Contenu
- Un personnage principal, Alexanne, une orpheline montréalaise de 15 ans qui, découvrant de sa tante qu’elles sont toutes deux des fées dotées de pouvoirs magiques, doit apprendre à naviguer dans un monde paranormal, tout en aidant son oncle à combattre ses démons intérieurs.
« Alexanne Kalinovsky, une adolescente de Montréal, s’était assise sur le balcon, au retour de l’école, afin de se débarrasser le plus rapidement possible de ses devoirs et de pouvoir profiter de plus de liberté durant la fin de semaine. Âgée de quinze ans, Alexanne était grande et mince. Ses cheveux châtains dépassaient à peine ses frêles épaules et ses yeux verts resplendissaient d’une vive intelligence. » (p. 7)
« – As-tu bien dormi? lui demanda la guérisseuse en s’asseyant devant elle.
– Pas vraiment. J’ai attendu et rien ne s’est produit. Mais quelque chose m’a réveillée un peu avant cinq heures et quelque chose. Je n’ai pas osé quitter ma chambre.
– À quatre heures quarante-quatre?
– Oui… avoua Alexanne, surprise.
– C’est le chiffre préféré des anges. C’est ainsi qu’ils ont choisi de te dire qu’ils ont entendu ta prière.
[…]
– Il leur arrive de se manifester ainsi, mais pour les voir, tu vas devoir développer tes pouvoirs de fée.
– Vous êtes sûre que j’en ai?
– Le sang des Ivanova coule dans tes veines, ma chérie. En Russie, avant la révolution, il y avait de grandes familles nobles. Tes ancêtres possédaient un grand château et ses femmes prenaient bien soin de tous leurs sujets. On ne sait pas exactement quand elles ont acquis leurs pouvoirs de guérison […]. » (p. 59-60)
« – Donne-moi la permission de mettre fin aux souffrances de ton frère.
– Seulement en dernier recours. Et puis, Alexanne est si déterminée à sauver son âme que je n’ai pas le courage de l’en empêcher. Elle est très forte, Paul, plus forte que toutes les autres fées de notre lignée. Le problème, c’est que tout ceci se produit avant que ses facultés se soient complètement épanouies. » (p. 198)
- Nombreux personnages secondaires qui enrichissent l’histoire, tels que Tatiana Kalinovski, la tante d’Alexanne, une guérisseuse et héritière du don de double vue des femmes russes de sa lignée familiale, qui veille sur sa nièce tout en lui enseignant l’art de la magie, Alexei Kalinovski, son oncle, ancien membre d’une secte qui, touché par une malédiction le transformant en loup-garou, lutte contre des forces obscures afin de ne pas faire mal aux autres, ainsi que Matthieu, l’amoureux d’Alexanne, avec qui elle a partagé des vies antérieures.
« – Tante Tatiana, je tiens à m’excuser. Je ne pense pas que vous êtes folle, seulement un peu bizarre.
– Tu n’es pas habituée aux gens qui s’intéressent à la vie spirituelle, parce que tes parents étaient pragmatiques. Mais de plus en plus de gens développent leurs belles facultés. Je suis loin d’être un cas unique, tu sais.
– Ces gens devinent-ils aussi les pensées des autres?
– Oui, mais ils ne s’en rendent pas toujours compte. Ils pensent qu’il s’agit de leur intuition.
– Qui vous a montré à faire ces choses?
– Une vieille tante en Russie. Les femmes de notre famille sont spéciales, Alexanne. » (p. 38)
« – Alors, vos facultés étranges sont en fait des pouvoirs de guérison?
– Pour la plupart, oui.
– Et cette maison, c’est un peu comme votre château à vous?
– Si on veut.
– Avez-vous l’intention de m’apprendre à guérir les gens aussi?
– Seulement si tu le désires. Ce n’est pas une science qui se transmet de force. » (p. 60)
« – Mais ils n’ont pas trouvé Alexei, et il est pourtant un Kalinovsky.
– C’est parce qu’il n’existe plus légalement, puisqu’il a été obligé de déposer son propre acte de décès aux registres de l’état civil, lorsqu’il a adhéré à une secte cachée dans les montagnes.
– Mon oncle fait partie d’une secte! s’exclama Alexanne. Pas étonnant que mon père ne m’ait jamais parlé de lui!
– Vladimir était persuadé que sa sœur était une sorcière et son frère, un démon. C’est pour cette raison qu’il s’est exilé à Montréal.
– S’agit-il d’une secte dangereuse?
– Toutes les sectes le sont, mais heureusement, Alexei a réussi à s’en sortir. Il vit maintenant une vie tranquille et il prépare des produits naturels pour moi. Il veut apporter sa propre contribution au bien-être de l’humanité. » (p. 62)
« – Matthieu, il me semble que je t’ai déjà vu quelque part.
– Au village, sans doute.
[…]
– Nous ne nous sommes jamais rencontrés et pourtant, j’ai l’impression de te connaître depuis toujours. C’est bizarre, non? » (p. 64)
« – Admettons que ce message ait été écrit par les anges, que veulent dire “ Pelée, Marie et Jacques, jeunes épousés”? demanda-t-elle au bout d’un moment.
