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Chants d’un autre siècle

Chaque génération a sa mémoire chantante. La mienne recouvre la deuxième moitié du siècle dernier et a gagné en mobilité grâce au transistor et en diversité en s’ouvrant sur le monde. Des premiers tubes de Françoise Hardy aux titres anglo-saxons répercutés jusque dans les rues de Katmandou, de tous les possibles qu’elles ont entonnés à tous les impossibles qu’elles ont fait grincer, de celles qui se sont emmêlées aux clips à celles qui ont mené la danse, sans oublier celles que je croyais entendre dans une cathédrale de pierre, ces chansons m’ont accompagné et ont laissé des souvenirs dans mes pas. Ce recueil vous invite à les réécouter en fonction des échos qu’elles ont eus dans ma vie, peut-être aussi dans la vôtre, et qu’elles ont encore.

(Tiré de la quatrième de couverture du livre.)

À propos du livre

Contenu

  • Personnage principal et narrateur, l’auteur, livrant ses réflexions sur ce qu’il a vu et vécu.

« Je flâne dans les rues numérotées de la banlieue. Chaque maison a son entrée en asphalte. Pour stationner de vieilles américaines et quelques étrangères. L’une d’elles, bleu ciel, porte les initiales M. G. C’est une fille qui la conduit […] Et me donne envie de prendre la route… » (p. 12)

« La poulie de la corde à linge, où sèchent nos chemises et nos draps, grince au vent. Je tourne la poignée de la porte et retourne là où les aiguilles de l’horloge se sont détraquées. Les lundis jours de lessive, les mardis soirs à la télé, une fois par semaine le polissage du linoléum. Chaque chose en son temps. Dans ma chambre, sur un pick-up, jouent des quarante-cinq tours. » (p. 25)

  •  Quelques personnages secondaires (p. ex., mère, famille, personne aimée, certains écrivains), tous absents, mais qui ont de toute évidence laissé leur empreinte sur le narrateur.

« Nous marchons côte à côte jusqu’au bout de nos souvenirs. […] Ma mère lâche ma main. Elle a le regard lointain des femmes de la banlieue après la vaisselle du soir. » (p. 18)

« Nos soirées en équilibre entre le jour et la nuit. […] Nous veillons en même temps que nos pensées. Nous nous étonnons de lire Genet de son vivant. » (p. 46)

  • Recueil de poèmes-récits où chaque texte, inspiré d’une chanson dont sont mentionnés le titre, l’interprète et l’année de parution, ravive chez le narrateur des souvenirs marquants ou diffus liés aux quarante premières années de sa vie (p. ex. : naissance, scolarité, événements historiques, hospitalisation); aucune intrigue ficelée, seulement des fragments du passé où transparaît l’amour du narrateur pour la musique, depuis le jour où les paroles des chansons ont pris du sens pour lui; thèmes (p. ex., musique, jeunesse, souvenirs) permettant au lectorat de tisser des liens avec son vécu.
  • Mise en page simple; œuvre répartie en une cinquantaine de poèmes organisés selon une progression chronologique dictée par des chansons marquantes de la vie du narrateur; utilisation des italiques pour signaler les mots anglais et les titres de chansons, favorisant une meilleure compréhension du texte; liste des œuvres du même auteur, citation et préface au début; liste des paroliers et compositeurs, et œuvres de la collection Poésie et prose à la fin; courtes notes biographiques sur l’auteur en quatrième de couverture du livre.

Langue

  • Registre de langue courant dans l’ensemble de l’œuvre; mots moins connus (p. ex., mercerie, coryphée, immolée, ébruite, égrènent) généralement compréhensibles à l’aide du contexte; expressions du registre familier (p. ex., me caler dans le fauteuil, en virant de bord, les bâtons du drummer, slows) contribuant à créer une atmosphère détendue et authentique dans le texte.
  • Structures de phrases à la fois brèves et poétiques, souvent elliptiques, sans verbe, débutant par une majuscule et se terminant par un point, regroupées en paragraphes tenant lieu de strophes.

