Contenu
- Personnage principal et narrateur, Michel Paradis, un jeune homme de 18 ans qui découvre par hasard une mystérieuse chaîne de pierre au bord d’un chemin, un événement qui marque le début d’une aventure surnaturelle au cours de laquelle il devient, malgré lui, le protecteur d’une force sacrée.
« Enfin! J’ai dix-huit ans et mes vacances commencent vraiment ce matin. Je crains presque de me secouer et de m’apercevoir que tout ça n’est qu’un mirage… » (p. 10)
« Mais, au creux de mes mains, les maillons de pierre sont parfaitement réels. Le poli de la roche est exceptionnel, comme celui d’un marbre fin. À un bout de la chaîne, il y a un bracelet en deux parties, qui pourrait emprisonner une cheville ou un poignet. Pas trace de joint : il semble bien qu’on ait taillé ce bout de chaîne dans un seul bloc de roche.
[…]
Tant pis. Je glisse la chaîne dans mon sac et je reprends la route en me disant que le sort s’arrangera bien pour me renseigner. » (p. 18)
« Je songe à sortir une carte de mon sac lorsqu’un détour du chemin révèle une forme encapuchonnée qui me barre la route. Vivement, je tourne la tête : c’est pour apercevoir une autre goule capucine derrière moi.
Un piège! » (p. 89)
« La captive pousse alors un gémissement.
– Michel, geint-elle. Michel, sauve-moi…
Elle a ouvert les yeux, apparemment incapable de bouger autre chose que ses paupières et sa bouche. L’envoûtement est presque complet. Dans quelques instants, Aquiline sera prisonnière de ce nouveau corps.
[…]
– Le crâne! J’aurais dû penser à apporter un marteau. Le crâne est la clé qui ouvre… et qui ferme le portail!
[…]
De toutes mes forces, j’abats sur le crâne la pierre que j’ai prise.
[…]
Aquiline me prend par la main. (Ou est-ce le contraire?) Et nous nous empressons de suivre Gandelain. » (p. 137-141)
- Quelques personnages secondaires, dont Aquiline, une jeune fille issue d’une légende médiévale, qui revient sous forme spectrale pour demander l’aide de Michel afin d’empêcher sa résurrection par des forces maléfiques, Victeur Gandelain, l’abbé d’Arcisses, le narrateur de légendes étranges, qui guide Michel à travers un univers où la frontière entre légendes et réalité s’efface, ainsi que les créatures surnaturelles, telles que les goules et les nécromants, qui cherchent à ressusciter Aquiline pour détourner à leur profit le pouvoir d’un archange.
« C’est alors que je l’entends.
Sauve-moi! Toi qui portes mon nom, de grâce, sauve-moi!
Machinalement, je me retourne vers le prêtre :
– Vous avez dit quelque chose?
Mais c’est absurde. C’est une voix féminine que j’ai entendue!
– Attendez-moi, il faut que je referme le portail.
Il descend du perron et fait pivoter sur ses gonds la barrière ouverte. Pendant ce temps, je cherche du regard qui a bien pu me parler. Mais je ne vois toujours pas où quelqu’un pourrait se cacher…
Tu ne dois pas les laisser me rappeler en terre mortelle. Je suis morte et je veux le rester.
Cette fois, je sursaute. Le prêtre, qui a fini de verrouiller le portillon, aperçoit mon tressaillement et demande :
– Qu’est-ce qu’il y a? » (p. 49)
« De toute évidence, Gandelain doit maintenant faire le lien. Je regarde ostensiblement la montre à mon poignet. L’après-midi est entamé. Je dois songer à repartir.
– Alors? dis-je pour le relancer. Légende ou non, il n’a pas été sujet de la scène du tableau. J’aimerais comprendre.
– Patience! J’ai commencé par le début. Tout va s’éclaircir maintenant…
L’abbé se désaltère à même la bouteille de cidre. Je suis surpris de le voir ainsi boire au goulot, mais il n’en fait aucun cas. Il reprend, la voix empreinte d’une gravité nouvelle :
– Il faut donc que je raconte la quête des frères du Paraclet, et tout ce qui s’est ensuivi… » (p. 52)
« J’ai oublié la goule capucine derrière moi. Je ne l’entends pas venir, mais le coup qu’elle me porte à la tête m’arrache un hoquet de surprise. La douleur vient après, de grandes vagues de souffrance qui traversent mon crâne et rejaillissent sans jamais s’apaiser…
Je ne perds pas tout à fait connaissance, mais je titube, ébloui. Mes assaillants en profitent pour m’attraper, me retenir, défaire les attaches de mon sac à dois… » (p. 91)
« Que vois-tu? me demande le prêtre derrière moi.
