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Les rendez-vous manqués

Ah! L’amour! Il en est de toutes sortes. L’amour passionnel, l’amour inavoué, l’amour refoulé, l’amour caché, l’amour tendre, l’amour déçu… À l’approche de la belle saison, lorsque le soleil commence à leur caresser la peau, les jeunes rêvent à des vacances remplies de frissons excitants. Tous les espoirs semblent permis à ces six adolescents dont le cœur a été touché par les flèches de Cupidon. C’est le temps des soupirs secrets et des rencontres galantes… Or, tout ne se déroule pas comme prévu et, au moment de faire le bilan de l’été, il faudra bien admettre que, très souvent, c’est plutôt la déception qui est venue au rendez-vous.

(Tiré du site de l’éditeur.)

À propos du livre

Contenu

  • Personnages principaux, Marilyn, Stéphane, Caroline, Benoît, Sonia et Maxime, six adolescents confrontés à des obstacles typiques de leur âge, qui les amènent à réfléchir sur leurs aspirations, leurs peurs et leurs relations familiales et sociales.

« Marilyn cesse d’écrire. Elle range ses affaires et, avant de se joindre à la famille dans la salle à manger, elle remet son hijab. C’est sa manière à elle de se donner du courage pour les affronter. » (p. 16)

« Les sourcils de Stéphane se plissent bizarrement et montrent la plus grande incompréhension. Ses yeux se promènent du sergent à la policière et vice versa. […] Ses mâchoires s’entrouvrent, ses yeux s’arrondissent. Le policier parlait toujours du feu tandis que Stéphane s’imaginait bêtement qu’on lui reprochait autre chose. Ce qu’on insinue est beaucoup plus grave.
– Quoi? Je ne comprends pas…
Ce qui est faux. Il a très bien compris qu’on veut lui coller l’incendie sur le dos. » (p. 80)

« Caroline se contente de hocher rapidement la tête tout en ramassant les restes de son dîner. Les questions de Benoît l’indisposent. D’accord, elle ne leur a rien dit au moment du décès, mais c’était pour protéger Maxime. » (p. 100)

« Sonia se laisse tomber sur le lit en soupirant.
– C’est du pareil au même. Avant que je retourne chez lui, ça risque d’être long.
– Vous vous êtes chicanés?
– Non, son père nous a trouvés… les culottes à terre. » (p. 127)

« Par la vitrine, Maxime la regarde s’éloigner un instant. Puis, il réprime un soupir et se remet au travail. Il n’a jamais su quoi dire aux filles et ça ne semble pas s’arranger avec le temps. Encore une fois, il sent qu’il vient de rater une occasion. Elle a de si beaux yeux verts. » (p. 165)

  • Personnages secondaires, Rachida, l’amie de Marilyn, fière de ses racines musulmanes, les parents des adolescents, dont monsieur Ladouceur, le père de Benoît, propriétaire d’une quincaillerie, confiné à un fauteur roulant, monsieur et madame Chaker, les parents de Marilyn, qui souhaitent que leur fille s’identifie en tant que musulmane, François, le père d’accueil de Maxime, ainsi que les agents de police qui effectuent l’enquête

« En prononçant ces dernières paroles, Rachida a fixé son regard au loin, par-dessus l’épaule de Stéphane. Elle cesse immédiatement de parler avec lui et se dirige vers sa copine, Marilyn, qui vient d’arriver sur le terrain de tennis. Tout en s’éloignant, elle ajuste discrètement son hijab. Les deux filles, vêtues de façon à démontrer leur foi musulmane, discutent bientôt avec animation. » (p. 9)

« – Être en fauteuil roulant ne l’empêche pas de s’occuper de son commerce. Surtout qu’ils ont aménagé la quincaillerie autrement. Il peut se promener entre les rayons sans rien accrocher. La caisse a été placée à sa hauteur. Et c’est à lui, le magasin. Il est trop jeune pour prendre sa retraite. » (p. 32)

