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Un automne à Nigelle

Armide n’a jamais quitté le monde enchanté où son père est roi. Mais la Dame Blanche menace l’avenir de leur royaume. Le jeune prince accepte de s’aventurer dans le monde des mortels. Il va donc connaître l’Europe du Moyen Âge, ainsi que la vie dure et cruelle de ses habitants. C’est à Nigelle, en 1191, qu’il découvrira le prix de l’amitié chez les mortels…

(Tiré de la quatrième de couverture du livre.)

À propos du livre

Contenu

  • Un personnage principal, Armide, prince d’un monde féerique, entouré de nombreux personnages secondaires parmi lesquels Robyau, le Roi de Torrelaure, Merboeuf, Pernette la Jolie et la comtesse Mahaut.

    « – Gardez-vous à gauche! cria Armide en éperonnant son cheval.
    Il était encore chétif pour un chevalier, mais il avait changé son corps pour étirer sa taille le plus possible. Il était le prince de Torrelaure, que diable! » (p. 9)

    « – Robyau de la Pierre-Fixte, messire!
    La voix interrogative du veilleur retentit au-dessus de lui :
    – Le fils de Perrin le sabotier?
    – C’est bien ça, messire. » (p. 14)

    « Le roi de Torrelaure était un avéreur. Son talent lui permettait de déceler les choses cachées et de les faire apparaître au grand jour, de retrouver les choses perdues, deviner les mensonges et faire surgir les sources. Il pouvait même tirer la vérité des plus habiles diplomates, ce qui était un atout précieux pour un roi. » (p. 27)

    « – Je suis Merbœuf, tombeur et jongleur pour cette honorable compagnie, dit-il, mais tu as été aperçu par Pernette la Jolie, notre trouvère. » (p. 43)

    « La comtesse avait la réputation d’être généreuse envers ceux qui la servaient. » (p. 69)
     

  • Narrateur omniscient relatant une histoire se déroulant dans deux mondes parallèles : la France du Moyen Âge et un monde imaginaire, moyenâgeux lui aussi, mais féerique; nombreuses séquences dialoguées donnant vie aux personnages et aux événements.

    « À l’entrée, Armide découvrit d’abord le gibet du seigneur, instrument de sa haute justice. Un bout de corde effilochée pendait de la poutre transversale. Des mandragores racornies poussaient autour des montants. » (p. 57)

    « Armide s’approcha avec circonspection. En terre immortelle, il avait connu les canetons des basses-cours, les renardeaux ramenés par les chasseurs, les poulains des écuries de Torrelaure et les chiots des chenils de Torrachal… Mais c’était la première fois qu’il voyait un petit d’homme. […]
    Cependant, quand Armide fit mine de s’approcher, l’enfantelet détourna la tête. Sentait-il que le jouvenceau venait d’un pays où il n’y avait pas de bébés et où il n’y en aurait jamais? » (p. 65)

    « – Tu as l’air d’une fille, murmura-t-il en disant la première chose qui lui vînt à l’esprit.
    – Non, c’est mon corps d’ange, répondit gravement l’inconnu. Je ne suis ni fille ni garçon. […]
    – Un ange… […]
    – Il n’y a pas de quoi s’extasier, répliqua l’ange avec une pointe d’agacement dans la voix. C’est le corps le plus simple que je pouvais prendre. En terre mortelle, c’est le corps le plus faible qui soit. Le plus rapide à s’user, comme le beau linge qui se déchire plus vite que la futaine. Pourquoi donc crois-tu que les anges de vos légendes ne font jamais que passer en terre mortelle? » (p. 88-89)
     

  • Récit fantastique se déroulant au XIIe siècle, suivant l’ordre chronologique, mais comptant quelques retours en arrière éclairant certains faits et précisant le vécu des personnages; indications facilitant les repères dans le temps et l’espace.

    « Ce jour-là, le roi de Torrelaure affrontait les escadrons de la Dame Blanche. Et son fils unique guerroyait avec lui, jamais loin du premier rang. […]
    Le roi son père menait un escadron plus au nord, au-dessus de la Forêt de Gâtine… » (p. 7)

    « L'après-midi était aussi largement grugé qu'une miche de pain oubliée près d'un trou de souris. » (p. 54)

    « Tout petit enfant, Armide avait joué à cache-cache dans les vergers, pendant que les adultes tenaient de joyeux bals costumés sur les berges de la rivière, au son des airs joués par les ménestrels assis sur de grands cygnes apprivoisés au milieu des flots. Devenu adolescent, il avait chassé le sanglier dans les combes environnantes pour la première fois l’an dernier. » (p. 57)
     

  • Carte géographique de Beausse (p. 6) permettant au lectorat de situer les endroits cités dans le roman.

Langue

  • Registre courant dans les séquences descriptives et dialoguées; tournures vieillies mimant le langage de l’époque; niveau de langue approprié au contexte de l’œuvre.