Je tremble sans pouvoir répondre.
À l’ombre de la face rocheuse, une jeune fille est couchée sur le sol au centre du cercle de torches. […] Ses chevilles et ses poignets sont emprisonnés par de lourdes chaînes d’un gris plombé. Chaque chaîne est ancrée à un piquet planté dans le sol détrempé.
[…]
– L’envoûtement va commencer bientôt, me chuchote le prêtre. » (p. 133)
- Roman fantastique où Michel, entraîné dans une quête étrange après la découverte d’un objet mystérieux, croise le destin d’Aquiline, figure légendaire aux prises avec des forces obscures qui cherchent à manipuler un pouvoir ancestral, dans un univers où les légendes prennent vie; nombreux retours en arrière sous forme de souvenirs, relatant des événements du passé; thèmes (p. ex., Moyen Âge, légende, fantôme, surnaturel) permettant au lectorat de se plonger dans un monde à la fois mystérieux et intemporel.
- Mise en page aérée; texte réparti en 9 chapitres titrés et numérotés; éléments graphiques (p. ex., guillemets, italiques, points de suspension, parenthèses, notes de bas de page, symbole indiquant un changement de scène ou un laps de temps) facilitant la compréhension du texte; dédicace et prologue au début; épilogue, table des matières, liste des œuvres de l’auteur et d’œuvres de la collection à la fin; courtes notes biographiques sur l’auteur à la quatrième de couverture du livre.
Langue
- Registre de langue courant dans l’ensemble de l’œuvre; mots moins connus (p. ex., brancard, mandragore, regimber, simulacre, hallebardes) généralement compréhensibles à l’aide du contexte.
- Phrases de base, phrases transformées et phrases à construction particulière; divers types et formes de phrases (p. ex., déclarative, exclamative, interrogative, impérative, négative).
« Je cligne des yeux. Déjà, je ne sais plus si j’ai rêvé ou si j’ai vraiment parlé à l’enchanteresse.
Je m’excuse et il me raccompagne jusqu’à la grand-route, après m’avoir aidé à refermer mon sac. Je lui raconte ce qui s’est passé, en omettant de parler de ma vision du fantôme d’Aquiline. À la fin, je m’accuse en serrant les poings :
– J’ai eu peur, j’aurais dû rester sur la grand-route et rien ne serait arrivé! Mais j’ai eu peur, je ne pensais plus ou je pensais trop…
Qu’est-ce que je suis allé imaginer? Qu’on allait m’attaquer au bord d’une route départementale, en pleine vue des automobilistes et camionneurs? Si seulement j’avais réfléchi une seconde… Mais j’ai imaginé tout et n’importe quoi, comme si je n’avais plus ma raison.
– Ne t’en fais pas trop, Michel, dit doucement le religieux. Il paraît que les goules distillent la peur. » (p. 97)
- Figures de style (p. ex., métaphore, antithèse, comparaison, personnification, énumération) qui enrichissent le texte.
« Dans ce pays où le passé surgit sous mes pas, je suis un poisson hors de l’eau. » (p. 22)
« – Certains tableaux ont leur légende, mais certaines légendes ont leur tableau… et il ne reste parfois d’une très vieille légende qu’une toile à moitié oubliée, peinte des siècles après les événements qu’elle représente. » (p. 23)
« Le souvenir s’enfuit comme un lièvre effrayé et sa peur revint. » (p. 26)
« Dans le ciel, le soleil joue à cache-cache avec les nuages. » (p. 51)
« L’air qui gonfle mes poumons sent le purin, l’humus, les feuilles mortes, le bois sec, mais il sent aussi la vie. » (p. 93)
- Prédominance de séquences descriptives et narratives entrecoupées de séquences dialoguées qui créent une ambiance mystérieuse et dévoilent le rôle des personnages; ajout de procédés littéraires (p. ex., incunables, lettres) qui renforcent la crédibilité du roman.
