Contenu
- Deux personnages principaux, dont le narrateur, Loup-Curieux, jeune Ouendat qui n’en a que pour la sécurité de son peuple, et N’Tsuk, de la tribu des Oueskarinis, dont le destin croisera celui de Loup-Curieux.
« Ces dernières paroles rejoignent le sentiment de sécurité et de bien-être qu’éprouve Loup-Curieux face au paysage s’étendant devant lui. Il ne saurait dire pourquoi au juste la vue du village au milieu des champs l’a toujours rassuré et charmé. » (p. 63-64)
« N’Tsuk se démarquera, il ne peut en être autrement. Sa ténacité et son ingéniosité la distinguent déjà. Elle se démarquera non pas parce qu’elle sait faire tout ce qu’un garçon de son âge sait faire, mais parce qu’elle possède une volonté hors du commun. » (p. 144)
« Il parlait peu et toujours en sa langue, ne faisant aucun effort pour apprendre la leur. Alors qu’avec ses fils N’Tsuk avait réappris à rire autour du feu, Loup-Curieux demeurait taciturne et songeur […] À la naissance de leur fille, elle le vit sourire pour la première fois. » (p. 558)
- Innombrables personnages secondaires, autochtones ou européens, hommes ou femmes, gravitant autour des protagonistes par le truchement des coutumes et des échanges commerciaux, dont Oreilles-Ouvertes, Goutte-de-Rosée, Fumée d’Échange, Lynx-des-Neiges et Parole-Facile, leurs noms colorés reflétant leur essence.
« Aussitôt, l’hôte envoie une femme chercher une autre natte sur laquelle Oreilles-Ouvertes s’assoit posément, masquant sa joie de se trouver au premier rang et non en retrait comme il s’y attendait. » (p. 35)
« Il y voit le pays de Goutte-de-Rosée : celui des Attikameks de la rivière Manouan. Pays de vastes lacs et de forêts d’épinettes sur tapis de mousse où règne l’orignal. » (p. 75)
« Fumée d’Échange a accepté. Ils ont alors déchargé le canot avant de le monter sur la grève, prenant soin d’entasser les produits à échanger de manière à en exposer la quantité et la qualité. » (p. 146)
« Loup-Curieux en déduit que ce sont là les épouses de leurs hôtes et il s’attarde à celle de Lynx-des-Neiges. Plutôt jolie, elle considère son mari avec une admiration évidente, et Loup-Curieux capte dans son regard cette flamme qu’il aimerait bien voir encore dans celui d’Aonetta. Cette flamme qui, hélas, ne brille plus pour lui, mais pour Parole-Facile. » (p. 147)
« Ainsi donc, l’homme à la robe était également un marchand. Du moins, il agissait comme tel, et cela entrait en contradiction avec le fait qu’il soit sorcier, car un marchand redistribue ses richesses à sa famille, à son clan et à sa tribu, alors qu’un sorcier les garde pour lui-même. » (p. 150)
« – Champlain est le chef guerrier, la cloche est le chef du village de Kébec… » (p. 173)
- Premier récit d’une saga historico-anthropologique mettant en lumière les tribus amérindiennes dans le secteur de la Nouvelle-France au début du XVIIe siècle; intrigue palpitante, riche en péripéties et rebondissements, soulignant la transformation du mode de vie des communautés amérindiennes, progressivement influencées par la culture européenne; thèmes (p. ex., histoire, alliances, commerce, rivière, Ouendats, mode de vie) permettant au lectorat de se renseigner sur l’organisation sociale et les coutumes de peuples autochtones disparus.
- Mise en page aérée; œuvre répartie en 42 chapitres titrés et numérotés; cartes géographiques de l’époque intégrées au début de chaque chapitre; éléments graphiques (p. ex., points de suspension, parenthèses, italiques, guillemets, intertitres, notes explicatives, symboles signalant un laps de temps ou un changement de scène) facilitant l’interprétation de l’œuvre; liste des œuvres de l’auteur, dédicace, mise en contexte et citation au début; lexique simplifié, bibliographie, remerciements, table des matières et cartes de référence à la fin; renseignements sur l’auteure à la quatrième de couverture du livre.
Langue
- Registre de langue courant dans l’ensemble de l’œuvre; mots moins connus (p. ex., risible, flottille, giboyeux, varangues, tilleul) et mots typiques des Amérindiens de l’époque (p. ex., banique, pipe en catlinite, wampums, Attikameks, nesk) compréhensibles à l’aide du contexte et des notes explicatives.
- Phrases de base, phrases transformées et phrases à construction particulière; phrases complexes, interrogatives et exclamatives évoquant la confusion, la misère et la maladie; phrases courtes et elliptiques illustrant la simplicité dont pouvait se revêtir le quotidien.