– Pelée, c’est probablement un endroit. Marie, ça devait être ton nom, et Jacques, ça devait être celui de Matthieu. Quant aux jeunes épousés, je pense que c’est clair, non?
– J’ai été sa femme? Oh mon Dieu… » (p. 72)
- Roman fantastique, dont l’intrigue repose sur l’histoire d’Alexanne qui, confiée à sa tante suite au décès de ses parents, est projetée dans un univers où les fées et les fantômes côtoient les humains et où les guérisons miraculeuses, la réincarnation et l’exorcisme font partie du quotidien; récit suivant l’ordre chronologique, mais comptant des retours en arrière servant à préciser des faits et des comportements, ainsi que des ellipses accélérant le rythme de l’histoire; thèmes (p. ex., amitié, don, guérison spirituelle, malédiction, paranormal, réincarnation) permettant au lectorat de se plonger dans des mondes parallèles où se côtoient le Bien et le Mal.
- Mise en page aérée; œuvre répartie en cinquante-cinq courts chapitres titrés et numérotés; éléments graphiques (p. ex., guillemets marquant les paroles rapportées, italiques indiquant les communications avec les anges et les éléments des dimensions parallèles, points de suspension, signalant les phrases inachevées et les hésitations, tirets annonçant les dialogues, trois astérisques dénotant le passage du temps et les changements de lieu dans l’intrigue) qui facilitent l’interprétation du roman; citation de Dan Millman au début; extrait du tome 2 de la série et liste des œuvres chez le même éditeur à la fin du livre; extrait, résumé et présentation de l’univers fantastique des romans de l’écrivaine à la quatrième de couverture du livre.
Langue
- Registre de langue courant dans l’ensemble de l’œuvre et mots moins connus (p. ex., bitume, chérubins, irascible, judas, mastodonte, pragmatique,) généralement compréhensibles grâce au contexte, qui rendent l’œuvre facilement accessible au lectorat ciblé.
- Phrases de base, phrases transformées et phrases à construction particulière; phrases de formes et de types variés (p. ex., déclarative, inversée, interrogative, incise, impersonnelle, emphatique, exclamative, non verbale, négative, impérative, à présentatif) contribuant au dynamisme de l’œuvre; nombreuses phrases courtes, souvent de style direct, traduisant les émotions des personnages et favorisant une lecture expressive.
« Mais le téléphone demeurait silencieux. Pour faire taire sa peur, elle se mit à respirer de plus en plus profondément et sombra dans une curieuse vision éveillée. Sans comprendre comment, elle se retrouva au beau milieu d’une grande route passante, vêtue de sa chemise de nuit, pieds nus sur l’asphalte tiède. “Est-ce un rêve?” se demanda-t-elle en pivotant sur elle-même. » (p. 8)
« – Il est préférable que tu habites désormais chez ta tante, lança Danielle pour conclure. » (p. 12)
« “Comme elle ressemble à son père, cette enfant, avec ses grands yeux verts limpides et innocents”, pensa-t-elle. » (p. 21)
« – Mais où étiez-vous passée? se fâcha Alexanne.
– J’étais ici, évidemment.
– Je vous ai cherchée partout!
– As-tu peur de rester seule, Alexanne?
– Moi? Jamais de la vie! Je suis une enfant unique! Je suis habituée d’être seule!
– Alors, pourquoi me cherchais-tu?
– Parce que… » (p. 28)
« – Je pensais que tu ne te lèverais jamais, déclara-t-elle.
– Je n’ai pourtant pas l’habitude de dormir le jour.
– Viens manger. » (p. 29)
« – Il y avait une adolescente avec lui, ajouta un autre chasseur. » (p. 237)
- Procédés stylistiques simples (p. ex., hyperbole, énumération, métaphore, comparaison, antithèse, personnification, expression idiomatique) qui rendent le texte dynamique.
« – Ma tante habite à l’autre bout du monde. Je ne suis même pas certaine que la poste s’y rende. » (p. 14)
« On y retrouvait encore des photographies, des tableaux et des figurines d’anges, mais aussi des chandelles et des fleurs sur les murs et les étagères, et autour de la baignoire. » (p. 20)
« Tatiana se releva sans hâte. Alexanne commençait à apprécier de plus en plus l’humeur égale de sa tante. Elle était une véritable onde de fraîcheur. » (p. 33)
« Elle courut comme une gazelle effrayée jusqu’à ce qu’elle atteigne la cour de sa tante, à bout de souffle. » (p. 43)
« – Le paradis pour certains, le purgatoire pour les autres. Malheureusement, certaines personnes sont tellement attachées au monde matériel qu’elles refusent d’entrer dans le tunnel avec leurs guides. Elles demeurent alors prisonnières de l’espace astral qui existe entre le ciel et la Terre. » (p. 106)
« Tu entendras chanter l’eau et tu n‘auras plus besoin de ton cahier d’anges pour communiquer avec eux. » (p. 261)
« – Si à ton arrivée, je t’avais dit que j’étais une fée et que ton oncle en était une lui aussi, mais qu’il se métamorphosait en loup en raison d’une terrible malédiction, tu aurais pris tes jambes à ton cou et tu ne serais jamais plus revenue. » (p. 304-305)
- Séquences descriptives, explicatives et narratives, entrecoupées de séquences dialoguées, qui permettent de comprendre l’état d’esprit des personnages, les relations qui existent entre eux, leur cheminement dans des univers oscillant entre le réel et l’imaginaire, tout en explorant les phénomènes tant normaux que paranormaux.
