quels services précieux elle nous rend! » » (p. 59)
Référent(s) culturel(s)
- Nombreux référents de la francophonie canadienne et internationale parmi lesquels les filles du Roy, Vauban (ingénieur, architecte, militaire et essayiste français), Bossuet (prédicateur et écrivain français que certains considèrent comme le plus grand orateur que le monde ait connu), Louis XIV, sœur Marguerite Bourgeoys, La Rochelle, Québec, Ville-Marie, l’édit de Nantes (édit qui mit fin aux guerres de religion qui ont ravagé la France au 16e siècle).
- Référence aux coureurs des bois.
- Référence au sport de la crosse.
- Référence à une citation de Gabriel Meurier : « Jeunesse oiseuse, vieillesse disetteuse […] » (p. 21)
- Référence à une citation de Pierre Corneille : « À vaincre sans péril, on triomphe sans gloire. » (p. 90)
Pistes d'exploitation
- Proposer aux élèves, réunis en dyades, de traduire en langage moderne un extrait rédigé en vieux français, puis de le présenter au groupe-classe.
- Animer une discussion sur les valeurs et les croyances des habitants de la Nouvelle-France à l’époque de Nicolas Perrot (p. ex., religion, nature, culture, interactions sociales).
- Suggérer aux élèves, regroupés en équipes, de mener une recherche sur les méthodes traditionnelles autochtones de fabrication des canots d’écorce, puis de réaliser une infographie illustrant le processus de fabrication de ces embarcations. Animer une mise en commun afin de leur permettre de présenter leur travail au groupe-classe.
- Proposer aux élèves, réunis en équipes, d’effectuer une recherche sur le cheval canadien (p. 39), cette noble espèce qui a marqué l’histoire du pays et qui a démocratisé l’accès au cheval. Leur demander de présenter leurs trouvailles au groupe-classe par l’entremise d’une tâche créative (p. ex., bande dessinée, slam, carte heuristique).
Conseils d'utilisation
- Inviter les élèves à consulter la carte géographique (p. 40) afin de faciliter la compréhension de l’œuvre.
- Sensibiliser les élèves aux termes erronés, parfois blessants, utilisés dans un contexte historique pour désigner les Autochtones (p. ex., Indiens, aborigènes, sauvages, désauvaginer).
- Accorder une attention particulière aux sujets sensibles dont traite le roman, soit la guerre, les relations avec les Autochtones, la captivité et l’esclavage.
- Se servir de l’avant-propos, des notes explicatives et des annexes pour raconter brièvement aux élèves l’histoire de la Nouvelle-France.
- Préparer un tableau chronologique des événements marquants de l’époque afin de permettre aux élèves de suivre plus facilement le déroulement de l’intrigue et d’établir des liens entre les péripéties du roman et les événements historiques.
- Inciter les élèves à lire d’autres œuvres du même auteur, soit Histoires de l’avènement du Canada, Jean Nicolet – La vie captivante d’un honnête homme pionnier du Canada, et Duluth, ce pionnier au destin sans pareil, dont les fiches pédagogiques se trouvent dans FousDeLire.
Ressource(s) additionnelle(s)
- IDÉLLO.org, ressources éducatives en ligne, 9e à 12e année, Série: Vraiment top! – Top sur l’histoire du commerce de la fourrure de la Nouvelle-France; Top des explorateurs de la Nouvelle-France.