« – Comment pourrais-je avoir du respect pour lui quand il ne respecte pas mon choix?
– Tu te trompes, il l’accepte! Comme il m’a toujours acceptée telle que je suis, sans jamais tenter de me changer. Ce qu’il n’approuve pas, et moi non plus, c’est la manière provocante avec
laquelle tu t’affiches.
[…]
Marilyn ignore volontairement la réponse de sa mère et poursuit la liste de ses récriminations.
– Ici, tu t’habilles toujours à l’occidentale.
– Ce n’est pas nouveau. Il y a longtemps que je déteste porter le voile. » (p. 38)

« François, il n’est pas si mal, après tout. Il fait un grand frère très potable. Jusqu’à présent, l’entente passée avec lui a été respectée. Il n’est plus question qu’il cherche à combler son besoin d’avoir un fils. Maxime n’a jamais voulu marcher dans cette combine. Un père, il en a eu assez d’un. Il rejette l’idée de remettre ça avec un deuxième. Ses tuteurs n’ont pas à se plaindre. Ils ont Marie-Ève. Elle adore les appeler papa et maman, ce qui lui a valu de devenir rapidement leur petite fille chérie. » (p. 42-43)

« – Ils parlaient en français ou en anglais?
– Euh… ils n’ont rien dit, en tout cas, s’ils parlaient c’était à voix trop basse pour que j’entende.
– Autre chose de spécial?
Stéphane fait signe que non. Il n’a rien à rajouter. Le policier l’examine un instant avant de lire les notes de sa collègue. » (p. 75)

  • Roman d’aventure truffé de multiples péripéties et rebondissements; plusieurs intrigues entrecroisées se déroulant pendant les vacances estivales, relatant les événements de la vie des adolescents; retours en arrière rappelant certains événements des tomes précédents; thèmes (p. ex., amour, religion, identité, relation parent-adolescent) aptes à intéresser le lectorat visé.
  • Mise en page aérée; œuvre répartie en neuf chapitres; éléments graphiques (p. ex., tirets, parenthèses, guillemets, italiques pour désigner les mots en langue étrangère et les entrées dans le journal personnel de Marilyn, points de suspension, symboles indiquant un changement de scène ou un laps de temps, majuscules, notes de bas de page) qui facilitent l’interprétation du texte; liste des œuvres de l’auteure au début du livre; faits intéressants, questionnaire, coordonnées d’organismes pouvant venir en aide aux jeunes, invitation lancée au lectorat, plan du Faubourg Saint-Rock pour faciliter le repérage des lieux de l’action et liste d’œuvres de la collection à la fin du livre.

Langue

  • Registre de langue courant dans l’ensemble de l’œuvre; mots moins connus (p. ex., inculte, dulcinée, rabougrie, effluves) compréhensibles grâce au contexte; mots anglais (p. ex., show-business, rock’n’roll, buy, fudge) et mots du registre familier (p. ex., ôte, baveux, pis, garnotte, conne) représentatifs du langage habituel, parfois coloré, des adolescents.
  • Phrases transformées et phrases à construction particulière; variété de types et de formes de phrases; courtes phrases, lourdement ponctuées dans les dialogues, traduisant les émotions des personnages.

« Max tourne vers Ben des yeux où on peut lire la plus grande surprise. Peut-être une certaine crainte aussi. Ben le gratifie d’un sourire bon enfant.
– Je t’ai fait peur?
– Euh… Je ne t’ai pas entendu venir. Je… j’étais perdu dans mes pensées.
– C’est exigeant mettre des prix sur des désodos! ironise Ben en tendant la main. C’est justement la marque dont j’ai besoin.
Comme un automate, Max étiquette un tube et le lui donne. Pour cacher son malaise, il demande en poursuivant son travail :
– Qu’est-ce que tu fais, cet été? Travailles-tu?
– Je n’ai pas le temps de chômer. Faut que la quincaillerie roule.
– C’est vrai… J’oubliais que tu avais lâché l’école pour t’occuper du commerce.
– Oui, et ça ne m’a pas fait mal au cœur de partir de La Passerelle. Je préfère travailler au magasin que de perdre mon temps en classe. » (p. 91-92)

  • Figures de style simples (p. ex., expression imagée, répétition, onomatopée, métaphore, énumération, comparaison) qui enrichissent le texte.