« La nuit tombait et le chemin herbu se perdait dans les bois. Des étoiles s’allumaient au firmament. Un hurlement lointain de loup en chasse s’éleva dans la forêt. Frère Pélage tira un gros bâton de bois noueux et une lanterne sourde du paquetage de l’âne, mais ils avancèrent de plus en plus lentement. Quand le suif de la bougie s’épuisa, ils durent s’immobiliser. Leurs yeux s’étant accoutumés à l’obscurité, ils virent alors une lumière diffuse droit devant eux. » (p. 63)
« Péniblement, je me redresse et je m’appuie à l’arbre le plus proche, encore étourdi. Les goules ont laissé mon sac entrebâillé au bord du chemin, mais l’énergie pour faire les quelques pas nécessaires afin de m’en rapprocher et de l’inspecter me fait défaut. Je me concentre sur ma respiration et sur l’arbre dont je sens l’écorce sous ma main. » (p. 92)
« Sa voix est triste :
– Michel… Ils veulent me faire revivre, me prendre au piège d’un sortilège comme un démon dans une bouteille. Il faut que tu m’aides.
– À faire quoi?
– À me libérer. S’ils m’enchaînent, ils auront une esclave puissante à leur service, trop puissante pour leur faible sagesse. » (p. 95)
« Wilars vos salue et si proie a tos ceux qui cest livre ovriront qu’il proient por s’arme et qu’il lor soviegne de lui, car en cest livre puet on trouver grant consel por le destinement de la créoison. […] Por cincain sols acreantai jo d’acompaignier de bon matin cestui pere Aubin et de jornoier juesque chiés lui ou destinoie la fabrique proisier et le mien avisement doner. » (p. 105-106)
« 15 février 2000, Cap-Fantôme
Chère Stéphanie,
La Dame Blanche a promis de revenir me chercher quand elle serait prête. Souvent, je me demande combien il lui faudra de temps pour se décider. Je me dis parfois que j’aurais dû saisir l’occasion de l’embrasser, lorsque nous étions seuls dans le château de Carrouges.
[…]
Aujourd’hui, je t’appartiens encore, Michel » (p. 159)
Référent(s) culturel(s)
- Références géographiques, historiques et culturelles à la francophonie internationale (p. ex., la ville de Nigelle, la Normandie, l’Empire romain, Guillaume le Conquérant, le journal Ouest-France et la légende de la Dame Blanche).
Pistes d'exploitation
- Proposer aux élèves, regroupés en dyades, de rechercher une courte légende à la bibliothèque ou en ligne (p. ex., La Dame Blanche, Légende du Québec, Le rocher percé), puis de créer une balade contée enrichie d’une bande sonore intégrant des ambiances (bruits de la nature, sons évoquant la légende) et des extraits musicaux. Animer une mise en commun afin de permettre aux élèves de présenter leur travail au groupe-classe.
- Demander aux élèves de rédiger un monologue dramatique prononcé par un des personnages de l’œuvre en respectant les caractéristiques du personnage choisi et en approfondissant certaines de ses réactions et de ses émotions dans une situation particulière de l’intrigue (p. ex., Aquiline qui ne veut pas revenir sur terre, Michel qui voit les goules). Les inviter à présenter leur monologue devant le groupe-classe.
- Proposer aux élèves, regroupés en équipes, de mener une courte recherche sur un incunable célèbre (p. ex. La Bible de Gutenberg) ou sur une œuvre médiévale ayant fait l’objet d’une première impression à la Renaissance (p. ex. La Légende dorée, Le Roman de la Rose). À partir de leurs découvertes, leur demander de créer une page illustrée sur du papier vieilli ou en format numérique, inspirée des incunables, comprenant l’origine de l’œuvre, un résumé de son contenu, son importance historique ou culturelle, une lettrine décorative, un court extrait rédigé en style ancien, ainsi que des illustrations. Animer une mise en commun afin de leur permettre de présenter leur création au groupe-classe, favorisant ainsi un échange sur le patrimoine littéraire ancien et la naissance du livre imprimé.
- Former neuf équipes, puis leur assigner un chapitre du livre. Leur demander de relire le chapitre, puis de produire une bande dessinée résumant les principaux événements. Exposer les travaux un à la suite de l’autre sur un mur en salle de classe.
Conseils d'utilisation
- Accorder une attention particulière aux sujets délicats (p. ex., cruauté, emprisonnement, sortilège) dont on traite dans le roman.
- Inciter les élèves à lire d’autres romans fantastiques, tels que Les loups de Masham, Les ailes d’Alexanne, tome 1, 4h44 et Le cycle de l’Innommable, tome 1 – La Porte des Ténèbres, dont les fiches pédagogiques se trouvent dans FousDeLire.
Ressource(s) additionnelle(s)
- IDÉLLO.org, ressources éducatives en ligne, 7e à 10e année, Série : Contes à la belle étoile, divers épisodes.