« Au matin, lorsqu’elle ouvrit enfin les yeux dans sa nouvelle chambre à coucher, Alexanne mit quelques minutes à s’orienter. Elle contempla les murs mauve et lilas, les rideaux vaporeux qui couvraient à peine la grande fenêtre à sa gauche, et le couvre-pieds en dentelle de son lit. La commode en chêne pâle devait être très ancienne à en juger par ses petites poignées métalliques usées. Au-dessus de celle-ci, se trouvait un beau miroir antique. » (p. 23)
« L’orpheline trouva aussitôt le mot « Pelée ». Il s’agissait d’une montagne volcanique de la Martinique, ayant fait éruption en 1902, détruisant une partie de l’île et faisant un nombre considérable de victimes. » (p. 72)
« Ils arrivèrent à la maison juste à temps pour le souper. Cette fois, Tatiana les installa dans la cuisine, à la petite table ronde, et mangea avec eux. Les jeunes gens lui racontèrent l’apparition du bébé dans l’une des chambres de l’ancienne maison de Vladimir Kalinovsky. Tatiana s’empressa de leur expliquer que ce qu’ils avaient vu n’était pas un spectre.
– Un véritable fantôme est une âme coincée entre le monde physique et le monde spirituel. Vous avez plutôt assisté à un phénomène de hantise résiduelle.
– Résiduelle? répéta Matthieu.
– Les objets et les lieux physiques absorbent l’énergie et les émotions. Quand des événements empreints d’émotions se produisent quelque part, le lieu les enregistre et les rejoue plus tard comme un vieux film.
[…]
– Ce sont des projections, pas des fantômes, comprit Alexanne. » (p. 120)
Référent(s) culturel(s)
- Références géographiques liées à la francophonie canadienne et internationale (p. ex., Laurentides, Laval, Montréal, Québec, Martinique).
- Mention du Petit Chaperon rouge, personnage du conte éponyme de Charles Perrault.
Pistes d'exploitation
- Proposer aux élèves, réunis en dyades, d’effectuer une recherche sur une créature fantastique (p. ex., ange, dragon, fée, licorne, loup-garou, phénix, sirène, yéti), puis de créer une infographie détaillée, en en ajoutant une image et en expliquant son origine, ses caractéristiques et son rôle dans les histoires fantastiques. Leur demander de présenter leur infographie au groupe-classe puis de l’afficher dans le corridor ou au centre de ressources.
- Demander aux élèves d’imaginer qu’ils possèdent un pouvoir magique lié à un aspect de leur personnalité (p. ex., télépathie pour quelqu’un qui est empathique). Ensuite, leur demander de rédiger une lettre à un mentor fictif (p. ex., ange, enseignant, magicien, parent) décrivant les façons dont leur pouvoir pourrait les aider dans leur quotidien et dans leur développement personnel. Inviter les élèves qui le désirent à lire leur lettre au groupe-classe.
- Inviter les élèves, regroupés en équipes, à choisir cinq chapitres de l’œuvre (en veillant à ce que chaque chapitre soit attribué à un groupe), puis à utiliser des outils technologiques pour créer des images représentatives des chapitres choisis. Animer une séance où les élèves présentent leurs images selon l’ordre chronologique de l’œuvre et les afficher aux murs de la classe.
- Proposer aux élèves, regroupés en équipes, de concevoir un jeu de société mettant en vedette des êtres fantastiques, puis de réaliser leur jeu à partir de matériaux qu’ils retrouvent dans leur quotidien. Leur rappeler de définir les règles du jeu, de rédiger les questions ou les tâches à réaliser et de fabriquer leur prototype. Animer une séance de jeu où chaque équipe pourra tester les jeux des autres, puis fournir des retours constructifs pour améliorer les prototypes.
- Inviter les élèves à réfléchir à un moment difficile de leur vie où ils auraient souhaité être guidés ou protégés par un ange. Leur demander d’écrire une lettre à cet ange et d’y exprimer leurs pensées, leurs doutes et leurs espoirs. Les encourager à partager leur lettre avec une personne de confiance.
Conseils d'utilisation
- Accorder une attention particulière aux sujets délicats abordés dans l’œuvre (p. ex., suicide, exorcisme, secte, mort, réincarnation).
- Inviter les élèves intéressés par l’univers fantastique à lire d’autres œuvres de l’auteure, dont Les Chevaliers d’Émeraude et Les cordes de cristal, dont les fiches pédagogiques se trouvent dans FousDeLire.
Ressource(s) additionnelle(s)
- IDÉLLO.org, ressources éducatives en ligne, 7e à 10e année, Série : Contes à la belle étoile, La légende du loup-garou.