« Elle a d’autres chats à fouetter. » (p. 11)

« Je l’haïs, je l’haïs, je l’haïs! » (p. 20)

« Car ce n’est pas elle, mais cette espèce de tic-tac humain qui s’est emballé sans sa permission. » (p. 22)

« – C’est un vrai Whippet, ce gars-là. » (p. 105)

« Elle s’ennuie terriblement. De l’été dernier, de la piscine, du tennis, de l’amour de sa mère et de son père, de l’amour tout court. » (p. 117)

« Oui, elle a un besoin urgent de rire, de se tordre comme un enfant qu’on chatouille. » (p. 129)

  • Séquences descriptives, entrecoupées de séquences dialoguées, qui aident à comprendre les expériences que vivent les personnages, ainsi que les relations qui existent entre eux; emploi d’un procédé littéraire (p. ex., journal intime) contribuant à la crédibilité de l’histoire.

« Rendu au bout de l’allée, Ben se retourne et revient sur ses pas. Il s’arrête à quelques mètres de Max.
– À propos… je me demandais si pour toi et ta sœur ça allait mieux?
Maxime se réveille. Il lève sur Ben des yeux remplis d’incompréhension. Ben se voit dans l’obligation de préciser sa question.
– Bien, je veux dire… avec votre père, est-ce que c’est moins pire? Est-ce qu’il vous bardasse moins qu’avant?
Un coup de massue en plein front ne laisserait pas Max moins pantois. Pourtant, Ben a l’air sérieux. Il ne donne pas l’impression de se moquer de lui.
– Tu… tu ne le sais pas? bafouille Max. Tu n’es pas au courant…
Benoît secoue la tête, embêté. Quelle gaffe a-t-il encore commise ? Qu’est-ce qu’il devrait savoir? Pourquoi Max est-il si bouleversé? La réponse l’inquiète.
– Il est mort, souffle enfin Maxime, malgré lui. » (p. 93-94)

Référent(s) culturel(s)

  • Quelques référents culturels liés à la francophonie québécoise et internationale : des lieux (p. ex., Montréal, Algérie); des institutions (p. ex., cégep Ahuntsic, Rosemont, Bois-de-Boulogne, Brébeuf; Sûreté du Québec).

Pistes d'exploitation

  • Suggérer aux élèves, réunis en dyades, de rédiger un dixième chapitre proposant le sort que l’avenir pourrait réserver à un des personnages de l’histoire, puis de le présenter au groupe-classe sous la forme d’une saynète.
  • Inviter les élèves, réunis en équipes, à prendre part à une discussion en vue de répondre à la question suivante : Que penses-tu des réactions de Marilyn face à l’endoctrinement religieux (p. 140-145)? Animer une mise en commun afin de leur permettre de faire part de leurs réflexions au groupe-classe.
  • Demander aux élèves, réunis en équipes, de brosser le portrait psychologique d’un des personnages principaux en tenant compte de critères précis (p. ex., qualités, défauts, goûts, aptitudes, opinions) et en les appuyant de preuves tirées du roman. Regrouper les équipes selon le personnage choisi, puis les inviter à faire part de leurs trouvailles aux membres de leur groupe.

Conseils d'utilisation

  • Accorder une attention particulière aux sujets délicats dont on traite dans le roman (p. ex., le mal-être, les relations sexuelles et l’endoctrinement).
  • Discuter du concept de « préjugé » avec les élèves (p. ex., tous les motards ne sont pas des criminels; tous les musulmans ne sont pas des intégristes).
  • Au besoin, fournir les numéros de téléphone des services d’aide tels Jeunesse, J’écoute, disponibles dans la région.
  • Inciter les élèves à lire les autres romans de la série, tels que L’envers de la vie et C’est permis de rêver, dont les fiches pédagogiques se trouvent dans FousDeLire.

Ressource(s) additionnelle(s)

  • IDÉLLO.org, ressources éducatives en ligne, 6e à 12e année, Série : ImmigrAdos, Mariam : la perle de Djibouti.