    « Si un escadron chevauchait de grands destriers semblables à ceux du comte de Nigelle, les guerriers de l’autre enfourchaient des montures comme Robyau n’en avait jamais vues. La tête emplumée de ces bêtes et leurs grandes ailes bruissantes n’étaient pas sans rappeler celles des faucons du seigneur. Et leur arrière-train ressemblait assez à celui d’un honnête coursier. Mais le corps était recouvert d’un fin pelage doré, tandis que les pattes d’en avant étaient musclées et pourvues de griffes impressionnantes. » (p. 12-13)

    « – …La garnison de la ville sortit dehors et, sous une pluie de traits, leur courut sus. » (p. 19)
     

  • Vocabulaire précis, mots en vieux français; champs lexicaux et sémantiques liés entre autres aux thèmes des croisades et du Moyen Âge; adjonction de sens nouveaux à des mots préexistants convenant à la civilisation décrite. 

    « Les deux bandes de chevaliers combattirent un fort long temps, produisant un tintamarre du diable, fait de froissis‡ de harnais et de coups sourds sur les boucliers…
    ‡ Froissement ou entrechoquement, en ancien français. » (p. 12)

    « – Nous étions avec les Templiers sous les murs de Saint-Jean-d’Acre en Terre Sainte…
    Chevaliers et écuyers s’étaient levés, frémissants d’émotion. […]
    Mais, pire de nos malheurs en ce jour funeste, le comte fut tué par un ribaud qui lui leva le pan du haubert et l’occit d’un coup de coutel. L’avant-garde fut déconfite par la mort du comte, mais les Templiers arrivèrent à temps pour nous prêter main-forte et nous fîmes grand massacre de Sarrasins pour venger la mort du comte, je vous l’assure. » (p. 18-19)

    « Quel triste sort que celui des mortels! S’ils étaient trop laids ou trop gros ou bien trop maigrichons, ils ne pouvaient pas changer de corps. Dans le royaume de Torrelaure, même ceux sans talent pouvaient obtenir l’aide d’un grand changeur s’ils désiraient devenir homme, femme ou ange. » (p. 44)
     

  • Style dynamique, procédés de style (p. ex., personnification, comparaison, explication et description) illustrant le texte et permettant d’imaginer facilement les personnages et les situations décrites.

    « Ses muscles, peu habitués à subir sans aide magique une telle chevauchée, commençaient à protester. » (p. 38)

    « L’homme était plus vieux que le maréchal-ferrant et maigre comme une trique. » (p. 60)

    « L’animeur. C’est un mage qui a le don d’appeler les âmes. Il collabore avec un changeur qui fournit un corps de jouvenceau, né de la transmutation des quatre éléments. Mais c’est un corps inerte qui se décomposerait au bout d’une heure si aucune âme n’y était attachée. L’animeur appelle les âmes libres et les unit aux corps préparés par le changeur : c’est ainsi que nous naissons. » (p. 95)

    « Bon gré mal gré, il opta pour son corps d’ange. Il débuta par ses bras, qu’il fit plus fins, plus fuselés. Du coup, il put retirer ses poignets des liens soudain trop lâches. Ses doigts se refermèrent sur la dague passée dans sa ceinture, sous le surcot. Au prix de quelques coupures supplémentaires, Armide trancha la corde qu’il avait autour du cou. » (p. 85)

Référent(s) culturel(s)

  • Références géographiques, historiques et culturelles à la francophonie internationale (p. ex., carte de Beausse, templier, croisade, Dame Blanche et trouvère).

Pistes d'exploitation

  • Inviter les élèves à visionner le film Le Seigneur des anneaux afin de comparer les mondes fantastiques du film et du roman.
  • Demander aux élèves de présenter un aperçu de la vie au Moyen Âge à partir des faits présentés dans le roman.
  • Inviter les élèves à composer une situation finale différente de celle du roman (p. ex., Armide reste dans le monde des mortels).
  • Proposer aux élèves d’écrire un court texte pour un journal à partir de l’un des titres de chapitres suivants : La vaillance de la jeunesse (p. 22) et La valeur de la vieillesse (p. 36).

 

Conseils d'utilisation

  • Accorder une attention particulière au traitement des sujets délicats présentés dans le roman (p. ex., meurtre, bataille).
  • S’arrêter au vocabulaire relié au Moyen Âge (p. ex., destrier, damoiseau, jouvenceau, baladin) afin de faciliter la compréhension du texte; donner des exemples de l’évolution de la langue à partir de ces mots.
  • À cause du vocabulaire parfois difficile, réserver cette œuvre à un lectorat assez aguerri.
  • Proposer cette œuvre dans le cadre du programme de littératie pour les garçons et inviter les élèves intéressés à lire les tomes précédents de la série Les saisons de Nigelle.