« Un jour mon rêve, Vicky Leandros, 1967
[… ] Ma mère repousse dans le lecteur la cartouche huit pistes. Sur laquelle une Grecque retrousse d’un doigt le rebord de son chapeau. Je cligne les yeux. Dérive du ruban gris le long des champs. Ce ciel plus grand au pays des premiers contes. La route se recouvre d’une argile que mes mains remodèlent. En un lieu qui s’invente à mesure que je m’en éloigne. » (p. 21)

« Space Oddity, David Bowie, 1969
Cheveux droits et yeux ronds. Que tu plisses quand tu prends la dernière bouffée de ta cigarette. Cette veine qui traverse ton visage comme si tu l’avais maquillé. Ces tee-shirts ajustés que tu portes au saut du lit et de jour. Tes insomnies en tout temps sous le bras. En tous lieux avec toi. Sur le perron de l’école avant que ne sonne la cloche.» (p. 27)

  • Texte narratif au début, montrant la simplicité de l’enfance et devenant plus imagé, plus métaphorique par la suite, comme l’enfant (le narrateur lui-même) qui mûrit avec les années.

« L’ennui d’une fille de la campagne pendant les mois d’été. Après qu’elle a fait ses gammes et est sortie pieds nus dans l’herbe fraîchement coupée… » (p. 13)

« Le temps sans nombre et sans fin. Je me défais de tout ce qui pourrait arriver. L’envie d’écrire me prend en lieu et place de vivre. Comme une phrase de Marie-Claire Blais qui se gonfle et s’essouffle de peur de toucher la grève. » (p. 26)

« Le dessus d’un lit superposé où je croise les bras sous la nuque. Pendant que se réarrangent les rumeurs du monde. J’en descends au matin comme on va vers les eaux du Gange. J’entends ceux qui reviennent de loin et ceux qui y vont. Je saurai au bout du compte que le premier voyage est aussi le dernier. De même que le ciel dans une flaque au milieu de l’inconnu. » (p. 44)

  • Figures de style nombreuses (p. ex., personnification, comparaison, métaphore) ravivant les tableaux qu’on se trace au gré de la lecture, au son de la musique.

« Une voix et un saxophone réchauffent un piano grelottant. Comme un coryphée appelle la clémence des dieux. » (p. 20)

« Les couleurs égrènent leurs chapelets à la fin du jour. L’encre pensive tombe de mes doigts. » (p. 34)

Référent(s) culturel(s)

  • Nombreux référents culturels de la francophonie, canadienne ou internationale, illustrant la richesse de la chanson en premier lieu, mais aussi celle de la littérature et de la cinématographie (p. ex., Ferrat, Hardy, Léveillée, Bécaud, Ferland, Charden, Bélanger, Cocteau, Nelligan, Blais, Genet, Hergé, de Gaulle, Delon).

Pistes d'exploitation

  • Suggérer aux élèves de s’inspirer de chansons francophones connues pour rédiger un paragraphe personnel à l’instar d’Alain Bernard Marchand. Les encourager à enrichir leur texte à l’aide de figures de style (métaphores, personnifications) afin de le transformer en un court poème en prose. Animer une mise en commun afin de leur permettre de présenter leur création au groupe-classe.
  • Animer une discussion sur la nature du beau en musique et en littérature à l’aide des questions suivantes : Qu’est-ce qui rend une œuvre touchante, mémorable ou marquante? Leur proposer de discuter des liens entre esthétique, émotion et subjectivité à partir d’extraits choisis du recueil.
  • Proposer aux élèves, réunis en équipes, d’analyser une chanson francophone contemporaine, puis de présenter au groupe-classe les raisons pour lesquelles ses paroles les interpellent (p. ex. émotion, style, message, originalité, rythme).

Conseils d'utilisation

  • Avant la lecture, faire écouter aux élèves une chanson marquante de chaque décennie, à partir des années 1950, puis leur demander ce que chaque pièce évoque pour eux.
  • Mentionner aux élèves que le narrateur fait référence à des chansons anglaises autant que françaises et qu’il identifie les paroliers et les compositeurs des chansons choisies (p. 67 à 70).
  • Encourager les élèves à lire d’autres œuvres poétiques qui ont un lien avec la musique, telles que Vérités, Passerelles et « …gaga pour ton zoom », dont les fiches pédagogiques se trouvent dans FousDeLire.

Ressource(s) additionnelle(s)

  • IDÉLLO.org, ressources éducatives en ligne, 11e et 12e année, Série : Cher futur moi, Daphnée.
  • IDÉLLO.org, ressources éducatives en ligne, 9e à 12e année, Série : Balade à Toronto, Joseph Edgar.
  • IDÉLLO.org, ressources éducatives en ligne, 9e à 12e année, Série : TFO 24.7 – Le stress, la science, les arts et plus encore, Atelier hip hop en milieu scolaire à Thunder Bay.