« De peine et de misère, ils parvinrent à se rendre aux Grandes Chutes, où les voilà tous atteints, les moins faibles prenant soin des malades, les vivants pleurant les morts et implorant les esprits. L’homme à la robe a-t-il utilisé son arme mystérieuse contre eux? Contre leurs enfants, tombés en premier? Accrochera-t-il un jour le crâne de Wapitik à son long collier? […]
Comme il se sent petit face à tant de grandeur et de puissance! Comme il se sent perdu devant tant de mystère! » (p. 184-185)
« Il savait qu’elle craignait de ne plus jamais le revoir. Lui, il était persuadé du contraire. Une telle confiance l’habitait. Rien ne l’effrayait. Rien ne pouvait lui arriver. Ni à lui, ni à elle, ni aux autres. Enfin, il allait influer sur le cours des choses par ses actions! » (p. 188)
- Figures de style nombreuses et variées (p. ex., euphémisme, anaphore, inversion, énumération, personnification, comparaison, métaphore); abondance de périphrases, reflet du langage des Amérindiens : « la lune des fruits sauvages » (le mois d’août), « le disque doré » (le soleil), « des bâtons qui crachent le feu » (les arquebuses).
« Mais voilà, son fils est parti avant lui. » (p. 25)
« File le temps sous leurs mains qui filent le chanvre. Filent les nouvelles, les histoires, les confidences. Filent les petits rires et les longs silences. » (p. 276)
« Quelque temps après le départ de Champlain, ces hommes ont aussi quitté Kébec et la voix de la cloche s’est tue. » (p. 280)
« Les paroles du maître de la Kichesipi, lourdes et tranchantes comme hache de fer, entaillent l’alliance fraîchement renouvelée avec les Français. » (p. 335)
- Séquences narratives, entrecoupées de séquences dialoguées, permettant de s’immiscer dans l’esprit des personnages et de refléter leurs pensées, qu’elles soient exprimées à haute voix ou intérieurement.
« Devant lui dansaient leurs filles et leurs femmes, ne portant que colliers, ceintures et bracelets. Belles, fortes et saines, elles proclamaient la suprématie de leur peuple car seuls des hommes exceptionnels peuvent être issus de tels ventres, et avoir été nourris à de telles mamelles. » (p. 46)
« – Je crois en la puissance de notre peuple, mais mon esprit ne comprend pas les Français. Ils possèdent le pouvoir d’enfermer le feu dans leur bâton, mais leurs agissements vont parfois à l’encontre de la raison… À Kébec, la maison de celui qui cultive se trouve à l’extérieur de la palissade et non à l’intérieur comme les nôtres… » (p. 176)
« – Les fourrures que nos pères et les pères de nos pères échangeaient restaient Ici… Maintenant, elles traversent le Grand Lac Salé.
Les paroles du chasseur cristallisent les inquiétudes de Loup-Curieux. La fuite de leurs fourrures à l’extérieur du pays risque de briser le cercle des échanges. » (p. 226)
« Est-ce possible de redevenir comme avant? De prime abord, il a rejeté cette idée, puis il s’est mis à l’apprivoiser. Elle le séduit à certains égards, mais à d’autres, elle lui paraît utopique. […] Pour être en mesure de repousser les Étrangers, ne faudrait-il pas que les Peuples d’Ici sachent fabriquer le fer et les chaudrons de métal? » (p. 334)
Référent(s) culturel(s)
- Nombreuses allusions à des lieux ainsi qu’à des personnages historiques de la francophonie canadienne et internationale (p. ex., Nouvelle-France, Québec, Étienne Brûlé, Champlain, Henri IV, les Jésuites).
Pistes d'exploitation
- Animer une discussion en vue de démontrer la justesse des propos suivants de Francine Ouellette :
« Aujourd’hui, c’est le pétrole. Avant, c’étaient les fourrures, puis le bois. Les artères commerciales ont toujours été des artères de guerre. »
- Proposer aux élèves, regroupés en équipes, de dresser un tableau des tribus amérindiennes mentionnées dans le roman, puis de relever, à l’aide de recherches, les alliances conclues entre ces tribus. Animer une mise en commun afin de permettre aux élèves de présenter leurs trouvailles au groupe-classe.
- Suggérer aux élèves, réunis en équipes, de rédiger une description détaillée d’une forteresse française (p. ex., le fort Saint-Louis) à l’époque de Champlain, en tenant compte de critères particuliers (p. ex., architecture, vie quotidienne, habitants, interactions avec les Autochtones, rôle de la forteresse). Les inviter à présenter leur travail, accompagné d’illustrations, au groupe-classe.
Conseils d'utilisation
- Accorder une attention particulière aux sujets délicats abordés dans l’œuvre (p. ex., place de la femme ou de la fille, liberté sexuelle, image d’oppression concernant les missionnaires, torture), présentés en contexte, tout en reflétant une réalité de l’époque et du milieu.
- Après la lecture, visionner avec les élèves le filmRobe noire réalisé par Bruce Beresford et sorti en 1991. Lors du visionnement, demander aux élèves d’identifier les points de comparaison avec les Robes-Noires du roman.
- Encourager les élèves à lire les autres tomes de la série tels que Feu, tome 2 – L’étranger, Feu, tome 3 – Fleur de lys et Feu, tome 4 – En 1837, j’avais dix-sept ans, dont les fiches pédagogiques se trouvent dans FousDeLire.
Ressource(s) additionnelle(s)
- IDÉLLO.org, ressources éducatives en ligne, 7e à 12e année, Huronie.
- IDÉLLO.org, ressources éducatives en ligne, 10e à 12e année, Série : Champlain en vingt fragments, Hiver en vingt fragments; Voyage en Huronie.
- IDÉLLO.org, ressources éducatives en ligne, 5e à 12e année, Série : Le rêve de Champlain, Huronie – 1614-1628.